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Contre l’emploi des techniques de marketing par la gauche dite radicale.

12 juin 2007, 15:39

Tout fait ventre sur le site de notre ami et c’est bien dommage , comme par exemple passer une lettre d’un démissionaire de la LCR enfourchant le discours de "il faut savoir se salir les mains...."... Donc un discours d’incrustation dans les combinaisons et qui surtout prétend que la LCR est maximaliste et trop ouvriériste, alors que je pense moi que le monde du travail, celui des travailleurs, celui où se produit la totalité de la richesse de ce monde est trop absent de la gauche.
Y compris de la LCR.

Un peu de savon mon ami ? Soutenir des ruptures de droite même avec des "amitiés libertaires" c’est pas le top ! Etre pour les revoltes et trouver que la Ligue c’est trop maximaliste nécessite effectivement de bien s’accrocher.... et surtout de n’être pas trop sujet au mal de mer.

Un jeune a plus de droits, dans la pratique et au concret, qu’un travailleur dans son entreprise. ce n’est pas un hasard car là git la racine du despotisme et de son utilisation dans la société de toutes les différences et aliénations, toutes les oppressions pour maintenir son pouvoir. C’est la tactique principale du capitalisme que d’opprimer et aliéner pour mieux exploiter.

Ce qui fait que bien des défaites qui commencent dans les entreprises, et sur le social, finissent par se traduire dans le sociétal, dans les agglomérations populaires et dans le retour aux discours sur l’ordre moral et l’ordre tout court (discours de Sarko et de Royal). Une société qui recommence à puer le rance et le moisi.

La lutte des travailleurs, dans sa pleine ampleur, est le plus grand hymne à la lutte libertaire, elle crée les espaces où également d’autres catégories sociales se libèrent du poids oppressant de l’idéologie bourgeoise, du poids étouffant des oppressions parasitaires venues et entretenues sur le corps de la société capitaliste .

La LCR (ou LO) trop maximalistes ? Certainement pas ! Je les trouve au contraire bien peu révolutionnaires, très syndicalistes basiques dans leurs attitudes.

Par contre, pour ce qui est de l’utilisation du bagout de besancenot pour survivre dans une campagne électorale, ça vient essentiellement , et c’est une autocritique valable pour toute la gauche, de l’espace truqué laissé par les médias aux expressions de gauche.

C’est de notre faute collective et à chacun. A une époque faire un journal coûtait relativement peu et nous plaçait à égalité pour la propagande avec la bourgeoisie, maintenant le journal est hors de prix et dépassé par le plus efficace : les chaînes de télés unipolaires, hors d’accès absolu d’expressions libres, sauf sur les marges et dosées à titre homéopatique.
Tu peux crier dans la rue, c’est bien, mais tout ce que tu gagneras là localement sera défait globalement par télé sarko .

La LCR utilise le seul chemin ouvert pour se faire entendre dans ce type d’élection personnifiée jusqu’à la nausée. Besancenot l’a fait avec brio, Bové a essayé de faire la même chose de très mauvaise façon et en faisant penser le lendemain qu’il se vendait pour un plat de lentilles. Tous essayent d’utiliser les médias bourgeois pour se faire entendre... La LCR utilise sa meilleure lessive pour être ouïe.... D’autres auraient souhaité d’avoir ce talent là. A une époque le PCF a utilisé la faconde d’un Duclos, pour le meilleur au niveau brio, et le clownesque d’un marchais, pour le pire, dans les médias.

Faisons d’autres médias .... rétablissons déjà l’équilibre dans l’armement propagandiste, on le peut car nous ne sommes pas hiérarchistes comme eux, comme la bourgeoisie, en + j’ai la prétention d’estimer que nous avons plus de talents qu’eux.

L’autre façon d’être entendu c’est en participant au mouvement social, en y apportant son travail, en participant au travail syndical basique auprès des autres travailleurs dans son entreprise (galoper dans la rue c’est pas mal, mais pas suffisant), en affrontant les patrons face à face pour trouver les meilleurs compromis qui permettent , sans se lier les mains dans l’avenir, d’accrocher des conquêtes très petites, petites, moyennes, grandes, suivant les rapports de force existants.

Avec le risque de se faire licencier, les menaces, les essais de déstabilisations personnelles, les chantages explicites ou implicites, le blocage à vie du salaire dans une entreprise, etc...

Ca c’est le côté âpre du quotidien d’une entreprise et pourtant c’est là que beaucoup de choses se dessinent.

De ce quotidien âpre, à la rue, aux pratiques alternatives de gestion (SCOP par exemple), en faisant vivre des organisations communistes et libertaires, en cherchant à les unir pour donner perspectives aux luttes sociales , en passant par des expressions médiatiques globales, tous les maillons de la chaine doivent exister.

La gauche, libertaires compris, à un problème avec le maillon médiatique. A nous de trouver des réponses meilleures que celles actuelles.

( Les présidentielles sont des pièges à con ! )

Copas