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"LA GRANDE RUPTURE" ZINOVIEV ALEXANDRE L’AMI QUI VENAIT DU FROID

8 juin 2012, 20:05, par Copas

Le fin d’un régime communiste qui ne se conclue pas par un résistance de masse des travailleurs implique un problème de diagnostic sur le régime en question.

Ni de près, ni de loin, l’URSS des années d’après la 2e guerre mondiale n’était communiste, les travailleurs y étaient sur-exploités, une nomenclatura avide de privilèges et de biens matériels dominait la société en s’appuyant sur un appareil policier démesuré.

Cette société n’était pas communiste, mais un monstre enfanté par la lutte des classes et une révolution qui avait été isolée, avait dégénéré.

La fin du culte à Staline dans la fin des années 50 signifie plus pour la nomenclatura dominante le début de la fin de la terreur en son sein propre, là où on risquait la mort on ne risque plus que la prison en cas de divergences entre nomenclaturistes. Tandis que pour la classe ouvrière qui s’était fortement développée en niveau de masse comme d’instruction et de qualification, l’état d’esprit était plus que ce régime n’était pas le leur, et en même temps règnait des phénomènes de désagrégation sociale comme l’alcoolisme (qui allait explosé encore plus haut à la fin officielle du communisme).

C’est qu’au fond de cette société non-communiste, de cette société de classes, régnaient des claques nomenclaturistes divisées entre elles, en combats permanents, mais qui toutes étaient happées par leur transformation en couches de la bourgeoisie, mais à des degrés plus ou moins rapides, engendrant des concurrences, des factions, des putschs internes, des affrontements, face à une classe ouvrière passive.

Les angoisses et craintes de la bourgeoisie internationale étaient bien plus la crainte d’un autre impérialisme, la crainte que le cadavre fumant de la révolution russe se redresse et se réactive, etc, qu’une base cohérente d’opposition de classe.

La chute de l’URSS est vécue comme un couronnement , comme le peaufinage d’une victoire globale du capitalisme, mais on parle là de ressentis, car cela faisait longtemps que l’URSS ne représentait plus un pays progressiste mais une société en cours de transformation définitive de la rapine bureaucratique en rapine bourgeoise pure.

Quand on regarde qui commande, qui dirige dans les ex-pays de l’est on trouve la plupart du temps d’anciens membres de la bureaucratie devenus des bourgeois de rapine ne s’embarrassant plus du paraitre pour exploiter, piller, ...

Mais cette victoire du capitalisme international n’aura duré finalement qu’une quinzaine d’années, avant que ce même capitalisme en déployant ses forces de façon plus massive sur la planète reconstruise des contradictions qui le menace maintenant à nouveau.

Le développement de puissantes classes ouvrières dans le monde suivent l’extension du capitalisme et démarrent re-démarrent les brasiers de la lutte des classes.

Le développement du capitalisme chinois c’est également la montée parallèle du prolétariat chinois et ses kyrielles de grèves massives et souvent gagnantes malgré des déploiements policiers massifs du PCC, parti de la bourgeoisie.

Cette lutte des classes intense, pour la Chine, avec une classe ouvrière remuante qui ne s’en laisse pas compter et une paysannerie dense communautaire proche des grandes concentrations et en combats permanents rend très compliquée la finalisation de la fin des derniers oripeaux du souffle de la révolution chinoise.

A la difference de la fin de l’URSS, la Chine voit une classe ouvrière et une paysannerie dense communautaire menant des myriades de combats malgré la violence du régime.

la mutation des claques nomenclaturistes en claques bourgeoises est largement accomplie en Chine, mais la victoire politique se heurte à ces mobilisations de classe et suscitent en retour de profondes divisions au sein de la bourgeoisie.

Il n’empêche que parallèlement aux craintes de certains qui voyaient en la chute de l’URSS la victoire définitive de l’impérialisme américain, la situation sur ces terrains n’est pas aussi claire, les USA perdant régulièrement de leur puissance et leur domination sur le monde, des impérialismes nouveaux émergeant comme celui de l’appareil d’état chinois qui est parti dans un processus d’accumulation pour dominer en Afrique, en Europe, mais surtout en extrème orient par des interventions militaires de rapine pour piquer des îles vietnamiennes ou philippines afin de prendre des zones riches en hydrocabures, celà se transcrit également par la projection des trusts capitalistes chinois dans tout l’Asie .

