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La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
de : La Louve
lundi 30 mai 2011 - 11h04 - Signaler aux modérateurs
10 commentaires

Ceci n’a d’autre prétention que d’amorcer un débat et d’y apporter une modeste et rapide contribution. Compte tenu de la façon dont je l’ai "fabriquée" il peut y avoir des erreurs ou des approximations qui demanderont à être corrigées.

Préambule :

Certains petits malins s’évertuent à propager une théorie des institutions (syndicats, partis, Etats...) comme étant des "appareils neutres" dont la nature changerait en fonction de qui les dirige.

Selon eux par exemple, il n’y aurait pas d’appareils bourgeois qui ne puissent devenir au moins social-démocrate par "prise de contrôle des leviers de commande". Il suffirait de prendre le pouvoir et la vie serait belle et un appareil créé par la CIA, par exemple, pourrait devenir un formidable instrument de lutte des classes pour les travailleurs.

C’est évidemment faux.

Et ce raisonnement, qui nourrit et conforte l’électoralisme, pour la plus grande satisfaction de toutes celles et tous ceux (à droite mais aussi à gauche) qui ne veulent pas remettre en cause le système mais veulent se contenter d’influer sur la division des tâches que l’impérialisme US assigne aux uns et aux autres au niveau mondial, est un raisonnement DANGEREUX à l’extrême pour la lutte de classe.

Pour plusieurs raisons (dont nous pourrons et devrons discuter, mais ce n’est pas mon point ici )- je voulais simplement poser en préambule ces prémisses.

Non, je ne pense pas qu’un véhicule soit "neutre" de ce qui l’a créé ni de ce qu’il exprime , a fortiori, s’il est bien une "condensation des rapports de classe à un moment donné" (Poulantzas).

Je rejette donc la théorie qui court dans le PCF depuis des décennies (une vision staliniste de l’Etat largement mise en valeur par la fréquentation accrue du "PS" qui donne in fine ce que j’appelle "le néo-stalinisme") et qui l’a en partie mené à sa perte.

Que mes camarades "historiens du mouvement ouvrier" ou "historien tout court" me pardonnent mes approximations et aient l’amabilité de corriger mes erreurs ou de préciser ce qui doit l’être...


1. Ce qu’est vraiment la Confédération Européenne des Syndicats

(Avec de nombreux passages de Wikipedia, que vous reconnaîtrez, les autres références étant citées... désolée je n’ai pas le temps de traduire certaines références anglaises de ce petit "pot-pourri" réalisé hier soir)

La CES a été créée en 1973, dans un contexte particulier qui signe, comme d’autres véhicules idéologico-politiques, le début véritable de la défaite de l’URSS, de la fin du Kominform moribond, et le renouveau de l’offensive impérialiste.

1973 est à ce titre une année intéressante et "riche" pour l’impérialisme :

 création de la trilatérale,

 fin du système de Bretton Woods et préparation des accords de la Jamaique (76)

 guerre du Kippour,

 corrélativement, premier "choc -pétrolier "

 Kissinger, Prix Nobel de la Paix (ça ne vous rappelle rien ? ;-)), nommé Secrétaire d’Etat

 en Afrique, ça bouge aussi bcp cette année là : création du POLISARIO, consoldiation du pvr de Kadhafi, assassinat d’Amilcar Cabral...

 coup d’état au Chili contre ALLENDE

 accords de Paris, cessez le feu US au Vietnam

 Portugal, Soares fonde le PSP

 abolition de la monarchie en Grèce par la junte militaire,

 début de l’Ostpolitik en Allemagne

 Election de Berlinguer à la tête du PCI...

etc etc
 

La CES est donc, dans ce contexte international extrêmement particulier de 1973, la fille aînée de la Confédération internationale des syndicats libres , qui était une union syndicale internationale fondée le 7 décembre 1949 par des syndicats en rupture avec la Fédération syndicale mondiale dominée par les communistes. - Pour mémoire, le FMI, fils de Bretton Woods, était créé en 44 ALORS MÊME que l’armistice n’était pas signé....

Ces syndicats qui fondèrent la CISL étaient des syndicats JAUNES.

Ainsi en France : "Les syndicats héritiers des Jaunes sont dispersés et changent souvent de nom : Confédération générale des syndicats indépendants, Confédération française du travail, Confédération des syndicats libres, Union française du travail, etc." J’avais fait un petit papier sur le syndicalisme jaune ici il y a quelques temps).

La CISL s’est dissoute définitivement lors de son congrès du 31 octobre 2006 pour permettre l’intégration de ses membres au sein de la nouvelle Confédération syndicale internationale (qui est au niveau mondial à la FSM ce qu’est la CES au niveau européen) . Son siège, partagé avec la Confédération européenne des syndicats se trouvait à la Maison syndicale internationale à Bruxelles.

