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Manuel Valls, le socialiste de droite
de : Eric Mandonnet et Marcelo Wesfreid vendredi 29 juin 2012 - 09h07 8 commentaires
Le ministre de l’Intérieur est la figure la plus populaire du gouvernement. Un homme qui aime bousculer son propre camp. Peut-il faire de la gauche le parti de l’ordre ? Enquête sur le premier flic de France. Pendant le tête-à-tête avec Claude Guéant, lors de la traditionnelle passation de pouvoirs, Manuel Valls n’a pas vraiment eu les oreilles qui sifflaient. Le choix de son directeur de cabinet ? Rien à redire ! lui a lancé la bête noire de la gauche, dithyrambique sur le préfet Jean Daubigny. Une fois qu’il s’est installé dans son bureau, ce 17 mai, le téléphone n’a pas cessé de sonner. Et les félicitations ne venaient pas d’un seul camp. C’est Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, qui l’a appelé, "sincèrement heureux de sa nomination". C’est Brice Hortefeux, un autre de ses prédécesseurs Place Beauvau, qui lui a laissé un message. Pendant ce temps, une figure de la droite pas vraiment mollassonne, Christian Estrosi, confiait : "Manuel et moi [sic], quelle différence ? On parle le même langage, mais toute sa démonstration est détruite par [la garde des Sceaux] Christiane Taubira." Même les jugements négatifs n’étaient que des demi-critiques. Observant les premiers pas du nouveau ministre, Xavier Bertrand glissait : "Valls ? C’est Sarkozy sans le son." Ses positions droitières contestées Quand il s’agit d’attaquer la gauche, la droite a un sujet de prédilection : la sécurité. Mais quand il s’agit de dire du bien d’un homme de gauche, la droite n’a qu’un nom à la bouche : Manuel Valls. L’un de ceux auxquels l’ancien chef de l’Etat songea le plus lorsqu’il voulut concrétiser ses rêves d’ouverture, en 2007. Aux législatives, le socialiste a fait des cartons jusque dans les villes UMP de sa circonscription. Longtemps, à cause de ses positions "droitières", Manuel Valls a vu son ascension contestée dans son propre camp. Depuis la présidentielle, il n’est plus perçu comme le vilain petit canard de la gauche. Sur les 35 heures, la TVA sociale ou les retraites, ses propos hérissaient ses camarades. Il assumait même pleinement la personnalisation du pouvoir, dans un registre dont les socialistes aiment à croire qu’il est réservé à la droite. Pis, il suggérait carrément de modifier l’appellation du "Parti socialiste". Le PS, tu l’aimes ou tu le quittes, lui disait alors Martine Aubry. "Les militants le détestaient, rappelle un dirigeant. Son rôle pendant la campagne lui a redonné de la crédibilité et l’a propulsé comme un possible successeur de François Hollande." Pour les législatives, il a été le socialiste le plus demandé - il est allé soutenir plus de 20 candidats en trois semaines. Manuel Valls est aujourd’hui le ministre le plus populaire du gouvernement, devançant parfois son chef, Jean-Marc Ayrault. Selon le baromètre BVA-Orange-France Inter-L’Express, réalisé les 21 et 22 juin, il est la première des personnalités dont les Français souhaitent qu’elle ait davantage d’influence. Plébiscité par 71% des sympathisants de gauche (+7 points en un mois) et apprécié par la droite. Manuel Valls a une image de fermeté et il la revendique : "C’est pour cela que j’ai été nommé." En matière de sécurité, mais aussi d’immigration, la gauche doit maintenant apporter la preuve de son évolution - lui dirait qu’elle doit montrer à quel point elle est "décomplexée". Sa hantise : passer pour un "Sarkozy de gauche" Sur son bureau s’entassent des dossiers sensibles, qui vont jalonner le mois de juillet : définir les critères de régularisation des sans-papiers (qui "ne doivent pas nous ramener à la loi de 1997 [du gouvernement Jospin]", prévient-il) ; régler la question de la présence des enfants dans les centres de rétention ; plancher sur plusieurs projets de loi (sur les titres de séjour, l’immigration économique, les gardes à vue des étrangers). "La droite va chercher à nous attaquer sur l’immigration et la justice, plutôt que sur la question de la sécurité, où son bilan est négatif", anticipe Valls, qui a déjà trouvé un argument. "Elle a régularisé de 26 000 à 30 000 personnes par an. C’est-à-dire massivement. Elle ne peut pas nous faire de procès." Dès son arrivée Place Beauvau, il a entamé une tournée des commissariats suivie par un essaim de journalistes. Une méthode rapidement abandonnée. Sans doute pour ne pas passer pour un "Sarkozy de gauche". Sa hantise ! Le 8 juin, il tombe sur un article de Libération, titré "Islam : Valls a le même discours que Sarkozy". C’est un reportage sur le vote de la communauté musulmane à la présidentielle, dans lequel un responsable associatif rappelle que l’ex-député de l’Essonne fut