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17 mars 2006, 10:16

« Mai 68 » est loin d’avoir été un échec syndicale, bien au contraire. Ce sont les perspectives politiques qui n’ont pas été ouvertes. On y a gagné en salaires, en libertés syndicales, en conditions de travail de façon significative (le droit de faire du syndicalisme et de la politique dans les entreprises, les comités d’établissement...).

Les nationalisations, ce n’est extrémiste, mais un outil économique, et Dieu sait si elles ont porté leurs fruits en France : télécommunications, énergie, aires industrielles, banques.

Aujourd’hui, je ne crois pas que des victoires syndicales comme en 68 soient aujourd’hui possibles. Je ne crois pas que la société soit aujourd’hui amendable. Elle a besoin de se dégager structurellement du néo-libéralisme, de revenir sur les privatisations, de re-nationaliser le système bancaire...

Je t’accorde que Mai 68 est un maubvais modèle, et que loin de le faire ressurgir, le mouvement actuel est en train d’en faire de l’histoire. Il y a quelque chose de tout à fait spécifique dans ce qui se passe. Relégation de la politique partisane et non-théorisation, non émergence d’un personnel pseudo révolutionnaire.

C’est paradoxal n’est-ce pas ? En 68 c’est en fait le syndicalisme qui a gagné (il faut tout de même se souvenir de l’écrasante grève générale qui a paralysé le pays plus que les barricades du Quartier latin) dans un brouillard de théories pseudo- ou meta révolutionnaires. Aujourd’hui, on se confronte directement à des exigences de changement de société avec une totale absence de discours politique ou perspectives politiques à gauche.

Helge