L’acte de naissance de la CES, issue de la CISL dit tout à ceux qui veulent bien lire (et qui s’imaginent encore qu’on prend des appareils bourgeois de l’intérieur pour les "transformer" en appareils de lutte de classe, un peu comme avec l’état....) - la CISL, la CES, ce sont des organes IMPÉRIALISTES.

L’un des principaux fondateurs de la CISL était Irving Brown et la bataille portait alors sur Plan Marshall ou pas.

"En effet, dès l’annonce du Plan Marshall en 1947, les tensions qui existaient entre les communistes, soutenus par les soviétiques, et les autres courants qui existaient au sein de la Fédération syndicale mondiale apparaissent au grand jour.

En mars 1948, l’AFL (American Federation of Labour - Fédération Américaine du Travail) et son représentant en Europe, Irwing Brown, organise une conférence à Londres des organisations soutenant le Plan Marshall, rassemblant aussi bien des organisations appartenant à la FSM que des organisations sans affiliations".

Or, "Irving Brown (1920 à Chicago - 1989 à Paris) est un syndicaliste américain membre de la Fédération américaine du travail, puis de l’American Federation of Labour qui joua un grand rôle en Europe de l’Ouest et en Afrique dans la lutte contre l’influence communiste au sein des syndicats.

Il a simultanément et notoirement mené une carrière d’agent de la CIA".

http://www.laboreducator.org/darkpa...

Les 25-26 juin 1949, la Conférence de Genève rassemble 30 pays, et la Confédération internationale des syndicats chrétiens est présente comme observatrice. L’anti-communisme domine alors les débats. Durant toute l’année 1949, les principales centrales non-communistes abandonnent la FSM.

Je rappelle (trop) rapidement ce qu’est le Plan Marshall, c’est très important car le sort des travailleurs européens dans cette "seconde phase" de l’impérialisme, s’est joué là :

"Le plan Marshall (après son élaboration, il fut officiellement appelé « Programme de rétablissement européen », en anglais European Recovery Program : ERP) fut un plan américain pour aider la reconstruction de l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale.

Jusqu’en 1947 la politique des vainqueurs consistait à réduire les capacités productives de l’Allemagne, politique qui empêchait la reprise européenne. Conseillé par le général Marshall et d’autres personnalités officielles ou non, le Président Harry Truman modifia la politique américaine. Le Plan fut présenté une première fois par le secrétaire d’état James F. Byrnes au cours d’un discours tenu à Stuttgart le 6 septembre 1946. De plus, le général Lucius D. Clay avait demandé au patron d’industrie Lewis H. Brown de dresser un bilan de la situation économique en Allemagne et d’évaluer les besoins de la reconstruction. Le plan final est annoncé par Marshall le 5 juin 1947 à Harvard. Au Congrès, l’aile républicaine qui prône une politique isolationniste critique un plan qui décide de dépenses massives à l’étranger mais cette opposition s’efface quand l’URSS intervient en Tchécoslovaquie en février 1948. Truman signe le plan Marshall le 3 avril 1948.

Les États-Unis demandent aux États européens de s’accorder entre eux au sein de l’OECE pour établir un plan de reconstruction tandis que l’Administration de Coopération Économique (ECA) est créée côté américain.

Entre 1947 et 1951, les États-Unis consacrent plus de treize milliards de dollars de l’époque (dont onze milliards en dons) au rétablissement de 16 pays européens en réponse à l’organisation européenne de coopération économique (OECE, aujourd’hui l’OCDE). Le montant total de l’aide correspond à 100 milliards de dollars actuels, soit environ 4 % du PNB pendant cinq ans.

Les Américains ont ainsi contribué à la coopération européenne, prélude à la construction européenne (Voir CEE).

Le mécanisme retenu consistait pour les États-Unis à fournir un crédit à un État européen. Ce crédit servait à payer des importations en provenance des États-Unis. L’état européen bénéficiaire encaissait, en monnaie locale, le produit des ventes de ces importations sur son marché national, ainsi que les droits de douanes afférents. Parallèlement cet État devait octroyer à des agents économiques nationaux (entreprises ou administrations) des crédits destinés à des investissements d’un montant deux fois supérieur au crédit qu’il avait lui-même reçu. L’État bénéficiaire devait en outre faire la preuve qu’il autofinançait sa part, sans recourir à la création monétaire. Par ce montage, les États-Unis encourageaient un effort significatif d’équipement et d’épargne en Europe.

La reconstruction européenne, relativement rapide, fut largement stimulée par l’aide américaine, tandis que l’économie américaine évita ainsi la récession à cause d’une surproduction massive qu’aurait pu entraîner la cessation des hostilités."

C’est de tout cela (Plan Marshall, CISL, CIA, Guerre froide...) qu’est née quelques décennies plus tard, la CES ; aboutissement de la première offensive anticommuniste de taille et du renouveau impérialiste US de l’après seconde guerre mondiale.

Intéressant, non ?

 ;-)

La CES est une machine à lécher les bottes de l’impérialisme américain pour les capitalistes européens qui "tiennent" l’UE.

