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Braouzec et le grand paris

27 novembre 2009, 16:30, par Mengneau Michel

Dans l’intervention le 24 à l’assemmblée de Pierre Gosnat, dont un passage suit, j’ai noté que les architectes contactés avaient émis des avis sur la densité urbaine, ce qui me semble être la clef de voute de la discutions. En effet, c’est là que se pose le vrai problème : est-il utile d’augmenter cette densité pour aller jusqu’à la mégapole, ou doit-on envisager une autre forme de répartition du territoire en évitant les centralisations vers de soi-disant pôles d’intérêts économiques !

Au demeurant, je reconnais que la décision de confier à une dizaine d’architectes et à leurs équipes la responsabilité de se pencher au chevet de la région capitale afin d’explorer tous les possibles, voire les utopies, était inédite et politiquement intéressante. De fait, leurs propositions innovantes nous offrirent la vision d’un Paris du futur et d’une région Île-de-France métropole d’avant-garde. Leurs réflexions mettaient en évidence la nécessité d’articuler le développement et l’aménagement du territoire autour d’enjeux fondamentaux et diversifiés : le transport, certes, mais aussi le logement, l’environnement, l’architecture, le développement économique. Ils s’interrogeaient également sur des notions essentielles, telles que la densité urbaine ou le développement durable.

Au moment d’examiner la traduction politique et juridique de ces travaux, force est de constater que nous sommes bien loin du compte. Tous ces projets, toute la synergie créée autour de cette mission se trouvent abandonnés, trahis, en quelque sorte, par le texte qui nous est soumis. Au reste, vous savez, monsieur le secrétaire d’État, que l’ensemble de ces architectes ressentent, plus que du désarroi, de la colère. Car, en définitive, le projet du Grand Paris se résume à un texte de loi de vingt-neuf articles – j’ai d’ailleurs cru comprendre qu’il ne fallait plus parler de « Grand Paris » – et à la création d’un ÉPIC destiné à contourner les collectivités territoriales et à créer un réseau de transport privatisable à terme. En prélude à cette privatisation, un amendement a d’ailleurs été adopté à l’article 17, qui organise la scission de l’entreprise nationale RATP.

Que reste-t-il de la cité idéale de M. Sarkozy ? Rien. L’article 1er du projet de loi sonne le glas de toute ambition en la matière, en restreignant le Grand Paris à la « création d’un réseau de transport public de voyageurs unissant les grands territoires stratégiques de la région Île-de-France. » Quant aux autres territoires – non stratégiques, selon le Gouvernement –, ils sont condamnés à voir passer les trains et à attendre les éventuelles retombées des pôles d’excellence.