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-bilingual- What Does Europe Want? SLAVOJ ZIZEK (May 04 -> 05)

by : orphée
Tuesday May 17, 2005 - 02:34

Merci de copier, coller, faire suivre pour information ou à toute fin utile Please to copy paste, to follow for information and to be usefull anyway

Apropos the European petition by organizations, unions and else to support the Left vote NO.

Initiating K project http://www.projet-k.org

La liste des signataires au 8 mai 05 / the list of signatures till May 8:


Of SLAVOJ ZIZEK, who signed on the European petition and more has just published a book ito support the left vote NO in France. Same tittle from an article published online last year, same month:

What Does Europe Want?

http://www.inthesetimes.com/comment... This article which I have translated to the French lists is bilingual below; it consists a chapter of the 198 pages of the book appearing singularly in French version only (May 5, at Editions Climats, col. Sisyphe, Paris).

A l’occasion de la parution ce mois-ci (2 mai 2005), de l’édition française apparemment originale de l’ouvrage de 198 pages qui conforte sa signature contribuant au soutien du vote de gauche contre le TCE.

"Que veut l’Europe ? Réflexions sur une nécessaire réappropriation"


traduit de l’anglais par Frédéric Joly Editions Climats ; col. Sisyphe 198 pages Thème : histoire et sciences politiques-sciences politiques

Résumé Seule l’Europe est susceptible de défendre la notion d’universalisme, bien plus menacée que les particularismes locaux par la globalisation. La défense de l’héritage européen impose toutefois une autocritique complète. Ce que nous jugeons dangereux dans la politique et la civilisation américaines, c’est l’une des conséquences possibles du projet européen. Dans les années trente, Max Horkheimer écrivait que ceux qui ne voulaient pas s’exprimer (de façon critique) sur le libéralisme devaient également rester silencieux à propos du fascisme. Il faudrait dire à ceux qui attaquent le nouvel impérialisme américain : ceux qui ne veulent pas s’engager dans la critique de l’Europe devraient également se taire à propos des USA. Si la défense de l’héritage européen se limite à la défense de la tradition démocratique européenne, la bataille est perdue d’avance. L’Europe doit réinventer, dans l’acte même de défense, ce qu’elle a à défendre. Il nous faut remettre en question, impitoyablement, les fondations mêmes de l’héritage européen, jusqu’à ces vaches sacrées (y compris ces vaches sacrées) que sont la démocratie et les droits de l’homme.

What Does Europe Want? On May 1, eight new countries were welcomed into the European Union-but which "Europe" will they find there?

By Slavoj Zizek | 5.1.04 print

"Que veut l’Europe ? Le 1 mai, huit nouveaux pays ont été accueillis dans l’Union européenne - Mais quelle "Europe" trouveront-ils là ? Par Slavoj Zizek | imprimé le 1.5.04

(Merci de vérifier la comparaison avec le texte en anglais pour éviter des contresens : ici est une trad. rapide originale de L.Desrenards - excepté les trois derniers paragraphes, qui sont la citation intégrale des pages 7 et 8 du bouquin français à l’occasion du référendum ce mois-ci ; il est possible que cette version qui date d’un an ne correponde pas terme à terme au chapitre qui se trouve dans l’ouvrage, éventuellement actualisé à la lueur des événements européens et internationaux qui ont eu lieu depuis)

In the months before Slovenia’s entry to the European Union, whenever a foreign journalist asked me what new dimension would Slovenia contribute to Europe, my answer was instant and unambiguous: NOTHING.

Dans les mois précédant l’entrée de la Slovénie à l’Union européenne, chaque fois qu’un journaliste étranger m’a demandé dans quelle nouvelle dimension la Slovénie contribuerait en Europe, ma réponse fut instantanée et sans ambiguité : AUCUNE.

Slovene culture is obsessed with the notion that, although a small nation, we are a cultural superpower: We possess some agalma, a hidden intimate treasure of cultural masterpieces that wait to be acknowledged by the wider world. Maybe, this treasure is too fragile to survive intact the exposure to the fresh air of international competition, like the old Roman frescoes in that wonderful scene from Fellini’s Roma which start to disappear the moment the daylight reaches them. Such narcissism is not a Slovene specialty. There are versions of it all around Eastern Europe: We value democracy more because we had to fight for it recently, not being allowed to take it for granted; we still know what true culture is, not being corrupted by the cheap Americanized mass culture.

La culture slovène est hantée par la notion que, bien qu’une petite nation, nous soyons une superpuissance culturelle : nous posséderions un certain amalgame, un trésor intime caché de chef-d’oeuvres culturels qui attendraient d’être reconnus par le monde plus large. Peut-être, ce trésor est-il trop fragile pour réchapper intact de l’exposition à l’air frais de la concurrence internationale, comme les vieilles fresques romaines, dans cette merveilleuse scène de Fellini Roma, qui commencent à disparaître quand la lumière du jour commence à les atteindre. Un tel narcissisme n’est pas une spécialité slovène. Il y en a des versions tout autour de l’Europe de l’Est : nous estimons plus la démocratie parce que nous avons dû nous battre pour elle récemment, qu’étant permis de la considérer comme allant de soi; nous savons encore quelle est la vraie culture, pas celle corrompue par la culture américanisée à bon marché de masse.

