Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
162522434 IP
185262847 pages
(depuis le 10/02/2002)
82 connectés

Placide


Chimulus


Fañch Ar Ruz

Le guide du manifestant arrêté

Agent Orange
Apocalypse Viêt Nam

Ne nourrissez pas le troll

Identité internationale
Ecole-Université
Ecole-Université
PRISONS FRANCAISES
L’ ENFER...

SOUTIEN A CYRIL KHIDER
LE DEBAT
LES COMMUNISTES, LES PARTIS ET LES MOUVEMENTS
LES COMMUNISTES, LES PARTIS ET LES MOUVEMENTS
Le scarabée :
musique libre !
Ecoutez et téléchargez !

RADIO TETARD
Señal en Vivo
VIDEO

RADIO

radio campus radio montreal
"On perd 53% de rire, et on
en gagne autant de haine"
SLAM/VIDEO :

MERCI POUR VOTRE SOLIDARITÉ
Soutenez Bellaciao
Soutenez Bellaciao !
Plus d’info

La traque de l’affiche rouge (videos)

Affaire Sacco et Vanzetti (videos)
Chroniques du proche étranger
Chroniques du proche étranger
En Tchétchénie
Bhale Bacce Crew
Bhale Bacce Crew
Cet Homme (VIDEO)
EARTLINGS
EARTLINGS - VIDEO
Terriens (vidéo très difficile)
Sabina Guzzanti
avec Bellaciao
Haidi Giuliani
avec Bellaciao
Modena City Ramblers
avec Bellaciao
MANU CHAO
avec Bellaciao
Les liens amis
avec Bellaciao
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
CGT 75 - Appel à Manifester le dimanche 23 juin à 15h à Paris
mercredi 19 juin
de UD CGT PARIS
5 commentaires
" Paris, le 19 juin 2013 Le 5 juin 2013, des militants d’extrême droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. La CGT a condamné avec la plus grande fermeté cet acte en rappelant le contexte de montée très forte des idées d’extrême droite et des actes et propos homophobes et xénophobes. Au-delà de la profonde et légitime émotion suscitée par ce tragique évènement, il est indispensable de donner une réponse syndicale et citoyenne à la situation (...)
Lire la suite, commenter l'article...
La fin de l’Orchestre National de Grèce .... (+vidéo)
lundi 17 juin
de LL
4 commentaires
L’Orchestre National de Grèce a joué Vendredi son dernier concert en direct d’une ERT qui retransmettait envers et contre toutes les restrictions, avec des centaines de personnes qui écoutaient dehors, ce dernier concert, tétanisés, émus aux larmes.... Il n’y a plus de budget pour la musique classique...(il y en a toujours pour les chars et les canons...) Totalement bouleversant (le morceau de Sir Elgar, "Nimrod" tiré des Enigma Variations est particulièrement bien (...)
Lire la suite, commenter l'article...


L’affaire Merah : un effet de sidération (2/4)
de : Tülay Umay, Jean-Claude Paye
jeudi 5 juillet 2012 - 10h52
JPEG - 20.5 ko

L’affaire Merah : deuxième partie.(2/3)

De la donation de sens au non sens.

Si les attentats du 11 septembre sont une donation de sens - celui de la guerre des civilisations - les attentats de Toulouse et de Mautauban donnent à voir un pas de sens. La stupeur que provoque cette affaire réside moins dans le caractère violent de l’évènement que dans la manifestation de toute puissance du pouvoir, celle de tout faire et de le montrer. C’est cette spécificité que les commentaires interdisent d’analyser en produisant du sacré, en donnant la primauté au sens, celui de la guerre du bien contre le mal. Tout ce qui pose un questionnement est traité comme profanation des victimes et comme « complotiste », c’est à dire comme profanation du pouvoir.

Les premiers commentaires relatifs à l’affaire Merah se caractérisaient par le manque d’analyse et par l’absence de référence à la matérialité des faits. Les informations données n’ont pas été confrontées. Le non sens de ce qui est exhibé n’a été relevé à aucun moment. Au contraire, il a été déplacé derrière le sens immédiatement donné à l’évènement. Aucun étonnement n’est apparu. Aucun questionnement ne pouvait avoir lieu car la réponse était déjà là, inscrite par le sens révélé, avant qu’une question puisse être posée.

Les commentaires à chaud ont fait immédiatement référence à l’affaire Breivik et aux attentats du 11 septembre. Ils ont ainsi invoqué les différentes incarnations d’un sens originaire, celui de la guerre des civilisations, dont l’affaire Merah ne pouvait qu’être un nouveau mode d’apparition, une nouvelle épiphanie[1]. Ainsi, la Chose en soi, la guerre du bien contre le mal, existerait à travers une multiplicité de manifestations, dont celle des tueries de Toulouse et de Mautaubant.

Croire en l’image que l’on ne peut voir.

Les preuves irréfutables de la responsabilité de Merah dans la série d’attentats seraient contenues dans des images vidéos que le tueur aurait lui-même enregistrées. Mais, elles ne seront pas montrées. Il nous est alors demandé un surcroît de croyance envers l’invisibilité, celle de « l’évidente culpabilité » du « suspect principal ». Le procureur de la République de Paris, François Molins a déclaré que Mohammed Merah a filmé chacune des tueries des 11, 15 et 19 mars, à l’aide d’une mini caméra, une GoPro, habituellement utilisée par les plongeurs ou les sportifs.

Merah, ou l’un de ses proches, aurait eu le temps d’envoyer, au siège parisien d’Al-Jazira, ce montage de 25 minutes sur les tueries de Montauban et de Toulouse. La chaîne TV qatarie aurait remis la clé USB à la police judiciaire française. Selon Al-Jazira, la vidéo est accompagnée de musique et de versets du Coran[2]. Une autre clef USB, contenant le même montage, aurait été retrouvée sur le cadavre. En fouillant les ordinateurs de la famille, les enquêteurs n’ont pas trouvé trace d’images envoyées sur internet[3]. L’enquête n’a pas révélé pourquoi Merah et ses « complices présumés » n’ont pas immédiatement diffusé ces images sur le net, au lieu de les stocker sur sur des clefs et ainsi de s’en remettre au bon vouloir des médias afin d’en assurer la diffusion. Ici aussi, l’identité produite par l’image se substitue à la différenciation du langage. Elle repose sur une référence identitaire entre un tueur islamiste et une chaîne de télévision arabe.

