Je crois que gâce à une invitation amicale de Vincent Dieutre, j’ai vu il y a deux ans lors d’une projection à la FEMIS des oeuvres de Danielle Arbid en sa présence ; des documentaires de création à propos des traces de la guerre de 1982, et notamment sur l’agonie de son père, personnalité chrétienne qui vivait à Beyrouth, qui l’implique à ses côtés, et après sa mort sur les femmes de la famille réunies par sa mère, qui n’avaient jamais quitté ce pays pendant la guerre de 1982 ; des oeuvres absolument inouies, chacune et ensemble que je n’oublierai jamais.. Elle-même, à la fois ardente, séductrice, sans pitié ni mièvrerie face à la tendresse ou aux cruautés, mais avec cette fragilité des personnes vibrantes qui s’engagent mordantes, dans leurs propres risques symboliques ;ce qui paradoxalement leur donne force concrète et certitude de rencontrer l’énergie des autres.
Sa lettre ici me touche d’autant plus que nous avions parlé rapidement, bien sûr, de l’émergence libanaise après l’horreur de la guerre civile, et elle restait fermement attachée au point de vue de sa communauté, évocant plutôt une critique privée interne de sa famille et de la bourgoisie libanaise, à la fois tragique et pleine d’humour... et de mon côté souterrainement proche de la cause palestinienne, je n’avais pas voulu troubler ce petit volcan sous les beaux traits de cette jeune femme... J’avais pensé, voilà vraiment une cinéaste féminine comme ces femmes écrivaines modernes que j’aime tant, celles qui ne font pas de quartier avec l’environnement qui les contient, que pourtant elles regardent : notamment Catherine Mansfield et Colette. Si aigües et engagées dans leur propre vie...
Donc, je veux contribuer à attester en quelque sorte de la sincérité certaine de cette lettre, car elle apporte un éclairage tès précis sur ce qui est en jeu au LIban. Mais de plus, l’ayant rencontrée, je ne peux plus douter, à la lire, que son point de vue traduise celui du plus large Liban actuel, face à l’attaque radicale et éradicatrice d’un Etat néo-faciste délirant contre son altérité. Israel, équipé de la plus puissante armée du monde après les Etats-Unis pour détruire un Etat qui peu à peu se construisait finalement en démocratie intercommunautaire, émergent sur le plan international de ses anciennes alliances captives avec ses alliances confirmées mais aussi renouvelées, dans l’esprit de former un peuple singulier, représentant de grandes cultures et leur modernité interférente, comme nulle part ailleurs au Moyen Orient tel qu’il est devenu.
Courage Danielle Arbid, vous avez raison, il ne faut pas se sentir vaincu sous la force fasciste : à la fin le Liban serait-il matériellement détruit et sa population pourtant assassinée, ils vaincra, probablement — le plus vite possible. Sinon avec vous nous serions en même temps fichus.. C’est toute la résistance du monde à la domination géopolitique des projets des Etats-Unis contre la libre humanité qui voit son dernier rempart en votre monde blessé, nié, agressé, sous l’armée mercenaire des ogres incultes et fous qu’est devenue l’armée autrefois légitime d’Israel, que l’assassinat fratricide de Rabin, l’ancien faucon advenu jusqu’à la paix, a privée (à jamais ?) de murir sa propre histoire.
il y a d’un côté un pays qui renaîtra de son effort de ne pas se désunir, qui vous honore, et vous rend dignes plus que jamais : vous, un pays riche et divers qui s’est mis en voie d’exister en devenant. Et de l’autre un pays qui hélas ne se voit qu’en rétroprojection, plus il tue moins il peut croire en lui. Israel, un état désespéré par lui-même ? Mais qui pourrait le plaindre voyant Gaza, le Liban, et sachant sa participation dans la guerre secrète et la torture en Irak ? Les israeliens et la diaspora réagissent plus contradictoirement et largement contre cette guerre que les journaux ne l’affichent...
