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CHOMDU 17
de : P'tit Nico
jeudi 28 février 2008 - 14h09 - Signaler aux modérateurs
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de P’tit Nico

Y l’a tellement eu peur d’"l’peuple" en 1848 et en 1871, l’bourgeois, qu’après l’avoir fait massacré par « des soldats imbéciles » que « des bourgeois forcenés, poussant par derrière au carnage, ont gorgés de vin et de haine » qu’y dit l’pote Blanqui, et avoir porté au pouvoir « le chef de la Société du 10 décembre, un chevalier de fortune venu de l’étranger, élevé sur le pavois par une soldatesque ivre, achetée avec de l’eau-de-vie et du saucisson » y rajoute l’pote Karl, qu’maintenant, y dit Fred y faut leur donner en plus l’Taser-qui-torture, y s’est réuni avec tous les hommes d’lumière pour trouver comment empêcher "l’peuple" d’croire qu’ « la république, c’est l’émancipation des ouvriers, c’est la fin du règne de l’exploitation, c’est l’avénement d’un ordre nouveau qui affranchira le travail de la tyrannie du capital », comm’y disait l’pote Blanqui.

Parce qu’y l’y croyait à sa souveraineté d’"peuple souverain", l’con, comm’ "l’peuple" de not’ président y croyait qu’les riches amis d’not’ président y z’allaient partager l’pouvoir d’ach’ter des merdes et l’protéger de tous les méchants. Y savait pas encore qu’« la démocratie vulgaire (...) voit dans la République démocratique le millenium et (...) ne soupçonne guère que c’est précisément sous cette forme ultime de l’Etat de la société bourgeoise que devra se livrer la bataille définitive entre les classes » comm’ y dit l’pote Karl.

Parce que pendant qu’le pauvre y s’prélassait au fond des mines ou dans ses cavernes à la campagne, l’ bourgeois, ou plutôt la bourgeoise, vivait une vie de stakhanoviste du loisir : « Depuis les fastes de la Restauration, ell’ raconte m’dame Csergo, et la formation d’un "Tout-Paris" qui se substitue à l’aristocratie dans ce déplacement du divertissement qui s’opère de la Cour vers le monde parisien, la grande ville affiche son emploi du temps. Sous le Second Empire, les stéréotypes se construisent autour d’un espace urbain officiellement investi par un horaire, lui-même régi par l’obligation d’une utilisation exhaustive du temps de loisir. Jusqu’à la Belle Epoque, ce "calendrier de la vie parisienne", institution d’inspiration aristocratique, s’énonce dans l’ensemble des chroniques et des guides qui révèlent aux touristes comme aux provinciaux soucieux de se "déprovincialiser" le périple initiatique des temporalités parisiennes.

À travers une rhétorique du dénombrement des horaires et des lieux, c’est un mode spécifique d’usage du temps et de l’espace qu’il convient de s’approprier afin de réfléchir, dans cette reconnaisance du même au même, l’image, même fallacieuse, du parisianisme : savoir, par exemple, que la saison hippique donne sa cadence à la vie parisienne, qui s’ouvre avec le début des courses pour se clore à la fin du printemps, avec le Grand Prix ; que le rythme des saisons du beau monde entraîne le Tout-Paris à se retrouver l’été dans les stations balnéaires de la Manche et à faire battre les buissons en automne pour des parties de chasse à la campagne ; que l’horaire parisien obéit à des règles impératives : être vu au Bois avant de retourner au centre-ville pour déjeuner, vers treize heures ; s’enhardir à patiner, avant seize heures pour les femmes de bonne condition, après seize heures pour la foule plus faisandée des demi-mondaines, au palais des Glaces où, comme à l’Opéra, loges et baignoires se louent pendant la saison ; courir, entre seize et dix-huit heures, le rythme effréné des femmes du monde, entre visites et magasins, salons et vernissages, pendant que les messieurs se rencontrent au club ; prendre le temps de défiler à nouveau vers le Bois - vendredi, jour de l’hippodrome, est le jour élégant - avant de revenir, entre dix-huit et vingt heures, selon la saison, prendre l’apéritif et dîner sur les boulevards, jamais avant vingt heures ; se presser ensuite au spectacle, en respectant, là encore, les règles du calendrier hebdomadaire : lundi et vendredi à l’Opéra, mardi au Français, samedi au Nouveau Cirque ; prendre, à partir de minuit, le temps de souper, de s’attarder dans un café, avant de se déplacer, à l’aube vers les Halles ou de se replier, dans un ultime raffinement, sur le Pré Catelan pour y boire un lait chaud. (...)

