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Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
de : Oreste Scalzone
lundi 10 avril 2006 - 03h58 - Signaler aux modérateurs
10 commentaires
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de Oreste Scalzone traduit de l’italien par karl&rosa

Du bouleversement social apparu en France, on entend souvent dire "à droite et à gauche" que...au fond, il s’agit "strictement d’étudiants" (donc de "couches moyennes") qui se battent pour conserver...non, plutôt, pour revenir à un modèle de "vie active" (de...vie), de "monde-du-travail" (de...monde) qui est celui des "sécurités", de la sécurité de l’emploi, de l’emploi-à-vie "de leurs pères" (ou plutôt de leurs grands-pères, non ?), avec tout ce qui va avec, tout ce que cela sous-entend, implique, comporte...

Couche moyenne est une expression d’extraction sociologique, de diffusion journalistique descriptive, faible sur le plan théorique, périmée : en quelque sorte, un pseudo-concept. Qu’il soit utilisé par des Faiseurs d’opinion, idéologue "des patrons", au sens de propagandistes de la vulgate apologétique du système intégré technico/capitaliste d’Etat est "logique".

Que de réfléchis maîtres à penser de la "haute" culture, essayiste, académique leur fassent écho ne nous étonne pas plus que cela. Que, en particulier, des penseurs[-euses] publics [-ques] au passé (non renié) soixante-huitard, se lancent à soutenir de telles couillonades est révélateur d’un dénominateur commun qui - sous diverses formes, intentions, motivations probables ou imaginées, auto attribuées - se résout en un triste syndrome d’horreur pour tout ce qui pourrait intervenir en "remettant en question" la vie, la "routine", les garanties, les bilans.

Bien sûr, au début de ce mouvement qui a pris essor à partir de la résistance, du non au CPE, l’aveuglement a été moindre. Il aurait vraiment fallu être intellectuellement aveugle pour ne pas voir que là-dessous, dans les viscères sociales, existentielles, dans la fibre même des passions, des affects, dans l’énergie, dans le pari, dans le jeu, le soulèvement qui avait incendié des territoires physiques et existentiels, topographiques et psycho-topographiques, dès l’automne dernier, était un "courant", un facteur de tellurisme à l’œuvre.

Ne serait-ce que pour un élément "visible" à l’œil nu : dans l’aspect de fête, aussi, - comme l’a montré Henri Lefebvre, comme l’ont montré les situationnistes à propos de la Commune -des mo(uve)ments insurrectionnels ("le 18 mars - jour du début de l’insurrection de la commune de Paris - sera toujours et partout la plus grande fête du prolétariat"), dans ces "étranges étudiants", jeunes et très jeunes "sujets schizométropolitains" en tout cas devenant prolétaires dans la lutte, dans la coalescence de motivations individuelles, différentes, qui trouvent un être-commun ; dans leurs charges battantes, qui "dénichaient" la formation en tortue des Crs (la police secours de la République) pour enfin se faire poursuivre, un peu (aussi) comme cela se fait avec le taureau à la fête, la fête mobile de Pampelune...n’était-il pas clair qu’il y avait aussi l’ivresse libératrice d’une émulation réussie ? Cette fois, la chose, d’une façon ou d’une autre, apparaissait aussi dans les commentaires "savants" des experts en sciences sociales, dans leurs versions divulguées et auto-divulgantes. Mais il a suffi que se présentent évidemment des éléments de "Babel des langages", que s’effritent de différentes façons des comportements eux aussi différents, pour que redémarre la machine à crime continu de la pensée-propagande, propagandiste et auto-propagandiste. La tentation du schéma manichéen, les stéréotypes et les trucs qui vont avec, l’espoir dans les divisions, le vieux jeu crasseux du "diviser pour régner", de la recherche de la trahison, de la délation et de la paranoïa de la trahison est un classique.

