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Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
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de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
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Autogestion : En route pour l’espoir

de : Le Monde Libertaire
dimanche 25 novembre 2007 - 17h44 - Signaler aux modérateurs

Comme l’exprime clairement René Furth(1) : « Préparer les travailleurs à leur tâche d’autogestion : tel est et a toujours été un des principaux mots d’ordre du socialisme libertaire. » À ce titre au moins il est nécessaire de redéployer la pensée autogestionnaire libertaire. Ensemble, examinons l’intérêt politique de ce concept, et évaluons sa relation avec les aspirations et les capacités collectives à le mettre en oeuvre. DEPUIS LEUR NAISSANCE, les sociétés humaines sont en marche - une marche non linéaire, assurément - à la recherche de libertés et d’autonomies. Dans ce long processus inachevé, la question de l’organisation et des moyens qui aident à décider de la façon la plus égalitaire et la plus directe est permanente. Des civilisations ont innové et marqué l’histoire par leurs modes de décision, dans le pire comme dans le meilleur. Il faut donc replacer l’autogestion comme une étape de cette recherche inaboutie. Pourtant, il convient bien de répéter que les épisodes autogestionnaires les plus significatifs(2) sont nés lors de troubles importants (révolutions, crises économiques, régimes politiques qui basculent, guerres civiles, décolonisations...) et n’ont duré que peu de temps, l’épisode yougoslave excepté. La question autogestionnaire doit être reprise à partir de constats transversaux de ces lueurs d’émancipation humaine et sociale. Posé ainsi, ce qui peut paraître négatif - la brièveté par exemple - apporte déjà des réponses : les chemins vers l’émancipation ne sont pas un long fleuve tranquille, il s’agit bien d’une recherche permanente dans l’action. Et l’autogestion ne saurait y échapper.

Des versions singulièrement plurielles

Provenant du grec « autos » (soi-même) et du latin « gestio » (gérer), l’autogestion souffre d’une difficulté à être définie(3). Posez-vous la question. Comment la définir en quelques mots clairs ? Cette difficulté découle sans doute du pluralisme des familles politiques qui se la sont appropriées. C’est ainsi que les marxistes s’en sont emparés, mais aussi les sociaux-démocrates, des chrétiens, des révolutionnaires d’obédiences diverses... Ce qui la distingue alors, c’est sa place et sa finalité dans chaque projet politique. Pour l’essentiel, l’autogestion est perçue comme un contre-pouvoir (renforcer le pouvoir central en le contrôlant depuis la base), un mode de management, une organisation économique planifiée par l’État. On remarquera aussi que les capacités d’adaptation de l’autogestion la font apparaître sur tous les continents, à des époques lointaines comme aux plus récentes. Elle a connu plusieurs versions puisqu’elle a capacité à s’adapter aux cultures locales. Il y a donc un indéniable tronc commun à ces autogestions ; elle a un caractère universel, intrinsèquement libertaire, car elle n’est pas prisonnière d’une seule époque, d’une seule idéologie, d’une seule culture. Il faut aussi relever que l’autogestion ne s’applique pas au seul terrain économique, puisque c’est aussi une pratique sociale, communale, pédagogique (Freinet ...), syndicale (CNT, Sud), politique (Alternatifs, libertaires) . . . Elle a été très peu expérimentée sur les centres de décision politique (mairies, États...), ce qui, curieusement (quoi que...), ne semble pas générer d’interrogations ou de frustrations. Pour ce qui concerne (autogestion anarchiste, si c’est bien Pierre-Joseph Proudhon qui a défini l’économie mutuelliste dans ses traités d’économie des années 1860, ce sont aussi les anarchistes qui ont poussé leur expérimentation le plus loin vers la recherche de l’autonomie individuelle et collective par rapport à l’État, et l’avaient intégré dans leur projet non-capitaliste. Nous parlons là d’une vision de l’autogestion comme projet de société.

Pourquoi l’autogestion ?

