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Des centaines d’arrestations pour les deux mois d’Occupy Wall Street (video)

vendredi 18 novembre 2011, par New York

Des centaines de manifestants ont été arrêtés jeudi 17 novembre aux Etats-Unis, dont la plupart à New York, lors d’une journée d’action nationale marquant les deux mois du mouvement Occupy Wall Street.

A New York, où des escarmouches parfois violentes ont émaillé la journée, la police omniprésente a procédé à 250 arrestations. Rien que sur la soirée, 64 arrestations ont eu lieu, lors d’une manifestation de plusieurs milliers de personnes - protestataires d’Occupy wall Street, syndicalistes et étudiants - qui partis de la place Foley ont ensuite marché sur la piste cyclable du Pont de Brooklyn, sans interrompre la circulation.

Occupy wall Street a parlé de 30.000 personnes, la police s’est refusée à toute estimation.

Manifestations dans plusieurs villes

Sur la côte ouest, 73 personnes ont également été arrêtées à Los Angeles, dont une infirmière retraitée de 81 ans. Sur le campus de l’université de Berkeley, près de San Francisco, une vingtaine de tentes ont été enlevées par les forces de l’ordre. A Portland, 34 personnes ont également été arrêtés lors d’incidents avec la police qui a utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants.

A Chicago (nord), des milliers de manifestants ont bloqué le trafic à l’heure de pointe. La police a verbalisé 46 personnes.

Des manifestations ont également eu lieu à Seattle (nord-ouest) et Dallas (sud), et dans la capitale Washington (est), plus de 300 personnes ont manifesté sans incident.

"On ne peut pas nous arrêter"

A New York, où avait démarré la contestation le 17 septembre dernier avec quelques dizaines de personnes décidant de dormir sur le square Zuccotti, plusieurs incidents ont, dans la matinée, opposé police et environ un millier de manifestants dans le quartier de Wall Street. La police avait barricadé de nombreuses rues pour empêcher les manifestants de se rapprocher de la Bourse.

Selon un journaliste de l’AFP, un manifestant a été battu par un policier et un autre a été blessé au visage.

De son côté, la police fait état de sept policiers blessés et dix manifestants.

"On ne peut pas nous arrêter, un autre monde est possible. Nous sommes les 99%", scandaient les manifestants dans la soirée sur le pont de Brooklyn, dont certains tapaient sur des seaux en plastique ou des casseroles.

Certains automobilistes en contrebas klaxonnaient en signe de solidarité.

Deux mois du mouvement

Les manifestants ont réussi à projeter à l’entrée du pont, sur la façade d’un gratte-ciel, la liste des villes où le mouvement a essaimé, comme Oakland, Seattle ou Dallas, certains de leurs slogans dont le désormais célèbre "nous sommes les 99%", ou encore un grand "Joyeux anniversaire" en lettres blanches, pour célébrer les deux mois du mouvement.

"Nous voulons faire entendre notre voix et faire connaître notre frustration", avait déclaré un porte-parole d’Occupy Wall Street en début de journée.

Cette journée d’action est intervenue 48 heures après une opération surprise de la police qui a démantelé en pleine nuit le campement d’Occupy Wall street sur le square Zuccotti.

Ce mouvement sans leader, qui dénonce le trop grand pouvoir de la finance et les inégalités, se veut être une voix indépendante, pour susciter un changement.

Il a essaimé dans au moins une vingtaine de villes américaines, et s’est récemment installé sur plusieurs campus.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111118.OBS4780/des-centaines-d-arrestations-pour-les-deux-mois-d-occupy-wall-street.html

Messages

  • Dans cette indignation, il y a une résignation : impossibilité de se battre pour annihiler son adversaire, de sorte que ce pour quoi on agit, prenne la dominance. Et cette résignation devient une arme : ce qu’on appelle "non-violence active" revient à se servir de soi, de sa corporalité, du simple fait pesant d’exister dans LE monde, comme refus de participation, de sa propre présence qu’il est indigne de ne pas apercevoir ; auquel s’ajoute l’acceptation que de toute façon ce sera le nombre qui gagnera et non pas le seul soi, l’individu isolé.

    Et les ceux-ce qui ont résigné leur individualité pour la confondre avec le pouvoir, ne comprennent plus rien à ce qu’ils doivent faire, puisqu’ils ont accepté cette perte de soi pour réprimer ce soi dans l’autre. On voit que les flics, s’ils ne sont pas désarmés devant cette résignation-révolte, sont désappointés devant cette manière de se révolter en employant, devant quelqu’un d’absolument passif, les mêmes moyens que pour quelque révolté "actif" : ils sont à quatre ou cinq à "maîtriser" une personne à terre et sans mouvement agressif ; et par là-même, à tenter de maîtriser leur propre angoisse devant ce fait qu’ils saisissent qu’ils ne "peuvent" pas employer une véritable agressivité vis-à-vis de la révolte, agressivité à laquelle ils adhèrent et pour laquelle ils sont devenus flics. On voit bien l’excitation des flics (le caméraman est tout rouge) et "l’indignation" devant ce fait qu’ils ne peuvent pas être agressifs tels qu’ils l’entendent et pour laquelle ils ont accepté un salaire. Ils n’en sont tout de même pas à remettre en question pourquoi ils doivent réprimer cette "révolte" d’indignés, ne rêvons pas.

    Dans une société qui cherche à crisper, à raidir par tous les moyens possibles (TV, films, livres, travail, taxes, etc.) ses habitants, l’usage consciencieux de la mollesse devient un scandale. Non pas qu’elle se propose comme solution, mais bien comme moyen de solution à l’agressivité de cette société : pour le moins, on ne sera pas ce qu’on nous demande d’être, quitte à n’être rien au yeux du pouvoir, sinon que ce nombre négatif. Dans une société agressive, cette résignation consciencieuse devient LE négatif : refuser d’agir, de créer, de parler, d’amer selon les modes de cette société, en acte, est révolutionnaire… à ceci près qu’il faut le savoir en conscience. Et cette conscience existe jusqu’à ce refus de chef-s !