Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

COMPTE A REBOURS : LA GUERRE CONTRE L’IRAN A COMMENCE EN 2003
de : ALAIN GRESH - MONDE DIPLOMATIQUE 2007
lundi 15 juin 2009 - 15h25 - Signaler aux modérateurs

"Compte à rebours

Silencieusement, furtivement, à l’abri des caméras, la guerre contre l’Iran a commencé.

De nombreuses sources confirment que les Etats-Unis ont intensifié leur aide à plusieurs mouvements armés à base ethnique – Azéris, Baloutches, Arabes, Kurdes, minorités qui, ensemble, représentent environ 40 % de la population iranienne –, dans le but de déstabiliser la République islamique.

Début avril, la télévision ABC révélait ainsi que le groupe baloutche Jound Al-Islam (« Les soldats de l’islam »), qui venait de mener une attaque contre des gardiens de la révolution (une vingtaine de tués), avait bénéficié d’une assistance secrète américaine.

Un rapport de The Century Foundation (1) révèle que des commandos américains opèrent à l’intérieur même de l’Iran depuis l’été 2004. Le 29 janvier 2002, dans son discours sur l’état de l’Union, le président George W. Bush classait l’Iran, avec la Corée du Nord et l’Irak, dans l’« axe du Mal ».

Le 18 juin 2003, il affirmait que les Etats-Unis et leurs alliés « ne toléreraient pas » l’accession de ce pays à l’arme nucléaire. Il n’est pas inutile de rappeler le contexte de l’époque. M. Mohammad Khatami était alors président de la République islamique et multipliait les appels au « dialogue des civilisations ».

En Afghanistan, les Etats-Unis avaient bénéficié du soutien actif de Téhéran, qui avait utilisé ses nombreux relais pour faciliter le renversement du régime des talibans.

Le 2 mai 2003, lors d’une rencontre à Genève entre l’ambassadeur iranien Javad Zarif et M. Zalmay Khalilzad, à l’époque envoyé spécial du président Bush en Afghanistan, les dirigeants de Téhéran soumettaient à la Maison Blanche une proposition de négociation globale sur trois thèmes : les armes de destruction massive ; le terrorisme et la sécurité ; la coopération économique (2).

La République islamique se déclarait prête à soutenir l’initiative de paix arabe du sommet de Beyrouth (2002) et à contribuer à la transformation du Hezbollah libanais en parti politique.

Le 18 décembre 2003, Téhéran signait le protocole additionnel du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), protocole que seuls quelques pays ont ratifié et qui renforce considérablement les capacités de surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Tous ces gestes d’ouverture furent purement et simplement balayés par l’administration américaine, qui reste focalisée sur un objectif, le renversement du « régime des mollahs ». Pour créer les conditions d’une éventuelle intervention militaire, elle continue à agiter la « menace nucléaire ».

Depuis des années, des rapports alarmistes ont été produits par les administrations américaines successives, et toujours démentis. En janvier 1995, le directeur de l’Agence américaine pour le contrôle des armements et le désarmement affirmait que l’Iran pourrait avoir la bombe en 2003 ; parallèlement, le secrétaire à la défense William Perry affirmait que cet objectif serait atteint avant... 2000.

Ces « prévisions » furent répétées l’année suivante par M. Shimon Pérès (3). Pourtant, en avril 2007, malgré les progrès accomplis par l’Iran en matière d’enrichissement d’uranium, l’AIEA estime que Téhéran ne disposera « des capacités » de produire la bombe que d’ici quatre à six ans.

Qu’en est-il réellement ? Depuis les années 1960, donc bien avant la victoire de la révolution islamique, l’Iran a cherché à développer une filière nucléaire pour préparer l’après-pétrole.

Avec l’évolution des technologies, la maîtrise totale du cycle du nucléaire civil rend plus facile le passage au militaire. Les dirigeants de Téhéran ont-ils pris une telle décision ? Rien ne permet de l’affirmer. Le risque existe-t-il ? Oui, et pour des raisons faciles à comprendre.

Durant la guerre irako-iranienne (1980-1988), le régime de Saddam Hussein a utilisé, en violation de tous les traités internationaux, des armes chimiques contre l’Iran ; ni les Etats-Unis ni la France ne se sont indignés de cet usage d’armes de destruction massive qui a traumatisé le peuple iranien.

D’autre part, les troupes américaines campent en Irak et en Afghanistan, et l’Iran est enserré dans un réseau dense de bases militaires étrangères.