l’un des rares socialistes à voter pour l’interdiction du port du voile intégral. "Ne pas laisser la nation au FN" Ni une ni deux, Valls envoie un SMS au directeur de la rédaction du journal, Nicolas Demorand. En privé, il reconnaît toutefois des mérites à Nicolas Sarkozy pour son premier passage à l’Intérieur : "En 2002, il donne aux Français le sentiment qu’il veut traiter un problème, et il le traite un peu." Mais celui qui fut quatre ans ministre de l’Intérieur et cinq ans chef de l’Etat n’a pas réussi, au final, à faire reculer l’extrême droite en France. "Je veux réhabiliter le rôle de l’Etat et ne pas laisser la nation à la droite et au FN, explique Valls, qui a imposé La Marseillaise dans les meetings de François Hollande pendant la présidentielle. La montée du Front national n’est pas qu’une question de sécurité ou d’immigration. Il y a une peur de l’avenir chez les gens isolés dans leur quartier ou dans les milieux ruraux, éloignés des services publics." Le 22 juin, il se rend aux obsèques des deux femmes gendarmes assassinées par un récidiviste, dans le Var. Dans le Falcon qui quitte Paris aux aurores, il feuillette la presse. Le Figaro consacre une demi-page à sa femme, la violoniste Anne Gravoin, qu’il range soigneusement dans une chemise. Dans Le Parisien, une interview retient son regard : Christiane Taubira, sa collègue responsable de la Justice, défend mordicus la suppression des peines plancher, qui interdisent aux juges de prononcer une peine inférieure à une certaine durée pour les délinquants au lourd pedigree. Ces déclarations tombent au mauvais moment. "Je n’étais pas au courant de cet entretien." Il cache mal une pointe d’agacement. "Il faut que le Parlement et l’administration procèdent à une évaluation. Tout ce qui est abrogation ou table rase ne suffit pas à définir une politique. Mais la garde des Sceaux ne dit pas autre chose..." Réservé sur le droit de vote des étrangers Manuel Valls a du mal à réprimer l’envie qui a toujours été la sienne de faire entendre sa petite musique. Sa différence. En février 2010, il cosigne une proposition de loi constitutionnelle "visant à accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne résidant en France". Rejetée par les députés, elle fut portée par le candidat Hollande... mais le ministre de l’Intérieur est désormais beaucoup plus prudent, car il estime que le candidat a perdu "un, voire deux points" au second tour de la présidentielle à cause de ce projet : "Ce n’est pas du tout le même symbole qu’en 1981, où ce droit de vote apparaissait comme une reconnaissance à l’égard de ceux qui venaient travailler dans notre pays." Pas le même symbole, mais le même résultat qu’au lendemain de la victoire de François Mitterrand (c’est-à-dire l’abandon de cette mesure emblématique) ? "C’est un thème qui permet la jonction des électorats de droite et d’extrême droite, avertit Manuel Valls. Je songe aux municipales de 2014 et je dis juste : attention." Il veut aussi éviter toute précipitation sur un autre dossier, cher, celui-là, à Jean-Marc Ayrault : la délivrance de récépissé dans le cadre des contrôles de police. Il se méfie de "tout ce qui alourdit le métier", de toutes ces "démarches administratives" que l’on imposerait aux policiers. "Hollande en a pour dix ans" Se distinguer, encore et toujours. Un matin, dans les studios de RTL, François Hollande l’a taquiné : "Au lieu de jouer au Premier ministre, donne-moi mon agenda !" La campagne présidentielle touchait à sa fin et Manuel Valls a pu penser que le futur chef de l’Etat, même furtivement, se posait - plus sérieusement - la question de sa nomination à Matignon. Cela ouvre des perspectives. L’ex-paria du PS s’est longtemps projeté en 2017. Ce serait son heure. Il va devoir patienter. "Je veux participer à la réélection du président", avance Valls. "La victoire de Hollande a calmé cette génération impétueuse", note un cacique. ""Hollande en a pour dix ans’’, m’a dit Manuel, raconte un élu. Il m’a parlé à demi-mot de 2022 : "Il faut qu’on apprenne à travailler ensemble’’." Place Beauvau, il a encadré la Une de Libération, "Wanted", avec sa photo. Sa table de bureau est celle de son héros, Georges Clémenceau. "L’historiographie de gauche l’a mis de côté, le considérant comme un homme de droite", se lamente Valls, qui prend un malin plaisir, dans son livre Sécurité, à rappeler la manière dont, en 1906, le Tigre avait interpellé Jean Jaurès à la Chambre : "Que ferez-vous si votre préfet vous télégraphie : "On pille la maison d’un mineur" ? Ayez le courage de répondre. Dites si, oui ou non, vous feriez protéger l’ordre ?" Le socialiste, embarrassé, était resté coi. Ah, la gauche et ses préventions... Manuel Valls, lui, aurait répondu sans hésiter. http://www.lexpress.fr/actualite/po...