Suspendre la matérialité des faits afin de jouir de l’image

Cette caméra, « dont il était sanglé », aurait permis au tueur d’enregistrer « des scènes extrêmement explicites ». Ces éléments ne peuvent être vus. Ils ne sont même pas décrits, ni commentés. Ils ne sont pas traduits en mots permettant de les saisir. La preuve réside dans le marquage de la lettre, celle des termes « extrêmement explicites ». Cela ne donne aucune information, mais constitue une certification de la culpabilité de Merah. La certitude exprimée contraste avec les quelques éléments factuels dont on dispose. Fin mars, la radio RMC, qui avait obtenu un descriptif de la vidéo, n’a jamais fait allusion à une quelconque apparition de Merah dans les images. De plus, elle avait précisé que les mains de l’individu, posées sur le guidon du scooter, étaient gantées. Quant à sa voix, elle serait juste audible. Zied Tarrouche, responsable du bureau parisien d’Al Jazeera, avait indiqué à BFM TVque les voix avaient subi une "déformation" au cours du montage.[4] Le caractère « extrêmement explicite » des preuves semble ne résider que dans l’assurance de l’énonciation.

Ces éléments, qui annulent la présentation d’éléments matériels de preuve, n’ont pas empêché le journaliste Mohamed Sifaoui de prétendre le 13 juin, dans l’émissionC dans l’airde France 5,[5] avoir reconnu Mohammed Merah dans la vidéo, bien qu’il ne précise pas comment il aurait eu accès à celle-ci. Cette affirmation a été appuyée par Jean-Marie Pontault, co-auteur avec Eric Pelletier d’un « livre enquête » sur l’affaire. Cependant, la chaine Al Jazeera, récipiendaire de la vidéo, avait affirmé, dans un communiqué daté du 27 mars,[6]que le visage de Merah n’y apparaissait pas. Le rhétorique de Mohammed Sifaoui repose sur la croyance qui identifie le mot et la chose. Pour lui, ces preuves sont d’autant plus évidentes qu’il a prononcé le mot à plusieurs reprises. Merah est visible dans la vidéo puisqu’il affirme l’avoir vu. 

Invraisemblance et enfermement dans le réel.

Les données exhibées par les médias s’annulent réciproquement. La couleur noire du scooter s’oppose à la couleur blanche. L’information que Merah est repéré, « dans un appartement qu’il habite régulièrement depuis deux ans », contraste avec la communication relative aux difficultés et à l’importance des moyens déployés pour le localiser. Non seulement, les données sont délivrées en s’invalidant réciproquement, mais le scénario de l’affaire est également construit de manière telle qu’il nous est impossible de structurer les différents éléments. L’invraisemblable qui ressort de l’exposition des évènements ne peut s’inscrire, car les mots nécessaires pour en rendre compte s’annulent et installent un non sens. Le non sens est la condition pour que le sens originaire, celui donné par le 11/9, se répète et nous enferme dans l’oeil du surmoi. Grâce à l’annulation de tout ordre symbolique suite à l’évènement fondateur du 11 septembre, la guerre des civilisations fait partie de la réalité du sujet, de sa quotidienneté. C’est ce que nous rappellent les tueries de Toulouse et de Mautaubant ou bien l’affaire Breivik.

Tout recueil ou traitement de l’information est devenu impossible suite à l’omniprésence de ce regard, car il n’est pas élidé. Son excès de présence empêche la constitution d’un objet de perception. Tel la Méduse[7], il pétrifie le sujet et l’enferme dans le réel. Placé dans la psychose, le sujet se confond avec cet objet-regard qui le regarde regarder.[8]

Ce faisant, les images de l’assaut, ainsi que les différentes déclarations, ne révèlent que ce qui ne peut pas être observé : l’intentionnalité criminelle de Merah. Le réel n’est plus un problème à dénouer, mais il nous relie directement à un sens sacré qu’il convient de recevoir. Ce n’est plus le visible qu’il faut déchiffrer à travers la médiation des objets, mais c’est à un au-delà qu’il faut consentir.

Un effet de sidération.

L’absence d’éléments observables permettant de confirmer les commentaires des images, ainsi que l’annulation réciproque des différentes informations, produisent un pas de sens. Face à l’impossibilité d’établir un rapport entre des éléments qui s’excluent et sans que cette contradiction soit posée, le sujet reste sans réplique. L’effacement de tout objet nous fixe dans la sidération.

Comme ce qui est dit n’a pas de sens, « la langue régresse et redevient bruit [9] ». La preuve de la culpabilité de Merah est produite par une succession de sons : « extrêmement explicite », « évident », « incontestable »... Le sujet fait alors « l’expérience archaïque d’être enveloppé dans la langue comme dans le ventre de la mère »[10]. Il ne peut plus se séparer de celle-ci et prononcer une parole.

Le sujet devient non seulement seulement le résidu de la pulsion invocante, mais aussi celui de la pulsion scopique. Comme nous l’indique Lacan, « le pas-de-sens est en quelque sorte l’effet scopique du texte. »[11] Ainsi, ce qu’il donne à voir, l’image de la guerre des civilisations, occupe la place du signifiant originaire.

A travers la médiatisation des évènements, l’effet de suspension perdure et a un effet de pétrification. Car, contrairement à la sédération du mot d’esprit analysée par Freud,[12] il n’y a pas d’étonnement face à ce qui nous est présenté. L’étonnement n’est qu’une sidération provisoire.[13]Par les questions qu’il suscite, l’effet de surprise permet de sortir de la stupéfaction et de renouer avec le langage Cependant, l’étonnement a besoin d’un objet pour se manifester et c’est ce dernier qui ici fait défaut. Le sujet demeure sans voix, car il n’a pas de support lui permettant de formuler des questions et de renouer avec la parole.

La stupeur ne résulte pas du caractère dramatique des faits, mais de l’impossibilité de déchiffrer le réel Elle provient de la rencontre du spectateur avec une exhibition qui s’impose à lui et qui échappe à toute représentation. Le sujet succombe à ce que Lacan a appelé un surcroît de jouissance, à la manifestation d’une volonté de toute puissance. Il s’agit de ce qu’il a nommé, en opposition avec la « sidération et lumière » du mot d’esprit, la « sidération et ténèbres. »[14] Dans cette dernière, il ne s’agit plus seulement de l’apparition d’un non sens dans la dimension signifiante, mais de l’émergence « d’une présence massive de jouissance dans l’Autre ». Ce n’est plus un simple étonnement résultant d’une sidération éphémère. L’interruption de la parole produit la perpétuation du silence.[15] Cette violence, qui confisque l’accès au symbolique, abolit le sujet de la parole en le plongeant dans la stupeur. Celui-ci est alors incapable d’accéder au processus de dé-sidération propre au désir. Ce processus est le contraire de la « sidération et lumières » dans laquelle le signifiant sidérant est une des manifestations du signifiant du Nom-du-Père.

Un sentiment d’effroi

Les violences collectives, dont l’agent n’est pas nommé, plongent le sujet dans un sentiment d’effroi qui se manifeste par ce qui le laisse sans voix. Elles renvoient au traumatisme originaire et au complexe d’intrusion. L’évènement traumatique comporte une jouissance muette, sidérante. Il ravive ce sentiment originel de l’abandon primordial qui touche à la dépendance première de l’enfant vis à vis de cette "mère inassouvie" dont parle Lacan. Cette dépendance « par le vu et l’entendu » correspond au temps où l’enfant absorbe autant qu’il est absorbé.[16]

Si le silence se perpétue, c’est que le sujet est saisi par l’inouï, par l’altérité de la signifiance. Cet appel de l’Autre devient jouissance de l’Autre. Le sujet sidéré, incapable de distance, se satisfait de l’identification avec celle-ci. 

