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Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

Avec ma permission...
de : Franca Maï
dimanche 11 février 2007 - 08h48 - Signaler aux modérateurs
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de Franca Maï

Ce matin, j’étais à mon balcon, bras ballants, noyée vers l’infini. J’ai entendu un cri strident. Ils étaient deux. Ils violaient une fille sur le terrain vague. Je n’ai pas bougé. Je suis trop fatiguée. J’ai regardé. Je n’ai même pas esquissé un geste vers le téléphone pour appeler de l’aide. J’ai regardé. Tout d’abord, en fermant à moitié les paupières. Les deux gus, bien charpentés, avaient l’air de s’éclater à mort. La nuque rasée lui tenait la tête et la pressait violemment contre le bas de son ventre tandis que le dégingandé la sodomisait. Mais ma vision était hachée à cause de mes fucking eyes enterrés. Alors j’ai agrandi mes pupilles au maximum et j’ai tout emmagasiné dans mon cerveau.

Il me semble que j’ai vu un corbeau passer. Mais il avait un bec jaune coupant et je ne sais vraiment pas si les corbeaux ont des becs jaunes ou verts. Le premier a joui dans sa bouche en râlant : "Elle est trop bonne". La fille a profité de ce moment d’égarement intense pour se remettre à gueuler de plus belle. La garce. Mais ils ne lui ont pas fait de cadeau. Ils ont frappé avec leurs paumes, avec leurs poings et comme elle continuait à couiner, ils ont pris des pierres. Puis ils se sont sauvés en la laissant jupe relevée, la fleur béante chagrinée, en sang. A mi-chemin, le plus grand a fait un signe à l’autre en désignant mon aquarium et ils m’ont menacée. "On va te faire la peau, la vieille".

J’ai quarante ans. Je ne suis pas vieille. J’habite cette cité perdue suintant le salpêtre et les orties. Mon immeuble possède vingt deux étages. Toutes les fenêtres sont emmurées côté terrain vague sauf les miennes. J’ai pulvérisé les parpaings, enfin c’est mon homme qui s’en est occupé avec le marteau piqueur de Léon, car j’étouffais. Il me faut l’air, l’horizon, le bleu du ciel. La municipalité a décidé de fermer les yeux des tours, car statistiquement les terrains vierges poussent au suicide. Je ne sais pas qui leur a pondu cette théorie, mais il est balèze le mec qui a osé, il a rendu aveugle toute une population. Les gens civilisés ont fini par se barrer vers le centre, il ne reste plus que les squatters et nous.

Je n’ai pas bougé de mon balcon, j’en ai rien à cirer de leurs menaces. J’observe la fille. Elle n’a toujours pas bougé. Je ne supporte pas qu’on me traite de vieille. J’en aurais à leur apprendre à ces petits branleurs. Je sais faire grandir et rétrécir un sexe comme je le veux et au rythme que je désire, même les plus récalcitrants, surtout les plus récalcitrants... Je mets un point d’honneur à les apprivoiser. Ca m’excite. Les voir se tendre, durcir et pleurer leur sperme me procure une émotion proche de l’évanouissement. Ma bouche, c’est l’enfer. Brûlante et humide à souhait. Même les anges redécouvrent leurs attributs. C’est un don du ciel, ça ne s’apprend pas. Tous les manuels scolaires d’éducation sexuelle oublient le principal, il faut aimer çà. Et çà, j’aime. Je suis certaine que la fille du terrain vague n’a pas su les contenter ou alors ce sont vraiment des novices en la matière, ou des bœufs, au choix.

Le vent souffle à pleines dents, il va pleuvoir. La pluie va balayer toute trace de pas et de passage et d’autres pas épouseront ce sol boueux, avec la même intensité dans les actes de barbarie, et d’autres filles seront saignées comme des truies. En attendant, celle-ci a relevé la tête. Elle semble toute petite, toute perdue. Elle tente un : « Aidez-moi » mais il reste figé sur son visage comme si plus rien ne voulait lui obéir. Son corps ankylosé essaie de se déplacer, en vain. Elle reprend conscience petit à petit et se voit nue, humiliée, endolorie, sale. Elle voudrait que cela ne soit qu’un mauvais rêve.

 Mais pourquoi ne remet-elle pas sa jupe en place ? -Pourquoi la garce laisse-t-elle son sexe ouvert à tout vent ?
 Elle les cherche ou quoi ?

