Accueil > ... > Forum 7180

> Gauche de gauche : le cadavre bouge encore

11 octobre 2004, 20:22

Dommage que môssieur de Corcuff qui se complait à s’adresser à la gauche d’en bas ait omis de copier les commentaires liés à son article, ou bien d’en mentionner l’url exacte afin que les lecteurs de bellaciao puissent se faire une idée du débat et des nombreuses réactions que cette intervention a déclenché. Visiblement la pensée unique a encore de beaux jours devant-elle, et le capitalisme qui se veut désormais social dans sa version édulcorée par môssieur Corcuff n’a pas fini de nous pourrir la vie. Qui de chirac l’altercapitaleux ou de môssieur Corcuff a copié l’autre dans sa vision d’un autre monde possible que l’on vous vend clé en main à grands renforts de livres édités chez les marchands de canon, l’histoire ne le dit pas. La révolution de velours, bien ancré dans ses charentaises ça ne prend plus. Les universitaires qui s’autorisent à penser pour les autres et à bloquer ainsi toute initiative salvatrice ont fait leur temps, la contestation et la réflexion qui débouchera sur une ultime révolution/évolution sont désormais dans la rue. La balle est dans le camp du peuple qui n’est plus dupe des donneurs de leçon qui, en langage châtié, prônent l’avancée sociale tout en favorisant l’immobilisme dont ils tirent un grand profit. Désolé, môssieur Corcuff, la mayonnaise ne prend plus, les ventres affamés de tout ceux qui souffrent, eux, de la casse sociale n’ont plus d’yeux pour vous lire et plus d’oreilles pour vous entendre. L’onanisme intellectuel ne prend plus non plus, on va reprendre les choses en main collectivement dans l’autogestion la plus joyeuse, en laissant sur place les blablateurs de tout poil qui osent claironner leur glorieux bilan alors que la situation n’a jamais été aussi grave, alors que toutes les forces progressistes perdent en quelques années ce que les anciens ont mis des décennies à obtenir, alors que les médias libres se cassent la gueule les uns après les autres, alors que les droits fondamentaux reculent pour céder la place au tout sécuritaire, à l’heure où l’on délocalise à tout va, à l’heure où l’on fait du chantage à l’emploi… J’en passe, et des meilleures ! Je pourrais en rire, môssieur Corcuff, l’intellectuel de la gauche d’en haut, si la conjoncture n’était pas aussi dramatique et si je ne côtoyais pas la misère d’aussi prêt. Vos fanfaronnades sur le cadavre de la gauche que vous nous décrivez comme un athlète en pleine santé sont une insulte à nos luttes pour remonter la pente et enfin remporter des victoires qui se font attendre depuis belle lurette. Si vous vous faites rire en vous relisant, ce n’est pas le cas de tout ceux qui ont été précipités dans la précarité sous l’œil bien veillant de votre élite. On ne gagne pas des combats en gesticulant, fussent-ils conduits de belle manière, en sublimant la langue de Molière, mais en bougeant son séant. A bon entendeur, môssieur le social-démocrate libertaire, militant de la LCR, de SUD Education et d’Attac, qui doit avoir des cartes de visite de trente centimètres de long à la mesure de son ego [pratique pour tailler des filtres], et qui ferait bien d’apprendre un peu l’humilité. A bon entendeur, ÅñÄR©HY Vaincra !

Matt Lechien