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Qui peut croire encore aux vertus du capitalisme ?
de : Caleb Irri vendredi 15 juin 2012 - 22h21 8 commentaires
La période électorale que nous traversons est l’occasion de mettre tout le monde face à ses responsabilités, car la crise oblige les citoyens comme les dirigeants, les pauvres comme les riches, à se résoudre à faire un choix déterminant pour eux-mêmes et pour les autres, pour demain et pour après. C’est donc presque « naturellement » qu’on s’étonnerait d’une abstention qui dépasse les 40 %, alors même que l’occasion de choisir nos dirigeants ne reviendra pas avant cinq ans. Mais de quoi faut-il s’étonner, si ce n’est justement qu’il y ait plus de 60 % des citoyens qui votent encore, et à plus de 50 % (56,47 % exactement , presque 15 millions) pour ce qu’on appelle « l’UMPS » ? Car ces deux partis sont quand même ceux qui font la pluie et le beau temps (et surtout la pluie) depuis des décennies, et ils ont clairement fait la preuve sinon de leur incompétence, au moins de leur malhonnêteté : toujours ils ont promis de servir les peuples, et toujours en réalité ils s’en sont servi pour favoriser la petite caste (les « 1%« ) qui s’enrichit sur le dos des pauvres… Mais c’est cela la loi du capitalisme ! Rien de nouveau sous la pluie… Et les chiffres sont connus de tous : une toute petite majorité possède une grande majorité des richesses du monde, et cela ne va pas en s’arrangeant. Comme l’idéologie que ces partis défendent tous deux l’est également (connue) : c’est la conservation de ce système, à tout prix. Comment alors, dans ces conditions, les citoyens peuvent-ils encore voter « contre eux-mêmes », à la fois contre leurs propres intérêts et contre l’intérêt général, voilà la question qui se pose. J’ai déjà parlé des classes moyennes qui servent à entretenir le flou à propos des intérêts de classes, mais sans doute pas assez de la propagande qui engendre cette erreur de jugement. Car il est impossible que tant de gens croient encore aux vertus du capitalisme après des siècles et des siècles de guerres, de famines et de misères s’ils ne sont pas au fond d’eux-mêmes convaincus que ce système peut favoriser l’intérêt général, et eux avec… Pourtant, avec internet et la médiatisation incontrôlée (et pour l’instant heureusement incontrôlable) nous sommes en capacité de voir, de connaître, d’être informés de tous les conflits que ce système génère, comment il fonctionne en vases communicants, comment il est intrinsèquement injuste puisque amoral. Nous savons que le capitalisme c’est la concurrence, la rareté, la compétitivité, la rentabilité, la rationalisation, le monopole, l’individualisme… Nous savons que le capitalisme détruit la planète et oppose les hommes, nuit à la santé et à l’utilité générale, contraint la science et la recherche, enfin s’oppose à la démocratie. Mais nous continuons malgré tout de voter pour ces types qui nous disent vouloir perpétuer ce système, le sauver, l’améliorer, jusqu’aux « communistes » et autres « anticapitalistes » dont le programme n’est en réalité qu’économique. Comment est-ce possible autrement que par un conditionnement généralisé qui pousse les citoyens à préférer la certitude d’un mal qu’il connaissent à l’incertitude d’un bien qu’ils ne connaissent pas ? Avec le retournement du capitalisme il faudra bien pourtant qu’on se décide et qu’on choisisse, car selon les lois capitalistes qui nous sont si chères l’Europe n’est destinée qu’à la ruine ou à la suppression de la démocratie : pour retrouver la compétitivité, il faudra sacrifier ou nos conditions de vie, ou nos libertés. Sommes-nous vraiment prêts pour cela ? Il n’y a que deux options pour éviter d’avoir à faire ce choix : la guerre pour voler les richesses des autres et retrouver la croissance, ou la sédition pour tenter de construire un nouveau monde, ensemble. Et ce n’est qu’en prenant conscience de leur véritable situation et de leur place dans le monde que les peuples pourront faire basculer et l’Europe et le monde dans un autre rapport de forces. Ainsi seulement la logique de leur engagement pourra se conformer à leurs véritables intérêts, qu’ils soient individuels ou collectifs. Quand allons-nous enfin nous mettre à rechercher un système moins injuste qui soit basé non pas sur ce que nous avons à partager, mais sur ce dont nous avons besoin ? Quand allons-nous cesser de participer à l’exploitation des autres pour satisfaire nos seuls besoins individuels ou même nationaux ? Il ne faut plus croire qu’en soutenant les banques nous nous soutenons nous-mêmes, ou que cela va s’arranger une fois les mesures d’austérité ayant ramené l’équilibre : nous aurions alors tellement perdu qu’il ne serait pas difficile de voir une amélioration comme une croissance. Ce qui n’est qu’une vue de l’esprit. Ce n’est donc pas des Grecs qu’il faut attendre notre salut ni de nous-mêmes (nous avons échoué), mais d’un grand mouvement international non politisé qui se rassemble et réfléchisse une bonne fois à la seule question qu’il importe désormais de régler : par quoi remplacer le capitalisme ? Caleb Irri http://calebirri.unblog.fr/2012/06/...