Elle permet toutes les régressions et les modifications qui accentuent la division internationale du travail voulue et programmée par les gouvernements américains successifs pour pouvoir étendre l’impérialisme US dans le monde.

2. La question de la stratégie et celle des tactiques.

Donc, oui, la CES est un appareil idéologique de l’Union Européenne (qui n’est pas une supra-nationalité mais bien un lieu particulier de délégation de pouvoirs des États membres dans le cadre d’un processus impérialiste à domination US, et ce n’est pas pareil, et de domination de certains états européens sur d’autres - car l’impérialisme, c’est comme des poupées gigognes), oui la CES est cet appareil en ce que sa bureaucratie, son idéologie.... infiltrent les organisations de classe "nationales" et donc procède d’un double mouvement d’intégration à la pensée dominante. Oui, j’ai beau chercher et je ne vois RIEN de "globalement positif" à l’existence de la CES

Il est complètement erroné de penser, comme le pensent bcp de mb du PCf ou du PDG en France, que l’UE est une forme de "résistance" au capitalisme à hégémonie US. Qu’elle pourrait être plus colorée de social pour faire un "capitalisme européen à visage humain" qui ferait contrepoids à la domination US . On a déjà oublié le GATT, la PAC, etc, ou quoi ???

Compte tenu de cela (et de l’analyse de ce qu’est l’impérialisme à domination US, en nature, et actuellement ,et de quelle place/rôle jouissent la France et l’UE dans ce développement), il faut donc se poser par rapport à la CES, les questions de 1. la stratégie et de 2 . les tactiques.

"La stratégie, c’est l’élaboration d’une politique, définie en fonction de ses forces et de ses faiblesses, compte tenu des menaces et des opportunités, dans d’autres domaines que celui de la défense, notamment dans les activités économiques (stratégie d’entreprise, stratégie commerciale, industrielle, financière, etc.) mais aussi dans des jeux complexes".

Où en est-on, là, chez les travailleurs ?

"La tactique est l’art de diriger une bataille, en combinant, par la manœuvre, l’action des différents moyens de combat en vue d’obtenir le maximum d’efficacité. En dehors du domaine militaire et par extension, ce terme s’applique à toute confrontation (économique, commerciale, sportive, ludique, diplomatique, etc.) et décrit l’art d’utiliser de manière optimale les modes opératoires et les moyens dont on dispose, pour emporter un gain ou une décision.

Contrairement à la tactique dont l’enjeu est local et limité dans le temps (gagner la bataille), la stratégie a un objectif global et à plus long terme : c’est l’art de coordonner l’action de l’ensemble des forces pour gagner la guerre ou préserver la paix."

Même question que précédemment, quel est l’état des lieux ?

Ça fait matière à discussion tout cela, me semble-t-il....

LL



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Commentaires de l'article
La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 12h09 - Posté par Roberto Ferrario

La version de la CES par la conf CGT, on remarque la dernier phrase que en ce moment de demande de "démocratie directe" prend tout son sens démocratique et pluraliste...

Confédération européenne des syndicats(CES)

CES Confédération européenne des syndicats La Confédération européenne des syndicats (CES) a été créée en 1973 afin de défendre les intérêts des travailleurs au niveau européen et de les représenter devant les organes de l’Union européenne (UE). La CGT s’y est affiliée en 1999. L’incidence grandissante de la législation européenne sur la vie de tous les jours, a changé le cadre d’action des syndicats. Pour défendre leurs membres et négocier en leur nom efficacement au niveau national, ils doivent coordonner leurs activités et leurs politiques sur le plan européen. Pour influencer l’économie et la société au sens large, ils se doivent de parler d’une même voix et d’agir de concert au niveau européen. C’est la raison d’être de la CES. L’objectif de la CES : établir une UE avec une dimension sociale forte garantissant le bien-être de l’ensemble de ses citoyens. À l’heure actuelle, la CES regroupe 82 organisations membres de 36 pays européens, ainsi que 12 fédérations syndicales européennes, soit plus de 60 millions de membres, ainsi que des organisations ayant un statut d’observateur en Macédoine, en Serbie, et en Bosnie et Herzégovine La CES est un des partenaires sociaux européens et est reconnue par l’Union européenne, par le Conseil de l’Europe et par l’Association européenne de libre-échange (AELE) en tant qu’unique organisation syndicale interprofessionnelle représentative au niveau européen.

http://www.cgt.fr/-Confederation-eu...



La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 14h49 - Posté par

Hé oui Roberto,plus facile de trouver sur le site de la CGT l’expression du réformisme
de la CES,que celle de la lutte des Richard Ducros qui dure depuis janvier.

LR


La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 16h28

Un petit complément sur le site du Monde Diplo (article de 97 !) : http://www.monde-diplomatique.fr/1997/11/GOBIN/9450

Ben



La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 16h51

Merci BEN / Voici l’article (et n’oubliez pas de soutenir ce superbe journal qu’est Le Diplo en l’achetant, tout simplement !)