Enfin, deux pays voisins, le Pakistan et Israël, disposent de l’arme nucléaire. Quel leader politique iranien serait insensible à un tel contexte ?

Comment, dès lors, éviter que Téhéran n’accède à l’arme nucléaire, ce qui relancerait la course aux armements dans une région déjà bien instable et porterait un coup sans doute fatal au traité de nonprolifération ?

Contrairement à ce qui est souvent avancé, l’obstacle essentiel ne réside pas dans la volonté de Téhéran d’enrichir l’uranium : l’Iran, selon le TNP, en a le droit mais a toujours affirmé qu’il était prêt à apporter volontairement des restrictions à ce droit et à accepter un renforcement des contrôles de l’AIEA pour éviter toute éventuelle utilisation de l’uranium enrichi à des fins militaires.

La préoccupation fondamentale de la République islamique est ailleurs, comme le prouve l’accord signé le 14 novembre 2004 avec la « troïka » européenne (France, Royaume-Uni, Allemagne) : l’Iran acceptait de suspendre provisoirement l’enrichissement de l’uranium, étant entendu qu’un accord à long terme « fournirait des engagements fermes sur les questions de sécurité ».

Ces engagements ayant été refusés par Washington, l’Iran reprit son programme d’enrichissement.

Au lieu de poursuivre une politique indépendante, l’Union européenne s’est alignée sur Washington.

Les nouvelles propositions formulées par les cinq membres du Conseil de sécurité et par l’Allemagne, en juin 2006, ne contenaient aucune garantie de non-intervention dans les affaires iraniennes.

Dans sa réponse, en août, Téhéran exigea à nouveau que « les parties occidentales qui veulent participer aux négociations annoncent en leur nom et celui des autres pays européens la mise de côté des politiques d’intimidation, de pressions et de sanctions contre l’Iran ». Seul un tel engagement permettrait de relancer les négociations.`

Autrement, l’escalade est inévitable.

D’autant que l’élection à la présidence, en juin 2005, de M. Mahmoud Ahmadinejad ne facilite pas le dialogue, le nouvel élu multipliant les déclarations incendiaires, notamment sur le génocide des Juifs et sur Israël.

Mais l’Iran, un grand pays à la riche histoire, ne se résume pas à son président. Les tensions sont fortes au sein même du pouvoir, et M. Ahmadinejad a subi une déroute électorale aux élections des municipalités comme de l’Assemblée des experts en décembre 2006. Plus largement, la contestation à la fois économique et sociale reste forte, et les aspirations à plus de libertés sont vives, notamment chez les femmes et chez les jeunes.

La société refuse toute caporalisation.

Le seul atout que possède le régime pour souder la population autour de lui reste, justement, le nationalisme, le refus des ingérences étrangères dont l’Iran a souffert tout au long du XXe siècle...

Malgré le désastre irakien, rien n’indique que le président Bush ait renoncé à attaquer l’Iran.

Cet objectif s’inscrit dans sa vision d’une « troisième guerre mondiale » contre le « fascisme islamique », une guerre idéologique qui ne peut se terminer que par la victoire totale.

La diabolisation de l’Iran, facilitée par la posture de son président, s’inscrit dans cette stratégie, qui peut déboucher sur une nouvelle aventure militaire.

Ce serait une catastrophe, non seulement pour l’Iran et pour le Proche-Orient, mais aussi pour les relations que l’Occident, et en premier lieu l’Europe, entretient avec cette région du monde.

Alain Gresh.

http://www.monde-diplomatique.fr/ma...



