Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
SOIRÉE-DÉBAT CONTRE LA REPRESSION POLICIÈRE ET MINI-CONCERT D’HK VENDREDI 23 JUIN
jeudi 22 juin
de Front Social
Vendredi 23 juin 2017 à 19h00 Bourse du travail de Paris Salle Eugène Henaff 29 boulevard du Temple 75003 Paris Soirée débat organisée par Images contemporaines et le #FrontSocial, autour du film "Acharnement, poursuivis pour l’exemple. On vous y attend nombreux ! Projection : Teaser du film ’’Acharnement, poursuivis pour l’exemple ’’ Clip d’Assigné-e-s à résistance d’HK et Les Saltimbanks Débat animé par Jean Gersin (...)
Lire la suite, commenter l'article...

Slavoj Žižek : penser radicalement
de : Marc Alpozzo
jeudi 6 décembre 2007 - 02h54 - Signaler aux modérateurs
1 commentaire
JPEG - 97.3 ko

L’ouvrage de Slavoj Žižek, Bienvenue dans le désert du réel , jouit de quelques lignes de présentation de l’éditeur Flammarion qui devraient être relevées : « Dans ces cinq essais, l’auteur revient sur les évènements du 11 septembre dans une approche politique et psychanalytique.

Il explique pourquoi la capitalisme est un intégrisme et comment les Etats-Unis ont encouragé l’émergence de l’intégrisme musulman et analyse la façon dont cet évènement a été exploité notamment pour justifier et légitimer la torture ». On retrouve là l’obscénité de la société du spectacle, de la communication, des simulacres. La dérive de notre démocratie est-elle entamée ? Celle qui prône fièrement une « tolérance universelle » d’un côté, tout en excluant et en inventant l’homme sans droits de l’autre.

Intolérable tolérance

Comment alors penser dans les décombres de notre idéal des lumières ? Quelle méthode de combat ? Comment survivre à cette « tolérance universelle » aux accents totalitaires ? Seule solution envisageable : émettre une forte dose d’intolérance nécessaire pour élaborer une critique pertinente de l’ordre présent des choses. Cette idée « géniale » de Slavoj Žižek (prononcer « slavoï jijèk ») est d’autant plus problématique que l’époque actuelle tend à diaboliser toute pensée qui chercherait à s’élever au-delà d’une norme balisée et « bien pensante » élaborée par des censeurs de la morale, gardiens de la « tolérance » et du « politiquement correct ». Pour le comprendre, il suffit de se référer à la mise au pilori récente de Maurice G. Dantec après son entrée en dialogue avec les Identitaires. Raison donc pour laquelle il semble nécessaire de reposer derrière Slavoj Žižek la définition même des termes d’une véritable politique d’émancipation.

Car avez-vous déjà réfléchi à ce qui pouvait bien se cacher réellement derrière le langage feutré de la tolérance contemporaine ? Si la réponse ne vous vient pas naturellement, Slavoj Žižek peut vous y aider. Regardez seulement ce qui se dissimule derrière ce principe d’indulgence : un processus de dépolitisation généralisé. Un multiculturalisme dépolitisé qui est la nouvelle idéologie du capitalisme global. Cette dénonciation de la supercherie profondément hypocrite qui se retrouve dans l’idée bombardée tout azimut aujourd’hui, que le plus grand danger réside dans les différentes formes d’intolérance, de nature ethnique, religieuse ou sexuelle, se présente comme la plus brillante dénonciation des disfonctionnements de nos sociétés modernes. Exit donc, le ton professoral des ouvrages universitaires saturés d’un jargon philosophique à l’usage des initiés. Certes, la prose de Slavoj Žižek est radicale, mais c’est pour nous amener à fermement nous interroger sur une époque fertile en contradictions. Exit également l’exigence moderne ultime du « politiquement correct ». Ni marketing philosophique comme l’initièrent les « nouveaux philosophes », ni école philosophique, la pensée de Slavoj Žižek échappe aux travers d’une philosophie de l’instantanée, à une pensée imprécise car utilisant ce que Gilles Deleuze dénonçait à propos des « nouveaux philosophes », à savoir les « gros concepts » .