COMMENT APPRIVOISER ET FRAGILISER LE SYNDICALISME
Une Europe sociale en trompe-l’oeil

LE discours officiel européen enrichit son lexique en puisant de plus en plus dans le thème de l’emploi. Les 16 et 17 juin 1997, pour montrer que, désormais, cette question les préoccupait autant que la monnaie unique et le pacte de stabilité budgétaire, les chefs d’Etat et de gouvernement des Quinze ont décidé, lors du conseil européen d’Amsterdam, de se réunir en une session extraordinaire consacrée à l’emploi, le 21 novembre à Luxembourg. Ce sommet à peine annoncé, certains dirigeants, dont le premier ministre belge, M. Jean-Luc Dehaene, entendirent écarter tout malentendu : pour les gouvernants européens, il s’agirait essentiellement de « parler » de l’emploi. « Le gouvernement ne décrète pas l’emploi. Il peut, tout au plus, dessiner le cadre qui permet aux entreprises d’en créer. Le même raisonnement vaut pour l’Europe. C’est la raison pour laquelle j’ai dit très tôt que la convocation d’un sommet spécial sur l’emploi était une fausse bonne idée. Cela revient à susciter un espoir que l’on sait à l’avance ne pas pouvoir concrétiser (1). »

Quand le conseil européen d’Amsterdam « réaffirme l’importance qu’il attache à la promotion de l’emploi », les salariés ont de bonnes raisons de se méfier : l’objectif visé, qui tourne à l’obsession, est uniquement de faire progresser la « flexibilité ». Il s’agit de donner au monde patronal toute latitude pour remplacer le « bon emploi » par l’emploi précaire et mal payé. Le traité d’Amsterdam affirme certes que l’un des objectifs de l’Union est « de promouvoir un niveau élevé d’emploi », mais aussi, et c’est là l’essentiel, « un haut degré de compétitivité et de convergence des performances économiques ». Rien n’est dit sur la qualité des emplois à « promouvoir », ni sur la stabilité, la protection sociale ou la garantie des droits sociaux liés au travail. Bien au contraire ! Ce texte précise en effet que la main-d’oeuvre doit être « susceptible de s’adapter », et les « marchés du travail susceptibles de réagir rapidement aux changements économiques ». La résolution adoptée lors de ce sommet affirme que, pour favoriser la « création d’emplois plus nombreux, (...) il conviendrait de moderniser les régimes de protection sociale », et que « les systèmes d’imposition et de protection sociale devraient être rendus plus favorables à l’emploi ».

Faut-il encore traduire ce que ces expressions euphémisées recouvrent ? Déréglementation de l’ensemble des droits sociaux liés au travail, récupération patronale du salaire indirect des travailleurs (les cotisations des employeurs à la Sécurité sociale) et, à terme, réduction de la protection sociale à un filet de sécurité minimal permettant simplement de survivre dans l’extrême dénuement. Le document d’orientation adopté le 1er octobre par la Commission européenne, dans la perspective du prochain sommet de Luxembourg, est, à cet égard, dépourvu de toute ambiguïté : il n’y est question que de « flexibilité », d’« employabilité », de « mobilité », de temps partiel et, pour couronner le tout, de réorganisation des systèmes éducatifs en fonction des « besoins » du marché du travail.
La « déconstruction » démocratique

AU nom de l’emploi, le cadre communautaire continue ainsi à accentuer les politiques économiques qui, depuis plus de vingt ans, ont créé un volant de chômage élevé, précarisé et atomisé la main-d’oeuvre, fragilisé les forces syndicales en Europe et massivement favorisé les revenus du capital au détriment de ceux du travail. Face à cette offensive ultra-conservatrice, un vide immense. Après avoir été testée aux échelons nationaux à travers les divers plans d’austérité, la « déconstruction » démocratique, magistralement orchestrée à l’échelle européenne depuis 1985 avec le projet de marché intérieur, ne rencontre pas de véritable opposition coordonnée des organisations de salariés. La mise en place de structures syndicales de dimension européenne est pourtant une vieille histoire, aussi vieille que la construction européenne après 1945. La déchirure de la guerre froide frappa de plein fouet les syndicats, et précisément sur la question d’une reconstruction de l’Europe fondée ou non sur l’aide américaine concrétisée par le plan Marshall. Pour les deux camps en présence, le projet communautaire va largement s’inscrire dans la lutte pour ou contre le communisme : les dirigeants syndicaux communistes perçoivent l’Europe en formation comme une agression politique et économique envers l’Union soviétique, et les dirigeants syndicaux sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens comme un outil au service de la progression du niveau de vie des travailleurs, susceptible, de surcroît, de les détourner de toute velléité révolutionnaire. Ils y voient également le moyen de stabiliser une démocratie où le monde syndical non communiste serait reconnu comme l’interlocuteur légitime des pouvoirs politiques. Pour eux, démocratie et construction communautaire vont, dès lors, être perçues comme étroitement imbriquées.