L’urbanisme du Second Empire a conçu le temps de la promenade dans sa continuité autour de parcs et de jardins pensés comme des "boulevards verts". Jusqu’alors réservés à des fonctions résidentielles, les espaces verts s’intègrent désormais à l’espace public pour constituer des réseaux d’aération et de respiration urbaines, des circulations de salubrité publique, des circuits de promenade et de récréation esthétiques et culturelles. C’est sur le modèle de Hyde Park, dont l’agencement avait forcé l’admiration de l’Empereur, que, dans une parfaite symétrie est/ouest, les parcs périurbains comme le bois de Boulogne et le bois de Vincennes ont fini d’être aménagés dans la codification d’une urbanité du vert propre aux classes oisives et aisées qui sont censées les investir. Dans le prolongement des Champs- Elysées, le bois de Boulogne, lieu de promenade et de défilé prise depuis le début du siècle est entièrement restructuré selon les indications de l’Empereur lui-même. Entre 1852 et 1858, ses huit cent cinquante hectares, aménagés de vastes perspectives étendent l’extraordinaire artifice de quatre-vingt-quinze kilomètres d’allées et de sentiers, de jardins floraux, de lacs, d’îles, de rivières et de cascades. Des cafés et des restaurants s’y implantent, favorisant une sociabilité toute boulevardière. Au véritable "complexe de loisir" qu’est le Bois, on rattache deux champs de courses : celui de Longchamp restauré et modernisé en 1857 et le nouvel hippodrome d’Auteuil annexe à l’ensemble en 1870. (...)

... la nuit de Paris, désormais contrôlable, autorise l’instauration d’un nouvel ordre nocturne qui devient l’une des formes caractéristiques de la modernité urbaine. L’éclairage public joue ici un rôle déterminant : il illumine la vie sociale de l’Empire et autorise la prolongation du temps de la consommation, fournissant le cadre sécurisant indispensable au déploiement d’un éclairage commercial qui revêt, dans la gaieté du néon et à en croire les relations de voyages qui, toutes, racontent la nuit parisienne, l’allure festive d’un feu d’artifice permanent.

C’est dans un spectacle, que Walter Benjamin a exposé comme phénomène de la nuit donné à voir comme intérieur lumineux de plein air, que le Boulevard consacre ce triomphe éblouissant de la lumière là où les vitrines s’apparentent désormais à une scène, la rue à une salle de théâtre et les passants - qui s’agglutinent devant les magasins illuminés - à un public.

Dans la tradition des illuminations de la Fête baroque des élites d’ancien Régime, le XIXe siècle voit donc s’instaurer, dans le cadre de la Fête impériale, puis se généraliser, autour du Gai Paris de la Belle Epoque, une culture nocturne, décalant vers le soir le temps et les activités d’une "classe de loisir" qui dîne plus tard, soupe après le spectacle, allonge et multiplie les veilles, dans une temporalité publique devenue distinctive. La distance de la nuit s’établit ainsi entre cette élite parisienne, qui évo1ue dans d’autres jours et d’autres nuits, et la population du commun : celle des ouvriers qui entament leur journée de travail et qu’elle croise, dans une inversion des rythmes quotidiens, au petit matin et celle de la province au rythme dicté par la succession des nuits et des jours solaires. Alors que, par l’effet de l’artifice lumineux, la nuit convertit son imaginaire et ses temporalités, le domaine traditionnellement inquiétant du nocturne investit le souterrain, ces coulisses révélées par l’éventration de la ville et dotées d’une profondeur infinie.

En 1844, dans un numéro de La Revue de Paris, Esquiros évoque ce singulier contraste entre un dessus de lumière et l’insondable obscurité d’un dessous où "[...] le silence, la solitude, la nuit vous enveloppent comme dans les plis froids d’un linceul".

