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Tauromachie et démocratie : du sens et des valeurs

21 décembre 2008, 20:53

Il est inutile de se prononcer sur le discours de
Vauzelle qui fait un choix délibéré sans
justifications profondes. Ces quelques
généralités ne prêtent pas à discussion et le
choix, pour ou anti corrida, est par définition libre.

Si le choix est libre, les arguments ne le sont
pas lorsqu’ils contiennent contre vérités ou confusions intellectuelles.

Ainsi, les arguments de Wolff sont surprenants.
Il intervient en tant que philosophe et use
d’arguments propres à la construction
scientifique pour le moins, si ce n’est
philosophique en particulier. Or, ce faisant, il
ne montre pas la rationalité qu’on est en droit
d’attendre d’un homme de science.
Tout raisonnement doit tenter "de mettre de la
raison dans la passion, et de ne pas laisser la
passion prendre le pas sur la raison".
Mais il est incroyable d’affirmer aussi
sommairement, voire brutalement, que ce processus
intellectuel est impossible chez les
"adversaires" de la corrida. Pour parvenir à
cette conclusion, il faut nier la diversité des
de ces mêmes adversaires, unis dans un combat
mais pas nécessairement par les mêmes arguments.
La réduction de chacun à l’un seul de ses
éléments, en l’espèce la lutte anti-corrida, pour
en tirer une conclusion, "l’irrationalité", est
une simplification, une négation de l’humanisme,
une annulation du concept de la philosophie.

D’autres confusions fondamentales émaillent son
discours (écologisme et protection animale,
interdit de consommation et interdit de mauvais
traitements, droit à la vie et droit sur la
vie...) mais la remise en perspective mériterait
de longs développements. Il suffit ici de montrer
que même des scientifiques reconnus oublient
leurs qualités au profit de leurs convictions. Si
j’utilisais la même mauvaise foi, j’en conclurais
que leurs convictions ne sont peut être pas
justifiables par des arguments solides, scientifiques, incontestables.

Mettons plutôt un terme à cet étalage d’arguments
de part et d’autre pour ramener le débat au point
fondamental de décider si la souffrance animale
est acceptable. Le choix moral dépend de la
sensibilité de chacun et il n’existe alors pas de
vérité ; mais le choix juridique de notre code
pénal est clair : la corrida constitue un mauvais
traitement qui n’est pas puni par exception.

Yann Jurovics

Ancien Elève de l’Ecole Normale Supérieure

Membre de l’Alliance AnticorridaIl est inutile de se prononcer sur le discours de
Vauzelle qui fait un choix délibéré sans
justifications profondes. Ces quelques
généralités ne prêtent pas à discussion et le
choix, pour ou anti corrida, est par définition libre.

Si le choix est libre, les arguments ne le sont
pas lorsqu’ils contiennent contre vérités ou confusions intellectuelles.

Ainsi, les arguments de Wolff sont surprenants.
Il intervient en tant que philosophe et use
d’arguments propres à la construction
scientifique pour le moins, si ce n’est
philosophique en particulier. Or, ce faisant, il
ne montre pas la rationalité qu’on est en droit
d’attendre d’un homme de science.
Tout raisonnement doit tenter "de mettre de la
raison dans la passion, et de ne pas laisser la
passion prendre le pas sur la raison".
Mais il est incroyable d’affirmer aussi
sommairement, voire brutalement, que ce processus
intellectuel est impossible chez les
"adversaires" de la corrida. Pour parvenir à
cette conclusion, il faut nier la diversité des
de ces mêmes adversaires, unis dans un combat
mais pas nécessairement par les mêmes arguments.
La réduction de chacun à l’un seul de ses
éléments, en l’espèce la lutte anti-corrida, pour
en tirer une conclusion, "l’irrationalité", est
une simplification, une négation de l’humanisme,
une annulation du concept de la philosophie.

D’autres confusions fondamentales émaillent son
discours (écologisme et protection animale,
interdit de consommation et interdit de mauvais
traitements, droit à la vie et droit sur la
vie...) mais la remise en perspective mériterait
de longs développements. Il suffit ici de montrer
que même des scientifiques reconnus oublient
leurs qualités au profit de leurs convictions. Si
j’utilisais la même mauvaise foi, j’en conclurais
que leurs convictions ne sont peut être pas
justifiables par des arguments solides, scientifiques, incontestables.

Mettons plutôt un terme à cet étalage d’arguments
de part et d’autre pour ramener le débat au point
fondamental de décider si la souffrance animale
est acceptable. Le choix moral dépend de la
sensibilité de chacun et il n’existe alors pas de
vérité ; mais le choix juridique de notre code
pénal est clair : la corrida constitue un mauvais
traitement qui n’est pas puni par exception.

Yann Jurovics

Ancien Elève de l’Ecole Normale Supérieure

Membre de l’Alliance Anticorrida