Ouais, elle les cherche les ennuis et elle va en avoir, car les deux gus reviennent avec leurs amis. Ils sont exactement au nombre de sept. Ils ont des bières à la main et y’en a deux qui sniffent de la colle. J’vais pas la plaindre la fille, elle est jeune, elle s’en remettra... C’est pas parce qu’elle va se prendre quelques baffes et quelques pincées d’étoiles, qu’elle va en mourir. Moi, j’me prends des baffes sans raison et mon homme il me baise plus depuis six mois. Il dit que baiser lui donne la gerbe, que tout mouvement le fait tanguer et lui file le mal de mer, qu’il est anormalement fatigué, que je dois me montrer compréhensive et qu’à part çà, il m’aime comme au premier jour. Du coup, je me sens moche, dépressive.

On dirait qu’ils ont peur.

Pas tous. Mais il y en a trois qui reculent, qui font demi-tour. La vue de ce corps blafard bourré d’hématomes les fait débander grave. Les autres les haranguent, hilares et moqueurs. Ce n’est pas le pacte. Nuque rasée a la solution. Il place des bandeaux sur leurs yeux et les conduit vers le ventre rétif. Les autres ont écartelé la fille en l’attachant par les chevilles et les poignets. Elle tente de se débattre par soubresauts. Ils distinguent ainsi les lèvres étroites et roses et ça ne fait qu’augmenter leur excitation croissante. Les miaulements qu’elle émet aussi. On dirait qu’elle le fait exprès, qu’elle contribue à son agonie. Ils tirent à la courte paille. Nuque rasée lui enfonce brutalement un doigt dans le sexe puis contourne son clitoris délicatement comme pour l’amadouer. Et chacun leur tour à s’emmitoufler dans le trou béant du vide absolu. J’ai froid tout d’un coup et je sens ma solitude intérieure alourdir ma chair.

Je ne sais pas l’heure exacte mais je sais que lorsque le jour chutera dans la nuit, lorsque j’entendrai l’ascenseur grincer et qu’il se présentera devant moi, je serai vêtue de porte-jarretelles et porterai des talons aiguilles de plus de 18 cm. Et il peut me raconter n’importe quoi, je ne m’en laisserai pas conter. Je suis trop excitée. Bien sûr, je pourrais me caresser mais j’ai envie de partager ce moment de volupté féconde avec lui. Je pourrais me caresser là sur le balcon, me frotter sur la paroi froide du béton armé. Je pourrais même jouir et mêler mon cri à celui des avions aux tours de manège incessants, mais j’ai envie de me sentir posséder par lui. Je vais donc l’attendre.

Je ne sais pas ce qui se passe en bas. Mais ils ont enlevé leurs bandeaux. Ils boivent beaucoup et ivres tournent sur eux-mêmes. Ils ont détaché la fille, lui ont passé un T-shirt Nike. Nuque rasée la force à danser tout en lui triturant les mamelons. Elle est un peu trop raide, elle n’a pas le sens du rythme. Il doit y aller un peu fort avec ses caresses car elle défaille et tombe sur le côté. Il lui jette un seau d’eau et siffle un chien jaune qui accourt reconnaissant. C’est un chien effrayant, massif, courtaud aux crocs rutilants. Un chien qu’on n’aimerait pas rencontrer même dans la dernière ligne droite de sa vie terrestre pour se prouver que l’on est encore vivant. C’est certain, maintenant ils se sont regroupés autour d’elle et ils la menacent. Elle n’a plus le choix avec ce chien qui gronde à son oreille. Elle doit prendre son mal en patience ou alors le transformer en bien. Ils se sont mis en file indienne pour savourer à tour de rôle sa bouche. Elle n’est pas douée mais ça je le savais et ils s’énervent beaucoup. Elle coopère mal. J’aimerais lui prodiguer des conseils, lui expliquer la musicalité rayonnante d’une queue. Mais les jeunes n’aiment pas qu’on leur parle d’expérience. Et cette fille là, je suis certaine qu’elle n’accepte aucune initiation. Alors tant pis pour elle, sa cavité buccale, c’est l’usine avec tout ce que cela comporte de rébarbatif.

Le ciel est devenu rouge comme par enchantement.

Le soleil a échappé aux mailles de la pluie et inonde les nuages de ses rayons. Il fait chaud soudainement et le terrain vague semble accueillant. Je jurerais voir un coquelicot onduler au milieu des gravats, des détritus et des sacs poubelle qui s’envolent tels des coléoptères. D’autres chiens ont rejoint le monstre et se disputent un os. Y’a de la vie qui se déroule là sous mes yeux, de la pure vie. La fille est reléguée dans un coin saucissonnée, les gars ont entamé une partie de cartes. Elle pleure, elle est chiante cette nana.

Ouais, ça énerve salement une fille qui coule des yeux.

Moi je peux comprendre çà. Je peux comprendre les gus. On n’a qu’une envie, c’est qu’elle se taise. L’alcool et la drogue aidant, certains se battent et c’est à son sujet à coup sûr.