Imprimer cet article





NOTRE AME DES LANDES : un texte en soutien écrit par Alain Damasio écrivain de SF
lundi 23 - 16h01
de : jean 1
Que serais-je si j’étais Juif ?
lundi 23 - 15h36
de : L’iena rabbioso
Frappes en Syrie, mensonge d’etat ? Couacs dans les tirs !!!
lundi 23 - 15h32
1 commentaire
On a marché sur la gueule de la frontière (video)
lundi 23 - 15h00
de : La Canarde
1 commentaire
google : Blocage agressif et violent afin de fabriquer votre consentement !
lundi 23 - 11h43
de : André
Appel pour un Plan B écolo et social pour l’éducation
lundi 23 - 11h31
de : Christian Laval, Samy Johsua, Laurent Paillard, Paul Ariès
1 commentaire
Les “relations” d’Assaël Adary, patron du cabinet chargé par les médias de compter les manifestants (video)
lundi 23 - 10h16
de : Pierrick Tillet
Pour une charte universelle économique
dimanche 22 - 22h35
de : LE BRIS RENE
Réforme des institutions : un projet à minima d’Emmanuel Macron...
dimanche 22 - 19h04
de : Albert
Groupe fasciste et police côte à côte au col de l’échelle.
dimanche 22 - 16h36
de : jean 1
Le travail tue : un salarié des TCL meurt électrocuté
dimanche 22 - 16h24
de : jean 1
De la Justice, du Droit en France et dans ses anciennes colonies
dimanche 22 - 15h39
de : Nemo3637
Force ouvrière : un congrès qui s’annonce houleux
dimanche 22 - 09h31
3 commentaires
Garantir le maintien du pouvoir d’achat : une vraie réforme que ne fera pas Emmanuel Macron…
samedi 21 - 23h02
de : Albert
Quand la DILCRAH combat la pédagogie de l’antiracisme
samedi 21 - 21h21
de : UJFP
Peuple-classe 99 % en lutte de Rennes en jonction le 19 avril.
samedi 21 - 18h19
de : Christian DELARUE
CRACK CAPITALISM - 33 thèses contre le capital
samedi 21 - 10h18
de : Ernest London
La lutte et la solidarité grandissent avec les cheminots à Puyoo comme ailleurs !
samedi 21 - 08h42
de : Sémard
"Malheur au pays dont le prince est un enfant"
vendredi 20 - 20h12
de : Deeplo
Crime de lèse majesté
vendredi 20 - 17h23
de : irae
1 commentaire
CFDT et FO pas de 1er mai unitaire
vendredi 20 - 14h14
2 commentaires
Frédéric Lordon : et voilà le sens du pari du 5 mai
vendredi 20 - 11h43
4 commentaires
Tolbiac évacué par la police à 5 heures du matin !!! (videos et photos)
vendredi 20 - 07h45
1 commentaire
Usager.e.s et grévistes, nous avons les mêmes intérêts :
 la défense d’un service public de qualité au service du public
vendredi 20 - 07h07
de : via Ch DELARUE
Fonctionnaire(s) et syndicalisme : Pour faire société.
jeudi 19 - 22h01
de : Christian DELARUE
L’insoupçonnable profondeur de la déroute / C’est l’heure de l’mettre - Radio
jeudi 19 - 20h07
de : HDM
Notre-Dame-des-Landes : "Le gouvernement est animé par une idéologie individualiste et capitaliste
jeudi 19 - 18h55
de : jean 1
1 commentaire
Etat espagnol : ¡ Ay Podemos !
jeudi 19 - 16h40
de : Antoine (Montpellier)
1 commentaire
info technique concernant le service mail de la poste
jeudi 19 - 16h17
de : info technique
1 commentaire
Grève SNCF : « C’est plus fort qu’en 2014 et 2016, mais moins dynamique. »
jeudi 19 - 08h38
La CGT Mines Energie appelle à la grève à partir de ce jeudi et jusqu’au 28 juin
mercredi 18 - 16h00
Grève : la CGT-RATP dépose un préavis pour jeudi et vendredi
mercredi 18 - 15h34
de : CGT-RATP
Sciences Po Paris à son tour occupée par des étudiants (video)
mercredi 18 - 14h51
4 commentaires
Comme dirait Ruffin un bol d’air...belge (video)
mercredi 18 - 13h26
de : irae
3 commentaires
SNCF : les grèves commencent à peser sur la croissance française
mercredi 18 - 11h15
3 commentaires
Merci Nicolas Hulot, les opérations à Notre-Dame-des-Landes coûtent 300 000 euros par jour à l’Etat...
mercredi 18 - 11h01
4 commentaires
JUSTICE DE CLASSE
mercredi 18 - 09h59
1 commentaire
Ce Roi d’Espagne qui fait la leçon démocratique ! Et la République, bordel !
mardi 17 - 15h16
de : Antoine (Montpellier)
3 commentaires
Survie : il faut virer Macron par ordonnances populaires !
mardi 17 - 14h14
de : Author : Pierrick Tillet
3 commentaires
19 avril, 1er et 22 mai : printemps larvé ou explosion sociale ?
mardi 17 - 09h20

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

La révolution ne paraît jamais plus improbable que la veille du jour où elle éclate. Eric Hazan
LE JOURNAL DU MEDIA de 20H
Facebook Twitter Google+
NON AU LICENCIEMENT DE GAEL QUIRANTE / STOP À LA REPRESSION (video)
Info Com-CGT