L’interdiction surmoïque de formuler des questions, c’est à dire l’injonction de jouir de ce qui est exhibé, annule toute possibilité de séparation du sujet avec l’image. Ravi par la toute puissance de l’Autre, il consent à disparaître dans sa propre satisfaction pulsionnelle. Il jouit non de l’objet, mais de l’identification absolue entre le regard et l’objet. Ce qu’il voit et la manière dont il voit ne font plus qu’un.[17] Ainsi, les images vides de télé-réalité ne peuvent que témoigner de la culpabilité de l’accusé et de son appartenance à Al-Qaida. Dans l’affaire Merah il ne s’agit pas, comme dans « la sidération et lumières », d’une interruption dans la chaîne signifiante, mais bien d’une destruction de celle-ci. L’Autre du langage est anéanti au profit de l’Autre jouisseur.

A l’inverse, se désidérer c’est pouvoir prononcer une parole qui pose un cran d’arrêt à la toute puissance du pouvoir. C’est retrouver le chemin du désir. Pour cela, le sujet doit sortir de la jouissance. Ce procès ne peut avoir lieu car, ici, en l’absence d’organisation du réel par la raison, il n’ y a pas d’inscription des faits. Au processus de désidération, se substitue une répétition à l’infini du surcroît de puissance à travers le passage des images en boucle. Dans la répétition, le spectateur va venir occuper à chaque fois la place de l’infans, de « celui dont les premiers mots n’ont pas encore cristallisé ce dont il est marqué ».[18] L’infansne peut parler, il est parlé, son destin est déterminé par le dit. Posés à cette place, nous restons silencieux, « scotchés » par le discours des médias.

Le 11/9 comme donation de sens 

Le 11 septembre est d’abord une question de regard. Ainsi, il peut être compris à la lumière de la réduction phénoménologique de Husserl qui « libère » le regard de la pensée et des choses sensibles. Comme l’épochéhusserlienne, le 11/9 met le monde matériel entre parenthèses et le suspend, afin de laisser place au sens donné[19].

Comme la « réduction transcendantale », il est aussi une opération de conversion du regard[20]. Celui-ci ne doit plus être porté vers l’extérieur, sur des objets, mais il doit être exclusivement tourné vers l’intérieur, sur l’intentionnalité.

Ainsi, comme pure intuition, le 11/9 est un acte de donation de sensqui se place en dehors de tout ordre historique. L’icône des tours est alors apparition de l’invisibilité de la guerre du Bien contre le Mal. Les victimes du 11/9 sont posées comme la transmutation objective de cette révélation. Leur voix est portée par l’exécutif étasunien qui, de ce fait, intègre le sacré. L’identité de la violence avec le sacré se pose comme un originaire, comme une création ex-nihilo d’un nouveau réel : le « nouvel ordre mondial ». Il s’agit là d’une quête radicale, telle que celle est développée dans la phénoménologie de Husserl. Nous nous trouvons face à un commencement pur qui s’impose sans aucune médiation extérieure.

Ainsi, la « fin de l’histoire » ne résulterait pas d’un processus historique. Elle apparaît comme un acte libéré de toute objectivité et qui occupe la place de la chaine des signifiants. Comme déchaînement du réel et suppression de toute possibilité de différenciation, le 11/9 est sacralisation de la violence et installation d’une guerre perpétuelle contre le terrorisme, contre un ennemi virtuel constamment redéfini. Ce faisant, il constitue une régression dans l’histoire de l’humanité, le passage d’un état de civilisation, qui codifie et limite la violence, à un état de barbarie qui sacralise celle-ci en la nommant notamment guerre humanitaire.

Le 11/9 : le nomos de la violence originaire.

La création ex-nihilo d’un nouvel ordre politique, basé sur la guerre des civilisations, rappelle la place donnée par René Girard à la violence.[21]Celle-ci aurait un caractère originaire. Due à une cause cachée, car sans objet, elle résulterait d’un mécanisme mimétique[22] et nécessiterait un acte sacrificiel pour la conjurer. Comme phénomène de la guerre des civilisations, la lutte antiterroriste apparaît également comme une guerre asymétrique entre deux adversaires mimétiques : l’Etat et l’individu ou l’organisation terroriste. En tant qu’originaire, la violence ne peut que réapparaître et nécessiter de nouveaux sacrifices. La lutte antiterroriste est aussi une guerre perpétuelle contre un ennemi en permanence renouvelé.

Grâce à la crucifixion du Christ, à la fois homme et dieu, Girard fait de la violence un acte d’union avec le sacré qui structure la société. De même, le discours des guerres humanitaires réintègre le sacré grâce à la figure de la victime et en fait un paradigme de la politique impériale. La violence sacrificielle fusionne licite et illicite. Elle consacre une guerre contre le terrorisme qui nomme et produit ses propres ennemis. La violence mimétique n’est plus un donné, mais le résultat d’une fabrication. Libérée de tout objet, l’hostilité devient permanente. Les guerres d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie témoignent de cette mutation. Elles renouent avec les croisades, ainsi qu’avec la notion de guerre sainte.

Pour Lacan, à l’opposé de Girard, le meurtre sacrificiel ne peut ramener aucune paix, même provisoire. Les rites de sacrifices humains, ainsi que la violence sans objet, réalisent le fantasme de la relation primordiale à la mère[23]. C’est cet acte incestueux, annulant toute possibilité de différenciation et de jugement, qui est à la base même de la violence originaire. Cette thèse développée par la psychanalyse ressort également des travaux anthropologiques, ainsi que des dernières recherches en théologie qui posent la question de l’origine par le prisme de l’inouï, c’est à dire en relation avec des termes qui relèvent de la structure psychotique.[24]

Le consentement des populations, leur fusion avec le pouvoir, est la matière même qui alimente cette guerre sans fin. Ainsi, le nouvel ordre mondial instaure une violence illimitée. À travers le phénomène de la guerre humanitaire, il inaugure un rapport incestueux entre hostilité et amour. La guerre est la paix, la paix est la guerre. L’indifférenciation qui en résulte ordonne la primauté du sens et exclut la matérialité de la parole. Il s’agit de donner toujours davantage de sens à cette création ex-nihiloet de lui offrir en permanence de nouvelles victimes.

De la donation de sens à la capture du réel.

Les premiers commentaires de l’affaire Merah, en invoquant le 11 septembre afin de donner du sens au non sens, font l’impasse sur le 11/9 en tant qu’évènement réel. Ils ignorent la fabrique du consentement des populations et ne retiennent que le sens déjà attribué, celui de la guerre du Bien contre le Mal. Ce faisant, ils dénient ce qui lie les massacres de Toulouse et de Mautaubant au 11 septembre : la répétition d’une violence originaire qui doit envahir notre quotidienneté. Le sens devient le réel.

