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EN FRANCE AUSSI : Retour sur un mensonge d’État
mardi 24 octobre 2006 (22h26) 2 commentaires Spécial banlieues : Retour sur un mensonge d’État Après la mort de Bouna Traoré et Zyed Benna, le gouvernement et son ministre de l’Intérieur ont manoeuvré pour exonérer la police de toute responsabilité. Une attitude qui a attisé la colère. À Clichy-sous-Bois, Karim résume le sentiment général : « Non seulement ils ont mis le feu aux poudres, mais ils l’ont entretenu. » Ils ? C’est le gouvernement et son ministre de l’Intérieur. Près d’un an après la mort de Bouna Traoré et Zyed Benna dans un transformateur EDF de la ville, personne, ici, n’a oublié les « mensonges » de l’État. « Tentative de cambriolage », « absence de course-poursuite »... Dans les jours qui ont suivi le drame, les plus hauts responsables ont multiplié les dénégations et privilégié, haut et fort, une seule version des faits : celle qui exonérait la police de toute responsabilité. Il fallait justifier l’attitude des forces de l’ordre, l’excuser. Quitte à s’asseoir sur la plus élémentaire prudence. Quitte à travestir deux jeunes victimes en parfaits suspects. Quitte, enfin, à attiser la colère des familles, des amis, des habitants, qui ont rapidement compris qu’à la douleur de perdre des enfants risquait de s’ajouter celle d’une terrible injustice. Une de plus - de trop - dans ces quartiers défavorisés. « En leur refusant la vérité, c’était comme si on voulait tuer leurs enfants une seconde fois », résume un proche des familles. Que s’est-il passé ce 27 octobre 2005 ? L’information judiciaire, ouverte pour « non-assistance à personne en danger » et menée par le juge d’instruction Olivier Géron, doit encore déterminer les différentes responsabilités. Mais, déjà, quelques certitudes se dégagent. Dix jeunes rentrent d’une partie de foot Au fond, les faits sont très simples. Il est environ 17 h 30, dix jeunes de Clichy-sous-Bois reviennent à pied du stade Marcel-Vincent, à Livry-Gargan, où ils ont passé l’après-midi à jouer au football. Sur le chemin, ils passent à proximité d’un grand chantier de construction. Un riverain, croyant les avoir vus rôder autour d’une baraque de chantier, appelle le commissariat de Livry-Gargan. Un véhicule de la brigade anticriminalité se rend sur les lieux. Bientôt rejoint par trois, voire quatre autres équipages. Les jeunes, eux, s’enfuient à la vue de la police. Au final, six adolescents seront interpellés. Quatre, très rapidement, dans le parc Vincent-Auriol. Deux autres dans le cimetière qui jouxte le site EDF où sont allés se réfugier trois autres fuyards : Bouna, quinze ans, Zyed, dix-sept ans, et Muhittin Altun, dix-sept ans. À 18 h 12, alors que les policiers sont rentrés au commissariat depuis vingt minutes, Bouna et Zyed, cachés dans un recoin d’un transformateur, décèdent, touchés par un arc électrique. Le troisième, grièvement brûlé, parvient à regagner le quartier où les pompiers seront appelés. Pour l’État : juste « des cambrioleurs » Immédiatement, la responsabilité des policiers est pointée, suspectés d’avoir poursuivi les adolescents, les acculant à se réfugier dans un site extrêmement dangereux. C’est, en tout cas, ce qu’affirment les jeunes interpellés, sitôt ressortis du commissariat. Pourtant, le ministre de l’Intérieur va nier, en bloc, cette éventualité. Le 28 octobre, au matin, Nicolas Sarkozy déclare, sans l’ombre d’un doute : « Lors d’une tentative de cambriolage, lorsque la police est arrivée, un certain nombre de jeunes sont partis en courant. Trois d’entre eux, qui n’étaient pas poursuivis physiquement par la police, sont allés se cacher en escaladant un mur d’enceinte de trois mètres de haut qui abritait un transformateur. » Une version aussitôt relayée par l’Agence France Presse. Puis, par le premier ministre, Dominique de Villepin : « Il s’agit, selon les indications qui m’ont été données, de cambrioleurs qui étaient à l’oeuvre. » Thèse reprise par la préfecture de Seine-Saint-Denis dans la soirée et, le samedi 29, par le procureur de la République. Or l’enquête a permis d’établir qu’aucun vol n’avait été commis. Ni même une effraction ou une simple dégradation. Aucun indice d’une quelconque « tentative » n’a été retrouvé sur les lieux. Les copains des victimes n’ont d’ailleurs été l’objet d’aucune poursuite. En revanche, de course-poursuite, il en a bien été question. L’enquête préliminaire de l’Inspection générale de la police l’admet rapidement. Onze fonctionnaires, au total, ont été mobilisés. Loin de se cantonner au parc Vincent-Auriol, ils vont finir par cerner le site EDF. Et barrer la sortie du cimetière de Clichy-sous-Bois que cinq des fuyards tentent de traverser. « C’est la raison pour laquelle Bouna, Zyed et Muhittin rebroussent chemin, escaladent un grillage puis le haut mur d’enceinte du site EDF afin de s’y réfugier », affirme Jean-Pierre Mignard, l’avocat de Muhittin Altun et des familles des victimes. « Je ne donne pas cher de leur peau » Le jeune Turc confirme cette