Souscription Le journal prescrit sans ordonnances ! Moins Une et plus si affinités
Solidarité, le sens d’une vie » de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia
« Liquidation » de Mourad Laffitte (video)
DAZIBAO
13 Mars ! Déjà 8 ans que Jean Ferrat nous quittait emportant ses rêves inachevés d’un monde meilleur (video)
mercredi 14 mars
de Roberto Ferrario
Jean Ferrat, auteur-compositeur né le 30 décembre 1930 à Vaucresson (Seine et Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche) est intimement lié à la commune d’Ivry-sur-Seine, où il a vécu 40 ans. En octobre 1960, il s’installe avec sa compagne Christine dans un petit appartement du 129, rue de Paris (plus tard renommée avenue Maurice Thorez), qui servira de cadre à plusieurs reportages lui étant consacrés, dont cet extrait de l’émission "Au delà de l’écran" (...)
Lire la suite
SOIXANTE DIX SEPT - LA REVOLUTION QUI VIENT
mardi 13 mars
de Roberto Ferrario
NOUS NOUS RETROUVONS COMME CHAQUE ANNEE POUR NOUS RAPPELER CE JOUR OU FRANCESCO LORUSSO MOURUT... LE JOUR OU LE POUVOIR FICHA UN PIQUET DE FRÊNE DANS LE CŒUR ROUGE D’UN RÊVE... LE RÊVE D’UNE SOCIETE EN COULEURS... FAIBLE FLAMME QUI COUVE SOUS LA CENDRE !!! SOIXANTE DIXSEPT - LA REVOLUTION QUI VIENT sous la direction de Sergio Bianchi et Lanfranco Caminiti 432 pp -20,00 euros 88-88738-57-6 En Italie, le mouvement politique, social, culturel, existentiel de 1977 n’a (...)
Lire la suite
Pour la création d’un Conseil de déontologie du journalisme en France. Allez jusqu’à 200 000 !!!
dimanche 11 mars
de Roberto Ferrario
Signez ici : https://www.change.org/p/pour-la-cr... Les médias et la presse jouent un rôle majeur dans la vie démocratique d’un pays. Mais ils ont aussi le pouvoir de façonner le débat public. Ce pouvoir peut donner lieu à des abus. D’autant plus qu’ils dépendent de 9 milliardaires pour 90% d’entre eux et du gouvernement pour le service public. L’émission politique de France 2 du 30 novembre 2017 dont j’étais l’invité est un modèle du genre. (...)
Lire la suite
Solidarité avec les cheminots !!!
lundi 5 mars
de Roberto Ferrario
En juin 2016 les cheminots grévistes de Versailles ont reçu un chèque de 15 000 € de la part de quatre organisations membres de la CGT. ;-) En preparation de la greve, on doit se préparer à faire la même chose de maintenant... ;-)
Lire la suite
Élections en Italie : une droite honteuse, un rayon d’espoir à gauche
mercredi 28 février
de Marc Botenga via RF
Attentat néonazi, corruption, mafia… Sur fond d’une crise inouïe, l’Italie s’approche des élections parlementaires du 4 mars prochain. Alors que la social-démocratie assume son virage ultra-libéral, la droite recycle Berlusconi et s’en prend aux étrangers. À gauche, un nouvel acteur essaie de remettre les pendules à l’heure : ce sont les partis traditionnels, et non les migrants, qui sont responsables du chômage et de la précarité. Un attentat, une droite (...)
Lire la suite
Italie : Pourquoi voter pour Potere al popolo !
mercredi 28 février
de Chiara Carratù via RF
Potere al popolo ! est né lors de l’assemblée du 18 novembre en réponse à la crise de la gauche radicale, qui risquait encore une fois de disparaître des bulletins de vote, entraînée dans des alliances avec des forces ambiguës par rapport à leurs relations avec le PD (le parcours du Brancaccio, puis la convergence en grande partie avec Liberi et Uguali), ou présente avec des propositions politiques de faibles impact sur les secteurs d’avant-garde de la classe ouvrière. Voilà (...)
Lire la suite
Italie. Ils veulent redonner le pouvoir au peuple
mardi 20 février
de Gaël De Santis via FR
Communistes, écologistes et militants des centres sociaux autogérés partent ensemble aux élections législatives italiennes du 4 mars . La gauche qui ne s’est pas rendue aux sirènes néolibérales reprend espoir en Italie. Et si elle retrouvait le chemin du Parlement  ? Depuis le mauvais score des communistes, en 2008, elle n’est en effet plus représentée dans les institutions nationales. Cette année, le monde militant antilibéral a retrouvé le chemin de l’unité, sous (...)
Lire la suite