Bonjour, en 2007 Buffet (1,33) + Besancenot (4,08) + Laguiller (1,33) = 7,34%, en 2012 : Mélenchon (11,13%) + Poutou (1,15) + Arthaud (0,57%) = 12,85%. La remarque n’est donc pas justifiée. Elle est juste si l’on compare 2012 à 2002 (Hue (3,37% + Besancenot (4,25%) + Laguiller (5,72%) = 13,34%). Entre 2002 et 2012, la différence réside dans le taux d’abstention (plus faible hier soir). Le point positif apporté par Mélenchon a été la capacité à rassembler une gauche sociale éclatée, son échec a été celui de l’incapacité (malgré son objectif et ses déclarations) à transformer l’abstention des classes populaires (attitude politique majoritaire de ces dernières) en vote de gauche susceptible notamment de contrer la montée croissante (en nombre de voix) de l’extrême droite (dont le pourcentage en 2002 (Le Pen 16,86 + Mégret 2,34 = 19,2%) est supérieur à celui de Marine Le Pen hier). Cet échec est d’autant plus frustrant pour tous les militants et sympathisants de gauche que la crise qui accélère la paupérisation des classes moyennes et met à terre les classes populaires ne s’est traduit par aucune radicalisation du socle des électeurs de gauche. A la décharge de Mélenchon, on peut dire qu’il n’est pas possible de compenser en quelques mois de campagne 30 ans de dés-éducation politique des classes populaires et 30 ans de destruction systématique de la croissance sociale-démocrate auto-centrée des trente glorieuses. Et puis, comme tout le monde ne cesse de le rappeler sur ce site, les stratégies électorales sont une chose, la construction d’un mouvement social de fond qui présuppose le combat pour l’hégémonie des idées et des valeurs une toute autre dynamique. Le drapeau rouge est en berne depuis la fin des années 1970 en Europe. Nous sommes défaits et battus depuis des années. Enfin on notera ce paradoxe, si la montée de l’extrême-droite est une "réponse" à la mondialisation, alors cela signifie également que les valeurs de "l’internationale" (qui ont toujours été celle du vieux mouvement ouvrier révolutionnaire) sont passées à droite, portées indirectement et pratiquement par les fractions les plus dynamiques de la bourgeoisie dans le sens de leurs intérêts (il n’y a pas plus "internationaliste", pro-délocalisation et pro-mondialisation que le MEDEF) pendant qu’à gauche nous continuons à chercher à construire une hégémonie nationale. Contribuer à construire cette hégémonie en France ET en Europe est devenue une nécessité sans laquelle nous serons condamnés à voir nos idées et nos valeurs disparaître complètement. Fabrice Montebello.
Bonjour, en 2007 Buffet (1,33) + Besancenot (4,08) + Laguiller (1,33) = 7,34%, en 2012 : Mélenchon (11,13%) + Poutou (1,15) + Arthaud (0,57%) = 12,85%. La remarque n’est donc pas justifiée. Elle est juste si l’on compare 2012 à 2002 (Hue (3,37% + Besancenot (4,25%) + Laguiller (5,72%) = 13,34%). Entre 2002 et 2012, la différence réside dans le taux d’abstention (plus faible hier soir). Le point positif apporté par Mélenchon a été la capacité à rassembler une gauche sociale éclatée, son échec a été celui de l’incapacité (malgré son objectif et ses déclarations) à transformer l’abstention des classes populaires (attitude politique majoritaire de ces dernières) en vote de gauche susceptible notamment de contrer la montée croissante (en nombre de voix) de l’extrême droite (dont le pourcentage en 2002 (Le Pen 16,86 + Mégret 2,34 = 19,2%) est supérieur à celui de Marine Le Pen hier). Cet échec est d’autant plus frustrant pour tous les militants et sympathisants de gauche que la crise qui accélère la paupérisation des classes moyennes et met à terre les classes populaires ne s’est traduit par aucune radicalisation du socle des électeurs de gauche. A la décharge de Mélenchon, on peut dire qu’il n’est pas possible de compenser en quelques mois de campagne 30 ans de dés-éducation politique des classes populaires et 30 ans de destruction systématique de la croissance sociale-démocrate auto-centrée des trente glorieuses. Et puis, comme tout le monde ne cesse de le rappeler sur ce site, les stratégies électorales sont une chose, la construction d’un mouvement social de fond qui présuppose le combat pour l’hégémonie des idées et des valeurs une toute autre dynamique. Le drapeau rouge est en berne depuis la fin des années 1970 en Europe. Nous sommes défaits et battus depuis des années. Enfin on notera ce paradoxe, si la montée de l’extrême-droite est une "réponse" à la mondialisation, alors cela signifie également que les valeurs de "l’internationale" (qui ont toujours été celle du vieux mouvement ouvrier révolutionnaire) sont passées à droite, portées indirectement et pratiquement par les fractions les plus dynamiques de la bourgeoisie dans le sens de leurs intérêts (il n’y a pas plus "internationaliste", pro-délocalisation et pro-mondialisation que le MEDEF) pendant qu’à gauche nous continuons à chercher à construire une hégémonie nationale. Contribuer à construire cette hégémonie en France ET en Europe est devenue une nécessité sans laquelle nous serons condamnés à voir nos idées et nos valeurs disparaître complètement. Fabrice Montebello.