Cette question entraîne des réponses où culture et critiques sociales, sociologie et économie, pratiques et projet politique se croisent et s’entremêlent. Comment abolir les hiérarchies et les dominations sociales sans remettre en cause les rapports de classe qui induisent la répartition inégalitaire des savoirs, la place de chacun dans l’appareil productif capitaliste ? Comment contester la division sociale de l’économie, la concentration des richesses, la propriété privée des moyens de production, de distribution et d’échanges sans élaborer une gestion collective, égalitaire, socialisée ? Donc, pourquoi défendre un projet autogestionnaire si on ne le met pas en pratique à chaque fois que cela est possible ? La version libertaire de la gestion directe qui la distingue nettement de l’hétérogestion libérale, ou de l’autogestion partielle (scoops) - mobilise des moyens, des finalités et des valeurs qui la rend familière aux anarchistes, à leur culture égalitaire et leur projet politique. Elle permet des pratiques d’émancipation individuelle et collective, dans l’apprentissage de l’autonomie. Elle est aussi l’expression d’une profonde aspiration à l’horizontalité, à l’implication, au don de soi et à la responsabilisation. La coopération et l’association, le partage des savoirs et des responsabilités, voire des biens, restent des thèmes chers aux libertaires, et sont indissociables de cet exercice de démocratie directe qu’est l’autogestion. En favorisant l’organisation de la société à partir de sa base, elle permet une démocratie directe et peut remettre en cause le pouvoir et la fonction d’un outil centralisé et géré par une élite comme peut l’être l’État. L’autogestion est donc un trait essentiel du projet libertaire, comme le fédéralisme proudhonien ou l’abolition du patronat et des inégalités.

Concept abstrait ou aspiration partagée ? Incontestablement, l’autogestion n’est pas morte. Elle est même d’une grande actualité sur le continent sud-américain avec l’autogestion argentine qui a défrayé la chronique et les autonomies zapatistes et leur autogouvernement, ou bien encore des mouvements sociaux au Brésil, en Bolivie... Sur un plan idéologique, l’Uruguayen Ranl Zibechi et son concept de constructions d’auto-organisation à partir des communautés boliviennes en lutte pour l’eau ou le gaz, ou John Holloway et son livre Changer le monde sans prendre le pouvoir, font la part belle aux initiatives populaires non hiérarchiques, autonomes, décentralisées... Plus récemment, la Foire . à l’autogestion de Modane (Italie) du 27 au 30 avril 2007 ou la création d’urie Section d’analyses et d’études économiques autogestionnaires à Terrassa (Catalogne espagnole) sont la preuve d’une vitalité et d’une recherche permanente. Dans un tout autre registre, il n’est pas non plus anodin que Kenny Arkana, rappeuse marseillaise qui s’impose dans un genre musical ultramasculin et repu des valeurs capitalistes, se définisse comme une « Défenseuse d’une révolution du bas et anti-institutionnelle, et tient à rappeler qu’elle ne soutient aucun candidat à l’élection présidentielle » ... Ne doutons pas de notre capacité à gérer la société, en partie ou totalement. Coopératives de travailleurs, coopératives de consommation, organisations alternatives d’achats directs de produits agricoles, crèches parentales ou associations gestionnaires d’écoles, création de régies de quartier ou de coopératives de logements pour échapper aux syndics, sections syndicales, sites Internet participatifs . (Wikipedia) . . . sont là pour montrer que nous savons organiser, décider, lutter dans une optique collective. Ajoutons à cela qu’il existe en France près de 800000 associations (formellement déclarées, donc sans compter les autres), regroupant de 15 à 20 millions d’adhérents de plus de 14 ans, et que 60000 nouvelles associations sont enregistrées chaque année : le bilan est impressionnant : Qui plus est, le champ d’intervention des associations a connu une extension spectaculaire, au point qu’aucun aspect de la vie en société ne leur est étranger. L’effervescence autogestionnaire est donc toujours alimentée par ce feu qui est nourri par nos énergies et nos désirs de prendre à bras le corps une partie de notre quotidien pour le conduire là où nous le souhaitons, conformément à nos besoins, et alors que les institutions ne sont pas - ou plus - capables d’apporter des réponses crédibles. Mais tout cela ne peut nous satisfaire, puisque nous sommes partisans d’une autogestion intégrale. Nous savons que ces parcelles d’autogestion n’empêchent pas l’autoritarisme, le conformisme, la soumission au capitalisme et à l’État. L’enjeu anarchiste est donc de repolitiser l’autogestion et d’aider à sa convergence vers un projet politique global. La problématique anarchiste est tout à la fois de fédérer ces îlots d’autogestion potentiels et isolés, pour les intégrer dans une dynamique transformatrice et développer une culture de la gestion directe. C’est une longue recherche dans l’action qui continue. Nous avons des enseignements à tirer de nos prédécesseurs. Mais à condition de ne pas en faire des mythes : on peut apprendre du passé sans s’y réfugier. Pragmatiquement, on peut considérer que si toutes les révolutions n’ont pas débouché sur des mises en autogestion conséquentes et durables, pour autant la validité de la stratégie de l’autogestion gangrenant le capitalisme de l’intérieur reste à démontrer. .Les réflexes autogestionnaires surgissant souvent en l’absence de terrain préparé, il s’agit d’expressions diffuses des sociétés humaines pour concrétiser leurs désirs d’émancipation et leur capacités à s’autogouverner. Pour autant, ces volontés magnifiques, confrontés à la puissance de nuisance de l’État et du marché, ont été trop brefs. Parce qu’il s’agissait d’abord d’une pratique de survie en temps de guerre, de chaos économique, de décolonisation... avant d’être un projet politique. Voilà où nous devons infléchir le cours des événements. Il y a en gros trois stratégies envisagées, pour accéder à l’autogestion généralisée qui reste notre projet. La première-est la voie pacifique et institutionnelle, qui s’inscrit dans une sorte de compromis - qui n’exclut pas les tensions - avec le capitalisme et les institutions bourgeoises : cogestion d’entreprises par le biais des comités d’entreprise ou de l’actionnariat populaire, du coopératisme conformiste, des élections. La deuxième relève de l’attente d’une autogestion surgie de la spontanéité révolutionnaire telle qu’elle s’est manifestée lors des décolonisations, des conflits intérieurs, des changements brutaux de régime politique. La dernière enfin est celle de la grève générale qui, en bloquant l’économie et en expropriant les patrons, permettrait la mise en route, au moyen d’une organisation repensée et gérée directement par les producteurs. Dans tous les cas, ne devons-nous pas bâtir un socle solide pour pouvoir construire l’autogestion généralisée ?