Chaque fois que se créeront des institutions à dimension extra-nationale ou européenne - Organisation européenne de coopération éuropéenne (OECE), destinée à gérer le plan Marshall et préfigurant l’OCDE ; Bénélux ; Autorité internationale de la Ruhr ; Agence européenne de productivité ; Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) -, les deux courants syndicaux sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens constitueront chacun une structure de représentation auprès d’elles. Le scénario se répétera en 1958 avec la création, par six Etats, de la Communauté économique européenne (CEE). Cependant, leurs dirigeants vont vite constater que, dans ce nouveau contexte, un autre état d’esprit s’installe : la majorité de la classe politique européenne ne les considère plus comme des interlocuteurs privilégiés. Ils vont devoir endurer leur marginalisation croissante au sein du système décisionnel communautaire prévu par le traité de Rome, qui laisse le champ libre à l’action quotidienne du conseil des ministres. Leur objectif permanent va être de tenter de récupérer le pouvoir perdu (2) par une meilleure intégration des forces syndicales à l’échelle de l’Europe occidentale.

Cette visée se concrétisa, en 1973, avec la création de la Confédération européenne des syndicats (CES) regroupant, dans un premier temps, tous les syndicats sociaux-démocrates de l’Ouest du continent, pour s’ouvrir très rapidement à leurs homologues démocrates-chrétiens, et même communistes, au fur et à mesure que ceux-ci prenaient leurs distances avec la ligne dictée par Moscou. La CES a recruté sur une base très large, y compris en intégrant nombre d’organisations plus corporatistes et, depuis 1995, des syndicats de certains pays de l’Europe de l’Est. Elle regroupe actuellement 61 confédérations nationales, provenant de 28 pays, ainsi que 14 fédérations européennes sectorielles. La dernière grande absente reste la Confédération générale du travail (CGT), principal syndicat français, dont l’adhésion se heurte toujours au veto des autres confédérations françaises. Par organisations nationales interposées, la CES revendique ainsi la représention de 54 millions de syndiqués.

Ce regroupement régional sur une base (quasi) unitaire constitue certes une avancée dans l’histoire syndicale européenne et internationale - où la représentation du monde du travail est le plus souvent éclatée -, mais force est de constater que, face au patronat et aux décideurs politiques, il n’a pas encore permis de créer un rapport de forces favorable à l’échelon de l’Union. Il n’a pas davantage enrayé l’affaiblissement progressif du syndicalisme dans les cadres nationaux. Comment expliquer ce constat ?
Au sommet, loin des luttes

LE syndicalisme, tel qu’il est pratiqué au niveau communautaire, reste l’affaire de dirigeants et d’experts. C’est un syndicalisme du sommet, avec une base affiliée transnationale dont la mobilisation demeure du domaine du virtuel, faute à ce jour de tentative sérieuse de la déclencher (3). Forts de leur légitimité nationale, les dirigeants syndicaux ont imaginé qu’elle pouvait être extrapolée à un autre espace politique. Ils ont cru incarner, dans leur personne, la force de leur organisation, et faire ainsi l’économie des luttes revendicatives menées simultanément dans plusieurs pays.

En conséquence, le « syndicalisme européen » a seulement pris la forme de mini-ambassades de représentation auprès des institutions de la CEE, puis de l’Union. Une symbiose s’est créée avec le milieu ambiant : à Bruxelles et à Luxembourg, le mode technocratique de pouvoir impose de ne traiter qu’avec des chefs et des experts. La nécessaire articulation entre les différents niveaux nationaux et le niveau communautaire du syndicalisme a ainsi été négligée, de même que le développement d’une conscience militante européenne chez les salariés. La généralisation des comités de groupe européens des sociétés implantées dans plusieurs pays pourrait, à terme, favoriser la naissance d’un militantisme transfrontières. Les syndicalistes agissant auprès des centres de décision communautaires se sont ainsi retrouvés dans une situation d’isolement politique complet pendant près de quarante ans. L’absence de partis opérant à l’échelle européenne les privait des relais politiques qui s’étaient révélés indispensables dans le cadre national. Coupés de leur base et sans points de repère transnationaux, ils ont assimilé de façon plus ou moins marquée l’idéologie de l’eurocratie. Ce ralliement s’est accentué avec la très forte pénétration des idées néolibérales au sein des partis sociaux-démocrates et démocrates- chrétiens. A cela s’est ajouté, il y a une dizaine d’années, l’accroissement de la dépendance financière du syndicalisme européen à l’égard des institutions de la CEE, puis de l’Union. M. Jacques Delors a joué un rôle-clé dans cette évolution pendant ses dix années de présidence de la Commission (1985- 1994).

