Pour le NPA, les espoirs d’union avec la gauche radicale restent lettre morte
2 juin 2012, 10:47
Le NPA a tout à fait raison de montrer publiquement en interpellant le front de gauche qu’elle reste disponible pour ces tâches urgentes.Elles représentent pour lui des jalons vers une autre perspective, celle d’un gouvernement très diffèrent de celui d’aujourd’hui.
le NPA ne laisse croire rien du tout ! il veut realiser un dialogue avec le plus grand nombre de personnes, c’est-à-dire essaier de faire de l’agitation en se déclarant disponible pour les luttes et la construction d’une opposition de gauche à la gauche libèrale au pouvoir.
Sans faire leur propre expérience politique, comment voulons nous que celles ou ceux qui se tournent aujourd’hui vers le front de gauche tout en gardant leur attrait pour l’anticapitalisme fassent une diffèrence sur ce plan là entre le front de gauche et le NPA, LO ?
Guillot, ces arguments m’ont longtemps convaincu, je les ai faits miens longtemps, quand j’étais à la LCR puis au NPA. J’ai joué la confiance dans mes dirigeants (qui disaient ça).
Puis j’ai bien dû constater que de fait ça ne marchait pas, que de fait ça nous faisait plonger.
Pour gagner les fractions les plus mobilisées des syndicalistes (et au-delà ! un prolétariat potentiellement en lutte est là, quelque part), je pense maintenant que ce ne sont pas ces jeux d’appareils à visées tacticiennes qui font avancer.
Ce qui fonctionnera, c’est une "organisation" (quelle forme ???) présentant un projet cohérent, adapté au contexte et à l’époque, ouvrant des perspectives. Pas simple, évidemment. Mais incontournable.
Et le NPA aurait dû prioritairement s’atteler à cette tâche, construire cet ambitieux projet, mais ça demande du temps et du dialogue "libre et ouvert" entre camarades (hors des cristallisations induites par les tendances).
Le temps ? On en a gaspillé pas mal à "grenouiller" avec des gens logiquement anti-révolutionnaires car réformistes et intégrés dans les institutions.
Le dialogue ? D’un côté on était des "traitres", de l’autre des "sectaires". Sur fond de rivalités bêtes entre tendances, ou plutôt entre chefs de tendances. Pffffff....
Un exemple n’est pas une démonstration, mais un apport au débat : à la création du NPA dans ma fédé, une bande de jeunes militants CGT très actifs de la centrale nucléaire du coin nous ont rejoints (ainsi que de jeunes précaires).
C’était pile les militants que le NPA avait pour vocation d’organiser politiquement. Très vite ils ne sont plus venus aux réunions, entre autre parce qu’ils se faisaient chier du fait des thèmes abordés, très souvent liés à des élections (cantonales, européennes, régionales.... putain d’élections), à des "on essaie l’unité avec les magouilleurs du FdG ou non ?". Alors qu’ils venaient chercher une aide pour essayer de secouer le système, pour organiser des actions de soutien aux luttes concrètes. Et nous on débattait du pour ou contre le foulard sur la tête d’une militante...
Beaucoup de monde (tout le monde ?) est d’accord pour dire qu’un frein aux luttes est l’absence d’alternative politique, de perspectives.
Certains pensent (à grand tort selon moi) que c’est une démarche type FdG qui peut offrir un débouché. Moi je pense que c’est un projet politique cohérent qui manque, peu importe l’unité entre micro-appareils. Un projet suffisamment convaincant pour que l’unité à la base puisse se construire à partir de lui (et s’il est vraiment bon, peu importe qu’il soit porté par une ou plusieurs organisations, vu le peu que chacune représente par rapport à la masse des gens susceptibles de se reconnaître dans un projet anticapitaliste et écosocialiste).
Bref, l’objectif est louable, s’adresser aux travailleurs et en particulier à ceux qui se sont reconnus ponctuellement dans la candidature Mélenchon, mais je doute qu’on l’atteigne par des courriers tacticiens à des directions (dont un des rêves est de détruire toute orga située à leur gauche), plutôt par un projet utopique et réaliste encore à construire collectivement.
Guillot, ces arguments m’ont longtemps convaincu, je les ai faits miens longtemps, quand j’étais à la LCR puis au NPA. J’ai joué la confiance dans mes dirigeants (qui disaient ça).
Puis j’ai bien dû constater que de fait ça ne marchait pas, que de fait ça nous faisait plonger.
Pour gagner les fractions les plus mobilisées des syndicalistes (et au-delà ! un prolétariat potentiellement en lutte est là, quelque part), je pense maintenant que ce ne sont pas ces jeux d’appareils à visées tacticiennes qui font avancer.
Ce qui fonctionnera, c’est une "organisation" (quelle forme ???) présentant un projet cohérent, adapté au contexte et à l’époque, ouvrant des perspectives. Pas simple, évidemment. Mais incontournable.
Et le NPA aurait dû prioritairement s’atteler à cette tâche, construire cet ambitieux projet, mais ça demande du temps et du dialogue "libre et ouvert" entre camarades (hors des cristallisations induites par les tendances).
Le temps ? On en a gaspillé pas mal à "grenouiller" avec des gens logiquement anti-révolutionnaires car réformistes et intégrés dans les institutions.
Le dialogue ? D’un côté on était des "traitres", de l’autre des "sectaires". Sur fond de rivalités bêtes entre tendances, ou plutôt entre chefs de tendances. Pffffff....
Un exemple n’est pas une démonstration, mais un apport au débat : à la création du NPA dans ma fédé, une bande de jeunes militants CGT très actifs de la centrale nucléaire du coin nous ont rejoints (ainsi que de jeunes précaires).
C’était pile les militants que le NPA avait pour vocation d’organiser politiquement. Très vite ils ne sont plus venus aux réunions, entre autre parce qu’ils se faisaient chier du fait des thèmes abordés, très souvent liés à des élections (cantonales, européennes, régionales.... putain d’élections), à des "on essaie l’unité avec les magouilleurs du FdG ou non ?". Alors qu’ils venaient chercher une aide pour essayer de secouer le système, pour organiser des actions de soutien aux luttes concrètes. Et nous on débattait du pour ou contre le foulard sur la tête d’une militante...
Beaucoup de monde (tout le monde ?) est d’accord pour dire qu’un frein aux luttes est l’absence d’alternative politique, de perspectives.
Certains pensent (à grand tort selon moi) que c’est une démarche type FdG qui peut offrir un débouché. Moi je pense que c’est un projet politique cohérent qui manque, peu importe l’unité entre micro-appareils. Un projet suffisamment convaincant pour que l’unité à la base puisse se construire à partir de lui (et s’il est vraiment bon, peu importe qu’il soit porté par une ou plusieurs organisations, vu le peu que chacune représente par rapport à la masse des gens susceptibles de se reconnaître dans un projet anticapitaliste et écosocialiste).
Bref, l’objectif est louable, s’adresser aux travailleurs et en particulier à ceux qui se sont reconnus ponctuellement dans la candidature Mélenchon, mais je doute qu’on l’atteigne par des courriers tacticiens à des directions (dont un des rêves est de détruire toute orga située à leur gauche), plutôt par un projet utopique et réaliste encore à construire collectivement.
Chico