Je suis allée dans la cuisine me chercher une tranche de jambon. J’ai faim et je me sens tellement fatiguée. Je dois avoir un manque de calcium. Je me suis aperçue que les aiguilles de l’horloge murale faisaient grève et ça me contrarie car je ne sais plus me situer dans le temps et du coup, je ne sais pas combien d’heures je dois compter avant que mon homme arrive. La cuisine est désolante, les rares plantes vertes se dessèchent, le réfrigérateur est juste rempli, seuls les vers de terre destinés à la pêche trônent en rois. Il faut dire, qu’à cinq cents mètres du terrain vague, il y a une petite rivière avenante possédée de trois nénuphars que je m’évertue à protéger envers et contre tous. C’est dans cet endroit que mon homme va attraper le poisson et méditer. Il est en phase avec la nature et le silence le repose dit-il. Il a besoin de beaucoup de repos. Beaucoup de choses le fatiguent, son travail, ses collègues, le vin, les gens qui passent, les chiens qui aboient, le tournis qui révolutionne sa tête, baiser aussi, ça le fatigue, mais je vous l’ai déjà expliqué. Il récupère par des siestes prolongées, en solitaire. Et j’en crève, je me liquéfie sur place, je me desquame, je me hais profond. Rien ne se voit en apparence. Je reste une femme très appétissante. Il suffit d’observer les hommes se retourner sur ma silhouette. J’ai de longs cheveux ébène, une taille de guêpe et je suis mince comme les fées. Lorsque je marche, je balance savamment ma croupe et j’imite les chattes. Ca les enivre et je sais qu’ils sont fous de moi et qu’ils voudraient tous un ticket pour s’envoyer au septième ciel. Mais je ne suis intéressée par rien. Aucun d’eux ne peut me procurer un quart de ce que nous avons eu comme révélation aux premiers temps de nos rapports mon homme et moi. Quand nous faisions l’amour pour de vrai.

Ils lui ont enfoncé une bouteille dans le vagin et ils rigolent comme des tarés. Ils s’amusent beaucoup. La fille est hébétée, elle ne crie plus, ne cherche même plus à défendre une parcelle de son corps. Je crois qu’elle commence à comprendre qu’elle doit tirer parti de ce curieux destin et qu’elle a le pouvoir de profiter de cette aubaine. Sept sexes au gabarit différent, vigoureux, attentionnés, affamés visitant son sanctuaire.

 Pour qui elle se prend, la meuf ?... Elle est bien ingrate ! ... Après tout elle n’est qu’un trou parmi tant d’autres, un cercueil ambulant, sur deux longues jambes noueuses. La vie est si courte, les rides se multiplient à la vitesse lumière. Qu’elle en profite la garce !...

Je ne vous ai pas parlé de mes fenêtres côté Est. Elles s’ouvrent sur une gare désaffectée. Des milliers de tessons de bouteilles fracassés jonchent le sol et à certains moments de la journée, les reflets du verre forment des lucioles. C’est très joli. On dirait une prairie intemporelle. En tout cas, moi ça me rassure, je sais que la beauté peut se nicher partout sans encombre. Aucun train ne dépose de voyageurs fatigués, aucun rendez-vous n’est manqué.

C’est la gare du vide par excellence.

De ce côté-là, je peux nouer un contact avec les voisins, quand ils daignent montrer leurs têtes. Ils évitent pourtant d’ouvrir les jalousies. Je ne comprends pas pourquoi ils n’aèrent pas plus souvent leur espace vital.

Ils disent que l’air pue, qu’une gare sans les trains c’est un pied dans le monde des fantômes.

Que cette puanteur nous engloutira tous puisque c’est ce que l’on mérite. Incapables de gagner assez de monnaie pour se payer une piscine privée. Fuck, fuck, fuck. Ils me foutent le blues parfois. Alors moi, je me suis enregistrée le bruit de la mer sur un magnétophone désuet et je l’écoute à donfe. J’ai choisi une mer agitée, écumante qui déborde de colère.

La première fois que mon homme m’a fait l’amour, c’était un état de grâce. Il m’a léchée le sexe délicatement pendant une éternité et j’ai senti tout mon corps exister. Il ne s’est occupé que de moi. Il ne voulait que mon plaisir, boire mon élixir, humer mon odeur. Il enfonçait même son nez entièrement à s’étouffer pour ne pas perdre ma trace. Je me souviens qu’il tremblait et j’ai cru mourir de plaisir. La seconde fois, je lui ai dit que c’était mon tour et j’ai chevauché ce grand corps d’1m95. Je l’ai mis sur le flanc. J’ai découvert ma masculinité et lui sa féminité. Cette découverte nous a propulsés dans un monde parallèle où tout était permis. Une liberté totale d’imaginaire et j’ai cru que nous allions mourir de plaisir. Mais on ne meurt pas de plaisir. Malheureusement. On peut mourir d’indifférence, mais pas de plaisir, c’est très mal fait la vie.