La nature du pouvoir politique européen est de type technocratique : dès qu’un compromis interétatique a été trouvé en conseil des ministres, ce pouvoir tente d’évacuer tout conflit à travers une gestion administrative de la chose publique. Il y a substitution du gouvernement des hommes par l’administration des choses, et institution de la norme technique en lieu et place du débat. Dans un tel cadre, tous les lieux d’expression de la conflictualité sociale sont affaiblis ou neutralisés par l’imposition d’une culture de la gestion commune. C’est ce qui se passe au Parlement européen où, par le biais de la procédure de co-décision avec le conseil dans divers domaines, on s’écarte de plus en plus du principe de séparation des pouvoirs. Il en va de même avec les méthodes de consultation des syndicats, qui visent essentiellement à leur enseigner à « penser juste ». Ainsi, le « dialogue social européen », si cher à M. Jacques Delors, a surtout servi, en une décennie, à faire progressivement accepter les contraintes du marché par les dirigeants syndicaux, donc à leur faire intérioriser les politiques d’austérité, de compétitivité, de privatisation et de flexibilité. Telle est également la signification profonde du partenariat social (4) à l’échelon européen.

En juin 1997, la CES a ratifié un accord-cadre avec les représentants patronaux européens sur le travail à temps partiel. Elle a pu y introduire le principe de non-discrimination dans les conditions d’emploi par rapport aux salariés à plein temps. C’est effectivement une victoire, mais à quel prix ! L’accord engage en effet les parties à promouvoir ce type de travail autant que faire se peut... Même la non-discrimination, dans ce cas, n’aurait de sens que si le principe était complètement appliqué, c’est-à-dire s’il concernait également les droits à la Sécurité sociale. Or, dans ce domaine, seuls les Etats sont compétents et, en conseil des ministres, toute décision doit être prise à l’unanimité ! L’encouragement systématique de l’emploi à temps partiel - et évidemment à salaire lui aussi partiel - contribue à un appauvrissement direct des travailleurs. Il permet également de faire oublier que les syndicats s’étaient imposés, en plus d’un siècle de luttes, comme des acteurs de la redistribution des richesses collectives vers plus d’égalité. Réduire la durée du travail sans perte de salaire, c’est contraindre le monde patronal à rémunérer davantage les salariés et moins les actionnaires. Les syndicats peuvent-ils se laisser cantonner au statut de gestionnaires de l’appauvrissement du monde du travail (5) ? A la CES, les délégués des syndicats néerlandais, italiens et ceux de la CFDT française sont les tenants les plus actifs d’un tel « syndicalisme de l’adaptation ».

Depuis le traité de Rome, c’est-à-dire depuis plus de quarante ans, le syndicalisme européen attend l’avènement d’une Europe sociale. Persuadée que le sens de la construction communautaire ne peut, in fine, être que positif, et ce quel que soit l’impact négatif des étapes intermédiaires, la CES apporte son soutien, certes critique, au projet d’Union économique et monétaire (UEM). Mais elle réclame en même temps un rééquilibrage des priorités afin que l’espace social européen bénéficie d’une organisation et d’une priorité équivalentes à celles accordées à l’espace économico-financier. Son engagement originel pour la construction communautaire a, en permanence, inhibé ses réflexes syndicaux lorsque des droits collectifs étaient remis en question par le projet ultralibéral européen. C’est ainsi que le secteur privé a pu absorber en toute impunité, et sans blocage syndical d’envergure, les espaces d’économie publique où la logique du profit était mise en échec pour garantir à chacun un exercice effectif de ses droits de citoyen.

Il est terriblement naïf de penser qu’une petite oasis sociale pourra un jour émerger d’un espace régi par le culte du marché et du libre-échange. Avec ses critères et son mode de gestion, l’UEM, complétée par le pacte de stabilité budgétaire signé à Amsterdam, joue déjà, à l’égard des pays européens, le même rôle que les plans d’ajustement structurel vis-à-vis des pays du tiers-monde : celui de gendarme du monde du travail.

L’Europe sociale ne pourra naître que d’un combat permettant d’imposer un pouvoir démocratique. A l’échelon national aussi, la prise en compte progressive des droits sociaux, à la fin du XIXe siècle, passa par la lutte pour l’obtention d’une démocratie politique effective. Et une Europe démocratique ne se bâtira pas seulement à coups de « nettoyages diplomatiques » des traités...
Corinne Gobin.

Intégration régionale, Protection sociale, Syndicalisme, Travail

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Corinne Gobin

Directrice du Groupe de recherche sur les acteurs internationaux et leurs discours (GRAID), Institut de sociologie, Bruxelles.

(1) Le Soir, Bruxelles, 21- 22 juin 1997.

(2) A la CECA, les syndicats disposaient en effet officiellement d’une capacité d’intervention non négligeable. Le transfert de compétences politiques du niveau national à celui de la Communauté, puis de l’Union, a contribué à largement vider de sens leur pouvoir d’intervention dans chacun des Etats membres.