Entre 1830 et le Second Empire, dans une vague de "mystères", la littérature macabre et criminelle s’empare de ce thème, nourrissant à travers les dramaturgies souterraines d’Eugène Sue, Victor Hugo, Esquiros ou Alexandre Dumas, une imagination populaire avide de vies secrètes et de races inquiétantes, nocturnes et souterraines.

L’industrie naissante du loisir s’en saisit à son tour : la promenade se déroule alors dans le labyrinthe ténébreux des catacombes. Entre galeries bordées de vestiges humains et d’expositions d’ossements pathologiques, la promenade dans le réalisme de "la ville des morts" ne constitue nullement, dans un premier temps, une pratique de loisir populaire : quand bien même, ainsi que le déplorent certains, les catacombes "ne donnent pas le frisson d’horreur qu’en attendent les visiteurs", ces excursions guident, dans un romantisme d’outre-tombe, l’effroi d’une bonne société qui lance la vogue du divertissement sépulcral ; en 1852, Méry consacre un guide entier aux Salons et souterrains de Paris, alors que les caves du fameux café Anglais prennent "des allures de catacombes" pour l’auteur anonyme du Paris viveur.

C’est aussi, dans le saisissement d’une opacité humide et glacée, l’extraordinaire réseau souterrain des égouts qui devient à son tour objet de promenade, exacerbant l’ambivalence du sentiment de fascination et de répugnance induit par la modernité de l’immense cloaque sur lequel est bâti Paris. Une extrême mécanisation prévaut dans ces sombres itinéraires savamment éclairés et parcourus en wagons puis en bateaux, au fil de l’eau, depuis la rue Saint-Denis jusqu’à la Madeleine : "C’est devenu une sorte de partie de plaisir de visiter les égouts, note Maxime du Camp. Tous les mois, on y fait une promenade publique, et les billets distribués par l’administration sont fort recherchés. Dans le mouvement de popularisation qui affecte ces promenades, les excavations constituent le clou de l’Exposition de 1889 : c’est au cours d’une spectaculaire "Descente aux Enfers" que se déroulent, sous les yeux des visiteurs et dans une pédagogie républicaine du progrès industriel, de grands tableaux en trompe l’oeil de galeries d’égouts, de catacombes, de carrières et de mines de charbon et de fer. »

C’est qu’l’pauvre, y dit mon ancien délégué syndical CGT, y y sait bien qu’pour l’homme des lumières ami du Progrès du commerce et d’l’industrie, lui, y l’était pas un homme, comm’ y raconte m’sieur Castel : « L’abbé Sieyès a été, on le sait, le principal inspirateur de la Déclaration des droits de l’homme. C’est aussi lui cependant qui a écrit : « Parmi les malheureux voués aux travaux pénibles, producteurs de la jouissance d’autrui et recevant à peine de quoi sustenter leur corps souffrant et plein de besoins, dans cette foule immense d’instruments bipèdes, sans liberté, sans moralité, ne possédant que des mains peu gagnantes et une âme absorbée, est-ce là ce que vous appelez des hommes ? Y en a-t-il un seul qui fût capable d’entrer en société ? »

C’est qu’l’pauvre, y l’est là pour bosser. Et pis c’est tout. « Si toute jouissance sociale est fondée sur le travail, il est indispensable, pour l’intérêt de la classe jouissante, de veiller à la conservation de la classe laborieuse. C’est un besoin, sans doute, de prévenir le désordre et les malheurs de la société. C’en est un de veiller à la conservation de cette immense et précieuse pépinière de sujets destinés à labourer nos champs, à voiturer nos denrées, à peupler nos manufactures et nos ateliers » qu’y dit m’sieur Copeau en 1787, y continue m’sieur Castel : « On voit dans ce texte se fractionner l’attitude à l’égard des populations laborieuses. La vieille posture répressive n’est pas récusée. Elle surplombe tojours le paysage pour parer aux dangers auxquels l’excès de la misère peut conduire ceux qui n’ont plus rien à perdre. Mais pour la majorité des pauvres – la majorité de la population -, l’image de la pépinière prend désormais tout son sens. Les catégories laborieuses représentent une masse à entretenir avec soin, à cultiver au sens propre du mot, c’est-à-dire à travailler pour la faire travailler, afin de faire pousser et récolter ce dont le travail est porteur : la richesse sociale. La population est vraiment la source de la richesse des nations – mais à la condition, évidemment, qu’elle travaille. Cela dans "l’intérêt de la classe jouissante" ».