En bas, elle déguste la fille, non là je n’aimerais pas être à sa place. Ils ont forcé le chien jaune à la monter. Pauvre chien, il n’a rien demandé. Il est horrible ce chien, il me fait peur mais je trouve que c’est mal d’asservir une bête à ce point. Les gus tanguent sérieux, ils ont la gerbe, on dirait qu’ils commencent à voir réellement l’herbe jaune décimée et les papiers gras. Ca va mal tourner.

Je ne vous ai pas parlé de mon portable car actuellement il est en charge. Quelquefois mon homme m’appelait jusqu’à douze fois par jour. Des petits mots doux ou de longues conversations philosophiques, ça dépendait de son humeur. Il n’avait aucune habitude, ça pouvait être coup sur coup ou alors espacé sur vingt-quatre heures, tard dans la nuit. Sa voix est particulière, elle est chaude, elle enveloppe comme son gros ventre rond, elle calme. J’étais reliée à lui par un fil invisible, bercée par cette tessiture particulière du chant des anges. Je parle au passé car maintenant il fait des économies, il téléphone avec parcimonie et puis il me dit que maintenant que l’on vit ensemble, ce besoin n’existe plus. Pourtant le fait de ne plus entendre sa voix me file des crampes d’estomac. J’ai mal mais à me plier en quatre c’est comme si on m’arrachait les entrailles à vif. C’est pour cela que je préfère laisser le portable dans l’autre pièce, invisible à l’œil nu. Comme ça, je l’oublie un peu et je suis moins esclave de ces putains de sonneries à la noix. Et puis ça me permet de questionner la messagerie et quelquefois d’avoir des surprises.

Le temps semble suspendu, les gus ont déguerpi avec leurs clébards. Il n’y a que les vêtements de la fille qui flottent dans les airs. Le vent souffle fort, balaie le soutien-gorge ensanglanté. Je ne sais pas où ils l’ont mise. Je ne distingue plus la fille. Il faut dire que les ordures et les papiers gras sont au diapason de la vitesse infernale des nuages, obstruant toute forme. Les nuages sont des morts en partance qui tentent une dernière percée.

Là, ils ne sont pas gâtés. Mais peut-être ont-ils eu pitié d’elle et dans leur mansuétude lui ont-ils confectionné un lit de coton. En tout cas, ça tournoie dans tous les sens à m’en filer la nausée.

La nausée, je l’ai eue brutalement. Un matin, j’étais près de la machine à laver. Mes yeux observaient un faucon qui s’escrimait à faire des figures dans le ciel. On aurait pu croire qu’il imitait les avions. Ouais, y’avait un oiseau de cet acabit dans ma zone. Incroyable. On se demandait ce qu’il foutait là. Mais on s’habitue à tout. Quand même, c’était royal ces arabesques et j’étais fascinée. Je comprenais la liberté dont il jouissait en toute sérénité. J’ai senti une douleur aiguë, puis mon ventre a craché d’énormes caillots de sang. La brûlure qui circulait dans mes reins volcanique, m’a mise à genoux. Le faucon majestueux vrillait et l’avion ne suivait plus, mes yeux se forçaient à regarder vers le haut. Les pompiers m’ont amenée d’urgence à l’hôpital, c’était un bébé mort. Pourtant le docteur m’avait posé un stérilet des mois auparavant. Comme quoi, la science n’est pas infuse. J’ai oublié de vous dire que mon homme organise des combats de coqs. C’est dangereux, illégal mais ça rapporte gros. Il préfère les gallinacés aux chiens matés. Je le comprends tout à fait. Ce travail demande beaucoup de concentration. Il fait équipe avec Léon et une fille qui joue au mec. Rasah, c’est son prénom. Elle boit comme un trou, jure et crache. Elle est boutonneuse du faciès, incompétente mais il paraît qu’une présence féminine dans cette faune obscure, ça équilibre.

 Equilibre quoi ? j’te le demande. Et dans leurs beuveries, ils se sentent moins coupables. Le bébé mort, ça m’a trouée. J’ai téléphoné à mon homme, j’voulais qu’il soit près de moi, j’voulais qu’il me serre dans ses bras. Il était à 500 km de la maison. Il pouvait pas. Les coqs à nourrir et les parieurs à arroser. Trop de cash en jeu. Impossible. J’ai téléphoné tard dans la nuit, c’est Rasah qui a répondu. J’entendais la musique, les cris, la fête. J’ai deviné même les pétards qu’ils fumaient et là, j’ai senti que je basculais. Une véritable plongée dans le vide. La marée translucide. J’ai saigné trois jours et trois nuits, je me vidais goutte à goutte. Ils m’ont gardé en observation, le personnel médical était très inquiet. Je leur ai dit que j’aurais voulu enfanter d’un coq luisant à la crête bleu turquoise. Que là, mon homme aurait bougé ses fesses. Ils m’ont précisé que je devais commencer un traitement qui me ferait perdre les cheveux et que le marché actuel proposait un choix coquet de perruques modernes. Texto. J’ai crié : « Allez-vous faire foutre les nazes ! » et j’ai signé leurs papiers pour les dégager de toute responsabilité. J’ai toujours ma superbe chevelure et je les nique parallèle !... La fille, elle avait des petits cheveux fins et clairsemés. Je le sais, car je l’ai vue à la morgue.