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16 juin 2012 - 09h13 - Posté par e6aa5b5f39d2fc5fca3ca65a4e88f356...
Sans aucune prétention, sans chercher à démontrer quoi que ce soit, juste pour participer à la réflexion nécessaire, vu le fond du trou où nous sommes tous, vraiment tous. Juste pour poser des questions, sans apporter de réponses.
Soit c’est vrai," les citoyens votent contre eux-même".
Soit c’est faux, ils sont capables de percevoir où se situe finalement leur intérêt.
Dans le premier cas, il faut chercher les causes de ce "mévote" et les solutions pour les contrer.
Question d’information, d’éducation, de compréhension ?
Question de fonctionnement humain, instinct grégaire et peur poussant à se réfugier/rassurer autour des puissants (du mâle dominant) ?
Dans le deuxième cas, c’est une claque pour nous tous, vraiment tous (tous ceux qui d’une façon ou d’une autre veulent changer le système, de certains écolos aux anars en passant par le FdG, le NPA ou LO, sans oublier les francs-tireurs...), qui signifie que nous sommes très loin de présenter un projet convaincant et objectivement susceptible d’améliorer très concrètement la vie quotidienne des gens. C’est vrai qu’il n’y a pas que les intentions qui comptent. Comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Pour essayer d’avancer, les choses sont présentées là de façon binaire, schématisée, mais sans doute il y a un mix des deux hypothèses....
Autre questionnement, qui a un lien avec le précédent : la politique du pire, une interrogation grecque...
Dans la tradition politique où nous sommes pour la plupart ici, il est coutume de penser que la politique du pire n’est pas une bonne solution. Avec de bons arguments, comme : quand on touche le fond, on essaie de survivre, avant de penser à se battre collectivement ; la lutte vient des catégories qui ont quelque chose à défendre ; le sous-prolétariat a parfois été le terreau du fascisme etc.
J’ai toujours fait miens ces arguments.
Ben oui, sauf qu’en Grèce il a fallu attendre que le peuple soit mis à genou pour qu’en masse il se mette à voter pour des partis (sans rentrer dans une querelle sur l’essence réelle des politiques proposées, ce n’est pas l’objet) jusque là minoritaires voire marginaux, considérés (à tort ou raison, ce n’est pas la question ici) comme anti-système.
Il a fallu attendre cette situation pour que les inamovibles partis du système, l’équivalent de l’UMPS, soient renvoyés à leurs études.
Alors, ce qui nous attend sur le plan social, ça va nous achever ou bien au contraire ce peut être un nouveau départ ? La baffe à venir est-elle nécessaire pour avancer ou bien va-t-elle nous embourber ?
Chico
16 juin 2012 - 10h29 - Posté par Zeca - dc24ea61e9aa2b70a1af28b253e0f67f...
Des manches de cognée, face à des hélicos blindés à visée laser.
Pas un renoncement, une lecture d’avant-projet ...
16 juin 2012 - 11h25 - Posté par e6aa5b5f39d2fc5fca3ca65a4e88f356...
De tous temps et partout les pouvoirs ont des moyens (en terme d’armement en particulier) infiniment supérieurs aux exploités. Pourtant ça n’a pas empêché des révolutions ni des libérations nationales.
Cet aspect, cette supériorité, est un élément à prendre en compte bien sûr, mais visiblement ce n’est pas un facteur déterminant, incontournable.
L’écart est-il notablement plus grand aujourd’hui ? Je n’en sais rien, ça ne me semble pas si évident.