En voulant suspendre ce qui lie réellement l’affaire Merah à l’originaire du 11 septembre, ils élident ce qui fait la spécificité de cet évènement. Ici, ce qui est réclamé n’est plus seulement le renoncement à la conscience et à la raison, mais l’abandon de notre réel. L’enjeu de l’affaire n’est plus la maîtrise de la réalité, mais la capture du sacré.

Ici, c’est la vie nue, la vie pour elle-même qui est attaquée. Mohammed Merah relève de la figure de l’homo sacer[25], de la personne qui peut être tuée sans sanction, puisqu’elle est exclue non seulement de tout ordre juridique ou social, mais aussi du symbolique. Le pouvoir sur la vie nue est devenue une procédure courante de la politique impériale. Le président Obama lui-même dresse une « kill list », comprenant des personnes du monde entier, nommées comme terroristes, et qu’il convient simplement de tuer, puisqu’elles sont considérées comme « nocives pour les États-Unis et leurs intérêts. »[26]

La vie nue, la vie exclue de tout ordre imaginaire et symbolique, la vie réduite au réel peut aussi se comprendre comme un corps séparé de l’âme, ce que Merleau Ponty nomme un corps dépouillé de ses attributs humains, un corps machine.[27] À l’opposé, Merleau-Ponty, nomme « chair du monde »[28] le rapport entre le moi et le monde. L’articulation entre le corps et l’âme n’est pas encore rompue comme dans la généralisation de l’Homo Sacer, propre à la post-modernité.

Capture de la vie nue : guerre de l’Etat contre sa population.

Dans l’affaire Merah, le pouvoir plonge l’ensemble de la population dans la vie nue. Ce qui se manifeste en France, sous la forme d’un fait divers, comme un moment de la vie quotidienne, fait, aux Etats-Unis, déjà partie de l’ordre juridique. Les différentes lois antiterroristes qui se sont succédées suppriment, non seulement l’Habeas corpus des citoyens, mais permettent également de se saisir de leur essence. « L’ennemi combattant » ou le « belligérant illégitime » n’ont aucune matérialité. Ils n’existent que dans la langue de l’exécutif. C’est celle-ci qui est création de la chose même et de ses différentes manifestations.

À travers l’affaire Merah, le pouvoir nous montre pas son droit d’enfermer le corps, mais celui de s’approprier de la chair, de se saisir de la manière dont « le corps regardant une chose se fait monde. » En d’autres termes, développés cette fois par Heidegger,[29]c’est l’être même de la personne qu’il convient de capturer et non plus seulement son étant, le Dasein. Ce faisant, c’est la possibilité d’un devenir qui est saisie et non plus uniquement l’existant.

Ce qui importe n’est pas de tuer un individu déterminé, mais d’utiliser sa mort afin d’être maître du réel, de l’invisible et non plus seulement du visible. Cette violence s’identifie au sacré, car elle est création ex nihilod’un sens libéré de tout objet. Aucune limite n’est posée à l’action du pouvoir. La mort de la personne sacrifiée se référant à la violence originaire est production d’une unicité. Elle a pour objet de fabriquer du consentement, d’engendrer une fusion des populations avec la guerre du Bien contre le Mal et, dans les faits, avec n’importe quel acte du pouvoir.

Ce qui se manifeste en France, sous la forme d’un évènement singulier, engendrant un effet de sidération, existe au stade industriel dans le camp de Guantanamo, comme production massifiée de la psychose.[30]

Nous sommes tous des Homo Sacer.

Dans la post-modernité, la capture de la vie et de la mort, contrairement à la figure du droit romain relevée par Giorgio Agamben, n’est pas une exception posée à la marge de la société, mais un acte commun pouvant s’appliquer à tous.

LHomo Sacer romainn’est pas un prisonnier. Il n’est pas séparé des autres hommes par les murs d’une prison. Il demeure dans la société dont il est exclu. Il n’est pas enfermé dans un cachot, dans un lieu déterminé, mais dans la société elle-même. Il est placé dans un rapport que la psychanalyse nomme forclusion, il est « enfermé dehors ». Proscrit de l’ordre juridique et religieux, le condamné est exclu non du territoire, mais de la parole, du processus d’humanisation.

Si lhomo Sacer demeure une figure de l’exception dans l’empire romain, aujourd’hui, cette place peut être occupée par n’importe qui, par tout un chacun. Cependant, nous ne sommes plus seulement enfermé dehors, mais aussi dedans. Placés dans la psychose, nous sommes devenus des monades. Maintenant, l’Homo Sacer est non seulement proscrit de l’ordre symbolique, mais aussi exclu de lui-même, de son intériorité. L’objet de l’affaire Merah est de nous rappeler notre condition d’individu isolé, expulsé de tout processus de socialisation autre que celui du marché.

Les commentateurs patentés de l’évènement nous recommandent d’ailleurs de ne faire aucune tentative pour sortir de cet état de psychose, afin de rester de bons enfants de notre mère symbolique : la puissance publique. Si autrefois, l’individu était exclu du processus d’humanisation par un pouvoir extérieur,. aujourd’hui, la personne doit consentir, c’est à dire s’exclure elle-même et ainsi faire le choix de la psychose.

L’affaire Merah réintroduit la fusion du pouvoir avec le sacré, de l’Etat avec les victimes, des populations avec le pouvoir et les victimes. Cette relation incestueuse nous montre que rien ne peut plus advenir. L’image construite nous dévoile notre réel et a un effet de sidération.

Questionner c’est comploter.

Les institutions étatiques, justice et police, ne peuvent être questionnées car elles sont porteuses de la voix des victimes. Interroger le pouvoir revient à profaner celles-ci. Leur évocation doit suffire pour faire taire. Le rappel que trois soldats français ont été tués à bout portant, qu’un « quatrième est resté paraplégique après qu’une balle lui ait sectionné la moelle épinière » et surtout le réel de « cette petite fille qui s’enfuit et qu’il rattrape par les cheveux pour lui loger une balle dans la tête » doivent faire obstacle à tout questionnement sur la responsabilité des massacres. Passez outre de ce tabou relève du « complotisme ». Tel est d’ailleurs le thème de la nouvelle croisade lancée par le quotidien Le Monde qui juge que ce qui est grave dans cette affaire, ce n’est pas le fait qu’un individu puisse être désigné comme terroriste et être immédiatement exécuté par la police, mais bien que l’on puisse poser des questions sur la vraisemblance de ce qui nous est affirmé.