Slavoj Žižek initie une méthode : penser radicalement. Ainsi se risque-t-il sans craintes à reposer les définitions exactes de termes parasités par un vocabulaire intellectuel qui rend l’usage de notions tels les mots « totalitarisme » ou « proto-fascisme » impropre, termes utilisés aujourd’hui de façon très fréquente pour diaboliser une thèse mal acceptée ou dérangeante. Par là, il s’agit de réaffirmer l’usage des passions politiques fondées sur la discorde, l’usage de l’intolérance pour questionner le totalitarisme mou annoncé par Tocqueville, de nos démocraties libérales, penser à coups de marteau pour échapper aux glissements sémantiques orchestrés par la nouvelle idéologie du capitalisme global. Notre époque à besoin d’une boite à concepts ; une boite à pharmacie et idées pour affronter l’ordre présent des choses :

« À l’aune des critères politiques traditionnels, nous vivons sans aucun doute des temps étranges. Penchons-nous sur la figure paradigmatique de l’extrême droite d’aujourd’hui, les milices fondamentalistes millénaristes aux Etats-Unis. N’apparaissent-elles pas souvent comme une version caricaturale des groupuscules séparatistes de l’extrême gauche militante des années soixante ? Dans les deux cas, nous avons affaire à la logique anti-institutionnelle radicale : l’ennemi ultime est l’appareil d’État répressif (FBI, armée, système judiciaire) qui menace la survie même du groupe, organisé comme un corps extrêmement discipliné afin d’être capable de résister à cette pression. L’exact contraire de cela, c’est un gauchiste comme Pierre Bourdieu qui défendait l’idée d’une Europe unifiée en tant qu’« État social » fort, « garantissant le minimum de droits sociaux et la sécurité sociale contre l’offensive de la globalisation » : il est difficile de s’abstenir d’ironiser devant un intellectuel d’extrême gauche élevant des remparts contre le pouvoir corrosif global du Capital tant loué par Marx. »

Le modèle de tolérance multiculturelle dominant auquel nous avons aujourd’hui affaire n’est pas si innocent qu’on veut le faire croire ; le monde post-politique qui est le nôtre s’appuie sur un pacte social basique à partir duquel les décisions sociales ne sont plus l’objet de débats et conflits politiques. Cela entraîne Slavoj Žižek à utiliser plusieurs outils philosophiques afin de déconstruire les idées reçues et mettre en lumière le marasme idéologique dans lequel nous baignons : ses principaux outils sont la dynamite, le paradoxe, la conciliation des contraires, sans compter l’humour, ― humour que détenait déjà Socrate en son temps.

Le capitalisme global

Penser radicalement son époque, c’est avant tout penser « le nouvel ordre mondial ». A savoir, le capitalisme global. « Le phénomène habituellement désigné du nom de « nouvel ordre mondialisé » et la nécessité, par la « mondialisation », de s’en accommoder. Pour le dire franchement, si le nouvel ordre mondial émergeant est le système non négociable qui est imposé à tous, alors l’Europe est perdue. »

Mais que veut l’Europe ? A-t-elle un objet ? Une finalité qui lui serait propre ? Les questions restent ouvertes quant à cette Union européenne dont l’identité culturelle est profondément menacée par « l’« américanisation » culturelle comme le prix à payer de leur immersion dans le capitalisme global. » L’erreur que tendent à faire certains est de penser que le monde nouveau qui s’annonce et dans lequel nous entrons est universel. Faux, dit Žižek. Il n’est pas universel, il est « global ». Dans cet ordre nouveau, nous ne perdrons rien des particularismes dans lesquels chacun trouve une place bien définie. Car, la globalisation ne menace pas les particularismes, elle ne menace que l’universalisme.