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29 juin 2012 - 13h31 - Posté par retirat - 313246dd64483b1923e6e3d277b6947d...
Sa hantise : passer pour un "Sarkozy de gauche"
Mais c’est le Sarkozy de gauche et il doit surement penser à "dans 5 ans" !!!
29 juin 2012 - 14h58 - Posté par Fald - 1186ee6bcb4931aa939c99373d705612...
Socialiste de droite ? Il y a longtemps que c’est devenu un pléonasme.
Sauf peut-être en Amérique Latine, et encore, en se méfiant !
C’est pas la moustache de Clémenceau qu’il devrait se laisser pousser, Valls, c’est celle de Noske !
Pour ceux que le prof a envoyé chercher de la craie pendant le cours d’histoire : Noske, c’est le ministre social-démocrate de l’intérieur qui envoya les "casques d’acier" (prédécesseurs des SS) assassiner Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et leurs copains spartakistes.
Il y a du Sérol en lui (socialiste auteur en 1939 mais avant la guerre du décret en vertu duquel les cocos tués pendant l’occupation l’ont été légalement). Au fait, est-ce qu’on l’a aboli, le décret Sérol ? Où est-ce que grâce à Badinter, la peine de mort pour propagande communiste a été comuée en prison à perpète en 1981 ? Ce serait marrant de vérifier !
Il y a du Mitterrand en lui : le Mitterrand des années 50 qui envoyait les paras gégéner les Arabes et les cocos pieds-noirs ("gégéner", pas encore dans le Larousse, alors que cette activité était aussi pratiquée par la rousse).
Mais cela ne doit surtout pas empêcher la social-démocratie, Manuel Valls en tête de gloser sur les rouges-bruns et la conjonction des extrêmes.
30 juin 2012 - 11h31 - Posté par A.C - c43c25ec7cca4fb4f216c8bbf2142ef4...
Parfait. ! _ :)
+1
Serait ce une lointaine parenté avec Jules MOCH qui te fait "pardonner" les chars dans les corons en 47. ?
D’ou (topujours pour les cancres qui dorment pendant les cours du prof) le rappel que ce sontles gueules noires qui inventèrent le slogan vengeur"CRS-SS" pour rappeler qu’en 40 à 100000 , ils avaient affrontés l’Occupant au cours d’une grève héroïque !
Avant de fournir des centaines de combatants FTP et dela M.O.I !
Pour rappeler aussi que les CRS était une création àpriori de large démocratisation de forces de sécurité
Au départ pas mal de FTP y entrèrent, puis"enfuirent" ou furent révoqués..quand ce corps qui avait remplacé les sinistres GMR de Pétain, devint -et demeure- un SO du K.
Ironie du"net" c’est le site d uPG qui sur cettepériode -et sur beaucoup d’autres -relate de façon relativement objective cette LDC
http://gauchemip.org/spip.php?artic...
(Achille Blondeau, qui fut dirigeant de laFédé CGt des Mineurs, retiré dans le Médoc et animant une cellule du Parti dans les années 80-section de Castelnau que je "suivais" pour le BF 33- m’a longuement confirmé cett "histoire" d’une lutte de classes ou l’on peut analyser cet anti-ouvrièrisme , cet anticommunisme qui est la marque de fabrique de notre Social démocratie de la SFIO au PS en passant par la FGDS
L’Espagne trahie et poignardée dans le dos par BLUM, SEROL, les votes majoritaires des élus SFIO(élus du FRONT POPU) pour PETAIN en 40, MOCH et le déferlement répressif en 47, Mollet-Mitterand et la guillotine pour les 60 résistants algériens en 56-57, ce que tu notes avec raison de constance dans les positions de classe.des socialos, expliquent que même plus fort des périodes dites"unitaires" , jamais je n’ai pu déposer dans un urne un bulletin avec des socialistes !