L’éditorial de l’édition du 21 juin, précédé de deux articles sur le site du journal en date du 19, s’est attaqué à ce problème fondamental : « Comme au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, la "conspirationnite" s’épanouit sur le Net, son vecteur idéal. Ce n’est pas inoffensif ni confidentiel. C’est grave et dangereux. »[31] Pour l’éditorialiste, « la réalité des crimes de Merah, elle, n’est hélas pas contestable », même si « nos Etats mentent volontiers ou réécrivent l’histoire. » Il réalise ainsi une opération de déplacement en posant la question sur le terrain du mensonge. Or, dans cette affaire, il ne s’agit pas d’une question de censure, mais bien de la fabrication d’une psychose par l’exhibition d’un invraisemblable, dont il nous est intimé de croire, bien que, nous sont données, en même temps, nombre d’informations infirmant l’évidence de ce qui nous est affirmé.

Rester dans la psychose pour échapper au « complotisme ».

Le journaliste du Monde nous révèle que le conspirationnisme est une maladie endémique et que celle-ci peut nous frapper, si nous n’y prenons pas garde. Même si on n’est pas « un conspirationniste avéré », nous pouvons être touché, car « le conspirationnisme aurait plusieurs étages ». Afin de ne pas être nommé comme tel, de ne pas être placé au ban d’infamie, il convient de consentir, d’accepter de se taire et d’être parlé, c’est à dire d’être placé dans la psychose. Cette dernière condition, l’enfermement dans le morcellement du réel, est impérative afin d’échapper à l’étiquette de « complotiste ». Pour appuyer sa recommandation, Soren Seelow fait appel au représentant de la représentation,[32] à un « spécialiste en théorie du complot », Rudy Reichstad fondateur de Conspiracy Watch qui reconnaît infailliblement les conspirationnistes par le fait que ceux-ci « collationnent ce qu’ils trouvent et le mettent en scène de façon plausible. »[33]

L’invraisemblable devient ainsi la (dé)mesure et la garantie du vrai. L’observation des faits et leur organisation par la raison, qui les structure d’une manière vraisemblable, rangerait automatiquement l’auteur de cette opération dans la théorie du grand complot. Afin d’assurer la bienveillance des autorités à son égard, il vaut mieux rester dans la psychose et dans le morcellement. Ces recommandations font aussi penser à la procédure de l’époché husserlien, quis’affirme comme un véritable paradigme de la post-modernité.Ici aussi, il s’agit d’une mise en parenthèses du monde et d’une suspension de tout jugement sur les choses extérieures pour retourner à la première donation de sens,[34]celle de la guerre des civilisations.

L’affaire Merah présenterait cependant une spécificité : elle relèverait d’un conspirationnisme communautaire. »[35]Ce dernier pourrait avoir directement un caractère antisémite, car les sites complotistes désignent le vrai responsable : « les israéliens, le sionisme international ». Nous retrouvons là une désignation qui a aussi frappé ceux qui ont posé des questions sur les attentats du 11 septembre. Comme énergie pulsionnelle, la compulsion de répétition, que constitue l’accusation de complotisme, est la représentation d’une représentation. Elle est indifférente à la matérialité des faits et se déplace constamment d’un objet à un autre : le 11/9, l’affaire Strauss Kahn[36], l’affaire Merah.... Elle porte sur toute tentative de poser des questions et ainsi de se démarquer de l’injonction surmoïque de se taire.

Notes

[1]« Épiphanie » est un mot d’origine grecque (Epiphaneia) qui signifie « manifestation » ou « apparition » du verbe φαίνω (faïnò), « se manifester, apparaître, être évident ».

[2]« Zoom sur la caméra de Merah », Courrier international, le 2/4/2012, http://www.courrierinternational.com/article/2012/04/02/zoom-sur-la-camera-de-merah

[3]« Vidéo Merah : la diffusion très difficile à empêcher sur internet »

[4]

, lire Hicham Hamza, « Al Jazeera, l’Express et Sifaoui se contredisent », Oumma.com, le 14 juin 2012, http://oumma.com/13113/intox-laffaire-merah-al-jazeera-lexpress-sifaoui-se-co

[5]http://www.france5.fr/c-dans-l-air/societe/qui-etait-vraiment-mohamed-merah-36339

[6]http://www.aljazeera.com/news/europe/2012/03/20123271265948416.html

[7]Pour Lacan, le regard est un objet pulsionnel. C’est ce qui fait que ce regard n’est pas celui du sujet, mais un regard qui porte sur le sujet. Il est à la fois invisible et insaisissable comme Méduse. L’objet regard se distingue de la vision, il doit être élidé pour laisser place à celle-ci, sinon c’est la pétrification, comme celle produite par la tête de Méduse. Dans l’affaire Merah, c’est l’omniprésence du regard du pouvoir qui produit un effet de pétrification. Lire : Éléonore Pardo, « Le regard médusé », Recherches en psychanalyse N° 9, http://recherchespsychanalyse.revues.org/554

[8]Anita Izcovich, « À propos de Le plus de regard d’Antonio Quinet », L’en-je lacanien, 2004/2, N°3, http://www.cairn.info/revue-l-en-je-lacanien-2004-2-page-157.htm

 

[9]Stéphane Lojkine, « Scopique », Utpictura 18, base de données iconographiques, Université de Montpellier, http://www.univ-montp3.fr/pictura/GenerateurTexte.php?numero=25

[10]Ibidem.

[11]Lacan, Séminaire V sur le witz freudien, pp. 98-99

[12]Le concept de sidération a été introduit en psychanalyse par Freud qui l’introduit pour rendre compte du mécanisme du mot d’esprit. Celui-ci se décompose en deux moments successifs : la sidération du sujet devant le non-sens. C’est d’abord le moment de suspension du sujet devant l’interruption de sens soutenu par la chaîne signifiante. Ensuite existe un second temps, dit de lumière où le non-sens se résout en un sens nouveau. Lire José Monseny, « Sidération et lumière, sidération et ténèbres », L’en-je Lacanien 2004/2 (n°3), http://www.cairn.info/revue-l-en-je-lacanien-2004-2-page-93.htm

[13]M-C Salomon-Clisson, « Die Verneinung : la vérité de la parole, du sujet à l’être », Ecole Psychanalytique du Centre Ouest, http://www.ecolpsy-co.com/Htmpub/ColloquesCroy_Verneinung.html

[14]Concept utilisé par Lacan dans son texte « Kant avec Sade » afin de démarquer du cas où la sidération est produite par l’émergence du non sens, celui où la stupeur émerge du fait d’une action qui comporte une présence massive de jouissance dans l’Autre, Jacques Lacan, « Kant avec Sade », Critique n° 191,septembre 1962, pp. 291-313, www.ecole-lacanienne.net/documents/1962-09-00.doc

[15]Lucia Maria Freitas Perez, « Entre le sens et le non-sens, passage au de-siderum », http://convergencia.aocc.free.fr/texte/freitas-f.htm