Mais personne parmi ceux qui ont pris peur et qui ont rapidement subi et introjecté cette "représentation", en commençant par se focaliser, pour le moins sur l’incommunicabilité entre les "étudiants étudiant" et la "pègre ghettoïsée de banlieue" (dans le cas des plus "autorisés", la réédition du "classes travailleuses/classes dangereuses", "travailleurs/lumpen"...), personne ne s’est aperçu que la chose, en substance, n’a pas passé ? Personne ne s’est aperçu, ou a fait mine de s’apercevoir, que, non seulement ce que nous appelons "la casse" (comme les casses de voitures), mais même certains épisodes extrêmes que la phénoménologie sociale, en levant le couvercle, révèle, porte sur le devant de la scène, fait sortir à découvert, en plein jour, n’ont pas non plus secoué plus que cela le mouvement ni ont fait fléchir la flèche montante de l’extension et de la radicalisation ?

Que l’on pense à l’histoire de ces groupes de néo-dépouilleurs qui - se montrant pour le moins vertigineusement étrangers à "tout", pas les derniers à en découdre avec la police, et "batailleurs", "casse" et "casseurs" - ont commencé à répéter un comportement apparu il y a quelques temps lors d’une manifestation d’étudiants : profiter du trou, du black out, de la suspension de la surveillance, du contrôle "du territoire" et de la présence d’une "jungle mobile", a priori non hostile, pour "se jeter sur tout ce qui bouge", et en premier sur les manifestants et manifestantes à l’apparence la plus "domestique", avec un comportement racial, comme s’ils était ramenés à un soubassement "éthologique".

Et bien : malgré le caractère effectivement odieux que peut revêtir la chose, malgré le vertige qu’elle peut provoquer, il n’y a pas eu de panique, de peur, de repli légaliste, pas de diffusion de discours quérulents, pas de refuge sous les jupes de la "bonne société civilisée" et de l’Etat...C’est justement sur la base d’un comportement, digne de forces para policières, des forces syndicales, en l’occurrence la Cgt, qui, à partir de problèmes et de difficultés réels, avaient manifesté un comportement portant en son sein un germe de banditisme à type de lynchage dans la variante "rouge-stalinienne", en ne se contentant pas de s’interposer et éventuellement de bastonner aussi pour dissuader sévèrement qui que ce soit de tels comportements, mais en procédant à la manière de la police quand elle déclenche la "chasse", sur la base d’une présomption simplement fondée sur des critères typologiques, que l’on a alors "découvert" une dimension, difficilement utilisable à des fins de diabolisation : l’âge moyen de ces "dépouilleurs" s’étant révélé plus en dessous qu’en dessus de quatorze ans, la patate chaude revient à la "société organisée", comme toujours dans ces cas-là, de la Sierra Leone à Scampia...

Et que dire de la bonne tenue inédite d’un front syndical qui montre une résistance soudée, intraitable dans un Non sans conditions, une décision d’aller jusqu’au bout de la volonté d’arracher le retrait pur et simple du Cpe, et ceci en présence de signes très clairs d’une crise de "régime" plus que de gouvernement, dans le contexte d’une impression plus générale - pas seulement en France - de déliquescence du "Politique", de souveraineté des Etats-nations devenant obsolète (avec une cession de souveraineté de fait, d’un côté en direction du Frankestein commercial/financier/monétaire/pénal qu’est l’Union Européenne ; mais surtout vers les instituts de l’ "’administrativation’ globalisée de la Décision").

Nous connaissons la nature du syndicalisme et des syndicats - d’ailleurs, de plus en plus subsumés en "concertations", rôles "national-populaires", institutionnels, internes à l’exercice des différentes fonctions de la gouvernance : et donc si cela va comme cela va, c’est qu’ils ne trouvent pas - même pas la Cfdt, la Cgt, ni les plus modérés et souvent "collatéraux" des gouvernements - le moyen et l’occasion pour se défiler sans payer un prix très élevé, étant donnée la puissance du mouvement.

Alors, mouvement "d’étudiants", de "couches moyennes", par l’extraction et le mode de vie, les rôles sociaux, la mentalité, l’autoreprésentation ? Mais de quoi parle-t-on ? D’"extraction sociale", celle selon laquelle Kropotkin serait un prince, Marx un fils de bourgeois et ainsi de suite, avec une vulgarité digne d’un...Giovanardi ? De "rêve illusoire, nostalgique", d’une vie d’emploi garanti, d’une vie de travail à vie, une vie de travail stable, à temps plein, à vie-pleine, sans échappatoire, et adieu au "travailler tous pour travailler moins", à la critique du travail, et à tout le reste ?