J’entends des pas dans le couloir. C’est lui. Mes mains deviennent moites. Mon cœur s’accélère. J’ai une envie soudaine d’uriner. Et si je n’étais pas là. Si je faisais semblant d’être absente. Si je le mettais un peu en état de manque. Où ai-je planqué mon porte-jarretelles ?... L’ivoire avec de la dentelle de Lisieux. Et merde. Trop bien rangé, encore.

 Et merde, pourquoi appuie-t-il sur le bouton de la sonnette ?...

J’approche mon œil du judas et je les vois. Enfin, trois des gus, dont Nuque rasée. Il a de yeux transparents et perlés. De très beaux yeux. Ils conspirent derrière ma porte. « Mais si, c’est forcément cet étage... mais non, c’est deux étages au-dessus... le balcon il donne où exactement... » Je retiens ma respiration et je peux les entendre souffler. Un halètement terriblement bouleversant. Et je me surprends à entrouvrir les lèvres.

On avait pris le pli de s’embrasser en mélangeant profond nos langues, sans respirer. La sienne, j’aurais pu la reconnaître entre mille, avec sa petite nivelle au milieu et son goût juteux. Sa queue aussi. Depuis notre première fusion, j’avais l’impression qu’elle s’était allongée. Quand je la chamboulais avec le bout soyeux de ma langue, que je contournais délicatement son gland, que je m’incrustais dans sa fente, elle s’étirait à l’infini et elle devenait dure comme le béton armé de cette tour. C’était émouvant. Et puis quand je lui léchais le corps en entier en commençant par les doigts de pied et que je sentais les effluves de sa peau, j’étais enivrée. Cette odeur particulière me rendait dingue. On dit qu’une naissance, c’est une mort qui arrive. Je me demande quel con de grabataire j’ai laissé en sursis en échange de mon bébé. Les gus s’énervent, ils montent, ils descendent, ils me cherchent, me reniflent mais je suis très maligne. Ils sont aux abois car ils savent que je sais. Je dérange leurs plans. Fallait pas m’appeler la vieille. La fille, elle avait la taille épaisse et les seins lourds. Je le sais car je l’ai vue à la morgue.

J’aurais bien allumé la radio pour qu’une musique s’en échappe, mais les gus sont encore dans les parages et je n’ose pas bouger. Ils ne sont que trois, les autres ne les ont pas rejoints. Ils doivent dégueuler leurs tripes pour sûr, ou tenter d’enrayer la mémoire de leur fucking tête. Mais ces trois là sont tenaces. Ils ont la trouille. Ils ont peur que je les balance, que je décrive avec minutie leurs exploits. A vrai dire, j’ai trouvé le spectacle piteux. Beaucoup trop rapide, ils ne savent pas prendre leur temps, doser leurs envies pour les propulser au sommet. Ils agissent comme des petits branleurs, il leur manque l’altitude. « Nuque rasée, t’es un gros nul »

Non, j’y crois pas, mon portable sonne. Et merde ! Pourvu que cette maudite sonnerie s’arrête, ils vont finir par me localiser. « Je ne peux pas te parler mon homme, tu comprends, où que tu sois, je ne peux pas te parler, je suis en danger... ouais, je sais, il y a les coqs, les parieurs, le cash, le vin...je sais déjà tout, pas la peine de t’emmerder à perdre des unités... tu me connais je vais m’en sortir, je vais défricher et trouver l’issue...écoute, laisse un message, je te rappellerai dès qu’ils auront fini de tourner en rond, mais laisse-moi des mots d’amour... »

Je ne sais toujours pas l’heure qu’il est mais le ciel se drape d’obscurité.

On distingue tout en flou.

Les arbres arborent leurs visages infâmes de vieux sages.