[16]Francine BEDDOCK, « Destinées arbitraires » in « Pluralité des langues et singularité de la parole », Actes du colloque du 26 juin 2006, Le Point de Capiton, http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:c3kS78g5QY4J:www.le-point-de-capiton.net/post/Colloques/Pluralites/pluralite.htm+sid%C3%A9ration+non-+sens+surcro%C3%AEt+de+jouissance+dans+l%27autre+lacan&cd=8&hl=fr&ct=clnk&gl=be

[17]Philippe Meirieu, Images : de la sidération à l’éducation », conférence Ecole et cinéma, octobre 2004, www.meirieu.com/ARTICLES/IMAGES.pdf

[18]Marie-Magdeleine Chatel, « Sens ou effet de sens », in Pléthore de sens ,Revue du Littoral N°39,février 1994,www.epel-edition.com/epuises/Littoral39.pdf

[19]Lire : Nathalie Depraz, introduction à La crise de l’humanité européenne et la philosophie de Edmund Husserl,

PhiloSophie 2008, www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/file/husserl_depraz.pdf

[20]Gérard Leroy, « A l’origine de la phénoménologie : Edmund Husserl », Questions en partage, http://www.questionsenpartage.com/%C3%A0-lorigine-de-la-ph%C3%A9nom%C3%A9nologie-edmund-husserl

[21]René Girard, « Des choses cachées depuis la fondation du monde », Grasset, 1972.

[22]La violence et le sacréest l’œuvre phare de René Girard. Il y pose les bases d’une anthropologie de la violence et de la religion basée sur la théorie du désir mimétique. En analysant le mécanisme du "Bouc émissaire", Girard montre l’ambivalence du sacré qui se comprend à la fois comme crise du groupe social et comme la résolution de celle-ci.

[23]Jacques Lacan, L’angoisse Séminaire X, 1962-1963, Troisième édition corrigée, document interne à l’Association freudienne internationale, http://fr.scribd.com/doc/12328816/Jacques-Lacan-LAngoisse-version-AFI

[24]Jean-Pierre Lebrun et André Wénin, « La question de l’origine » in Des lois pour être humain, collection Humus Entretiens, Érès 2008

[25]Giorgio Agamben, Homo Sacer I. Le pouvoir souverain et la vie nue, Éditions du Seuil, 1997. Cet essai philosophique sur l’histoire politique de l’exclusion est une tentative de sortir de l’ambivalence du sacré. Celle-ci résulte du fait que le même mot latin sacersoit appliqué à la fois au sacré et au proscrit. Il reconnait dans la condition de l’homo sacerromain l’archétype de ce qu’il nomme la vie nue : une figure de dé-socialisation et de déshumanisation de l’individu. En ce sens, l’homo sacer ne peut faire l’objet d’un sacrifice, mais il peut être tué par n’importe qui.

Il y a chez Agamben une incapacité de penser la catégorie des contraires. Il ne peut rendre compte de ce qui est une spécificité dans l’histoire de l’Occident. Le sacré y est l’archétype parfait de l’ indifférenciation, puisqu’il est à la fois le sacré proprement dit et le maudit. C’est la violence qui devient sacrée. Ainsi, les victimes sont sacralisées dans la mesure où elles peuvent être fétichisées, où elles constituent des représentations de la violence originaire.

[26]Manlio Dinucci, « Drones assassins pour la « kill list », Réseau Voltaire, le 14 juin 2012, http://www.voltairenet.org/Drones-assassins-pour-la-kill-list

[27]Maurice Merleau-Ponty, Structure du comportement, P.U.F, 1942, in Extraits de Denis Huisman et Marie-Agnès Malfray, Les pages les plus célèbres de la philosophie occidentale, Perrin 2000, pages 584 et 585, http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Merleau-Ponty_L%27HommeEstChairDuMonde.htm#_ftn5

[28]"Mon corps est la même chairque le monde"écrit Merlau-Ponty et aussi « Le corps est du monde…. le corps propre est l’entrelacement (chiasme )entre sentir et senti », ainsi « il y a correspondance entre son dedans et mon dehors ». « Toute scission entre sujet et objet, sentir et senti est surmontée au profit d’un entrelacement originaire : dans la mesure où le corps est appartenance au monde », Merleau-Ponty,.Le visible et l’invisible, http://www.scribd.com/doc/38360468/Merleau-Ponty-Le-visible-et-l-invisible

[29]Martin Heidegger, Être et Temps,édition numérique, t.m.p.free.fr/textes/Heidegger_etre_et_temps.pdf 

[30]Lire : Jean-claude Paye, « Guantanamo : le réel de la lutte antiterroriste », in De Guantanamo à Tarnac. L’emprise de l’image, Op. Cit.,pp.31-47.

[31]« L’affaire Merah et les ravages du complotisme », Editorial, Le Monde, le 21 juin 2012, http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/06/19/affaire-merah-voyage-au-pays-desconspirationnistes_1717409_3224.html

[32]C’est à dire de la pulsion. La pulsion est le représentant d’une représentation psychique. Ainsi, l’objet de la pulsion est un objet indifférent à la source première. Lire :Christophe Bormans, »Pulsion », Psychanalyse-Paris.com,février 2003, http://www.psychanalyse-paris.com/Pulsion.html et surtout, Guy Le Gaufrey, « Représentation freudienne et signifiant lacanien », web.me.com/legaufey/Le_Gaufey/Textes_1973-2009_files/31.rtf 

[33]Soren Seelow, « Affaire Merah : tentative de déconstruction d’un discours conspirationniste », Le Monde.fr, le 19 juin 2012, http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/06/19/affaire-merah-tentative-de-deconstruction-d-un-discours-conspirationniste_1719019_3224.html

[34] Xavier Pavie, Exercices spirituels dans la phénoménologie de Husserl, Ouvertures philosophiques, L’Harmattan, Paris 2008, p31. 

[35]Soren Seelow, « Affaire Merah, voyage au pays des conspirationnistes », Le Monde.fr, le 19 juin 2012, http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/06/19/affaire-merah-voyage-au-pays-des-conspirationnistes_1717409_3224.html

[36]Lire : Jean-Claude Paye, « Parole contre parole ou image contre image ? », Libération, le 2 septembre 2011, http://www.liberation.fr/politiques/01012357464-parole-contre-parole-ou-image-contre-image



