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France, à l’heure où tu te prosternes... Victor Hugo/O.P.A [Vidéo]

vendredi 27 avril 2012, par O.P.A

L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre (O.P.A) en improvisation sur un texte de Victor Hugo.

Ubuntu Party organisée par Gironde logiciels Libres à Bordeaux le 10 décembre au centre social St Pierre

France ! à l’heure où tu te prosternes

France ! à l’heure où tu te prosternes,
Le pied d’un tyran sur ton front,
La voix sortira des cavernes
Les enchaînés tressailleront.

Le banni, debout sur la grève,
Contemplant l’étoile et le flot,
Comme ceux qu’on entend en rêve,
Parlera dans l’ombre tout haut ;

Et ses paroles qui menacent,
Ses paroles dont l’éclair luit,
Seront comme des mains qui passent
Tenant des glaives dans la nuit.

Elles feront frémir les marbres
Et les monts que brunit le soir,
Et les chevelures des arbres
Frissonneront sous le ciel noir ;

Elles seront l’airain qui sonne,
Le cri qui chasse les corbeaux,
Le souffle inconnu dont frissonne
Le brin d’herbe sur les tombeaux ;

Elles crieront : Honte aux infâmes,
Aux oppresseurs, aux meurtriers !
Elles appelleront les âmes
Comme on appelle des guerriers !

Sur les races qui se transforment,
Sombre orage, elles planeront ;
Et si ceux qui vivent s’endorment,
Ceux qui sont morts s’éveilleront.

Victor Hugo - "Les châtiments" - 1853

L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre
http://www.opa33.org/

Télécharger librement l’album :

http://tinyurl.com/7x7yzml

La playlist vidéo :
http://www.youtube.com/playlist?list=PL549D501F8EEB0CE3&feature=plcp

***
Infos +

Gironde Logiciels Libres - GIROLL
http://www.giroll.org/

Messages

  • Mensonges !!!!
    - La citation exacte de Victor Hugo
    - La comparaison des citations de nos politiciens avec le vrai discours de Victor Hugo dévoile toute l’ampleur des mensonges de la propagande européiste.
    - Pour Victor Hugo, les « États-Unis d’Europe » signifient d’abord le triomphe universel du christianisme sur la planète.
    - Pour Victor Hugo, les « États-Unis d’Europe » marquent le coup d’envoi de la colonisation blanche de la planète.
    - Les « États-Unis d’Europe » de Victor Hugo représentent un moyen de lutter contre les révolutions….
    - Le « visionnaire » Victor Hugo avait tout faux….
    _La citation exacte de Victor Hugo

    La citation de Victor Hugo qui est reprise dans tous les livres européistes et dans tous les discours politiques est toujours la même. C’est la suivante :

    « Un jour viendra où vous, France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. [...] Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d’Amérique, les États-Unis d’Europe, placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur » (1).

    Ces deux phrases, a priori séduisantes, sont, par exemple, les seuls passages du discours de Victor Hugo cités par l’éminent historien Jean-Baptiste Duroselle dans son ouvrage L’Europe, histoire de ses peuples (2). Il est vrai que ce livre, présenté comme « une initiative européenne » (3) avait pour ambition « la réalisation d’une idée toute simple : la publication, pour le large public, d’une histoire de l’Europe en un volume, histoire considérée dans une perspective européenne et non nationale, [dont on espère qu’elle] contribuera d’une façon ou d’une autre à une réflexion sur l’avenir de l’Europe » (4). Assorti de telles intentions, cet ouvrage, par ailleurs intéressant et bien documenté, ne pouvait donc sans doute pas faire autre chose que gommer, dans le choix de ses citations, les extraits qui posaient éventuellement problème.

    La comparaison des citations de nos politiciens avec le vrai discours de Victor Hugo dévoile toute l’ampleur des mensonges de la propagande européiste.