En même temps que mon profond témoignage d’affliction solidaire, et ma révolte, je vous présente mon plus grand respect et mes voeux,
Je crois que gâce à une invitation amicale de Vincent Dieutre, j’ai vu il y a deux ans lors d’une projection à la FEMIS des oeuvres de Danielle Arbid en sa présence ; des documentaires de création à propos des traces de la guerre de 1982, et notamment sur l’agonie de son père, personnalité chrétienne qui vivait à Beyrouth, qui l’implique à ses côtés, et après sa mort sur les femmes de la famille réunies par sa mère, qui n’avaient jamais quitté ce pays pendant la guerre de 1982 ; des oeuvres absolument inouies, chacune et ensemble que je n’oublierai jamais.. Elle-même, à la fois ardente, séductrice, sans pitié ni mièvrerie face à la tendresse ou aux cruautés, mais avec cette fragilité des personnes vibrantes qui s’engagent mordantes, dans leurs propres risques symboliques ;ce qui paradoxalement leur donne force concrète et certitude de rencontrer l’énergie des autres.
Sa lettre ici me touche d’autant plus que nous avions parlé rapidement, bien sûr, de l’émergence libanaise après l’horreur de la guerre civile, et elle restait fermement attachée au point de vue de sa communauté, évocant plutôt une critique privée interne de sa famille et de la bourgoisie libanaise, à la fois tragique et pleine d’humour... et de mon côté souterrainement proche de la cause palestinienne, je n’avais pas voulu troubler ce petit volcan sous les beaux traits de cette jeune femme... J’avais pensé, voilà vraiment une cinéaste féminine comme ces femmes écrivaines modernes que j’aime tant, celles qui ne font pas de quartier avec l’environnement qui les contient, que pourtant elles regardent : notamment Catherine Mansfield et Colette. Si aigües et engagées dans leur propre vie...
Donc, je veux contribuer à attester en quelque sorte de la sincérité certaine de cette lettre, car elle apporte un éclairage tès précis sur ce qui est en jeu au LIban. Mais de plus, l’ayant rencontrée, je ne peux plus douter, à la lire, que son point de vue traduise celui du plus large Liban actuel, face à l’attaque radicale et éradicatrice d’un Etat néo-faciste délirant contre son altérité. Israel, équipé de la plus puissante armée du monde après les Etats-Unis pour détruire un Etat qui peu à peu se construisait finalement en démocratie intercommunautaire, émergent sur le plan international de ses anciennes alliances captives avec ses alliances confirmées mais aussi renouvelées, dans l’esprit de former un peuple singulier, représentant de grandes cultures et leur modernité interférente, comme nulle part ailleurs au Moyen Orient tel qu’il est devenu.
Courage Danielle Arbid, vous avez raison, il ne faut pas se sentir vaincu sous la force fasciste : à la fin le Liban serait-il matériellement détruit et sa population pourtant assassinée, ils vaincra, probablement — le plus vite possible. Sinon avec vous nous serions en même temps fichus.. C’est toute la résistance du monde à la domination géopolitique des projets des Etats-Unis contre la libre humanité qui voit son dernier rempart en votre monde blessé, nié, agressé, sous l’armée mercenaire des ogres incultes et fous qu’est devenue l’armée autrefois légitime d’Israel, que l’assassinat fratricide de Rabin, l’ancien faucon advenu jusqu’à la paix, a privée (à jamais ?) de murir sa propre histoire.
il y a d’un côté un pays qui renaîtra de son effort de ne pas se désunir, qui vous honore, et vous rend dignes plus que jamais : vous, un pays riche et divers qui s’est mis en voie d’exister en devenant. Et de l’autre un pays qui hélas ne se voit qu’en rétroprojection, plus il tue moins il peut croire en lui. Israel, un état désespéré par lui-même ? Mais qui pourrait le plaindre voyant Gaza, le Liban, et sachant sa participation dans la guerre secrète et la torture en Irak ? Les israeliens et la diaspora réagissent plus contradictoirement et largement contre cette guerre que les journaux ne l’affichent...
En même temps que mon profond témoignage d’affliction solidaire, et ma révolte, je vous présente mon plus grand respect et mes voeux,
Louise