Le redéveloppement de ces dernières années de l’appareil d’état bourgeois russe s’accompagne maintenant d’une fermentation ouvrière naissante, des organisations de résistance ouvrière naissantes menant des luttes difficiles et dures, et, in fine, du troublant resurgissement d’une extrème gauche russe très minoritaire mais vive et pleine d’élan (alors qu’on pouvait craindre un processus favorisant seulement le fascisme et des cliques pro-américaines).
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2YB7OlMoIqQ

La fin de l’histoire n’aura duré que 15 ans, et les secousses se produisent au sein même de l’empire américain, la grande crise capitaliste est justement celle de la baisse des taux de profits (ce qui indique une poussée mondiale de la part ouvrière) et la violence des tentatives pour restaurer ces taux de profits.

Les luttes sociales se multiplient depuis des années aux USA, avec une recomposition dans le feu du syndicalisme là bas, et de la "gauche" politique.

L’ensemble des pays du monde dit arabo-musulman sont en mouvement dans des sociétés devenus largement modernes (en niveau d’instruction, d’urbanisation et de proportion du prolétariat moderne) et les poussées politiques des peuples qui affrontent des dictatures purement capitalistes voient des situations confuses qui font sauter parmi les alliés les plus proches de l’impérialisme (Ben Ali, Mubarak, Ali Abdallah Saleh , même des convertis récents comme Kadhafi ou Assad sont sosue menace).

Dans ces soulèvements et les affrontements, les différents claques impérialistes de l’OTAN ont réussi à re-stabiliser provisoirement les rapports de force après le début de l’année dernière où ils se faisaient balayé de partout.

Les claques impérialistes qui avaient parié sur les Kadhafis, les Ben Alis, les Mubaraks, les Assads, les corrompus dirigeants l’Algérie, le roi du Maroc, la dictature des Saouds, etc ont passé un sale quart d’heure et ont travaillé vigoureusement à reprendre en main la situation, mais TOUS les brasiers restent rallumés, même dans les coeurs des dispositifs comme l’Arabie Saoudite la révolte gronde.

Les défaites d’Irak et d’Afghanistan de l’impérialisme américain qui se déroulent finalement sous nos yeux avec un prix terrible pour ces peuples continuent d’effectuer des ravages et de déstabiliser les dispositifs de domination.

L’Amérique latine est devenu un continent urbanisé à 75-80%, plus qu’en France, avec de puissantes classes ouvrières remuantes (comme les nombreuses grèves au Brésil en se moment le démontrent), une société qui se développe avec des classes populaires qui ne s’en laissent pas compter et ont pris le relais des énormes paysanneries maintenant disparues.

La victoire de l’impérialisme américain par la chuté de l’URSS est une victoire planétaire en trompe l’oeil, qui finalement accentue les contradictions de la domination capitaliste et a développé au plus haut point les forces mêmes qui vont le détruire.

La dangerosité d’un impérialisme s’affaiblissant en domination économique (le fondement de l’impérialisme) mais devenant sur-armé au regard de la planète est bien sur une question lancinante.

Mais leur "victoire" sur l’URSS n’en fut pas une à échelle planétaire, la défaite de la classe ouvrière dans ces pays remontant à bien plus loin dans le temps.

Les illusions tombent vite, y compris celles sur les libertés démocratiques, dans les centres impérialistes (comme la loi d’exception liberticide faite par le gouvernement Québecois pour triompher d’un conflit social ).

Les vagues de résistance se succèdent, elles ont leur reflux, et leurs remontées.

La situation mondiale du parti de l’émancipation n’est pas si mauvaise que cela, simplement c’est plus les facteurs subjectifs qui manquent, leurs expressions politiqiues.

Elle est par contre plus dangereuse par rapport à avant dans les vieilles métropoles de l’impérialisme.