De fait, « la véritable opposition aujourd’hui n’est pas celle existant entre le Premier Monde et le Tiers-monde, mais existant entre la Totalité du Premier Monde d’un côté, le Tiers-monde (l’Empire global américains et ses colonies) et le Second Monde restant (l’Europe) de l’autre. »

De fait, il s’agit de penser l’Europe. Non pas comme le firent les « biens pensants » ― encore eux ! ― durant toute la campagne du « Oui » qui ne nous laissaient aucune alternative dans un choix qui se révélait être un « non choix » ! Il faut être sévère à l’égard de la vision de l’Europe telle qu’elle est envisagée par nos élites politiques : Que veut l’Europe ? Comment faire pour qu’elle ne débouche pas sur une arrogance à l’américaine ? Un dialogue extrêmement critique avec ce projet s’impose. Car comment se permettre de critiquer les États-Unis sans critiquer dans un premier temps l’Europe ? Pour cela, une fois de plus, il s’agit de « penser radicalement ». Ce qui semble impossible aujourd’hui selon Slavoj Žižek dans l’état de la démocratie actuelle.

« A l’instant où l’on présente le plus petit signe d’engagement politique dans un projet politique entendant remettre sérieusement en question l’ordre existant, la réponse fuse immédiatement : “Aussi chargé de bonnes intentions cela soit-il, tout cela finira nécessairement par un nouveau Goulag !” »

Si l’on veut philosopher à coups de marteau, il y a alors un certain nombre de bonnes questions à se poser : Sommes-nous en guerre, et avons-nous un ennemi ? Pour quelles raisons adorons-nous tous détester Jorg Haider ? Comment et pourquoi Vaclav Havel a abdiqué face à la logique du capitalisme ? Comment pouvons-nous nous approprier l’histoire européenne d’une manière radicalement nouvelle ? Peut-être pourrons-nous alors créer une Europe à visage humain contre la pire des tentations, « une mondialisation à visage européen » .

La société du spectacle

Il est d’autant plus nécessaire de se poser toutes ces questions que le spectacle continue. « La réalité n’a pas fait irruption dans l’image, c’est l’image qui a fait irruption dans notre réalité » . Cette réflexion de Žižek en appelle une autre : le réel est-il réel ? N’y a-t-il pas un glissement dans notre perception du réel, qui tient du fantasme, des peurs, de l’imaginaire ? Faux-semblant, simulacres, apparences, manipulation du réel par le détournement de l’image. Tout cela ressemble à une constatation réaliste et avérée.

La crise d’aujourd’hui, est bien une crise de la représentation. Dans cette « passion du réel » , on trouve une passion pour les faux-semblant. Lorsque le chef des rebelles, Morpheus, accueille Néo, le héros (malgré lui) du film Matrix, il prononce cette phrase curieuse : « Bienvenue dans le désert du réel ». C’est ainsi que l’on peut probablement décrire le monde réel que Néo croyait encore vrai jusqu’à ce qu’il réalise le simulacre, engendré par un gigantesque ordinateur, d’un univers depuis longtemps dévasté par une guerre atomique.

« Le désert du réel » ou le réel falsifié ! Tout est falsifié : de la liberté d’expression, jusqu’à la tolérance universelle. Dans notre époque « postmoderne », le nouvel ordre mondial, et le délitement de la démocratie dans laquelle l’impasse nihiliste, son idéologie multiculturaliste, sa tolérance posée comme un mot d’ordre doivent être critiquées, voire combattues. Car cette subjectivation mondialisée a englouti la subjectivité elle-même. L’homme est asservi à la dictature de la tolérance, de l’expression de soi, de la liberté de penser : demander à un esclave « de s’interroger sur son désir d’être libre et il ne se libérera pas » .