C’est sur ce mélange de mécanicisme et de sociologisme qu’on se replie ? Il ne manque plus que - je fais une hyperbole - pour finir, même ceux qui ont tant parlé de "capitalisme cognitif", de "production immatérielle", de "General Intellect", de "précariat intellectuel" risquent d’être aspirés dans un mélange de déterminisme et de moralisme aux "passions tristes"...

Il nous fallait Alex Honneth, successeur à la chaire de Habermas à l’Ecole de Francfort, pour formuler (dans le supplément du Monde du week-end dernier) la révélation évidente selon laquelle "la révolte des banlieues a joué un rôle décisif dans le mouvement contre le Cpe", en permettant aux étudiants "de prendre conscience qu’ils peuvent encore changer les choses". Le temps passe..., quelques conclusions provisoires, donc, avec quelques traces de proposition, grossièrement simplifiées. Je voudrais (et j’espère pouvoir dire, en nombre pas trop réduit, nous voudrions) dire : mais comment est-il possible de ne pas voir que - après au moins un quart de siècle où le modèle de l’accumulation et l’extraction mondiale de la plus-value sociale, avec ses formes de travail souterrain, dispersé, dissimulé, "informel", non reconnaissable, avec l’impact de plus en plus rapide de segmentations et d’ "atomisations" et avec, comme conséquence, une extrême difficulté à donner corps à une coopération antagoniste, après des effets de délocalisation, de désinvestissement, d’importation d’une armée salariée de réserve, à cause des effets de la vertigineuse accélération de la "mondialisation réelle", en l’occurrence du marché de la force-travail ; alors que la forme la plus élémentaire de lutte de classe se trouvait comme empêchée dès la racine ; la lutte de classe, je dirais même mieux, la guerre (même dans ses revers d’économie criminogène/pénale), était menée par une seule partie : seulement de haut en bas, comme si la fermeture des usines était permise, mais la grève interdite, et, pire, impossible - voilà, comment est-il possible de ne pas voir que pour la première fois, ici, maintenant, se propose et se présente à nouveau une forme de confluence, de coalescence, une forme "massifiée" qui recompose les multitudes différentes autour d’un dénominateur commun général, transversal à toutes les différences ?

Il y a le lieu, il y a les formes, il y a la synchronie : je crois que le virage irréversible consiste dans le fait que s’est achevé un cycle que les uns contemplaient, dont ceux de notre bord se lamentaient, ou qu’ils tentaient de contourner ou d’exorciser : celui que domine l’idée et la réalité que la vie était devenue une variable dépendante de la Rationalité techno-capitalistico-étatique et que les immenses plaies des désastres éco-sociaux, mentaux, anthropologiques étaient d’inévitables "dommages collatéraux". Cela peut commencer à être fi-ni. Ceux qui (comme les têtes du Centre gauche en Italie) semblent ne pas vouloir voir que les lois 30, Treu, Cpe, etc. sont de simples variations sur un thème et que c’est le thème, la partition, déjà pour commencer, qui est aujourd’hui rejeté et sera démoli, rencontreront, je crois, d’amères surprises.

Ce qui nous intéresse, c’est une radicalisation élargie, puissante, capable de donner en soi, même dans les passages les plus menus, locaux, l’idée directrice d’une autonomisation commune comme unique forme apte à traduire la "puissance de vie" et à permettre aussi un défi et un pari par rapport à une tendance qui, autrement, semble la course folle vers l’anéantissement du train de "Cassandra crossing". C’est ça qui nous intéresse : quelque chose qui se trouve à l’étroit dans le terme même de "révolution". C’est précisément la raison pour laquelle nous ne sommes pas intéressés à nous regarder dans le miroir magique pour nous entendre dire que c’est nous les plus purs, les plus subversifs et compagnie. Nous pensons qu’il faudrait - à côté de l’extension, de la radicalisation, de l’augmentation d’intensité du mouvement, par exemple avec cette forme des blocages de routes et de voies ferrées comme forme d’interruption, de sabotage du fonctionnement mécanique ordinaire, au moyen d’une "grève de la citoyenneté" récurrente, produite et reproduite sans cesse - essayer deux choses.