Ils vont me parler, me dire d’aller gentiment me coucher, sans faire de vague et leurs ombres grandissantes vont envelopper la tour pour occulter les embrasures. Quand mon homme partait loin de notre nid, j’avais remarqué des incohérences. Il m’appelait chaque nuit au moment d’aller se coucher, c’était un rituel qu’il avait instauré. Mais sur une durée longue de partance, il y avait toujours quelques rendez-vous nocturnes qui passaient à la trappe. Soit la couverture réseau fonctionnait par à-coups, soit une galère terrible lui était tombée dessus et il n’avait pu me joindre, soit l’hôtelier n’avait rien compris. Vous imaginez en l’an 2000 avec toute cette technologie avancée, c’est encore possible de se rater. Là, j’étais comme un animal en cage, je tournais dans la maison et je me mordais la peau pour ne pas hurler. Mais je devais être raisonnable, il n’aimait que moi, les autres femmes, il ne les voyait même pas. J’étais sa princesse d’amour. Ca je le crois ferme. A sa façon de me pénétrer doucement puis brutalement, à sa façon de m’écorcher, de me griffer, de promener son sexe en toute confiance dans mes trésors, de prendre possession de ma chair, j’étais à lui et il était à moi. Croix de bois, croix de fer...

C’est une heure que je n’aime pas. Il fait ni jour, ni nuit. On ne distingue que ce que l’on crée. On ne voit rien. Je sais que les gus sont tapis dans cette bâtisse au goût douteux, je sais aussi qu’ils sont en descente donc en manque, je sais qu’ils finiront par me trouver. Je sais aussi que les orties prennent le dessus. J’ai un mal de crâne terrible. Ca cogne de partout et ça m’envoie une brume glaciale à faire grincer les dents. Il faut que je contrôle ce bruit pour être invisible. La fille non seulement elle avait les hanches lourdes mais ses mollets dégageaient une impression de pesanteur qui mettait mal à l’aise. Je vous dis çà, car je l’ai vue à la morgue.

Lorsque mon homme passe à table, c’est un poème. Tous ses sens sont en éveil. Ca fait vraiment plaisir de le voir engouffrer des dizaines d’huîtres pour récupérer de l’énergie. Il émet des grognements de satisfaction avec un râle proche de celui de l’amour. Et quand je l’entends, je sens mon ventre se tendre, mon sexe s’ouvrir et je voudrais être l’huître, la viande, le légume, l’alcool qu’il déguste. Je voudrais fondre dans sa bouche. Alors quelquefois, je cambre un peu les reins et j’écarte doucement les cuisses en le regardant droit dans les yeux et c’est comme un signal qu’il capte et nous faisons l’amour sur la table au milieu des victuailles dans une frénésie épicurienne qui donne le tournis. Maintenant baiser lui donne la gerbe, tout mouvement le fait tanguer et lui file le mal de mer, je dois me montrer compréhensive, à part çà, il m’aime comme au premier jour, mais vous savez tout çà déjà.

Nuque rasée est derrière la porte. Il croit que je n’ai rien remarqué. Il a vraiment de très beaux yeux. Je pense qu’en lui demandant gentiment, il aurait pu baiser la fille sans problème, avec son consentement. Il n’en serait pas là. Je plonge dans son iris et j’y trouve une douceur sauvage, un mélange d’écume et de bois. Je me caresse délicatement. Mon doigt connaît à la perfection les chemins de traverse et je penche ma tête en arrière et je balance tout mon corps et je ferme les yeux bercée par le flot intense qui s’échappe le long de mes cuisses et je jouis progressivement, comme j’aime. Mon homme, il vénère le vin alors forcément la nuit, il est choyée par les serveuses qui lui offrent de l’alcool en s’épanchant sur leurs problèmes. Il est si drôle, un vrai clown en plus s’il avale un expédiant, il est au top. Mais il ne fait rien de mal. Il me l’a juré. A moi, il me dit que tous ces voyages le fatiguent, qu’il voudrait rester et ne plus bouger de nos murs. Il me supplie de l’enfermer à double tour, de le protéger, il pleure même quelquefois. Mais ce n’est pas ce que m’a raconté la dernière, la fille.

C’est bizarre parfois, tout roule, on a l’impression d’être sur une ligne droite, protégée, on se sent invulnérable et on a tout faux.

Un matin pris d’une vision maligne, insidieuse, on écoute le portable de son homme, à son insu et on découvre une voix féminine qui égrène des mots d’attachement. On est en face de ce que l’on ne pouvait pas voir car on voulait croire aux serments éternels. Alors pris d’une rage incontrôlable, on renvoie un simple texto à la félonne tapie dans l’obscurité prête à broyer toute votre construction féerique : Merci pour news, tu es gentille. Il est temps de grandir. Trace toute seule. J’aime ma femme. Je lui ai parlé, elle m’a pardonné. Si tu ne me crois pas tu peux lui téléphoner. Je suis très heureux, te souhaite la même magie. Il vaut mieux mettre un terme à cette relation, ne m’en veux pas, mais tu mérites mieux, te remercie pour tout. Johnny. Vous laissez vos propres coordonnées et vous attendez que le poisson morde.