Nous sommes entré dans l’ère postmoderne, ère du spectaculaire : « spectacle théâtral des défilés staliniens aux actes terroristes spectaculaires » . Que ce soit dans sa réalité consumériste totale, dans la vie sociale, dans sa vie personnelle, l’homme occidental est aux prises des caractéristiques du spectacle : une hyperréalité irréel privé de substance matérielle. L’ère post-politique a ainsi dilué la politique, la gestion de l’économie, le projet des lumières, l’imaginaire occidental dans ses représentations idéologiques durables telles Hollywood, le Pentagone, ou encore les Gauches européennes et américaines. Tout est déspiritualisé, dématérialisé, utilitariste. On peut penser à l’impuissance des pacifistes, et l’hypocrite empathie pour la souffrance du peuple irakien que ressentirent de nombreux médias, de nombreux régimes démocratiques alors qu’en Irak la guerre continue et le terrorisme grandit et sévit presque quotidiennement . Cela relève encore et toujours de la « tolérance multiculturelle » que nous prétendons tous défendre, cet hypocrite respect de l’autre, des minorités, etc. qui masque en réalité une terrible indifférence, voire la crainte du harcèlement de l’autre. « Le totalitarisme du XXème siècle et ses millions de victimes nous montrent bien le danger qu’il y a à suivre jusqu’au bout ce qui nous apparaît comme une « action subjectivement juste ». » Il suffit d’observer le détournements des mots, les abus de langage, la puissance de la communication sur le discours, pour comprendre l’horizon du désert moderne : voilà notre siècle, une époque troublée et saturée d’informations toujours contradictoires, trop souvent « fausses ». Prenez l’Irak, ce « chaudron cassé », selon les mots mêmes de Slavoj Žižek. Rapide explication dès son introduction à l’ouvrage : « Afin de mettre à jour l’étrange logique des rêves, Freud recourait à la vieille blague du chaudron cassé. (1) Je ne t’ai jamais emprunté un chaudron, (2) Je te l’ai rendu intact, (3) Le chaudron était déjà cassé lorsque tu me l’as confié. Naturellement, une telle succession d’arguments inconséquents confirme exactement ce qu’ils sont censés nier – le fait que je t’ai rendu un chaudron cassé… »

Cette société du spectacle, que l’on peut sans mal reconnaître dans les inconséquences de l’administration Bush à propos de la guerre en Irak, avec l’argument par exemple du « lien existant entre le régime de Saddam et Al-Qaeda (qui fut bientôt abandonné), par la force des choses, au profit de celui de la menace représentée par ce pays pour la région, menace qui pesa ensuite sur l’humanité entière (mais surtout sur les Américains et les Anglais), précisément sous la forme des armes de destruction massive » , nous oblige naturellement à nous interroger sur ce que l’on doit conserver de la politique américaine qui a fait suite aux attentats terroristes du 11 septembre 2001. D’autant que « tout ce que nous savions provenait des médias officiels » . Pouvons-nous dire que nous sommes entrés avec les attentats et la politique mise en place au lendemain des attaques dans quelque chose de plus fantastique encore que ces tours qui tombent : « le spectre d’une guerre « immatérielle », où l’attaque est invisible et le virus, les poisons, partout et nulle part » ? Slavoj Žižek s’interroge sur la nature de la nouvelle guerre invisible dans laquelle l’occident à mis les pieds : « Rien ne se passe au niveau de la réalité matérielle visible, aucune explosion massive ; pourtant l’univers connu commence de s’effondrer, la vie se désintègre. »

Quelle est donc la nouvelle alternative qui est nous est proposée depuis cette entrée dans un réel dont les frontières avec le fantasme, l’irréel, le fantastique sont de plus en plus fragiles. Nous ne sommes pas frappés par la force du réel, mais par la force de l’irréel. N’avons-nous pas déjà assisté des milliers de fois aux attentats du 11 septembre ? « Où avons-nous vu cela mille fois ? » Slavoj Žižek parle alors de « l’effet du réel ». Que dire des multiples mensonges de l’administration Bush, du pouvoir des médias, de la réalité de ces attentats, de leurs impacts sur nos modes de vie ? « C’est la conscience de vivre dans un univers artificiel et isolé qui entraîne l’idée qu’un agent mauvais nous menace tout le temps de destruction totale. » Avons-nous atteint comme le prévoyait Samuel P. Huntington, un véritable choc des civilisation, ou plutôt un choc à l’intérieur des civilisations ?