Imprimer cet article





Aminata Dramane Traoré : « Le colonisateur n’est plus là, mais ses intérêts y son
mercredi 19 - 23h06
de : Mehdia Belkadi
faut il demander le retrait du plan autisme ?
mercredi 19 - 22h45
de : MARTINE LOZANO
1 commentaire
La retraite : un droit à défendre
mercredi 19 - 21h40
de : Bulletins d’entreprises LO
Que devons-nous à l’Etat » ?
mercredi 19 - 19h15
de : sheisau sorelh
1 commentaire
Sam. 29 juin à Nantes : 1 an de manifs mensuelles contre l’aéroport
mercredi 19 - 17h26
CGT 75 - Appel à Manifester le dimanche 23 juin à 15h à Paris
mercredi 19 - 15h18
de : UD CGT PARIS
5 commentaires
Marseille : une position d"ASSISES", afin de vivre.."DEBOUT" !!
mercredi 19 - 14h11
de : Alain Chancogne dit A.C
5 commentaires
Le chômage ne se délocalise pas
mercredi 19 - 12h16
de : Cassiopée
Partout demain possible que des Villeneuve-sur-Lot (zaz)
mercredi 19 - 11h16
de : Ocséna, contre le système-ENA
6 commentaires
Azawad : Maliens et touaregs signent un énième accord
mercredi 19 - 09h37
de : Azawad
A propos du 3ème plan autisme
mardi 18 - 23h52
de : poil à gratter
5 commentaires
SANTÉ : LES LILAS NE SONT PAS À VENDRE ! TOUCHEZ PAS AUX LILAS
mardi 18 - 21h20
de : MARTINE LOZANO
1 commentaire
bresil -sao-paulo live-stream
mardi 18 - 20h55
de : trapik
1 commentaire
En Italie, une parlementaire du Mouvement 5 étoiles "jugée" par ses pairs
mardi 18 - 20h33
de : Philippe Ridet
A vous
mardi 18 - 19h07
de : Morani acalu
RETRAITES : Quels régimes profitent de la compensation ?
mardi 18 - 18h46
de : ROBERT GIL
12 commentaires
Manifestation antifasciste à Nîmes : samedi 22 juin
mardi 18 - 18h11
de : Jérémie SUD 30
1 commentaire
Barroso préfère les CD aux Roms
mardi 18 - 17h19
2 commentaires
Bilan : Foire à l’Autogestion, acte II
mardi 18 - 17h18
de : Makhno
O POVO SE ACORDO !
mardi 18 - 16h20
de : Auba Vermelha
26 juillet, c’est la Sainte-Anne, fête putative de l’UMP (OcsenaZaz)
mardi 18 - 16h09
de : Ocséna, contre le système-ENA
1 commentaire
Paris, 22/06 : Promenade en vélo en soutien à Alexeï Gaskarov, antifa russe
mardi 18 - 16h01
Casus belli !
mardi 18 - 15h17
de : Flo
22 & 23 juin 2013. Marche PONZAN - Port de Fontargente (09 Ariège/Arièja)
mardi 18 - 12h09
de : CNT-SO
De Rue 89 : le Front de gauche
mardi 18 - 10h40
de : star
7 commentaires
guérilla urbaine au Brésil
mardi 18 - 02h29
En débat. Quelles positions à la gauche de la gauche sur la guerre du Mali ?
lundi 17 - 21h58
de : Antoine (Montpellier)
12 commentaires
LA LOI FIORASO OU LA « LRU 2. »
lundi 17 - 20h53
de : 2CCR
Après "ça" , on s’étonne de l’"abstention" et des scores du FN ???
lundi 17 - 20h26
de : A.C
6 commentaires
Quand la mauvaise foi remplace l’économie : le PCF et le mythe de “l’autre euro”
lundi 17 - 16h41
3 commentaires
La fin de l’Orchestre National de Grèce .... (+vidéo)
lundi 17 - 15h58
de : LL
4 commentaires
Villeneuve-sur-lot : La France en position quasi “pré-syrienne” (zaz)
lundi 17 - 15h15
de : Ocséna, contre le système-ENA
4 commentaires
24/06/2013- 20H- A VOTRE AGENDA- BICAUSERIE AU CENTRE LGBT : LA SEXUALITE DANS L
lundi 17 - 13h26
de : BICAUSE
1 commentaire
LIENS DU F-HAINE AVEC LES NEO-NAZIS : DANS L’INDRE AUSSI !
lundi 17 - 13h13
de : ANTI F-Haine
MANIF UNITAIRE CONTRE LE FASCISME : PARIS, 23 JUIN, OPERA, 15H
lundi 17 - 11h55
de : Qautorze Novembre
Message reçu d’un ami qui vit en Turquie depuis longtemps
lundi 17 - 10h39
de : Galata
Déclaration de la Jeunesse Volontaire pour l’Azawad...
lundi 17 - 09h31
de : JVA
1 commentaire
retour de gaza
lundi 17 - 09h27
de : hdm
Une journée-démarrage à la française (zaz)
lundi 17 - 08h21
de : Ocséna, contre le système-ENA
4 commentaires
Villeneuve sur Lot les abstentionnistes gagnent l’élection législative
lundi 17 - 01h50
de : lili-oto
9 commentaires