Nuque rasée et ses sbires dévalent la tour à grandes enjambées. Une sirène au loin s’est mise à hurler. Elle règne sur la cité aux paysages agonisants comme le breuvage des vivants. Elle est rassurante et son timbre de boîte à musique calme les nerfs.

Soudain la cuisine s’agrandit, les plantes s’épanouissent, le réfrigérateur est plein et vous avez faim, un appétit d’ogre, et vous savez que vous allez dévorer durant toute cette fucking nuit, que les arbres peuvent toujours tenter leur diversion effrayante d’ombres chinoises, vous n’avez plus peur. Le poisson est ferré, et j’apprends tous tes délires mon homme.

Je sais maintenant que tu aimes musarder dans les quartiers rouges des villes tentacules. Tu mates les prostituées, leurs vagins exposées en vitrine et tu te branles contre les arbres. Tu ingurgites des litres de spiritueux, tu te sens invincible, la nuit est à toi. La fille de nuit, la serveuse, la barmaid, tu l’envoies au septième ciel dans les latrines en sniffant des lignes de coke pour assurer dur, comme les mâles des films porno et tu la fais rire, tu croques tellement bien la vie. Tu as des jeux extrêmement érotiques avec elle, tu frottes ton sexe dans tous ses orifices et tu la branles avec tout ce qui te passe sous la main, tu as un sens de la trouvaille inouï. Et tu lui balances des chuchotements doux et protecteurs à l’oreille qui l’ouvre et la rende salée et surtout tu commets l’irréparable, tu la fourres de ta langue à la nivelle qui m’est si précieuse. Mais tu n’éjacules jamais, comme les chats castrés qui baisent pendant des heures, c’est ta manière à toi de m’être fidèle.

La fille, elle a vingt-huit ans. Elle n’a aucun charme, sa chair est pesante, ses seins, petits aux tétons rentrés sont roses comme l’épiderme des porcelets. Elle est décevante. Certaines parties de son corps sont salement amochées, la peau a été brûlée à vif. Je le sais, car je l’ai vue à la morgue.

Les flics m’interrogent, je suis la seule à posséder un balcon avec vue sur terrain vague. Ils me montrent chacun des gus et me somment de me souvenir. Je les regarde longuement. Je prends un malin plaisir à les voir se décomposer. Nuque rasée est très intéressant. Lorsqu’il pénètre ma prunelle, je devine la petite lueur de désir qui s’y infiltre et je sais que lorsqu’il sera entre mes cuisses, il dira tout haut et pendant très longtemps : « Elle est trop bonne ».

Je n’ai balancé personne, l’inspecteur m’a révélée avec beaucoup de délicatesse que cette pauvre fille était la maîtresse de mon homme. Les flics n’axent plus leurs recherches que sur Johnny. Ils penchent pour un drame passionnel. Ils sont persuadés qu’elle avait rendez-vous avec lui pour rompre et que cela a dégénéré en folie meurtrière. L’inspecteur compatit à ma peine.

Ce qu’il ne saura jamais, c’est que la fille avait rendez-vous avec moi. Elle voulait comprendre la situation, elle voulait même qu’on se le partage, elle était tenace la garce. Aucune pudeur.

D’une voix douce et fatiguée, je lui ai conseillé de passer par le terrain vague, la gare désaffectée étant des plus dangereuses. Mais vous connaissez la suite.

Quant à mon homme, ils ne le retrouveront jamais, ils peuvent toujours courir. Là où je l’ai enterré, seuls les fous peuvent y accéder.

Avec ma permission
Une nouvelle de Franca Maï
Cherche-Midi éditeur

Nouvelle également parue dans le recueil LA PASSION DE LA VICTIME Aux éditions QUE

site de la romancière

http://www.e-torpedo.net



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Commentaires de l'article
Avec ma permission...
11 février 2007 - 10h28

Là nous sommes au sommet ; c’est à dire au plus vrai et au plus inicible qui sera dis qund même ; nous sommes entre le plus grand Zola et le plus grand Céline ; avec les mots qui foutent la honte au lecteur d’y reconnaître son propre possible.

Respect Franca...Putain de dimanche...

Jacques Richaud



Avec ma permission...
11 février 2007 - 10h45

La violence dans ce qu’elle a de plus ignoble. Un écrit ne peut être que la traduction d’une pensée et certain se gave de ce sadisme ; HONTE A EUX ;

LOUIS 42



Avec ma permission...
11 février 2007 - 14h01 - Posté par

oui , je trouve ça ennuyeux et très triste ;

ce n’est pas une nouvelle ,

c’est une vomissure

Pierre Plougonven


Avec ma permission...
11 février 2007 - 15h14 - Posté par

Ce conte cruel n’a rien d’une "vomissure honteuse"...