« Le vrai choc des civilisations ne pourrait être qu’un choc au à l’intérieur de chaque civilisation. L’alternative idéologique opposant l’univers libéral, démocratique et digitalisé, à une radicalité prétendument "islamiste" ne serait en définitive qu’une opposition, masquant notre incapacité à percevoir les vrais enjeux politiques contemporains. Le seul moyen de nous extraire de l’impasse nihiliste à laquelle nous réduit cette fausse alternative est une sortie de la démocratie libérale, de son idéologie multiculturaliste, tolérante et post-politique. »

Ainsi les vrais enjeux politiques contemporains tendent à masquer combien nos sociétés qui s’enorgueillissent à défendre la liberté de penser, le droit des personnes, la liberté d’entreprendre, la défense de la démocratie, ont mis en place un système de plus en plus serré de contrôle sociaux. Peu importe le degré d’expression qu’il nous a été donné en aval par ces sociétés dites « démocratiques », il nous manque en amont les mots pour le dire, tous prisonniers d’un système forclos qui nous enferme dans un cadre qui est par avance prédéfini, malgré les fausses alternatives qu’il prétend offrir.

« Et si le vrai problème n’était pas la fragilité du statut des exclus mais plutôt qu’au niveau le plus élémentaire, nous soyons tous « exclus », au sens où cette position zéro, celle de l’exclusion généralisée, est devenue l’objet de la biopolitique, et que le possible politique et le droit du citoyen ne nous sont accordés que dans un geste second, conformément aux attentions stratégiques du biopouvoir ? »

Les accents foucaldiens de Slavoj Žižek, nous emmènent de l’Homo sucker, celui qui croit se jouer du système alors qu’il n’est que le jouet du système, à l’homo sacer, la parfaite figure de l’ennemi politique forclos dans l’espace politique. Des individus sans aucun droit. Nous retombons là dans la barbarie, celle d’une démocratie qui exclut. Des sans-papiers en France aux ghettos afro-américains aux Etats-Unis. « Homo sacer qui, morts ou vifs, en tant qu’êtres humains, ne font pas partie de la communauté politique » .

Le constat est amer : notre réelle acceptation de l’autre ne produit finalement que du « vide » car nous n’acceptons l’autre que si cet autre nous ressemble, mais cette fausse acceptation masque en réalité l’absence d’idéologies qui étaient naguère nos chaises roulantes.

A la fois philosophe mais aussi psychanalyste, les analyses de Slavoj Žižek, en deviennent d’autant plus intéressantes qu’elles dévoilent un autre aspect de notre nouvel ordre mondial qu’il dit façonné par des investissements pulsionnels et idéologiques. L’examen des lendemains qui déchantent du 11 septembre 2001 est alors l’occasion pour Žižek, de souligner combien nos rapports avec l’islam relèvent d’un fonctionnement particulier de nos sociétés capitalistes et démocratiques : depuis la chute du mur de Berlin, et l’effondrement du pire ennemi du capitalisme qu’était autrefois le communisme, l’occident, et particulièrement la fière Amérique, ne laissent à ses concitoyens que cette seule alternative : le capitalisme ou l’islamisme. Choc des civilisations ou choc des idéologies ? Choc des cultures ou plutôt choc des intégrismes, des dictatures, des totalitarismes ? Comment sortirons-nous de l’impasse ? Contre la pensée unique, l’intoxication volontaire des masses par la société du spectacle, il ne devrait y avoir de maison pour la tolérance. Beau retour donc dans les « simulacres du réel », une réalité qui nous prépare un capitalisme « mondialisateur » triomphant ou peut-être à un désastre total…

Mehdi Belhaj Kacem a sans doute raison : « On ne devrait pas avoir à présenter Slavoj Žižek. On ne devrait pas avoir à apprendre aux lecteurs français le nom de l’intellectuel le plus influent aux États-Unis depuis Jacques Derrida. » En effet ! Le style direct de Slavoj Žižek, et son ironie feinte à la Socrate en font un penseur inimitable, un écrivain au regard fin et rigoureux qui décrypte avec une pertinence, et une originalité de toute première catégorie une actualité et une époque que l’on tait dans les quotidiens et les journaux de 20 heures.