Rejecting such a fixation on the hidden national treasure in no way implies ethnic self-hatred. The point is a simple and cruel one: All Slovene artists who made a relevant contribution had to "betray" their ethnic roots at some point, either by isolating themselves from the cultural mainstream in Slovenia or by simply leaving the country for some time, living in Vienna or Paris. It is the same as with Ireland: not only did James Joyce leave home in order to write Ulysses, his masterpiece about Dublin; Yeats himself, the poet of Irish national revival, spent years in London. The greatest threats to national tradition are its local guardians who warn about the danger of foreign influences.

Le rejet d’une telle fixation sur le trésor national caché n’implique nullement l’auto-haine ethnique. Le point est simple et cruel : tous les artistes slovènes qui ont fait une contribution pertinente ont dû "trahir" leurs racines ethniques à un certain point, soit en s’isolant du courant culturel dominant en Slovénie, soit simplement en quittant le pays pour quelque temps, vivant à Vienne ou à Paris. Ce fut la même chose concernant l’Irlande : non seulement James Joyce a quitté la maison pour écrire Ulysses, son chef-d’oeuvre de Dublin, mais encore Yeats lui-même, le poète du ressaisissement national irlandais, passa ses années à Londres. Les plus grandes menaces de la tradition nationale sont ses gardiens locaux avertissant du danger des influences étrangères.

Furthermore, the Slovene attitude of cultural superiority finds its counterpart in the patronizing Western cliche which characterizes the East European post-Communist countries as a kind of retarded poor cousins who will be admitted back into the family if they can behave properly. Recall the reaction of the press to the last elections in Serbia where the nationalists gained big-it was read as a sign that Serbia is not yet ready for Europe. A similar process is going on now in Slovenia: The fact that nationalists collected enough signatures to enforce a referendum about the building of a mosque in Ljubljana is sad enough; the fact that the majority of the population thinks that one should not allow the mosque is even sadder; and the arguments evoked (Should we allow our beautiful countryside to be spoiled by a minaret that stands for fundamentalist barbarism?, etc.) make one ashamed of being a Slovene. In such cases, the occasional threats from Brussels can only appear welcome: Show multiculturalist tolerance.or else!

En outre, l’attitude de supériorité culturelle slovène trouve son contrepoint dans le cliché occidental familier, de caractériser les pays postcommunistes européens de l’Est comme une espèce de cousins pauvres et retardés, qui ne seront admis en arrière dans la famille que s’ils peuvent se comporter correctement. Rappelez-vous la réaction de la Presse aux dernières élections en Serbie, quand les nationalistes tirèrent un grand profit - ce fut la lecture du signe que la Serbie ne soit encore prête pour l’Europe. Un processus semblable se passe maintenant en Slovénie : le fait que les nationalistes aient rassemblé assez de signatures pour mettre en application un référendum sur la construction d’une mosquée à Ljubljana est assez triste; le fait que la majorité de la population pense qu’il ne faudrait pas autoriser la mosquée est encore plus triste; et les arguments évoqués (devrions-nous permettre à notre belle campagne d’être gâtée par un minaret érigé à la barbarie fondamentaliste ? etc.) font qu’il devient honteux d’être un Slovène. Dans de tels cas, les menaces occasionnelles de Bruxelles ne peuvent apparaître que bienvenues : "Montrez la tolérance multiculturelle. ou autrement !"

However, this simplified picture is not the entire truth. The first complication: The very ex-Communist countries which are the most ardent supporters of the US "war on terror" deeply worry that their cultural identity, their very survival as nations, is threatened by the onslaught of cultural "Americanization" as the price for their immersion into global capitalism. We thus witness the paradox of pro-Bushist anti-Americanism. In Slovenia, the Rightist nationalists complain that the ruling Center-Left coalition, though it is publicly for joining NATO and supporting the U.S. anti-terrorist campaign, is secretly sabotaging it, participating in it for opportunist reasons and not from conviction. At the same time, however, it reproaches the ruling coalition for undermining Slovene national identity by advocating full Slovene integration into the Westernized global capitalism and thus drowning Slovenes in contemporary Americanized pop culture. The idea is that the ruling coalition sustains pop culture, stupid TV amusement and mindless consumption in order to turn Slovenes into an easily manipulated crowd, incapable of serious reflection and firm ethical stances.