Que les âmes prudes passent leur chemin si elles ne peuvent tolérer la subtile odeur du sperme se mélangeant à l’eau de rose...

Sirieix


Avec ma permission...
11 février 2007 - 15h23 - Posté par

je ne vois pas pourquoi tu crois bon d’ajouter "honteuse" à la vomissure dont je parlais, et que je maintiens...

ce n’est pas pruderie que de ne pas se délecter dans cette fange , et j’aime trop ""le sexe"" pour avancer quelqu’autre commentaire

Pierre Plougonven


Avec ma permission...
11 février 2007 - 15h56 - Posté par

Hé Pierre Plougonven... Calmos,

C’est parce-que tu n’as jamais été aimé par une femme comme celle que nous décrit Franca Maï que tu nous la joues réactionnaire.

Petit jaloux va...

Un peu d’altitude stp...

Et lis bien entre les lignes, c’est un super cri d’amour...

Titi


Avec ma permission...
11 février 2007 - 15h58 - Posté par

Le "honteuse" c’était en référence au "honte à eux" final du post précédent (Louis 42).

Cette "fange" a un sens, un message.

Ne t’attarde pas à sa surface boueuse (et puis évite de préciser que tu aimes le sexe en le mettant entre guillemets)...

Amicalement

Sirieix


Avec ma permission...
11 février 2007 - 16h39

Franca Mai.

Bien sûr que oui on a peur on est terrorisé.
Bien sûr que oui l’océan c’est pas plus fort c’est infini.
Nous aider à plonger c’est pas obligé pour vous.
Essayer de resister, c’est comme donner un coup d’épée dans l’eau.

jyd.



Avec ma permission...
11 février 2007 - 21h01 - Posté par

y a fort à parier que ceux qui s’offusquent de ce bel écrit ont, enfouie en eux quelque indicible fange.
et bien peu d’altérité.

Torrey Canyon


Avec ma permission...
11 février 2007 - 23h24

Pas de nouvelle, mauvaise nouvelle.

Ca déchire, comme un happyslapping de bizounours..

"Alors j’ai agrandi mes pupilles au maximum
et j’ai tout emmagasiné dans mon cerveau"..

Ca c’est du techno fun !

Sinon, les réactions outragées ont l’air bidon.

Je me trompe surement.



Avec ma permission...
12 février 2007 - 00h57

¡FRANCAmente, es un texto magnífico !

JMH



Avec ma permission...
12 février 2007 - 10h57

Ouais, ouais ... crochet au foie, une nouvelle fois ...

A la fin du texte, on est un peu sonné, mal à l’aise d’avoir été balancés entre la désespérance, le froid, le lugubre, le bandant, le réalisme et la folie. L’ombre d’un rasoir sur les reflets de lumière d’un blouson en cuir...Le désespoir est dans l’ensemble mais l’humanité entre les lignes...bref comme le monde dans lequel on vit...

Je me suis laissé couler dans ce texte qui m’a rappelé le film "Rue Barbare" avec l’énorme Donnadieu. Des mots vrais et réalistes pour parler de la vie ... les textes de Franca Mai ne font pas décoller, au contraire, ils plaquent au sol ...

Moi je viens de me relever et puis j’ai lu les commentaires... tellement prévisibles que ceux qui n’ont retenu que l’orthographe de sodomie ne se forcent pas à lire, trois ave et deux pater leur permettra d’oublier la salissure qu’ils n’ont pas su écarter...

Merci Franca ;-))

Laiguillon



Avec ma permission...
28 février 2007 - 14h00

Cela m’arrive rarement mais en cet instant je suis heureux d’être moi car si j’étais vous et que ces idées si noires et violentes voir ignobles sortaient de ma tête je ne pourraient plus vivre alors merci avec ça je m’apprécierais au moins aujourd’hui !



Avec ma permission...
9 mars 2007 - 23h29 - Posté par

Hé, hé 82.***.141.*** alors lisez des nouvelles de Franca Maï quotidiennement et vous vous apprécierez tous les jours. Un bon remède à la grise mine.
Moi j’aime son style et ça nous change de la littérature à l’eau de rose ou suintante de bons sentiments.

Alors continuez, chère Franca à nous sortir de votre tête des choses qui dérangent et vive la contre-culture.

PATRICK


Avec ma permission...
1er décembre 2007 - 15h23

PUISSANT !!!

MICK



Avec ma permission...
23 décembre 2007 - 23h11

Il est vrai que Franca Mai nous plonge dans des tenebres terrifiantes mais elle a le don de nous y entrainer avec bravoure Geniale cette nouvelle

Phil






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