course-poursuite. À deux reprises, il s’est retourné, apercevant un fonctionnaire de police de la brigade anticriminalité, « plutôt habillé de noir » et muni d’un Flash-Ball. Les conversations radio, révélées par la presse quelques semaines plus tard, accréditent aussi cette thèse. À 17 h 36, un policier déclare : « Les deux individus sont localisés et sont en train d’enjamber pour aller sur le site EDF. Faudrait ramener du monde, qu’on puisse cerner un peu le quartier, ils vont bien ressortir. » Puis, une minute plus tard, un autre agent, bien conscient du danger : « En même temps, s’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau. » Autant d’éléments accablants qui ne semblent pas être parvenus aux oreilles de Nicolas Sarkozy... Le 28 octobre, en fin d’après-midi, après avoir reçu le maire de Clichy, Claude Dilain, le ministre assure, certes, que « toute la vérité sera faite ». Mais ne peut s’empêcher d’ajouter, péremptoire, face à la presse : « Aucun policier ne poursuivait ces jeunes au moment des faits. Il n’y aucune polémique à entretenir... » Autre preuve de cette volonté de dissimulation : alors que deux enfants sont morts dans des circonstances troubles, à aucun moment le gouvernement ne juge utile d’ouvrir une information judiciaire ! Il faudra attendre le 3 novembre et la plainte des familles avec constitution de partie civile pour qu’un juge d’instruction soit enfin nommé. Une forme de record. En revanche, Muhittin n’a pas bénéficié de ce genre de lenteur. Dès le lendemain de son accident, le jeune homme, gravement brûlé et à demi inconscient, reçoit dans sa chambre d’hôpital la visite de deux policiers, en dehors de toute procédure légale. Une heure et demi d’entrevue, dénoncée, en juillet dernier, par la Commission nationale de déontologie de la sécurité. Le procès-verbal, tiré de cette entrevue, fera nier à Muhittin toute course-poursuite ! Ces déclarations fantaisistes et illégales, objet d’une plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », ont été reprises aussitôt par la communication officielle... Clichy attend des excuses Prêt à tout pour discréditer les jeunes victimes, Nicolas Sarkozy ose une dernière perfidie. Le 3 novembre, il informe la presse que Zyed est « connu en 2005 pour vol avec violences ». « La vérité, c’est que Zyed faisait l’objet, à la demande de son propre père, d’une mesure de liberté surveillée préjudicielle, à la suite d’un incident avec un autre mineur, explique Jean-Pierre Mignard. Il avait voulu utiliser son vélo. Il n’y a jamais eu de plainte pour vol ou pour violence. Tout ça devait se terminer par une simple admonestation... » Ce détail n’a pas freiné le ministre de l’Intérieur qui adoptera la même stratégie, mêlant dénégation et manipulation, dans l’affaire de la mosquée Bilal, gazée le 30 octobre par les CRS. Aujourd’hui, Karim, de Clichy, dit toujours attendre des « excuses » de la part de l’État. « C’est ce que l’on fait quand on a menti, non ? » Laurent Mouloud http://www.humanite.fr/journal/2006... © Journal l’Humanité De : L'HUMA mardi 24 octobre 2006
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mardi 9 février-22:28 de : sam 1 commentaire mardi 9 février-22:27 de : (pas de nom) 4 commentaires mardi 9 février-21:56 de : jackaren mardi 9 février-21:06 de : linter mardi 9 février-20:45 de : 20minutes 1 commentaire mardi 9 février-20:40 de : Weatherboy 1 commentaire mardi 9 février-20:38 de : marie75 mardi 9 février-20:20 de : Orphée mardi 9 février-19:53 de : (pas de nom) mardi 9 février-19:03 de : Bart mardi 9 février-19:03 de : GB mardi 9 février-18:48 de : Diaspora Saharaui 2 commentaires mardi 9 février-18:39 de : Boursorama mardi 9 février-18:36 de : françoise mardi 9 février-18:31 de : tptp 4 commentaires mardi 9 février-18:27 de : tptp 3 commentaires mardi 9 février-18:08 de : lul 1 commentaire mardi 9 février-18:00 de : CGT-Culture mardi 9 février-17:25 de : sans paps... mardi 9 février-16:49 de : Nestor mardi 9 février-16:38 de : Morte de rire 1 commentaire mardi 9 février-16:21 de : militant SUD Education 2 commentaires mardi 9 février-16:14 de : (pas de nom) 3 commentaires mardi 9 février-16:04 de : Orphée 3 commentaires mardi 9 février-15:18 de : Chico 2 commentaires mardi 9 février-14:52 de : Diaspora Saharaui 1 commentaire mardi 9 février-14:42 de : via Virginie mardi 9 février-14:04 de : Ellen Brown 3 commentaires mardi 9 février-13:38 de : Révolté mardi 9 février-13:35 de : "24heures sans nous" LJSI mardi 9 février-13:32 de : "24h sans nous!" LJSI mardi 9 février-13:29 de : "24 heures sans nous!" LJSI mardi 9 février-13:24 de : Disuj - CBIL 3 commentaires mardi 9 février-13:24 de : Livres de papier mardi 9 février-12:57 de : Paris 8 commentaires mardi 9 février-12:09 de : (pas de nom) 5 commentaires mardi 9 février-11:39 de : (pas de nom) 13 commentaires mardi 9 février-11:38 de : sudiste de base 1 commentaire mardi 9 février-11:17 de : Bernard Gensane mardi 9 février-10:42 de : jean valjan 2 commentaires |


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