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Notre Corps électoral : Analyse par Alexis Corbière

par JO

Publie le lundi 14 août 2017 par JO - Open-Publishing

NDLR : Encore du "grain à moudre" ? Vers le vote obligatoire qui existe déjà en quelque part en Europe ? La meute macroniste vient de botter en touche !

Voilà ce qu’affirme Alexis Corbière, lors de son passage mercredi 31 août sur l’antenne de RMC : "Il y a 7 millions de gens qui ne sont pas inscrits ou mal-inscrits sur les listes électorales. C’est ça, la réalité du pays. Ce n’est pas le petit monde, le ’mondillot’, des partis politiques".

Combien y a-t-il de non-inscrits ou de mal-inscrits ?
C’est en fait beaucoup plus. D’après un récent rapport parlementaire sur les modalités d’inscripation sur les listes électorales, la somme des non-inscrits et des mal-inscrits est plutôt de 9,5 millions de personnes. Soit beaucoup plus que le chiffre avancé par Alexis Corbière.

Dans le détail, on compterait en France 3 millions de non-inscrits sur les listes et 6,5 millions de personnes mal-inscrites. Des chiffres valables pour 2012, "dernière année pour laquelle il est possible de confronter les études électorales conduites par l’INSEE et plusieurs chercheurs en science politique avec les résultats définitifs établis par le ministère de l’Intérieur",précise le rapport des parlementaires.

Qui sont ces 9,5 millions de Français ?
Chez les 3 millions non-inscrits, les chercheurs ont noté une sur-représentation de non-diplômés et de Français nés à l’étranger. "Au total, un tiers des Français par naturalisation serait absent des listes électorales", détaille le rapport.

Du côté des mal-inscrits, c’est-à-dire chez les 6,5 millions de personnes qui n’habitent plus près de leur bureau de vote, ce sont plutôt des diplômés et des actifs. Une population qui, normalement, vote plus que les autres.

Quelle conséquence sur l’abstention ?
D’après les travaux des chercheurs, la mal-inscription représente la première cause de l’abstention. En 2012, pour la présidentielle et les législatives, l’absention a été de moins de 10% chez les inscrits contre 28,2% chez les électeurs qui sont inscrits ailleurs que dans leur commune de résidence.

Pour tenter de remédier à cette situation, les parlementaires ont voté cet été une réforme de la procédure d’inscription sur les listes électorales. Texte qui prévoit notamment que l’inscription pourra se faire jusqu’à 30 jours avant le vote, contre le 31 décembre de l’année qui le précède jusqu’à présent.

Une réforme qui prendra effet d’ici la fin 2019