Cest que « Dieu, en donnant à l’homme des besoins, en lui rendant nécessaire la ressource du travail, a fait du droit de travailler la propriété de tout homme, et cette propriété est la plus sacrée et la plus imprescriptible de toutes » y l’avait déjà compris m’sieur Turgot en 1776.

C’est pour ça qu’y l’est tout content l’bourgeois parce que « depuis longtemps on cherche la pierre philosophale ; elle est trouvée, c’est le travail » y dit m’sieur de Coppans en 1789, vu qu’m’dame Arendt ell’ explique que « l’ascension soudaine, spectaculaire du travail, passant du dernier rang, de la situation la plus méprisée, à la place d’honneur et devenant la mieux considérée des activités humaines, commença lorsque Locke découvrit dans le travail la source de toute propriété ; elle se poursuivit lorsque Adam Smith affirma que le travail est la source de toute richesse ; elle trouva son point culminant dans le "système du travail" de Marx, où le travail devint la source de toute productivité et l’expression de l’humanité même de l’homme. »

C’est pour ça qu’des fois l’ouvrier communiste y l’est fier d’être l’homme nouveau du capitalisme vu qu’y peut devenir tout d’suite l’homme nouveau du communisme militaire.

Sauf, qu’y dit m’sieur Castel, « la véritable découverte que promeut le XVIIIe siècle n’est pas celle de la nécessité du travail, mais celle de la nécessité de la liberté du travail. »

Du travail, pas du travailleur ! comm’y disent à la CGT, y s’moque Fred. « L’âme du commerce est l’industrie, l’âme de l’industrie est la liberté », qu’y disaient les rapporteurs de la loi Le Chapelier en 1791, pas l’âme du travailleur !

« La construction d’ensemble qui met au premier plan le libre accès au travail comporte un maillon faible, y continue m’sieur Castel. Elle fait porter le poids de la liberté nouvelle au travailleur manuel, c’est-à-dire à un individu sans ressources, sans dignité, et dont () le statut demeure proche de celui que l’on attribue à l’époque à la "canaille". »

"Racaille" ? y sursaute Afid. Non "canaille", y répond Djamel, mais ça veut dire pareil, si tu travailles pas et qu’tu fermes pas ta gueule, tu vas en tôle.

C’est normal, ell’ rajoute la soeur à Polo qui suit l’histoire, puisque : « le travail est une marchandise et, comme telle, un article de commerce. Lorsqu’une marchandise est portée sur le marché, la nécessité que le prix s’élève ne dépend pas du vendeur, mais de l’acheteur. L’impossibilité de survivre de l’homme qui apporte son travail au marché est complétement hors de question selon cette manière de voir les choses. La seule question est : qu’eest-ce que ça vaut pour l’acheteur ? » comm’ y dit m’sieur Burke.

Qu’m’sieur Jaurès y dit à l’Assemblée : « Vous avez fait la République, mais par là vous avez institué entre l’ordre politique et économique dans notre pays une véritable contradiction. Dans l’ordre politique, la nation est souveraine.

Vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois (...) mais au moment où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage. Et, à tout moment, ce roi dans l’ordre politique peut être jeté à la rue. »

En fait, y résume mon ancien délégué syndical CGT, vu qu’l’ouvrier y veut pas s’laisser faire à travailler comm’ une bête mêm’ avec la maréchaussée et l’curé sur l’dos, et qu’y commence à s’organiser avec les révolutionnaires et les anarchistes en revendiquant sa souveraineté d’"l’peuple"-c’est-moi, l’bourgeois y veut inventer un nouvel ordre social pour qu’l’droit y donne pas les droits au pauvre, et qu’en plus l’pauvre y puisse plus rien dire puisque c’est la loi, qu’c’est comm’ c’était avant avec Dieu, sauf que là c’est l’patron.

