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Luc Carvounas : la CGT, c’est une forme de caste gauchisée. Bien sûr que c’est des privilégiés (video)

dimanche 12 février 2017, par Francois Cocq

« Caste gauchisée », « privilégiés », Philipe Martinez est un « permanent politique », « un Peppone de mauvaise facture » : Luc Carvounas n’avait pas de mots assez durs mardi 24 mai sur LCI (voir un extrait vidéo ici) pour essayer de discréditer la CGT et son secrétaire général. Et comme si les insultes ne suffisaient pas, Luc Carvounas s’est fait le porte-voix de la droite et du Medef en caricaturant et méprisant la lutte des salariés. Des attaques que nul ne saurait à l’avenir oublier. Arrêt sur image pour s’en souvenir.

On savait la droite et le Medef experts en la matière pour repeindre la réalité de la lutte des salariés et organiser le dénigrement médiatico-politique à l’encontre de leurs organisations. On se rend compte que le costume va comme une seconde peau aussi au sénateur-maire PS Luc Carvounas, bras droit de Manuel Valls. Effrayé par la portée du mouvement et sa dynamique, il a donc décidé, dans une remarquable inversion des normes si propre au projet de loi travail, de frapper ceux qui structurent le mouvement : « La CGT, c’est une forme de caste gauchisée. Bien sûr que c’est des privilégiés ».

Mais opposer la CGT au reste du pays ne lui suffisait pas. Il lui fallait encore essayer de se payer son secrétaire général, pour, croyait-il, diviser au sein même de l’organisation (on notera là une incompréhension totale de ce qu’est cette organisation…) : « Moi, j’aimerais bien voir Monsieur Martinez, depuis combien de temps il est allé voir une usine, qu’il a réellement travaillé ». La saillie est truculente de la part du prototype de l’apparatchik PS qui n’a jamais rien vu du monde du travail et se permet de faire la leçon à l’ancien technicien de la métallurgie de l’usine Renault de Boulogne-Billancourt qu’est Philippe Martinez. Et s’il fallait comparer les avantages respectifs des mandats de l’un et de l’autre, le parcours de syndicaliste de Philippe Martinez est d’une autre trempe que celui du cumulard multicartes du Val-de-Marne qui s’est vu déléguer les mandats qu’il a récupérés à défaut de les avoir acquis.

Mais l’attaque va plus loin encore : Luc Carvounas accuse la CGT et son leader de rompre avec la charte d’Amiens et de se situer dans le champ politique : « C’est un permanent politique Monsieur Martinez. Donc il faut arrêter de nous faire rire ». C’est donc à la représentativité syndicale en tant que telle que s’en prend Luc Carvounas lorsqu’il repeint l’action en mélange des genres. Même sa comparaison de Philippe Martinez avec Peppone est venimeuse : « [Phillipe Martinez] est un Peppone de mauvaise facture ». Qu’est ce à dire ? Que Martinez est fils d’immigré ? Qu’il a été membre du Parti communiste ? Qu’il croit lui aussi aux idées qu’il défend ? Que face aux Don Camillo de l’ordre ancien réactionnaire il se place du côté de l’émancipation des travailleurs ?

Avant cela, Luc Carvounas avait servi le refrain cher au grand patronat de la minorité qui bloque, prend en otage et tout le tralala, accusant la CGT, mais à travers elle tous les syndicats de lutte, de « faire un blocage du pays, empêcher nos concitoyens d’aller le matin au travail, le soir chercher leurs enfants à l’école ». Sans doute eût-il été bon qu’il se rappelle, comme Laurent Nunez nous y a invités cette semaine, les mots de François Mitterrand, dans La paille et le grain en 1972 : « La grève n’est un plaisir pour personne. Et elle atteint d’abord ceux qui n’ont plus que ce moyen-là pour défendre leur droit de vivre. La perte de salaire, la crainte du chômage, l’angoisse au foyer de chacun, la gêne pour tous, le danger d’être mal compris par d’autres catégories de travailleurs, tout cela il faut que les grévistes le supportent tandis que les maîtres de l’appareil de production spéculent sur la lassitude engendrée par tant de misère ». Voilà qui situe clairement Luc Carvounas dans le camp de l’oligarchie qui dénigre les travailleurs pour protéger ses intérêts de Caste ! Mitterrand ne s’y trompait pas qui poursuivait : « La grève apparait alors telle qu’elle est : un moment de la lutte des classes. […] Quand on fera les comptes, on s’apercevra que la grève a coûté plus cher que la négociation. Ce ne sera pas la première fois. A qui la faute ? Et de quel côté le chantage ? »

Mais Luc Carvounas n’en avait pas fini avec ses exemples malsains : comme conséquence des grèves, voilà que le sénateur-maire PS prend comme illustration…la baisse des dons du sang : « Aujourd’hui, il y a une chute des dons du sang. Pourquoi ? Parce que les gens ne prennent plus leur voiture, ils n’y vont pas ». Sait-il Luc Carvounas qui paie le prix du sang ? La CGT, elle qui est au chevet de ses camarades qui ont été blessés, notamment à Fos-sur-Mer où 3 syndicalistes sont encore hospitalisés dans un état grave, du fait de l’état de tension et d’affrontement que lui et les siens organisent sciemment dans le pays. Qu’il cesse donc la culpabilisation permanente quand c’est le gouvernement de son mentor Manuel Valls qui est responsable !

L’attaque frontale de Luc Carvounas est un aveu de faiblesse. Le gouvernement sent que la situation lui échappe et que le pays affiche un soutien indéfectible au mouvement et à ceux qui y participent, CGT en tête. L’envoi de la meute n’y changera rien sinon qu’elle creuse encore un peu plus un fossé désormais devenu indépassable entre les représentants de la Caste et celles et ceux qui résistent et ne se soumettront pas.

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