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“Parlez-moi de la France”… Quand Franz-Olivier Giesbert géopolitise son “Venezuela”
de : Henri Maler, Nicolas Galy jeudi 26 juillet 2012 - 16h13 3 commentaires
Franz-Olivier Giesbert est un cumulard omniscient. Cumulard : Le Point, France 2, France 5, La Chaîne parlementaire (LCP), etc. Omniscient : politique politicienne, culture cultureuse et géopolitique planétaire sont ses spécialités. Sur LCP (chaîne d’État s’il en fut), il « anime » une émission mensuelle (seulement…) – « Parlez-moi d’ailleurs » – qui se présente comme « Le rendez-vous géopolitique » et prétend « décrypter » [1]. Le 31 mai 2012, Giesbert « décryptait » « Le phénomène Chavez », en présence de quatre invités. Une confrontation très virulente qui donne l’occasion d’échanger les arguments habituels. Mais il fallait choisir. Et nous avons choisi de ne retenir que les interventions du présentateur, avec juste ce qu’il faut de contexte pour comprendre l’étendue du savoir de l’omniscient en charge d’un interrogatoire à sens unique. Quatre invités donc. Deux d’entre eux sont chargés de représenter les « pro-Chavez » : Farid Fernandez (conseiller à l’ambassade du Venezuela à Paris) et Maurice Lemoine (ancien rédacteur en chef duMonde diplomatique). Les deux autres incarnent les « anti-Chavez » : Renée Fregosi (directrice de recherche à la Sorbonne, plus précisément à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine) et François-Xavier Freland (journaliste, correspondant de RFI et TV5 au Venezuela). Le « match » peut commencer et « l’arbitre » déployer son parti-pris et, en guise d’arguments, ressasser quelques slogans. Présentation de l’émission… … Puis vient l’introduction d’un premier reportage (ou de la première séquence d’un même reportage qui semble avoir été fractionné). Le reportage évoque les conditions d’accès au pouvoir de Chavez – de sa tentative de coup d’État de 1992 à son élection en 1998 -, omet le coup d’État et les grèves fomentées par l’opposition, et donne la parole à des témoins. Les uns expriment leur déception et parlent de marche vers la dictature, quand d’autres disent qu’il s’agit d’un régime démocratique, mais « personnifié », « très incarné ». Suit alors l’évocation des apparitions de Hugo Chavez à la télévision : jusqu’à huit heures, parfois quotidiennement. Témoignages d’opposants à l’appui, le reportage, sur la liberté de la presse, invite à distinguer la liberté d’opinion, qui serait totale, et la liberté d’information, qui serait restreinte. Tout cela est discutable, mais comment ? Leçon « experte » du premier reportage. Le « débat » s’amorce par la confrontation sur les restrictions dont seraient victimes les médias d’opposition. Puis, alors que Fregosi soutient que la situation économique est revenue à l’état catastrophique de l’avant-Chavez, Giesbert l’interrompt pour préciser sa « pensée ». Fregosi l’interrompt et mentionne un collègue historien qui a « évolué parce que c’est un homme intelligent lui aussi » et qu’il a constaté la « dérive autoritaire ». Enchaînement subtil : Fernandez répond que Chavez a gagné douze élections sur treize, des élections particulièrement fréquentes, et qu’il n’est pas sérieux, à ses yeux, de parler de dictature, ou d’autoritarisme, ou […] d’une marche vers la dictature… ». Mais « l’arbitre » ne s’en laisse pas conter. Ce décalage entre le nombre de voix et le nombre de députés (qui, même si on peut le déplorer, existe dans d’autres pays, dont la France), s’explique par les divisions de l’opposition et le découpage des circonscriptions (parfois défavorable aux partisans de Chavez). Mais « l’arbitre » n’en a cure. Quelques échanges plus loin, alors que Freland évoque le fait que Chavez passe quotidiennement plusieurs heures à la télévision, « l’arbitre » surenchérit. Ce coup de main, tout en nuances, aux thèses de l’opposition appelait un retour à l’équilibre que « l’arbitre » introduit ainsi : Lemoine est immédiatement interrompu par Freland, qui se dit catastrophé par le décalage existant à ses yeux entre les articles duMonde diplomatique et la situation « réelle » au Venezuela. S’ensuit un vigoureux échange entre les participants, notamment autour des chiffres avancés par Lemoine, en particulier sur la réduction de la pauvreté. Giesbert brandit sa fiche. Fernandez montre les chiffres de l’inflation avant et après l’arrivée de Chavez au pouvoir, selon une source – la Cepal – que Freland et Fregosi contestent. Mais FOG l’interrompt. Quelques instants plus tard, en guise de transition et de présentation du deuxième reportage (ou de la deuxième séquence du reportage), retour à la Corée du Nord. Ce reportage s’efforce d’être ou de paraître équilibré : il donne la parole à des Vénézuéliens qui participent à des conseils communaux et à des opposants qui déplorent d’en être exclus. Selon les premiers, ces conseils permettent à la communauté de définir elle-même ses besoins, pour une meilleure allocation des ressources. Les projets y sont exposés à