Coordonner ; fédérer

Il faut certainement chercher à développer l’autogestion dans sa finalité libertaire en étant dans le "faire » et l’expérimentation à travers des groupements de lutte, de loisirs, de pédagogie, de culture... Ce qui n’exclut pas d’avoir de l’ambition : il faut sortir des relations d’expériences ratées ou des micro-îlots isolés ; nous devons prendre de la hauteur, car l’autogestion ne fonctionne pas qu’à l’échelle microscopique ! Et le collectif autogestionnaire isolé ne donne pas sens à l’autogestion qui doit se coordonner, s’associer. Fédérer les collectifs autogestionnaires d’études ou autres (squats, radios, entreprises...), même à l’échelle d’un territoire réduit, est déjà une rupture. On peut aussi développer la culture autogestionnaire par tous les moyens possibles cercles d’études, livres, articles, rencontres, émissions de radio, Internet... Par ce biais, il faut travailler à établir une critique sans concession des institutions et organisations qui cadrent le dirigisme et entravent l’émancipation : État, capitalisme, institutions parlementaires ou pas, qui pérennisent la concentration des pouvoirs, le salariat. Il faut apprendre de ces institutions pour envisager de les remplacer (ou pas), sans forcément remettre en cause leurs fonctions dans le cadre d’une organisation globale autogestionnaire. Certaines institutions remplissent des tâches intéressantes mais c’est leur fonctionnement ou leurs finalités qui sont problématiques. Les demandes diffuses, contradictoires mais réelles, de rendre les décisions politiques transparentes et légitimes ( l’Internet renforce cette demande d’accès aux documents institutionnels), doivent nous renforcer : des temps nouveaux se lèvent pour envisager l’autogestion non comme un vague faire-valoir du pluralisme d’État, comme pourrait l’être la fumeuse « démocratie participative » , mais bien comme une nécessité et un horizon accessible.

Daniel

1. Formes et tendances de l’anarchisme, 2007, éditions du Monde libertaire. 2. En fait que l’imaginaire révolutionnaire a retenu comme significatifs, car il y en a d’autres, mais qui ne rentrent pas dans le schéma classique révolutionnaire : les autogestions en temps de paix font moins couler d’encre. 3. Lire la brochure des éditions du Monde libertaire, l’Autogestion anarchiste, 2006.

Le Monde libertaire Hors série n°32 12 juillet 2007


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