Bibliographie indicative :

Slavoj Žižek a déjà publié en français : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Lacan sans jamais oser le demander à Hitchcock (Paris, Navarin, 1988) ; Ils ne savent pas ce qu’ils font. Le sinthome idéologique (Paris, Point Hors Ligne, 1990) ; Un essai sur Schelling : le reste qui n’éclôt jamais (Paris, Harmattan, 1996) ; Le spectre rôde toujours. Actualité du Manifeste du parti communiste (Paris, Nautilus, 2002) ; La subjectivité à venir, Plaidoyer en faveur de l’intolérance et Que veut l’Europe ? (Castelnau-le-Lez, Climats, 2004 et 2005), ainsi que Lacrimae rerum, essais sur Kieslowski, Hitchcock, Tarkovski et Lynch (Paris, Éditions Amsterdam, 2005). Et tout récemment, Bienvenue dans le désert du réel, (Paris, Flammarion, 2005).



Imprimer cet article


Commentaires de l'article
Slavoj Žižek : penser radicalement
18 décembre 2007 - 12h19

La parole de Slavoj Žižek est comme un filet d’eau claire qui chemine dans l’hystérique touffeur médiatique et universitaire. Mais pour la goûter vraiment, mieux vaut s’être déjà mis soi-même en mouvement afin de pouvoir reconnaître à coup sûr la source d’où elle provient…
Christian Dubuis Santini.