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

La musique exprime ce qui ne peut être dit et sur quoi il est impossible de rester silencieux. Victor Hugo
Facebook Twitter Google+
DAZIBAO
CGT 75 - Appel à Manifester le dimanche 23 juin à 15h à Paris
mercredi 19 juin
de UD CGT PARIS
5 commentaires
" Paris, le 19 juin 2013 Le 5 juin 2013, des militants d’extrême droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. La CGT a condamné avec la plus grande fermeté cet acte en rappelant le contexte de montée très forte des idées d’extrême droite et des actes et propos homophobes et xénophobes. Au-delà de la profonde et légitime émotion suscitée par ce tragique évènement, il est indispensable de donner une réponse syndicale et citoyenne à la situation (...)
Lire la suite
La fin de l’Orchestre National de Grèce .... (+vidéo)
lundi 17 juin
de LL
4 commentaires
L’Orchestre National de Grèce a joué Vendredi son dernier concert en direct d’une ERT qui retransmettait envers et contre toutes les restrictions, avec des centaines de personnes qui écoutaient dehors, ce dernier concert, tétanisés, émus aux larmes.... Il n’y a plus de budget pour la musique classique...(il y en a toujours pour les chars et les canons...) Totalement bouleversant (le morceau de Sir Elgar, "Nimrod" tiré des Enigma Variations est particulièrement bien (...)
Lire la suite
23 juin, Mobilisation antifasciste unitaire : la direction confédérale CGT choisit de ne pas s’y joindre !
dimanche 16 juin
17 commentaires
Suite à l’agression mortelle du militant antifacsiste et libertaire Clément Méric, à l’émotion et à la colère légitimes suscitées par ce nouvel accès de violence des groupsucules d’extrême droite, de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives ont décidé d’appeler le dimanche 23 juin à une vaste mobilisation antifasciste. Le contenu de l’appel unitaire (voir ci dessous et Le Lien ici) met en cause à la fois les discours trompeurs (...)
Lire la suite
Istanbul, concert en Pl. Taksim , le pianiste Yiğit Özatalay joue "Bella Ciao », sous les acclamations de la foule (vidéo)
vendredi 14 juin
de Collectif Bellaciao
1 commentaire
Istanbul, Taksim concert, le pianiste turc Yiğit Özatalay et son collègue David Hammer, chante "Bella Ciao", la foule l’accompagne. "Bella Ciao" version turque, dans ces dernières années est devenu un symbole de la résistance et la lutte pour le droits et les libertés.
Lire la suite
ERT continue d’émettre contre l’avis du gouvernement Grec (live vidéo ici)
vendredi 14 juin
de Collectif Bellaciao
L’ ERT est aussi sur le canal 555 de la Freebox et diffuse les évènements autour de la mobilisation en Grêce en direct. Vous pouvez également suivre l’ensemble des évènements concernant la fermeture ou la poursuite de la chaîne sur Twitter avec le hashtag #OccupyERT.
Lire la suite
Pour un mouvement antifasciste europeen avant qu’il ne soit trop tard...
jeudi 13 juin
de Giorgos MITRALIAS
7 commentaires
Pour un mouvement antifasciste européen avant qu’il ne soit trop tard… par Yorgos MITRALIAS (Athènes, 23 Mai 2013) L’approfondissement et la généralisation de la crise à –presque- toute l’Europe Unie fait qu’il soit désormais possible d’appréhender non seulement la dynamique et les caractéristiques de cette crise, mais aussi les taches que devrait assumer en toute priorité la gauche qui ne se rend pas et persiste à résister. 1. C’est ainsi (...)
Lire la suite
Une énième preuve des TRES mauvaises fréquentations d’Etienne CHOUARD
dimanche 9 juin
de WatchMen
9 commentaires
Malgré l’inlassable travail de fond de nombreux collectifs antifascistes, divers et variés, sur telle ou telle personnalité supposée "de goche radicale" mais présentant en réalité des proximités troublantes (hm hm) avec l’extrême droite..... il y a toujours des tas de gens "à la gauche de la gauche" (sic) pour croire (ou faire croire) de bonne ou de mauvaise foi (peu importe) qu’Etienne Chouard (pour le cas présent) est un brave garçon qui ne ferait pas de mal à une (...)
Lire la suite
N. Arthaud LO "L’arme des travailleurs c’est la grève ; la lutte, ça se prépare."
mercredi 29 mai
de Lutte de classe
7 commentaires
Allocution de Nathalie Arthaud le dimanche 19 mai 2013 à la fête de Lutte Ouvrière (Presles) "Travailleuses, travailleurs, camarades et amis, je vous souhaite la bienvenue à la fête de Lutte Ouvrière. La journée est pluvieuse mais j’espère que la fraternité et la bonne humeur la rendent plus chaleureuse. Le gouvernement Hollande a un an et il a perdu tout crédit dans les classes populaires. Tous ceux qui croyaient qu’avec Hollande, cela ne pouvait pas être pire qu’avec (...)
Lire la suite
Rosa LUXEMBURG : "Un devoir d’honneur" (sur les prisonniers de droit commun)
jeudi 23 mai
de via LL
2 commentaires
NB : Je poste ici ce texte pour alimenter la réflexion générale et en particulier celle que suscite chez moi la nouvelle de l’arrestation de camarades de la CGT de Roanne (à qui j’adresse tout mon soutien), pour rappeler une chose qui me semble évidente : les pratiques dénoncées à juste titre quand elles frappent des syndicalistes sont celles que connaissent TOUS les citoyens (et non citoyens, n’en parlons pas) impliqués de près ou de loin dans des infractions, des délit (...)
Lire la suite
La Fête de Lutte Ouvrière à Presles (95) 18, 19 et 20 mai 2013
lundi 13 mai
de Lutte Ouvrière
2013, L’ANNÉE DES NOUVEAUTÉS ! Cette année, la fête fait peau neuve ! Partout, apparaîtront de nouveaux stands et de nouvelles attractions, comme la Cité des Arts, Aux temps de la préhistoire, la zone du Nouveau Monde... et bien d’autres encore ! Ce site lui-même s’est enrichi, vous proposant par exemple, classé par ordre chronologique, un programme complet vous permettant de voir d’un seul coup d’oeil (presque) toutes les animations de la Fête. Alors, en (...)
Lire la suite
"Timira" - rencontre avec Wu Ming 2
jeudi 2 mai
2 commentaires
Le Collectif Bellaciao va participer a cet rencontre. MARCOVALDO est au 61, rue Charlot - 75003 - Paris samedi 11 mai à 19h Nouveau rendez-vous avec l’écriture collective : Wu Ming 2 discutera avec Olivier Favier de son roman "Timira", qui paraîtra prochainement en français aux éditions Métailié dans la traduction de Serge Quadruppani. Timira, roman métisse, paru en Italie en 2012, est une plongée dans l’inconscient colonial et postcolonial italien. Écrit par Giovanni (...)
Lire la suite
L’HISTOIRE DU 1er MAI, JOURNEE INTERNATIONALE DE CELEBRATION DES LUTTES DES TRAVAILLEURS
mercredi 1er mai
de Roberto Ferrario
5 commentaires
Le XIXe siècle voit la naissance de la classe ouvrière. La prolétarisation du travail se développe au fur et à mesure que la mecanisation industriel vient remplacer les anciennes formes de production. Les employeurs sont les maîtres absolus des entreprises et les conditions de travail sont misérables. Les (...)
Lire la suite
Mélenchon invente le concept du militaire altermondialiste ????
mardi 30 avril
de Le moustique socratique
15 commentaires
Ce n’est pas une blague, le nouveau concept "révolutionnaire" est annoncée par le guru du PG lui même dans un bref communiqué sur son site, le souverainisme, bien sur, est encore confirmé. Dans sa "révolution citoyenne" la course a l’armement nucléaire national est la priorité... et la paix, le désarmement et la dénucléarisation sont a proscrire. Non à la liquidation de l’argument militaire de la France Austérité et atlantisme sont les maîtres mots du livre blanc de la (...)
Lire la suite
La CGT fera appel de la décision du TGI de Paris ! Interview exclusive Bellaciao
vendredi 26 avril
de La CGT PSA Aulnay
1 commentaire
Ce vendredi 26 avril, le Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu son délibéré concernant l’assignation de la CGT contre le plan de 11 200 suppressions d’emplois. Le Tribunal de Grande instance de Paris a donné raison à l’employeur considérant que ce dernier pouvait présenter deux plans de sauvegarde de l’emploi sur des périmètres distincts dans un exercice qui consiste d’avantage à reprendre les arguments de l’employeur qu’à critiquer les (...)
Lire la suite
PSA lecture publique du délibéré sur le PSE ce vendredi à 14h Palais de Justice (video)
vendredi 26 avril
de La CGT PSA Aulnay
Vendredi 26 avril à 14h : Délibéré de l’assignation de la CGT contre le plan de 11 200 suppressions Ce vendredi 26 avril, le Tribunal de Grande Instance de Paris rendra son délibéré concernant l’assignation portée par tous les syndicats CGT du groupe PSA et soutenue par la Fédération CGT de la Métallurgie contre le plan de 11 200 suppressions d’emplois de la direction de PSA. A 14h, L’avocate de la CGT, Maître Marie-Laure Dufresne Castets, accompagnés par les (...)
Lire la suite