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Affaire charlie hebdo : l’indignation ne doit pas être sélective !!

samedi 5 novembre 2011, par Chavez Hugo

Depuis quelques jour à Paris et bientôt à Toulouse, des intégristes catholiques ententent perturber les séances de deux pièces de théâtre qu’ils jugent « blasphématoires ».

Mails, coups de téléphones : le théâtre Garonne de Toulouse subit depuis plusieurs semaines des pressions et des menaces visant à annuler les représentations du spectacle de l’auteur argentin Rodrigo Garcia, Golgota Picnic.

Comme le théâtre de la Ville à Paris pour une pièce de l’Italien Romeo Castellucci (Sur le concept du visage du fils de Dieu), le théâtre Garonne est dans le viseur des intégristes de Civitas. Il semble que cette indignation soit sélective pour le ministre de l’intérieur Claude Guéant devenu le grand ami de Charlie Hebdo.

Avant les attaques contre la rédaction du journal Charlie Hebdo, ce sont des catholiques intégristes qui ont suscité la polémique, celle-ci ne créant en aucun cas le même élan de solidarité et de soutien que pour l’hebdomadaire satirique. Interrogé sur la question par le site d’information Rue89, le ministre de l’Intérieur Guéant a tenu à distinguer les deux affaires : "Les intégristes chrétiens, comme vous les qualifiez, protestent, ils expriment aussi des opinions, il ne brûlent pas. En l’occurrence l’incendie chez Charlie Hebdo, nous avons affaire à un attentat".

Avant même que l’origine de l’incendie soit déterminé , le ministre parle déja d’attentat avec le sous entendu "attentat islamiste"

Ces propos illustrent parfaitement la différence de traitement entre deux atteintes à la liberté d’expression liées à la religion pourtant très similaires. Car, et contrairement à ce qu’affirme Claude Guéant, les intégristes catholiques - tout comme les incendiaires de la rédaction de Charlie Hebdo ne se sont absolument pas contentés d’exprimer "une opinion". En utilisant la force, parfois l’intimidation, s’enchaînant aux portes d’un théâtre, versant de l’huile de vidange sur des spectateurs ou détruisant à coups de marteaux une œuvre d’art (le Piss christ d’Andres Serrano, au festival d’Avignon en avril), ils ont tenté de restreindre la liberté artistique, et donc d’expression, par la force sous prétexte de convictions religieuses. Et aucun ministre n’a alors pris la peine de s’exprimer sur la question.

L’incendie de la rédaction du journal Charlie Hebdo est sans conteste une atteinte grave à la liberté d’expression, tout comme les attaques à l’encontre de la pièce de Romeo Castellucci ou du Piss Christ d’Andres Serrano. Les sensibilités religieuses doivent, bon gré mal gré, s’accommoder en France du droit à la satire, à la caricature, aux expressions polémiques. Lorsque ces droits sont mis à l’épreuve, intellectuels, médias, classes politiques, se doivent de réagir fermement et de condamner. Mais face à ce genre d’atteintes, l’indignation sélective ne semble pas la voie la plus appropriée.

http://www.actu-perpignan.fr/article-affaire-charlie-hebdo-l-indignation-ne-doit-pas-etre-selective-87908891.html

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