Orléans : Le maire fait voter une rallonge de salaire de 400% !
samedi 24 - 10h00
de : JO
VENEZUELA :Attaque de la base militaire de La Carlota
vendredi 23 - 19h49
de : JO
Cortège France Insoumise à la Marche des Fiertés 2017 Place de la Concorde à 14h
vendredi 23 - 17h54
de : France Insoumise
1 commentaire
JLM : C’est un regroupement de haineux d’un racisme totalement décomplexé...
vendredi 23 - 17h45
de : Jean-Luc Mélenchon
Retour au 19e siècle DES SALARIÉS MALLÉABLES ET CORVÉABLES À MERCI… C’EST LA GUERRE DE MACRON !
vendredi 23 - 15h47
de : Front Social
Gérard Collomb, plus proche des identitaires que des humanitaires
vendredi 23 - 15h27
de : Nadia Sweeny
GM&S : la menace de liquidation se rapproche
vendredi 23 - 14h46
de : Denis Cosnard
Quand l’AFP étouffe des informations gênantes pour le nouveau pouvoir
vendredi 23 - 14h27
de : SNJ-CGT
Orléans : Olivier Carré (LR) multiplie son indemnité de maire par quatre, la polémique enfle
vendredi 23 - 14h18
Ivry en fête 2017 le 24 et 25 juin 2017
vendredi 23 - 12h46
de : Ivry sur Seine
De quel droit somme-t-on Danièle Obono de crier « Vive la France » ? (video)
vendredi 23 - 12h32
de : Cédric Mathiot
2 commentaires
Deux nouveaux anti-mariage pour tous au gouvernement
vendredi 23 - 12h22
de : Xavier Héraud
1 commentaire
Hulot encadré par une cadre de Veolia et un politicien néo-libéral
vendredi 23 - 12h12
de : Fabrice Nicolino
1 commentaire
Macron à Las Vegas : vers une affaire Pénicaud, ministre du Travail ?
vendredi 23 - 11h58
Accueil au gaz lacrymogène pour les migrants de la Chapelle à Paris (video)
vendredi 23 - 10h40
La fin d’une farce épique et le début d’une nouvelle confrontation politique.
vendredi 23 - 09h36
de : Deeplo
Emplois fictifs présumés au MoDem : "François Bayrou ment", accuse un ancien assistant parlementaire
vendredi 23 - 08h03
1 commentaire
LÉGISLATIVES 3e circo : l’Insoumise Geneviève Sabathé dépose un recours
vendredi 23 - 00h36
de : Thierry ALLARD
Présidentielle, législatives... Mouvement social...
jeudi 22 - 17h26
de : Antoine 34
1 commentaire
Vive leur France, mon cul, oui ! (video)
jeudi 22 - 15h26
de : Pierrick Tillet
3 commentaires
Plusieurs associations créent le « Vigilobb », pour lutter contre les lobbys et le pantouflage
jeudi 22 - 14h33
de : Erwan Manac’h
Il y a 100 ans, 26 JUIN 2017, Saint Nazaire devenait ville américaine
jeudi 22 - 12h37
de : nazairien
2 commentaires
SOIRÉE-DÉBAT CONTRE LA REPRESSION POLICIÈRE ET MINI-CONCERT D’HK VENDREDI 23 JUIN
jeudi 22 - 10h08
de : Front Social
La gauche est morte ? Vive la France Insoumise ?
jeudi 22 - 08h11
de : ALAIN DUPARQUET
2 commentaires
Course au buzz, extraits choc, comment les médias déconstruisent le message politique
jeudi 22 - 07h58
de : Bastien Parisot
Manoeuvres navales Chine/Russie en mer Baltique
mercredi 21 - 20h36
de : JO
1 commentaire
De l’autogestion en Argentine !
mercredi 21 - 15h29
de : CNT Santé Social CT Lorraine
70 000 chiens abattus à Bali et servis aux touristes sans qu’ils le sachent
mercredi 21 - 12h58
de : Laure Gautherin
Rassemblement anti corrida arène Rodilhan 08.10.11 (Cette vidéo peut être inappropriée pour certains utilisateurs)
mercredi 21 - 12h46
1 commentaire
LA FRANCE INSOUMISE, UN SUCCES DURABLE !
mercredi 21 - 10h16
de : Brigitte Pascall
1 commentaire
Nouveau peloton d’exécution médiaticoligarchique pour Jean-Luc Mélenchon (video)
mercredi 21 - 10h04
de : Bob Solo
1 commentaire
Bayrou et Sarnez quittent le gouvernement !!!
mercredi 21 - 08h05
Quand Valls ordonne de « dégager » les militants de son adversaire (video)
mardi 20 - 23h34
François Ruffin ... Et moi le programme de la France Insoumise ne me pose pas de difficulté (audio)
mardi 20 - 22h41
de : Roberto Ferrario
2 commentaires
19 JUIN : 1RE RIPOSTE NATIONALE DU #FRONTSOCIAL CONTRE LES ORDONNANCES MACRON !
mardi 20 - 21h42
de : FRONT SOCIAL
‌OCCITANIE : Département de l’Ariège, Premier totalement Insoumis, ses deux députés insoumis élus !
mardi 20 - 20h15
de : JO
La porte-parole de la France insoumise évoque "de la triche" dans la circonscription de Manuel Valls (video)
mardi 20 - 18h50
La macronite, maladie infectieuse de la démocratie
mardi 20 - 18h42
de : Francois Cocq
Perquisition chez Business France : la ministre Pénicaud décroche son affaire
mardi 20 - 17h31
La marée qui n’emporte rien / C’est l’heure de l’mettre !
mardi 20 - 17h29
de : Hdm

