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> Judaïsme, sionisme, Palestine, Israël : quelques clarifications

10 janvier 2006, 15:06

Globalement d’accord avec l’analyse précédente, sauf que j’ai moi-même, dans l’article ci-dessus, évoqué l’existence d’un sionisme de gauche dont je ne partage pas les options mais que je respecte et qui correspond grosso modo à la position défendue par la rédactrice du précédent message.

Je vais maintenant préciser quels sont mes désacords avec l’option "sioniste de gauche". A mon avis cette option néglige le problème du "droit au retour" dont l’application (je ne parle pas ici de la simple reconnaissance) intégrale entraînerait de facto la création d’un état bi-national et la fin du "sionisme réel". La principale contradiction des partisans de l’option sioniste, même de gauche, est la volonté de vouloir conserver le caractère juif de l’Etat. Si l’on refuse que Israël cesse d’être un Etat juif pour devenir l’Etat de tous ses citoyens (ce fut la solution qui fut appliquée en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid), comment accepter le droit au retour des Palestiniens ? Comment, par exemple, affronter une situation où par le simple jeu de la démographie et de la natalité les Arabes israéliens deviendraient majoritaires ? C’est le même problème auquel ont été confrontés les fondateurs de l’Etat juif, Ben Gourion en tête, et la façon brutale, mais logique, dont ils l’ont résolu a été l’expulsion. Ces apories du sionisme expliquent également le fait qu’Israël n’ait jamais officiellement annexé les territoires occupés en 67, ce qui l’aurait contraint, si elle avait voulu maintenir un système démocratique, à accorder le droit de vote aux Palestiniens occupés et ainsi de mettre fin au fameux caractère juif de l’Etat. Israël, Etat juif et démocratique ? ou Etat juif ou démocratique. Il lui faudra bien choisir un jour.