la communauté et soumis au vote. On voit ceux qui y participent se féliciter du fait que cela donne du pouvoir aux gens directement concernés. Des opposants, quant à eux, reprochent que l’organisation de ces conseils soit interdite à ceux qui ne font pas partie du parti présidentiel, alors qu’un participant à l’un de ces conseils soutient que les opposant sont acceptés quand ils ne cherchent pas à « saboter » le travail des conseils. Le reportage s’achève sur l’évocation des missions bolivariennes (des « programmes sociaux ciblées répondant aux besoins formulés par le peuple lui-même ») ainsi que leurs succès en matière d’alphabétisation et de réduction de la pauvreté. L’expert en démocratie participative, qui a tout compris, conclut. Plus tard, Fernandez reproche aux intervenants de chercher à appliquer des cadres d’analyse « euro-centristes » (jugés « universels » par Fregosi). C’est ce que l’on appelle avoir de la suite dans les « idées »… Fernandez continue sur l’histoire récente de l’Amérique latine et du Venezuela. Oui, mais… Fernandez avance que, pendant trois ans, le Venezuela a eu une croissance parmi les plus élevées du monde. Oui, mais… Le débat se poursuit, quand un nouvel échange éclaire le téléspectateur sur la « pensée » de Giesbert. Quelque temps plus tard, alors que le « débat » porte déjà sur l’insécurité qui règne au Venezuela, Giesbert introduit un dernier reportage sur la persistance de ladite insécurité, malgré la présidence de Chavez, en raison, notamment, de la faiblesse de l’État. Il s’achève, sur fond d’une musique déchirante, sur le témoignage d’une mère (en l’occurrence, de l’opposition), inquiète quand son fils sort le soir. Mais l’« arbitre » n’a que le pétrole en tête. Le bilan négatif, en matière d’insécurité, n’est contesté par personne, bien que son ampleur et ses motifs soient discutés sur le plateau. Mais l’interrogatoire à sens unique conduit par Giesbert n’est pas fini. Ainsi, alors que Fregosi parle de l’espoir, à ses yeux déçu, qu’a suscité pour beaucoup l’arrivée de Chavez, « l’arbitre » dégaine l’un de ses arguments préférés. Et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’émission. Retenons encore cette tirade de « l’arbitre ». * * *Le processus en cours au Venezuela suscite espérances et inquiétudes. Qu’on lui soit favorable ou hostile, il appelle à la vigilance. Cette vigilance peut-elle s’exercer sans enquête effective ? La réponse est dans la question. Qu’a-t-on appris sur le Venezuela et sur Chavez grâce à Giesbert ? Rien. Qu’a-t-on appris, en revanche, sur Giesbert ? Finalement, pas grand-chose. La propagande est son métier. Suffisance et arrogance, désinvolture et mépris, prétention et vanité : tout cela fait un grand journaliste d’opérette dans un pays, la France, qui n’est pas la Corée du Nord. Nicolas Galy et Henri Maler Notes[1] Modeste présentation de l’émission : « Le monde change, évolue, se transforme. Alors, comment comprendre ce monde en perpétuelle évolution et mieux connaître ces pays qui nous entourent ou découvrir ces contrées plus lointaines ? Pour décrypter la géopolitique, et ses répercussions d’un pays à l’autre, “Parlez-moi d’ailleurs” aborde chaque mois un dossier international au cœur de l’actualité. Urgence humanitaire… engagement mondial… crise planétaire… À travers plusieurs reportages, Franz-Olivier Giesbert, entouré de députés et d’experts, revient sur les problématiques qui agitent notre planète. » [2] À ce moment-là, pour reprendre FOG sur sa remarque à propos des réserves de pétrole, Fernandez développe sur ce que l’on appelle la « maladie hollandaise », bien connue, excepté par notre omniscient. Source de cet article : http://www.acrimed.org/article3862.html Quelques chiffres extraits de sources anglo-saxonnes sur le Venezuela réel, pour sortir de l’idéologie très “french fifties” de Renée Frégosi, François-Xavier Freland et Franz-Olivier Giesbert : http://venezuelainfos.wordpress.com… http://venezuelainfos.wordpress.com...
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27 juillet 2012 - 00h55 - Posté par jaja - c717cab1a3289300fd3d48bdbafec143...
le fog, c’est le même qui trouvait ridicule que pour les élections présidentielles il y avait trop de "petits" candidats
ce porc a la démocratie variable ........
27 juillet 2012 - 10h46 - Posté par ecfd899b53cc3e22a080d5f416b6bc53...
FOG, c’est ce guignol qui à propos d’Arthaud, candidate de LO, a dit : c’est les bronzés font de l’économie. Sauf qu’elle est agrégée d’économie. C’est un ridicule étron, ce clown.
Chico
29 juillet 2012 - 19h42 - Posté par Josip - cb69278fa861b9e98325edd2f8eceff4...
FOG, c’est ce personnage louche qui bouffe à tous les râteliers, qui a commis un "livre" sur Sarkozy sur lequel il bave grassement tout en se disant son ami. Il est vrai que les "mouches" comme lui étaient en train de changer d’âne.
Il ne faut pas oublier que Giesberg est passé du Nouvel Obs au Figaro comme une lettre à la poste, cela montre aussi à quelle somme ce genre de personnage fixe sa déontologie.