Alors, l’bourgeois y va utiliser la misère dans laquelle y met l’pauvre en lui enlevant c’qu’y l’avait, en en faisant un vagabond qui va chercher du travail loin d’chez lui, pour lui reprocher son "état" d’misère dont y serait responsable vu qu’y l’est feignant, sale, vicieux, l’regard fuyant, etc. Qu’ vu qu’ « la pauvreté est à la richesse ce que l’enfance est à l’âge adulte » comm’y dit m’sieur l’baron de Gérando, « l’ouvrier est un enfant robuste, mais ignare, qui a d’autant plus besoin de direction et de conseils que sa position est plus difficile », y rajoute m’sieur Rossi. Qu’de tout’ manière c’est un’ classe inférieure, comm’l’nègre qu’est un’ race inférieure et qu’l’sauvage c’est un n’enfant aussi par rapport au civilisé. Sauf qu’c’est un n’enfant qui grandit pas et qui devient jamais adulte. C’est comm’ ça, c’est génétique. La preuve c’est qu’dès qu’on l’oblige pas à s’occuper y va faire qu’jouer avec la bergère ou taper l’carton avec les potes en buvant un’ bière.

Qu’donc, y faut mettre l’pauvre sous la tutelle du riche et pour ça, y dit l’baron de Gérando, « nous avons plus de confiance dans les mesures qui auront pour objet de propager les lumières, d’encourager le travail en le guidant, d’établir entre les capitalistes, les consommateurs et les producteurs des relations amicales, de suppléer par un bienveillant patronage à l’impuissance des faibles. » « Tutelle, patronage, "capacités" ou "autorité sociale" : notions fondatrices d’un plan de gouvernementalité à l’égard des classes inférieures, y dit m’sieur Castel. Une réponse à la fois politique et non étatique à la question sociale est possible, s’il est possible d’instrumentaliser à partir de ces notions un ordre de relations assez puissantes pour conjurer le risque de dissociation qui hante la société au début du XIXème siècle ». Risque de révolution et peur d’l’ouvrier, ouais, y dit Fred. « Chaque habitant vit dans sa fabrique comme les planteurs des colonies au milieu de leurs esclaves ; la sédition de Lyon [révolte des canuts en 1831] est une espèce d’insurrection de Saint-Domingue... Les Barbares qui menacent la société ne sont point au Caucase, ni dans les steppes de la Tartarie.

Ils sont dans les faubourgs de nos villes manufacturières... Il faut que la classe moyenne sache bien l’état des choses ; il faut qu’elle connaisse sa position » y flippe m’sieur Girardin.

C’est d’ça qu’y z’avaient peur les bourgeois qu’y s’prennent forcément pour "la" société vu qu’l’prolo c’est pas un homme.

Et qu’leur larbins philosophes des lumières y sont là pour leur cirer les pompes, comm’ m’sieur Hugo qu’c’est « le génie en qui vivait l’idée humaine » qu’y disaient les journaux qu’l’pote Lafargue y répond : « ils comprennent bien mal Hugo, ceux qui voient en lui un homme voué à la réalisation d’une idée : à ce compte, sa vie serait un tissu de contradictions irréductibles. Il laissa ce rôle aux idéologues, aux hurluberlus qui rêvent leur vie ; il se contenta d’être un homme raisonnable, ne s’inquiétant, ni de l’effigie de ses pièces de cent sous, ni de la forme du gouvernement qui maintient l’ordre dans la rue, fait marcher le commerce, et donne des pensions et des places. Dans son autobiographie il déclare explicitement que "la forme du gouvernement lui semblait la question secondaire". Dans la préface des Voix intérieures de 1837, il avait pris pour devise : "Être de tous les partis par leurs côtés généreux (c’est-à-dire qui rapportent) ; n’être d’aucun par leurs mauvais côtés (c’est-à-dire qui occasionnent des pertes)". Hugo a été un ami de l’ordre : il n’a jamais conspiré contre aucun gouvernement, celui de Napoléon III excepté, il les a tous acceptés et soutenus de sa plume et de sa parole et ne les a abandonnés que le lendemain de leur chute. Sa conduite est celle de tout commerçant sachant son métier : une maison ne prospère que si son maître sacrifie ses préférences politiques et accepte le fait accompli. (...)