    Or, pour analyser les mécanismes de réécriture de l’histoire à l’œuvre dans le fonctionnement de la propagande européiste, il est intéressant de partir à la recherche du texte d’origine de Victor Hugo pour connaître l’intégralité de la pensée du prétendu « visionnaire » et mesurer l’éventuel parti pris que recèle la citation qui en est systématiquement et exclusivement extraite. Et cette lecture du texte intégral (reporté pour l’essentiel dans l’encart en fin de document) réserve plusieurs surprises fort instructives.

    Si l’on confronte le texte hugolien d’origine à la citation qui en est faite, que ce soit par l’éminent Duroselle ou par nos responsables politiques, on remarque tout d’abord un « caviardage » systématique. Car lorsque Victor Hugo prophétise l’avènement des États-Unis d’Europe et ses liens à venir avec les États-Unis d’Amérique, il précise immédiatement, dans la même phrase, que ces deux entités étatiques auront vocation à « combin[er] ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! » L’omission de ce membre de phrase n’est pas fortuite car elle fait disparaître de la citation un élément central de la pensée du « visionnaire », que l’on retrouve par ailleurs tout au long de son discours : l’avènement des « États-Unis d’Europe » et de la paix universelle ne peuvent être que le fruit du triomphe de la religion chrétienne.

    Pour Victor Hugo, les « États-Unis d’Europe » signifient d’abord le triomphe universel du christianisme sur la planète.

    Pour Victor Hugo, cette perspective est absolument fondamentale dès le début puisqu’il commence son discours en invitant les participants à « tourner en quelque sorte le dernier et le plus auguste feuillet de l’Évangile, celui qui impose la paix aux enfants du même Dieu », puis qu’il le poursuit en évoquant « cette pensée religieuse, la paix universelle, toutes les nations liées entre elles d’un lien commun, l’Évangile pour loi suprême ».

    Plus loin, le poète prend même des allures de prédicateur intégriste en affirmant que « la loi du monde n’est pas, et ne peut pas être distincte de la loi de Dieu ». L’ensemble de nos responsables politiques contemporains, qui citent l’auteur des Misérables comme une ritournelle à l’appui de la construction européenne, passent aussi sous silence cet appel digne des Croisades.

    Pour Victor Hugo, les « États-Unis d’Europe » marquent le coup d’envoi de la colonisation blanche de la planète.

    Ce n’est pas tout. Car la seconde constatation qui s’impose à la lecture du discours d’origine de Victor Hugo, c’est que celui-ci ne fait nul mystère que l’objectif à atteindre est non seulement la paix universelle (comprendre : entre pays européens et États-Unis) mais aussi d’« élargir sans cesse le groupe civilisé » et de « donner le bon exemple aux peuples encore barbares ».

    En clair, il s’agit d’élargir la Chrétienté à l’ensemble de l’univers, en invitant les puissances occidentales à développer partout un grand élan colonisateur : « Oui, la face du monde serait changée ! Au lieu de se déchirer entre soi, on se répandrait pacifiquement sur l’univers ! Au lieu de faire des révolutions, on ferait des colonies ! Au lieu d’apporter la barbarie à la civilisation, on apporterait la civilisation à la barbarie ! ». Ainsi, « l’Asie serait rendue à la civilisation, l’Afrique serait rendue à l’homme ».

    Le poète « visionnaire » tant célébré par les politiciens et les publications européistes apparaît donc dans le même discours non seulement comme le chantre des « États-Unis d’Europe » mais comme le théoricien du grand mouvement de colonisation des puissances occidentales de la seconde partie du XIXe siècle.

    Quatre ans après ce discours de Victor Hugo, en 1853, Napoléon III donnera d’ailleurs instruction de coloniser la Nouvelle Calédonie. Les années suivantes, l’Empereur décidera la fondation du port de Dakar, l’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859, puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862, principales étapes de la pénétration française en Afrique de l’Ouest. N’est-ce pas conforme au souhait de Victor Hugo de « rendre l’Afrique à l’homme » ?