Oui, visée laser...
Mais fourches de paysans contre épées en acier et fusils.
Ou au Viet-nam vélos et sandales en pneus contre B52.
Ou en Tunisie.
Bref, il me semble que trop s’attacher à l’aspect militaire des choses ne peut qu’amener à ne pas croire possible des révolutions... et à justifier des révolutions encore plus utopiques, celles des urnes (qui au mieux aboutissent comme les autres forcément à un affrontement).
De toute façon, a-t-on le choix ?
Chico
16 juin 2012 - 14h06 - Posté par Phil - 9f1b2880246d37f4ed091b7566e60d18...
Ben, les capitalistes eux-mêmes et les abrutis.
16 juin 2012 - 17h47 - Posté par Zeca - dc24ea61e9aa2b70a1af28b253e0f67f...
Non, Chico, pas le choix t’as bien raison. Ce n’était pas un repli ou un déni, c’était comme je l’indiquais, à considérer. Il est clair, ça n’arrêtera jamais une multitude en marche. Mais quand on la voit aujourd’hui la multitude dans sa p. de bagnole, partie remplir son p. de caddie, il me semble que rien que le bruit de la sangle de sécurité du pilote de l’hélico, c’est presque déjà mort ... C’est en millénaires qu’il faut refaire tous les calculs. Ca n’est pas positif, je le sais, mais je n’y arrive plus. L’âge sans doute.
16 juin 2012 - 19h23 - Posté par 1bf9db296df414b10fbbfce102f8cd66...
De Spartacus,aux preneurs de la Bastille,en passant par le mutins de 14/18 il semblerait que c’est toujours une minorité agissante de quelque % même pas 10% qui se dresse !
et parfois ,rarement emméne la masse .
Un donnée anthropologique ?
je ne sais pas,mais je sais en revanche que la poltique du pire est à éviter .
La colére est mauvaise conseillére .
la refléxion sur notre condition,l’action pour changer ce monde,et cela tous les jours d’une vie,ne semblepas être "pensable" pour l’immense majorité du peuple.
oh on vote tous les 5 ans,parfois une gréve rarement 3 semaines d’affilées(deux fois en un siecle !!!!!!!!!!!)mais penser ,agir,d’une façon permanente,c’est pas encore renté dans nos habitudes humaines .
Il n’y pas dans le Marxisme de réponse d’ordre psychologique au sens large à cette acceptation millénaire de l’exploitation,et de la soumission
Et sans réponse de cet ordre il nous manque notre deuxieme jambe pour marcher vers un monde humain.
Voter FN ,voter UMPS,comment expliquer cela seulement par la lutte de classes ?
et alliée à la soumission à nos exploiteurs ,l’admiration quasi béate et acritique dans un sauveur supréme ,où je mets malheureusement des copains pcf se prosternant devant Mélenchon.
J’avance toujours le concept de morale que les Marxistes il me semble négligent .
Tant qu’un humain sur terre est exploité,humilié,agrésse,massacré,tout être humain se doit de crier et se cabrer et dire et faire NON
L’homme sera homme quand lorsque on dira :coup d’état au chili,il posera les marteaux instantanémént et se rassemblera jusqu’à la victoire.
J’avais une confiance un peu naive dans la pratique par exemple des copains de laLCR,je pensais que leur éducation politique était d’ordre supérieur à celle des arrivistes que j’ai bien connu au PCF.
mais ,lorsqu’une élue LCR de seine maritime rentre à la GU ,elle NE REND PAS son mandat d’élue lcr !!!
Qu’y a t il donc dans l’humain de si vil ,qui revient si vite, y compris parmi ceux qui toute une vie s’y sont opposé ?
alors ? ici la réponse est morale.
pas politique .
16 juin 2012 - 19h50 - Posté par Zeca - dc24ea61e9aa2b70a1af28b253e0f67f...
Effectivement. N’est-ce-pas ça justement, qui nous flingue le cerveau ?
Se battre contre la politique c’est trop facile, mais amener un troupeau de veaux à comprendre que c’est avec leur laine que certains se couvrent pendant qu’ils se pèlent les noix, c’est tout autre chose.
17 juin 2012 - 10h46 - Posté par baf529c288ef0a1cbd11d8e83719aefa...
tu dois confondre avec les moutons :)