Il était de ceux qui fermaient les ateliers nationaux, qui jetaient les ouvriers dans la rue, pour noyer dans le sang les idées sociales, qui mitraillaient et déportaient les insurgés de juin, qui votaient les poursuites contre les députés soupçonnés de socialisme, qui soutenaient le prince Napoléon, qui voulaient un pouvoir fort pour contenir les masses, terroriser les socialistes, rassurer les bourgeois et protéger la famille, la religion, la propriété menacées par les communistes, ces barbares de la civilisation. Avec un courage héroïque, qu’aucune pitié pour les vaincus, qu’aucun sentiment pour la justice de leur cause n’ébranlèrent, Victor Hugo, digne fils du Brutus Hugo de 1793, vota avec la majorité, maîtresse de la force. (...) L’Événement, son journal fondé le 30 juillet 1848, prenait cette devise, qui, après juin, était de saison :

"Haine à l’anarchie – tendre et profond amour du peuple". Et pour qu’on ne se méprît pas sur le sens de la deuxième sentence, le numéro spécimen disait que L’Événement "vient parler au pauvre des droits du riche, à chacun de ses devoirs". Le numéro du 1° novembre annonçait "qu’il est bon que le National qui s’adresse à l’aristocratie de la République se donne pour quinze centimes, que L’Événement qui veut parler au pauvre se vende pour un sou". Le poète commençait à comprendre que dans les petites bourses des pauvres, se trouvaient de meilleures rentes que dans les fonds secrets des gouvernements et les coffres-forts des riches. (...) En exil, pour plaire à son entourage, il pérora sur la liberté de la presse, de la parole et bien d’autres libertés encore ; cependant il ne détestait rien plus que cette liberté, qui permet "aux démagogues forcenés de semer dans l’âme du peuple des rêves insensés, des théories perfides... et des idées de révolte".

L’insurrection abattue, la Chambre vota le cautionnement qui commandait "silence aux pauvres !" selon l’expression de Lamennais. L’Événement s’empressa () d’approuver "cette mesure si favorable à la presse sérieuse". Le libertaire Hugo n’était pas homme à hésiter devant l’amputation de toute liberté qui inquiète la classe possédante et trouble les cours de la bourse. (...) La phraséologie fulgurante du Hugo des trente-cinq dernières années donne la chair de poule aux trembleurs qu’épouvantent les mots ; aux prudhommes pour qui tout saltimbanque, jonglant avec les vocables Liberté, Égalité, Fraternité, Humanité, Cosmopolitisme, États-Unis d’Europe, Révolution et autres balançoires du libéralisme, est un révolutionnaire, un socialiste bon à coffrer, sinon à fusiller. Mais Hugo, et c’est là son plus sérieux titre à la gloire, sut mettre en contradiction si flagrante ses actes et ses paroles, qu’il ne s’est pas encore rencontré en Europe et en Amérique un politicien pour démontrer d’une manière plus éclatante la parfaite innocuité des truculentes expressions du libéralisme. Ainsi que l’on se nourrit de pain et de viande, Hugo se repaît d’Humanité et de Fraternité. »

L’Victor, y parle comm’ m’sieur l’comte d’Tocqueville, ell’ remarque la soeur à Polo : « Il faut que nous déchargions le pays du poids que cette pensée du socialisme fait peser, pour ainsi dire sur sa poitrine... [Le socialisme est] un appel énergique, continu, immodéré aux passions matérielles de l’homme... ». Mais m’sieur Hugo est plus clair : « je suis prêt à dévouer ma vie pour empêcher l’établissement de la République qui abattra le drapeau tricolore sous le drapeau rouge, fera des gros sous avec la colonne, jettera à bas la statue de Napoléon et dressera la statue de Marat, détruira l’Institut, l’École polytechnique et la Légion d’honneur ; ajoutera à l’illustre devise : Liberté, Égalité, Fraternité, l’option sinistre : ou la mort ; fera banqueroute, ruinera les riches sans enrichir les pauvres, anéantira le crédit qui est la fortune de tous et le travail qui est le pain de chacun, abolira la propriété et la famille, proménera des têtes sur des piques, remplira les prisons par le soupçon et les videra par le massacre, mettra l’Europe en feu et la civilisation en cendres, fera de la France la patrie des ténèbres, égorgera la liberté, étouffera les arts, décapitera la pensée, niera Dieu. Cette république est la république sociale ». Eh bê, y dit Djamel, et encore y z’ont pas connu l’Urss ! Ces penseurs qui ont peur d’être décapité vu qu’c’est eux la pensée !