    En Asie, la France fera cause commune avec le Royaume-Uni pour mener des expéditions punitives européennes entre 1858 et 1860, se concluant par le sac du Palais d’Été, afin de forcer les Chinois à embrasser la foi catholique d’une part, à acheter l’opium des Indes britanniques d’autre part (5). C’est sans doute ce que Hugo appelle « rendre l’Asie à la civilisation » ? Même si Victor Hugo dénonça alors, courageusement d’ailleurs, à la fois le régime de Napoléon III et le sac du Palais d’Été, force est de constater que la politique d’agression coloniale anglo-française en Chine s’inscrivait dans le droit fil de la pensée qu’il avait lui-même développé sur les États-Unis d’Europe en 1849.

    Les « États-Unis d’Europe » de Victor Hugo représentent un moyen de lutter contre les révolutions….

    Troisième constatation : notre héraut de la construction européenne se situe délibérément dans une perspective contre-révolutionnaire puisqu’il s’exclame avec ardeur : « la richesse jaillirait de toutes parts de toutes les veines du globe sous le travail des hommes, et la misère s’évanouirait ! et savez-vous ce qui s’évanouirait avec la misère ? Les révolutions ! »

    Même si la comparaison est choquante, la pensée politique de Victor Hugo n’est donc, dans son principe, guère éloignée de celle de Pierre Laval qui souhaitait, un siècle après, « construire une Europe dans laquelle la France aura une place qui sera digne d’elle » et « la victoire de l’Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s’installerait partout » (6).

    Le « visionnaire » Victor Hugo avait tout faux….

    Dernier constat, enfin : on ne peut qu’être frappé par le fascinant manque de clairvoyance de notre poète « visionnaire » car celui-ci anticipe que de tels bouleversements sont pour bientôt :

    « C’est une prodigieuse et admirable époque après tout, et le dix-neuvième siècle sera, disons-le hautement, la plus grande page de l’histoire. Comme je vous le rappelais tout à l’heure, tous les progrès s’y révèlent et s’y manifestent à la fois, les uns amenant les autres : chute des animosités internationales, effacement des frontières sur la carte et des préjugés dans les cœurs, tendance à l’unité, adoucissement des mœurs, élévation du niveau de l’enseignement et abaissement du niveau des pénalités, domination des langues les plus littéraires, c’est-à-dire les plus humaines [...] l’ère des révolutions se ferme, l’ère des améliorations commence. Le perfectionnement des peuples quitte la forme violente pour prendre la forme paisible. Le temps est venu où la Providence va substituer à l’action désordonnée des agitateurs l’action religieuse et calme des pacificateurs. »

    Lorsque l’on songe à ce que furent la seconde partie du XIXe siècle et le XXe siècle, force est de constater que les prophéties du « visionnaire » Victor Hugo étaient dramatiquement erronées.

    * * *

    Revenir ainsi au discours réellement prononcé par Victor Hugo révèle à quel point la « relecture de l’histoire » que la Commission de Bruxelles appelle régulièrement de ses vœux est en marche.

    1. ce passage, avec parfois des suppressions, figure ainsi dans L’Europe, histoire de ses peuples, Jean-
    Baptiste Duroselle, p. 325, Perrin, 1990, dans Histoire de l’unification européenne, Bernard Bruneteau, p.12,
    collection Prépas Histoire, Armand Colin, 1996, dans L’idée européenne, cahier d’étude publié par l’ESCP,
    lauréat du Prix d’études de Sciences politiques et sociales parrainé par La Poste, publié par la Chambre de
    commerce et d’industrie de Paris, 1996 ; etc., etc.
    2. Jean-Baptiste Duroselle, L’Europe, histoire de ses peuples p. 325, op. cit.
    3. Jean-Baptiste Duroselle, L’Europe, histoire de ses peuples, op. cit. p.3
    4. Jean-Baptiste Duroselle, L’Europe, histoire de ses peuples, op. cit., page de remerciements signée de Frédéric Delouche, p.5
    (5) pour accoutumer la population chinoise à la consommation de drogue et rétablir ainsi la balance
    commerciale de l’Empire britannique avec l’Empire mandchou, gravement déficitaire au profit du second du
    fait des achats anglais de thé, soieries et porcelaines.
    (6) Pierre Laval, célèbre discours du 22 juin 1942.