Même quand je figurais sur une liste municipale d’Union deGauche conduite par les socs !
Je ne votais pas "pour moi" !
:)
Cela ne saurait excuser en quoi que ce soit que, tout en étant de ceux qui alertèrent toujours sur cePARTI, j’ai été complice actif deladémarche du programme Commun.
Valls est incontestablement , comme quasiment tout l’"appareil" soc-dem , animé d’une volonté -que je préfère aux minauderies gauchisantes d’un Hamon, d’un Montebourg - d’accélerer l’alignement total du Ps sur les pires positions du PSE..
En tant que domestique du Capital, il est chargé de garde rapprochée duMEDEF, il est un homme sur, pour tout ce qui sera "maintien" du .."désordre" capitaliste
Comme avant lui, JOXE ou Chevènement
Alors que l’appareil d’ETAT a mis en place un flicage sans précédent de la Société, pour briser tout ce qui serait RESISTANCE, Valls rassure Boboland et fait se marrer la bougeoisie
" Il rappelle que le tutoiement, c’est pas sympa et que , lorsque tu fais chier un"basané" faut lui remettre un reçu"
Pardon de la longueurde ce commentaire :
.... mais quand je lis le nom de SEROL, repasse dans ma tête ce qu’un jeune mioche de 4-5 ans apprend des raisons quifaitque son grand-Père est en camp de concentration, son papa FTP , et qu’une famille qui sera assassinée par laDivision dasREICH , a recueilli..
Anecdote
Quand aux législatives de 1962- le PCf décide de retirer son candidat arrivé devant J.MOCH..au nom de u combat antigaulliste et afin de démmontrer qu’ilest "unitaire" pour deux, je fous en l’airle bulletin d’adhèse au PC qu’un copain m’avit laissépuisque j’étais"sympathisant" et....déjà grande gueule..
Rappel :
OUi, Tu as raison, nous nous devons de rappeler pour les plus "jeunes" ce qu’est le pS et faut qu’on arrête ces appellations de"Socialiste de Droite"
Nous ne sommes pas de Gôôche, nom de DIEU !
Nous sommes COMMUNISTES
Ils ne sont pas "de DROITE"
ils sont de l’autre côté de la Barricade, au coude à coude avec leurs Maitres, et avancent avec leurs arsenal complet : enfumage baise-prolos, en bons kollabos du dépeçage des services publics, casseurs d’usines, raboteurs d’acquis , distribuant les "purges" d’austérité que la Mère merkel etle K leur a fourni pourl’Alternance rose , avec ,en embuscad les"costumés" à bidule et casque , lacrymos et tasers !
Ils dirigentl’orchestre
Au programme :
Valls pour bal de cocus
Cordialement
A.C
30 juin 2012 - 23h21 - Posté par d4a43091f6027e12dc5f7e158b496ed8...
@ A.C
Merci pour la piqûre de rappel !!! ((- :
De temps en temps faut se revacciner la mémoire.
Et ça fait du bien de savoir qu’on n’est pas seuls à "savoir".
Fraternellement,
G.L.
29 juin 2012 - 17h00 - Posté par 8caff229d0f65db494652f54e14d577c...
en effet, on pourrait croire qu’il y a des socialistes de gauche, mais lui est particulièrement à droite
non non rien n’a changé, tout tout va continuer héhé
30 juin 2012 - 20h51 - Posté par pmls - 721aec0ee8035db274ea888a0ce0dbff...
Il n’y a rien à piller dans la maison d’un mineur.
2 juillet 2012 - 10h11 - Posté par Le retraité - 6659aac9ea0cb80619d680461fc4630d...
Je suis d’accord avec Fald :
socialiste de droite, c’est un pléonasme
Le retraité
2 juillet 2012 - 20h26 - Posté par db440af82a6079c2f88643016396edf1...
Socialisme= droite tout juste républicaine quant à Valls il finira à l’extrême droite quand les socialos seront chassés des palais à coup de pied dans le derche.