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BRASSENS - La ballade des gens qui sont nés quelque part (+vidéo)

vendredi 18 novembre 2011, par via LL

Messages

  • Brassens, devenu parisien oubliait qu’il venait de quelque part, et comme beaucoup d’anars, refusant d’être de quelque part (genre citoyen du monde), et lui plus particulièrement de venir de Seta (Sète), cautionnait et continue de cautionner la bonne franchouillardise bleu-blanc-rouge tout en s’en moquant. Non, être de quelque part et le revendiquer ce n’est pas une tare, par contre, l’individualisme développé par par Mossu Brassens est plus difficile à inscrire dans la Lutte des classes que maintes luttes de libérations nationales... Et ce n’est pas pour rien que cette grande vedette française appartenait à la Fédération Anarchiste qui elle-même ne reconnaissait pas la Lutte de Classe et ne participait surtout pas au soutien aux luttes de libération des colonies de la France (entre autres) !

    "Soi d’un país e n’i a pas de vergonha per le revendicar. La vergonha seriá de pas se batre per la liberacion del país nòstre !"/"Je suis d’un pays et il n’y a pas de honte à la revendiquer. La honte serait de ne pas se battre pour la libération de notre pays !"

    Un país que vòl viure (de Claudi Marti) (en Occitan puis la traduction en Français)

    Es lo ciprès quilhat
    La Corbièra salada
    Es lo vilatge mòrt
    La tèrra abandonada

    Vos vau parlar d’un país
    Que vòl viure
    Vos vau parlar d’un país
    Que morís

    La tèrra la coneissètsz
    Es la vòstra, amics
    Es la teuna, vinhairon

    Tu me disiás ma maire :
    "Ont vas viure mon filh ?"
    Tu me disiás ma maire :
    "N’i a tant que son partits !"
    E Marcelin Albèrt
    E la Comuna de Narbona
    E los qu’an tuat los Crosats
    E Marcelin Albèrt
    E la Comuna de Narbona
    Totis los qu’an cantat : Libertat !

    Ma maire me rementi
    De tot çò que disiás
    Vòli cantar lo vent
    Que parla en lenga d’òc
    E Marcelin Albèrt
    E la Comuna de Narbona
    E los qu’an tuats los Crosats
    E Marcelin Albèrt
    E la Comuna de Narbona
    Totis los qu’an cridat : Libertat !

    en français : Un pays qui veut vivre
    (Claude Marti)

    C’est le cyprès dressé
    C’est la Corbière salée
    C’est le village mort
    La terre à abandonnée

    Je vais vous parler d’un pays
    Qui veut vivre
    Je vais vous parler d’un pays
    Qui meurt

    La terre, vous la connaissez
    C’est la vôtre, amis
    C’est la tienne, vigneron

    Tu me disais, ma mère :
    "Où vas-tu vivre mon fils ?"
    Tu me disais, ma mère :
    "Il y en a tant qui sont partis !"
    Et Marcelin Albert
    Et la Commune de Narbonne
    Et ceux que les Croisés ont tué
    Et Marcelin Albert
    Et la Commune de Narbonne
    Tous ceux qui ont chanté : Liberté !

    Je me souviens, ma mère
    De tout ce que tu me disais
    Je veux chanter le vent
    Qui parle en langue d’oc
    Et Marcelin Albert
    Et la Commune de Narbonne
    Et ceux que les Croisés ont tué
    Et Marcelin Albert
    Et la Commune de Narbonne
    Tous ceux qui ont crié : Liberté !

    • Brassens a aussi écrit : Suplique pour être enterré sur la plage de Séte, il tenait donc aussi à ses racine. Dans le gens qui sont nés quelque part il dénonce plus un nationalisme et un chauvinisme imbécile que le fait de rejeter toute les valeurs culturelles que lui a donné le reçu de son éducation dans une culture particulière.

      Je suis né en Poitou où nous avons un parlé très ancien, une langue que nous avons d’ailleurs exporté puisqu’il est courant d’entendre chez les canadiens le même "parhlange" que celui de la grand-mère qui est ma voisine.

      Cela n’empêche pas que le Poitou fut aussi le passage de nombreuses invasions qui souvent laissèrent une empreinte culturelle différente. Alors peut-on revendiquer des racines particulières lorqu’un langage s’est façonné sur un terreau multiculturel. Certes, on doit continuer à faire vivre ces différences mais à condition qu’elles ne consduisent pas à trop vouloir perpétrer des traditions non évolutives et figées.

  • Et les Parisiens (friqués, j’entends), ils sont nés partout, puisqu’ils se comportent comme si c’était partout chez eux.

    Je n’aime pas cette chanson, qui chie sur les cultures régionales, Corse, Basque, Bretonne, etc.

    La France s’est déjà beaucoup trop parisiannisée, ras-le-bol du parigot jacobin, fat et puant.

  • Ce que dénonce Brassens c’est avant tout ceux

    "qui vous font voir du pays natal jusqu’à loucher"

    c’est à dire ceux dont l’horizon ne va pas plus loin que le clocher de leur bled, il précise même dans le vers suivant :

    "qu’ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète"

    De là à faire de cette chanson un manifeste du jacobinisme ou du parisianisme...restons sérieux. Cette une chanson d’actualité. Tout comme "La visite" enregistrement posthume par Bertola.

  • ça n’a rien d’internationaliste camarade, pour pratiquer l’internationalisme, il faudrait déjà reconnaitre les peuples et les nations, sinon, ça s’appelle la globalisation, je ne veux voir qu’une tête, entendre qu’une langue, le français (et aussi un peu l’anglais pour faire branché djeune), et cocorico "internationaliste" version citoyen du Monde !
    "Proletaris de tots los país, Pòbles e Nacions opprimats, ligatz-vos !"
    exercice à traduire !

  • C’est dingue comme cette chanson de Brassens est mal interprétée (à dessein ???) sur ce fil, à de rares exceptions. Brassens ne parle pas du "régionalisme" ni de la défense des cultures ou parlers locaux me semble non ?

    Réécoutez la chanson en laissant de côtés vos a priori, et on en reparle, parce que là, c’est hors-sujet, désolée.

    Quant au régionalisme donc, autre sujet, le régionalisme sans le communisme c’est juste déplacer l’aliénation et l’exploitation d’un cran ou deux. On sait très bien qu’il y a des autonomismes ou des indépendantismes ou des régionalismes qui préfèreront défendre un patron catalan plutôt qu’un exploité breton en Catalogne, par exemple.

    J’ajoute que personnellement, si le régionalisme doit être un nationalisme à échelle infra, comme pour le nationalisme, je suis contre. Mais qu’en conséquence, je suis également contre le centralisme jacobiniste.

    On doit pouvoir lutter contre le nivellement culturel qu’implique de facto le centralisme jacobin (nivellement qui s’accompagne indéniablement d’une perte du patrimoine culturel commun aux Hommes, d’où qu’ils "viennent") et " des soviets partout et tout le pouvoir aux soviets" ;-)

    LL