« Donne-lui tout de même à boire, dit mon père, ... ce héros au sourire si doux ».

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LE BOURREAU DES GOODYEAR ACCEUIL LA CGT ... !!!
mardi 14 - 08h39
de : Mickael Wamen
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Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin
lundi 13 - 16h46
de : jean 1
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I.B. Ou la Bourgeoise Ridicule.
lundi 13 - 16h44
de : L’iena rabbioso
Syndicalisme et féminisme : aller ensemble vers l’égalité.
lundi 13 - 09h18
de : Christian DELARUE
2 commentaires
Italie : 12 mai 1977, l’assassinat de Giorgiana Masi (videos)
lundi 13 - 08h28
de : Roberto Ferrario
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Congrès de la CGT : pourquoi les débats s’annoncent vifs sur les questions internationales
lundi 13 - 08h16
de : Stéphane Ortega
3 commentaires
Menacée par les autorités, la juriste, Georgia Pouliquen, nous parle d’Angleterre, exfiltrée par des amis anglais (videos)
dimanche 12 - 17h56
de : nazairien

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En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
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Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
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Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
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Disparition de Marceline Lartigue, Communiqué de presse
dimanche 6 mai
de Micheline Lelièvre
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Marceline Lartigue. Elle s’était faite discrète les temps derniers, mais je voudrais saluer la mémoire de celle que je connaissais depuis le début de sa carrière. Elle avait 16 ans, je crois, et dansait avec Fabrice Dugied la première fois que je l’ai vue. Puis nous nous sommes liées d’amitié. Marceline avait un caractère bien trempée, une intelligence très fine et un grand talent de chorégraphe. (...)
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Marceline Lartigue est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en pleine distribution de tracts
samedi 5 mai
de Jean-Marc Adolphe
Aujourd’hui, 1er mai 2018, Marceline Lartigue ne participe pas aux manifestations du 1er mai 2018. Cela ne lui ressemble pas. Mais elle, tellement vivante, ça ne lui ressemble pas non plus de mourir. Et pourtant, Marceline est partie en voyage, rejoindre Antonio Gramsci et quelques autres camarades de lutte (l’un de ses tout derniers billets sur Facebook rendait hommage à Gramsci, mort le 27 avril 1937). Marceline est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en (...)
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Tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai...
vendredi 4 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
C’est une photo prise par Baker 5 minutes avant que tu tombe... Avec ton sourire magique, Marceline Lartigue Ma compagne, mon amour, mon amie, ma camarade tu me manque, tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai, avec tout mon courage et ma force je suis pas arrivé a empêcher la faucheuse de faire son salle boulot, tout le temps ensemble sur les barricadés contre les injustices de cet monde, aujourd’hui je part a manifester pour (...)
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13 Mars ! Déjà 8 ans que Jean Ferrat nous quittait emportant ses rêves inachevés d’un monde meilleur (video)
mercredi 14 mars
de Roberto Ferrario
Jean Ferrat, auteur-compositeur né le 30 décembre 1930 à Vaucresson (Seine et Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche) est intimement lié à la commune d’Ivry-sur-Seine, où il a vécu 40 ans. En octobre 1960, il s’installe avec sa compagne Christine dans un petit appartement du 129, rue de Paris (plus tard renommée avenue Maurice Thorez), qui servira de cadre à plusieurs reportages lui étant consacrés, dont cet extrait de l’émission "Au delà de l’écran" (...)
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