En premier lieu, la mise en œuvre du fonctionnement autonome d’une communauté active, dans le domaine du savoir, dans les lycées et dans les universités (en réinventant bien autre chose que les autogestions bien connues).

En second lieu, essayer - pourquoi pas ? (cela se fait "individuellement", mais ne dit-on pas "en chœur" ?) de mettre en discussion la gestation de "Foires de la marchandise force-travail, précaire, migrante, informelle, instable" qui disputent le terrain à la mise en concurrence individuelle, ou par couches, micro-corporations, lobbies...Bras de fer explicite, déclaré : cela vaut-il la peine d’ouvrir une discussion en plein champ ?

Je me fais l’avocat du diable, tout seul ; je suis assailli par la morsure du doute, du scrupule : ne retomberons-nous pas dans la "damnation" du syndicalisme, dans le clivage de l’autocontradiction entre le rejet, la contestation radicale, la subversion qui ne peut pas ne pas avoir une odeur de guerre ?

Mais qu’est-ce que je dis, cette atroce scission, ne la vivons-nous pas tous les jours ? Ce qu’il faudrait essayer, c’est une expérimentation autonome de l’articulation : disons, entre le terrain de la survivance et celui de la puissance désespérée tendant à la vie ; tous les deux sur un plan d’immanence.

http://bellaciao.org/it/article.php...



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Commentaires de l'article
> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
10 avril 2006 - 07h53

face a cette situation,la reponse des travailleurs est ici :
http://www.udcgt13.fr/article.php3?...



> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
10 avril 2006 - 08h08 - Posté par

Les étudiant-es ne sont pas de classe moyenne, mais sont précaires ! Oreste, as-tu une petite idée du train de vie des étudiant-es ???

Bilba.


> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
10 avril 2006 - 10h42 - Posté par

Nous vivons en effet dans un monde virtuel, je suis pour ma part un facteur, nouveau prolétaire travaillant à la chaîne, dans le cadre de (je cite la Direction de la Poste) "l’industrialisation de la distribution postale." Je ne produis que du service (bien immatériel) , mon travail est du travail à la chaîne : mettre le plus possible de plis dans chaque boîte à lettre ( le couple boîte-lettres représentant le produit fini) Le tapis de la chaîne est la tournée du facteur animé par le moteur du véhicule que je dirige tout en effectuant ma "production". Je suis cependant de plus en plus rentable et exploité, comme l’OS.malgré l’image d’Épinal qui nous colle à la peau, donnant l’impression de stabilité rassurante pour les uns et nostalgique (on dit aussi "ressourçante") pour les autres. Je suis" l’image de marque" trompeuse d’une société en voie de privatisation.
Le concept de classe moyenne renferme plusieurs réalités, qui incluent les professions libérales de même que la paysannerie. Quand j’étais étudiant révolutionnaire pauvre, nous disions que nous ne voulions pas intégrer le monde des cadres (éducation, administration...), auquel nous nous croyions destinés : c’est à dire l’accession au niveau des classes moyennes vivant confortablement, par définition "au service du Capital".
Cette illusion de choix de carrière, dans le cadre de la continuité (la"reproduction de classe", elle, est de tout temps réservée aux détenteurs du Capital ) et de la promotion sociale se poursuit encore aujourd’hui, mais a marqué un coup de frein et connu des courts sursis dans les années 80 ;cette illusion collective a commencé sérieusement à se dissiper, du fait de la crise du capitalisme et l’évolution financiarisée du Libéralisme. La lutte du CPE produit de la lucidité : ce régime économique et politique ne peut plus (les niveaux de rentabilité du Capital ont explosé, rognant de surcroit le niveau de vie et les salaires) et ne veut plus "recycler la masse des jeunes scolarisés dans la société telle que l’ont rêvée leurs parents.
Ce réveil progressif, permet à nouveau de différencier deux jeunes en jeans qui n’auront pas le même destin et libérer l’imagination afin de construire une société ouverte à tous.
Classe moyenne n’est pas une insulte, c’est le rêve de toute social-démocratie, son élargissement est pour celle-ci dépendante des bonnes dispositions du Capital.
Classe moyenne est un concept qui a permis de contenir à peu de frais, l’effet des délocalisations massives, les expérimentations ruineuses pour la société tels que les cadeaux monumentaux au patronat et à la finance, les privatisations, les statistiques du chômage, bref, la destruction progressive et consensuelle du progrès et des acquis sociaux.
Classe moyenne est aussi un rideau de théatre enfin à moitié déchiré, qui perd chaque jour un lambeau de plus, ce qui met aini à nu "la monstrueuse chaîne où tout s’enchaîne..." (J. Prévert) celle du profit et de la guerre de tous contre tous. Voilà ce que l’article d’Oreste m’inspire, et je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. JdesP


> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
11 avril 2006 - 00h27 - Posté par

article très intéressant
pour répondre à bilba, je ne sais pas si c’est le cas de l’ensemble des étudiant, mais une bonne part de ceux que j’ai rencontré en 4 ans d’université (études intérompues en raison de l’insuffisance des jobs...) ne menait le train de vie de la partie la plus voyante... plutot chez mc do et cie qu’au ski e février ou en avril... plutot au boulot le dimanche ou le samedi soir...
être étudiant, c’est etre privilégié. oui, mais savoez vous combien de sacrifices font certains pour etre ces privilégiés au train de vie si exorbitant qu’à la moindre anicroche : bye bye la fac+job, bonjour le taf+rien ?


> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
10 avril 2006 - 11h26

Un style empoulé, un développement laborieux dont je me passerai à l’avenir.



> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
11 avril 2006 - 09h13 - Posté par

On disait déjà de la poésie baroque italienne ou espagnoles du "grand siècle", qu’elle était "ampoulée". On peut certes préférer le style "en trois points" de nos énarques. Quant au "développement laborieux" : pour tenter d’épouser des réalités complexes, le langage se doit d’en épouser les sinuosités, les opacités, les ambiguités. Bien sûr si l’on pense que tout est simple, mieux vaut un "développement paresseux" de lieux communs, s’enchaînant sur d’autres lieux communs et autres "raffarinades".


> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
12 avril 2006 - 15h05

Tout d’abord, "couche (ou classe) moyenne" signifie petit-bourgeois, et n’est pas dénué de fondement. Mais : dire que ce sont les petits-bourgeois qui seuls se rebellent actuellement, c’est exactement dire ce que montrent les médias ces jours-ci : le PS est content, la CGT est contente, l’UNEF est contente, et ces trois institutions sont précisément PETITES-BOURGEOISES, sociales-démocrates, adeptes du compromis quels que soient les termes en opposition (et ça la droite l’a bien compris !). La "classe moyenne", donc, est contente du remplacement du seul CPE par un autre truc qui existait déjà.
Ensuite, un article d’un journal espagnol francophobe reproduit par Courrier International il y quelques semaines, rappelle que MAI 68 S’EST CONSTRUIT EN OPPOSITION A L’UNEF ET A LA CGT, ce qu’il faut rappeler, tant ces institutions se présentent comme les actrices majeures du progrès social, et crient victoire dès que leur parade dans les rues est accompagnée d’un mouvement approbateur du chef par le pouvoir en place.
Enfin, ce que cette crise révèle (une fois de plus), c’est une réelle connivence culturelle (des "manières de sentir, de voir et de penser", un système de valeurs, un habitus, des sensations, des goûts, des évidences) entre les politiques, la justice et les médias, ce qui remet en cause les fondements même à la fois de la politique, de la justice et des médias, tant le culturel, l’implicite, prévaut sur l’institutionnel, l’explicite, l’écrit.
Par ailleurs, je doute que le mouvement en branle en ce moment puisse aller bien plus loin pour l’instant, mais il est un signe pour un mouvement plus large et plus profond, drainé par un courant culturel beaucoup plus fort, pour l’an prochain peut-être (présidentielles).



> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
12 avril 2006 - 21h53 - Posté par

Oh santé ! que je n’aime pas ça !

"Petits-bourgeois", etc

Belette et rebelette !
Catégories indéfinies et subjectives ....

Et Scalzone nous a fait encore dans l’indigeste, ....

Cop.


> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
15 avril 2006 - 05h40 - Posté par

l’argument "Scalzone fait encore dans l’indigeste" est un pur jugement arbitraire de "goût" (dans sa subjectivité du "moi aride" aurait dit hégel), et non un jugement de fait ou un jugement de raison, ou un jugement "discutable" de l’entendement. Aussi énoncé aussi "aridement", dans la sécheresse de son pur caprice singulier-subjectif, il n’apporte absolument rien d’intelligible comme "commentaire" oou "réponse" ou palabre intelligible sur le texte d’Oreste. Cela manifeste ici une paresse de l’esprit, et un "réflexe-conditionné" quasi-pavlovien, qu’il popurrait à lui seul devenir - dans nos universités du temps présent post-moderne, l’objet et le travail acharné de quinze thésards en psycho-sociologie (avant le CPE... )


> Mais la révolte n’est pas précaire : Vous qui dites "jeunes bourgeois" vous n’avez vraiment rien compris
15 avril 2006 - 05h50 - Posté par

Mai soixante huit s’est construit contre la CGT et l’UNef, comme un petit enfant entre enre révolte ave c papa maman et grandes frères etgrandes soeurs. Oedipe quant tu nous tient (ma mère est une salope, mon père un maqureau-bourreau et je couche (pas) avec ma soeur qui est une salope...
Mais vous êtes bien dépassé, jeunes gens aujourd’hui avec ce type de complexe .... nous vivons (tout à chacun, par seulement les "Quee..re....s" de babylone) dans des catégories bezucoup plus transsexuées polymorphes... D’où des formes névrotiques beaucoup complexes, et plus raffinées.
Mais bon il faut avoir la compréhension de la volonté de comprréhénsion.
Ne rabachez pas comme de petits perroquets ce qui a été dit il y a quarante ans, et qui ne correspond plus en rien à votre propre réalité.





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En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
https://www.facebook.com/MARCELINEL... Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINEL...
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Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
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Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
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Disparition de Marceline Lartigue, Communiqué de presse
dimanche 6 mai
de Micheline Lelièvre
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Marceline Lartigue. Elle s’était faite discrète les temps derniers, mais je voudrais saluer la mémoire de celle que je connaissais depuis le début de sa carrière. Elle avait 16 ans, je crois, et dansait avec Fabrice Dugied la première fois que je l’ai vue. Puis nous nous sommes liées d’amitié. Marceline avait un caractère bien trempée, une intelligence très fine et un grand talent de chorégraphe. (...)
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Marceline Lartigue est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en pleine distribution de tracts
samedi 5 mai
de Jean-Marc Adolphe
Aujourd’hui, 1er mai 2018, Marceline Lartigue ne participe pas aux manifestations du 1er mai 2018. Cela ne lui ressemble pas. Mais elle, tellement vivante, ça ne lui ressemble pas non plus de mourir. Et pourtant, Marceline est partie en voyage, rejoindre Antonio Gramsci et quelques autres camarades de lutte (l’un de ses tout derniers billets sur Facebook rendait hommage à Gramsci, mort le 27 avril 1937). Marceline est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en (...)
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Tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai...
vendredi 4 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
C’est une photo prise par Baker 5 minutes avant que tu tombe... Avec ton sourire magique, Marceline Lartigue Ma compagne, mon amour, mon amie, ma camarade tu me manque, tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai, avec tout mon courage et ma force je suis pas arrivé a empêcher la faucheuse de faire son salle boulot, tout le temps ensemble sur les barricadés contre les injustices de cet monde, aujourd’hui je part a manifester pour (...)
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13 Mars ! Déjà 8 ans que Jean Ferrat nous quittait emportant ses rêves inachevés d’un monde meilleur (video)
mercredi 14 mars
de Roberto Ferrario
Jean Ferrat, auteur-compositeur né le 30 décembre 1930 à Vaucresson (Seine et Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche) est intimement lié à la commune d’Ivry-sur-Seine, où il a vécu 40 ans. En octobre 1960, il s’installe avec sa compagne Christine dans un petit appartement du 129, rue de Paris (plus tard renommée avenue Maurice Thorez), qui servira de cadre à plusieurs reportages lui étant consacrés, dont cet extrait de l’émission "Au delà de l’écran" (...)
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