(3) L’affaire de Renault-Vilvorde est-elle le premier signe d’une mobilisation transnationale ? Lire Corinne Gobin et Jean-Marie Pernot, « Le syndicalisme européen : ce grand inconnu », Politique, La Revue, no 5, juillet-août-septembre 1997.

(4) La reconnaissance des syndicats comme partenaires par la Commission est très ambiguë. Ils sont en effet de plus en plus consultés comme des experts du social et non comme les porteurs d’une revendication sociale et politique.

(5) La forte réduction collective du temps de travail, sans perte de salaire, est pourtant l’une des revendications centrales de la CES depuis 1976.



La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 17h42 - Posté par Alain Chancogne

Tu permets deux trois rajouts sur ton papier dont je partage l’essentiel ?

Un débat sur le concept d’ETAT-Nation démontrerait que je ne suis pas d’accord avec un point de vue que tu avances

Donc, oui, la CES est un appareil idéologique de l’Union Européenne (qui n’est pas une supra-nationalité mais bien un lieu particulier de délégation de pouvoirs des États membres dans le cadre d’un processus impérialiste à domination US, et ce n’est pas pareil, et de domination de certains états européens sur d’autres - car l’impérialisme, c’est comme des poupées gigognes), oui la CES est cet appareil en ce que sa bureaucratie, son idéologie.... infiltrent les organisations de classe "nationales" et donc procède d’un double mouvement d’intégration à la pensée dominante.

C’est un autredébat.

Pour moi, la supranationalité en processus est d’un besoin URGENT de la bourgeoisie et, en FRANCE plus qu’ailleurs :

Nous constituons de par la façon révolutionnaire dont s’est crée notre Pays -dans ces aspects contradictoires, , y compris en payant le prix du "jacobinisme qui est loin d’être un allié de l’autogestion..) une"exception" que le Capital s’est farci de façon "médicamenteuse" tant que sa crise globale permettait de lâcher du lest, mais qu’il faut traiter chirurgicalement, à la tronçonneuse quand vient l’heure d’une impossibilité de"réformisme"

Mais d’un besoin de RECUL humain (social, sociétal, politique, etc)

Ce qui a été d’abord une machine de guerre contre le"communisme" -tu le rappelles dans l’historique- devient une superstructure qui a pour mission de détruire tant faire se peut cette"exception" française qui reste, pour X raisons, une référence au delà des frontières..

Il y a selon moi, une marche vers la"barbarie" ,co- programméepar le K et ses larbins de parures aux diverses couleurs, , en cohérence manifeste ,vu l’approfondissement de la Crise du K, du besoin supranationales continentales,de nécessité pour la Social-démocratie européenne de se doter d’une courroie solide de transmission pouvant , au niveau EUROPE prétendre un jour pouvoir jouer le même rôle de relais officiel des socs dems tel que cela existe dans la plupart des pays(Grande-Bretagne, Allemagne , pays scandinaves, voire Espagne avec l’UGT)

Tant qu’en France, le courant révolutionnaire organisé a pu innerver la classe ouvrière par un PC "avocat du peuple" et une CGT "n’ ayant rien à voir avec les collabos CFDT-FO-FEN", la résistance à la compromission de classe a eu sa digue.

Je vais pas redire les défauts et les imperfections, les erreurs, etc etc.

Entre (grosso modo) les années80-2000, les communistes ou prétendus tels ont progressivement, en actes et en réflexion théorique, abandonné toute idée de possible révolution.

Certains par incroyable sur- estimation des rapports de force en faveur du K, , d’autres parce que, dans le"fond" ils n’avaient jamais cru un instant au COMMUNISME..

Bien entendu , avoir irrigué la lutte des classes à partir de la matrice léniniste qui est une négation objective du B-A BAdeMarx"Les masses fontl’Histoire"en donnant la primauté au Parti , au Syndicat en tant qu’organisations qui"dirigent" d’en haut...,cela ne pouvait pas aider à construire du "neuf" !

Dès lors qu’en plus y compris la CGT-voir Congrès de LILLE 1982- s’enfermait dans une démarche tragique : l’ovation à Mauroy, alors que se dessinait l’austérité, n’étant qu’un signe parmi d’autres.

Disons en gros et en caricaturant que la CGT va dès lors crédibiliser l’idée qu’elle devient syndicat "gouvernemental"....à quelques mois d’une accélération par le PS.de ce que nous avons , auPCF , alors qualifié de "pédagogie du renoncement"

"On atout essayé" déclare tonton. !

.
Ce"largage"l va se conjuguer avec le coup de massue derrière la tête de la chute du camp"socialiste", l’effondrement comme château de carte d’une FSM fortement arrimée au soviétisme.

Tout peut concourir alors à ce que le mouvement de concertavec du coté PC "mutation-liquidation" , et "ablation des attributs de CLASSE de notre CGT"coté syndicat puissent conduire sous de fallacieux prétextes de nécessaire "ccordination" à ce que laCGT rejoigne la CES !

