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> Sorbonne 8 mars 2006 : la lutte continue...

10 mars 2006, 19:34

Le 18 mars, jour anniversaire de la proclamation de la Commune. Combien s’en souviennent encore et pourtant que de ressemblances avec le mouvement actuel ! Les communards abolissaient le travail de nuit des boulangers, réquisitionnaient les locaux abandonnés pour en faire des coopératives ouvrières pour offrir la sécurité du travail au plus grand nombre et Notre cher gouvernement villepino-sorkozyste, pris dans le mouvement de dérèglement du code du travail inhérent à la mondialisation libérale que nous subissons, s’acharne pour offrir l’"insécurité du travail" au plus grand nombre. Je ne parle même pas de ce qu’ont pu nous apporter le Front pop’ ou le Conseil national de la Résistance ! Je pense que l’inconscience collective face aux conséquences du libéralisme économique qui met l’homme au service de l’économie est dû en grande partie justement à notre manque de mémoire ou du moins à la mémoire sélective que nous avons face à notre histoire.
J’éspère que notre mouvement étudiant gagnera autant d’unanimisme et touchera autant de monde que la Commune des Parisiens de 1871 : il ne s’agit pas de créer des Gardes nationales anti-CPE mais juste d’avoir l’automatisme, par exemple, de donner des tracts non seulement à ceux qui ressemblent à des étudiants mais à tous ; de créer des discussions dans les cafés, devant la machine à café du bureau pour nos amis salariés, dans le hall d’immeubles et dans tous lieux publics où on peut encore se réunir librement sans présenter sa carte à l’entrée . En souhaitant que les incendies de voitures miniatures (c’est quand même plus rigolo que l’incendie de la Cour des comptes !) continuent dans le sens d’une révolte symbolique, j’invite tous mes camarades à ouvrir le mouvement à d’autres catégories de la population qui sont tout autant contre le CPE mais qui n’ont généralement pas de tribune pour s’exprimer et réfléchir collectivement. Il faudrait à ce titre créer des AG du soir et de fin d’aprèm comme vous le dites pour créer des espaces de parole proprement "populaire". Profitons de notre pouvoir d’action pour que cette prise de conscience ne soit pas seulement étudiante ou syndicale mais collective. Et surtout, même si c’est difficile dans l’état de tension actuelle, il faut éviter à tout prix toute bastogne avec les pro-CPE ou les "j’m’en fous du CPE", bastogne qui bien qu’elle apporterait un peu d’épique dans ce combat très pragmatique, aurait surtout pour résultat de d’offrir de l’eau au moulin médiatico-réactionnaire du gouvernement qui n’attend que ça pour nourrir sa propagande sur le "péril jeune".

Une sorbonnarde en grève.