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l'Etat te le demande. Albert Einstein
Facebook Twitter Google+
Info Com-CGT.jpg
Solidarité, le sens d’une vie » de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia
« Liquidation » de Mourad Laffitte (video)
DAZIBAO
SOIRÉE-DÉBAT CONTRE LA REPRESSION POLICIÈRE ET MINI-CONCERT D’HK VENDREDI 23 JUIN
jeudi 22 juin
de Front Social
Vendredi 23 juin 2017 à 19h00 Bourse du travail de Paris Salle Eugène Henaff 29 boulevard du Temple 75003 Paris Soirée débat organisée par Images contemporaines et le #FrontSocial, autour du film "Acharnement, poursuivis pour l’exemple. On vous y attend nombreux ! Projection : Teaser du film ’’Acharnement, poursuivis pour l’exemple ’’ Clip d’Assigné-e-s à résistance d’HK et Les Saltimbanks Débat animé par Jean Gersin (...)
Lire la suite
François Ruffin ... Et moi le programme de la France Insoumise ne me pose pas de difficulté (audio)
mardi 20 juin
de Roberto Ferrario
2 commentaires
La vrai phrase de François Ruffin à écouter sur la vidéo de RTL à partir de 6:43 : "La discipline de groupe, ce n’est pas pour moi, mais on n’a pas besoin de discipline quand on est d’accord sur l’essentiel. Et moi le programme de la France insoumise ne me pose pas de difficulté" Cet phrase à été reprise par RTL, le Courrier Picard, l’AFP, Libération, La Charente Libre, Huffingtonpost, etc etc Pourtant le rabat joie de service ne manque pas de déformer les (...)
Lire la suite
Législatives : Jean-Luc Mélenchon présente son groupe à l’Assemblée (videos + photos)
mardi 20 juin
1 commentaire
Avec 17 candidats élus, auxquels il faut ajouter trois communistes et deux divers gauche soutenus par la France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon remplit donc l’objectif qu’il s’était fixé : former un groupe parlementaire. Mardi matin, ces députés font leurs premiers pas à l’Assemblée nationale. Premiers pas. C’est à 10h15 précisément que les élus de la France insoumise sont attendus au Palais Bourbon. Ils franchiront la porte principale ensemble (...)
Lire la suite
Liste des députés insoumis élus à l’assemblée nationale
lundi 19 juin
de Collectif Bellaciao
6 commentaires
"Le peuple français dispose à l’Assemblée nationale d’un groupe France Insoumise cohérent, discipliné, offensif. C’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. J’informe le nouveau pouvoir qu’aucun mètre de droits sociaux ne sera cédé sans lutte." Jean-Luc Mélenchon Adrien Quatennens : https://www.facebook.com/profile.ph... Alexis Corbière : https://www.facebook.com/alexis.corbiere Bastien Lachaud : (...)
Lire la suite
LE SYNDICAT SOLIDAIRES APPELLE TOUTES SES ORGANISATIONS À PARTICIPER À LA MOBILISATION NATIONALE DU 19 JUIN CONTRE MACRON ET SES ORDONNANCES
dimanche 18 juin
de Front Social
À l’issue de son congrès Sud-Solidaires vient d’adopter une motion d’actualité appelant construire une mobilisation large et unitaire dans le rue. C’est le premier syndicat au plan national à rejoindre les mobilisations du 19 juin. Bravo à eux. Continuons à rassembler largement. :: : LISTE DES RASSEMBLEMENTS Paris : 18h devant l’Assemblée nationale (accès par les stations de métro Concorde et Tuileries) Bordeaux : 18h place de la Victoire St Nazaire : (...)
Lire la suite
Liste des 74 candidats insoumis qualifiés pour le second tour (video)
lundi 12 juin
de Collectif Bellaciao
4 commentaires
Jean-Luc Mélenchon, a affirmé dimanche qu’au vu de l’"immensité de l’abstention" au premier tour des législatives, il n’y avait pas de majorité pour "détruire le code du travail", prévoyant plus d’une "cinquantaine" de candidats seraient au second tour. "L’immensité de l’abstention montre qu’il n’y a pas de majorité pour détruire le code du travail, réduire les libertés publiques, ni pour l’irresponsabilité écologique, ni pour (...)
Lire la suite
BILAN DE LA RENCONTRE NATIONALE DU #FRONTSOCIAL (VIDEO)
dimanche 11 juin
de Info’Com-CGT
Intervention de Romain Altmann, secrétaire général d’INFO’COM-CGT #legislatives2017 #Progsocial #manif #ConvergenceDesLuttes #InfoComCGT #OnLacheRien #cgt #Macron #EnMarche #LaMarcheSociale #MacronPresident #Profiteurs #19Juin #Medef #republiquenmarche
Lire la suite