Au moment ou grâce àWurtz.en particulier, le PC va faire le grand écart en terme d’approche de c’est qu’est l’U.E

Hue devient"euroconstructif" et Viannet- Thibault vont se gargariser de la reconnissance -victoire que constitue l’entré edans la CE S

Pour y rejoindre les"bons syndicats français".

Dans le Parti, on expliquait le besoin de cellule et du syndicat par laformule"on doitmarcher sur nos 2 jambes".
là c’est avec les jarrets coupés, tu risques pas avancer vite et loin !

 :)

Cette opinion évidemment n’est pas partagée par des camarades qui, y compris, contestent la ligne(?) actuelle conduite par les croque morts "frontistes" du corbillard pécéien.

Certains se fâchent tout "rouge"..quand je leur demande d’aller se rencarder AUSSI sur ceque rapporte aux syndicats"nationaux"....l’affiliation à la CES. !

On ne s’étonnera pas que j’y vois un lien avec la conversion européiste du PC et lacréation du fameux PGE...

Selon moi, tout se"tient"..

Cordialement

A.C



La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 17h53 - Posté par

Compte tenu du fait que BERLUSCONI ET SA BANDE VIENNENT DE PERDRE MILAN A PLUS DE 54 % PLUS QUE JAMAIS, JE PERMETS :-)))))))))

JE LIRAI QUAND J’AURAI DEGRISE HEIN ;-)

Bises

LL


La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 19h02 - Posté par

Un débat sur le concept d’ETAT-Nation démontrerait que je ne suis pas d’accord avec un point de vue que tu avances

Je sais que tu n’es pas d’accord ;-) ( on en a déjà discuté plus d’une fois, et n en rediscutera encore et encore, et si je n’arrive pas à te faire changer d’avis c’est que je n’ai pas réussi à te convaincre, donc, je vais m’y employer derechef ! :-)), mais l’analyse (que tu partages avec d’autres) de ce qu’est l’UE ne tient pas la route. Ni juridiquement, ni politiquement, ni économiquement. On en reparle ! (Plus tard donc parce que là euh bon donc... HIPS :-))

A + LL


La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 19h13 - Posté par Alain Chancogne

mais l’analyse (que tu partages avec d’autres) de ce qu’est l’UE ne tient pas la route.

GRRRRR !

..
L’analyse
de CHIANTI qu’on va te faire.. si tu prends ta bagnole pour mesurer ton taux desang..je suis pas certain, moi que ça te permemette de prendre le volant...et la..route !

Bon roupillon aviné !

Tu t’entraines pour lejour J de 2012 ou, on fêtera les 53 pour cent de voix de Gôôche qui se seront entassées à Neuilly !!

Wouarffffffffffff !

Le"VIEUX " se marre.....

 :))))

Donc @plus..ouais... ouais

biz catalanes..

Alain


La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
30 mai 2011 - 20h55 - Posté par

Tu t’entraines pour lejour J de 2012 ou, on fêtera les 53 pour cent de voix de Gôôche qui se seront entassées à Neuilly !!
Wouarffffffffffff !
Le"VIEUX " se marre.....

Beh.... c’est parce que t’es pas Milanais, t’es jaloux ;-)

Non, mais en fait ma joie est légèrement moqueuse (et ne me fait pas perdre de vue les réalités réelles....on en reparle aussi). Et parce que y’en a ici qui vont commencer à pétocher et peut être à réfléchir....en voyant le résultat milanais...

Mais c’est là que les athéniens s’atteignirent comme dirait l’autre... ;-)

on en reparle, quand l’effet des bulles sera dissipé ;)

bizz

LL


La Confédération Européenne des Syndicats, l’impérialisme, l’UE, la lutte des classes.
31 mai 2011 - 12h04 - Posté par Saturnin

Merci à la Louve pour ce petit rappel, ainsi qu’a Roberto pour nous dire dans qu’elle impasse la CGT essaie d’engager le monde du travail. Merci encore de l’article du Monde diplo.

Peut-être que tout cela nous invite à regarder vers d’autres formes d’organisations, plus locales, plus près des salariés, plus près des gens en général, sans "chefs" auto-proclamés ou non .

Rien n’empêcherait ces organisations locales d’avoir des liaisons nationales et internationales qui restent à définir ?

Il est certainement souhaitable de garder (encore) toute notre place dans les organisations ouvrières et sociales. Toutefois, pour certaines, rien ne sert de passer (et perdre) notre temps à changer le rapport des forces au sein de ces organisations. Elles ont trop d’intérêts (quelqefois financier) à ne pas changer d’un iota. Seulement, nous devons nous contenter d’y faire réfléchir des camarades sincères dans leurs investissements.

Pour le reste, je pense qu’il nous faut inventer des formes de résistance qui ne passent pas par les organisations habituelles.

Bon, ce sont des questions, avec beaucoup d’interrogations.

Saturnin






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