Cependant, cette image simplifiée n’est pas l’entière vérité. La première complication : les pays ex-communistes absolutistes qui sont les partisans les plus ardents de "la guerre à la terreur" US inquiètent profondément par eux-mêmes que leur identité culturelle, leur survie absolutiste en nations, soient menacées par l’assaut de l’"américanisation" culturelle, pour prix de leur immersion dans capitalisme mondial. Nous sommes ainsi témoins du paradoxe pro-Bushiste anti-américaniste. En Slovénie, les nationalistes de droite se plaignent que la coalition de centre gauche dirigeante s’étant proclamée publiquement pour rejoindre l’OTAN, soutiennent la campagne anti-terroriste américaine mais la sabotant secrètement, en y participant pour des raisons opportunistes et non par conviction. En même temps, de toutes façons, cela reproche à la coalition dirigeante, qui est pour l’identité nationale slovène, de préconiser la pleine intégration slovène dans le capitalisme mondial occidentalisé, par là noyant les Slovènes dans la culture contemporaine pop américanisée. L’idée étant que la coalition dirigeante supporterait la culture pop, l’amusement de la télévision stupide et la consommation stupide, pour faire des Slovènes une foule facilement manipulée, incapable de réflexion sérieuse et de positions morales fermes.

In short, the underlying motif is that the ruling coalition stands for the "liberal-Communist plot": Ruthless, unconstrained immersion in global capitalism is perceived as the latest dark plot of the ex-Communists, enabling them to retain their secret hold on power. Ironically, the nationalist conservatives’ lament about the new emerging socio-ideological order reads like the old New Left’s description of the "repressive tolerance" of capitalist freedom as the mode of unfreedom’s appearance.

En bref, le motif sous-jacent est que la coalition dirigeante roule pour "le complot libéral-communiste" : l’immersion non contrainte, impitoyable, dans le capitalisme mondial, est perçue comme le dernier complot obscur des ex-communistes, leur permettant de conserver leur détention secrète du pouvoir. Ironiquement, la lamentation des conservateurs nationalistes à propos du nouvel ordre socio-idéologique émergent voit le mode d’apparence du manque de liberté, à l’image de l’ancienne description de la "tolérance répressive" de la liberté capitaliste, par la nouvelle gauche.

This ambiguity of the Eastern European attitude finds its perfect counterpart in the ambiguous message of the West to post-Communist countries. Recall the two-sided pressure the United States exerted on Serbia in the summer of 2003: U.S. representatives simultaneously demanded that Serbia deliver the suspected war criminals to the Hague court (in accordance with the logic of the global Empire which demands a trans-state global judicial institution) AND to sign the bilateral treaty with the United States obliging Serbia not to deliver to any international institution (i.e., the SAME Hague court) U.S. citizens suspected of war crimes or other crimes against humanity (in accordance with the Nation-State logic). No wonder the Serb reaction is one of perplexed fury! And a similar thing is going on at the economic level: While pressuring Poland to open its agriculture to market competition, Western Europe floods the Polish market with agricultural products heavily subsidized from Brussels.

Cette ambiguïté de l’attitude de L’Europe de l’Est trouve sa contrepartie parfaite dans le message ambigu de l’Ouest aux pays postcommunistes. Rappelez-vous la double pression exercée par les Etats-Unis sur la Serbie, l’été 2003 : Les représentants américains ont exigé simultanément que la Serbie livre à la cour de la Haye les criminels de guerre présumés (conformément à la logique de l’empire mondial exigeant le transfert à une juridiction mondiale) ET de signer le traité bilatéral avec les Etats-Unis, obligeant la Serbie de ne pas livrer à n’importe quelle institution internationale (c’est-à-dire, la MÊME cour de la Haye) des citoyens américains soupçonnés de crimes de guerre, ou d’autres crimes contre l’humanité (conformément à la logique de l’Etat-nation). Ne pas s’étonner que la réaction serbe fut celle de la perplexité furieuse ! Et une chose semblable se passe au niveau économique : tandis qu’elle fait pression sur la Pologne pour ouvrir son agriculture à la concurrence du marché, l’Europe occidentale inonde le marché polonais avec des produits agricoles lourdement subventionnés depuis Bruxelles.

How do post-Communist countries navigate in this sea with conflicting winds? If there is an ethical hero of the recent time in ex-Yugoslavia, it is Ika Saric, a modest judge in Croatia who, in the face of threats to her life and without any visible public support, condemned general Mirko Norac and his colleagues to 12 years of prison for the crimes committed in 1992 against the Serb civilian population. Even the Leftist government, afraid of the threat of the Rightist nationalist demonstrations, refused to stand firmly behind the trial against Norac. However, just as the nationalist Right was intimating that large public disorders would topple the government, when the sentence was proclaimed, NOTHING HAPPENED. The demonstrations were much smaller than expected and Croatia "rediscovered" itself as a state of the rule of law. It was especially important that Norac was not delivered to the Hague, but condemned in Croatia itself-Croatia thus proved that it does not need international tutelage.

Comment les pays postcommunistes naviguent-ils sur cette mer aux vents conflictuels ? S’il y a un héros moral des temps récents, en ex-Yougoslavie, c’est Ika Saric, un juge modeste en Croatie qui, face aux menaces sur sa vie et sans aucun appui public visible, condamna à 12 ans fermes le général Mirko Norac et ses collègues, pour des crimes commis en 1992, contre la population civile serbe. Même le gouvernement gauchiste, effrayé par la menace de manifestations nationalistes de droite, a refusé de s’adosser fermement au procès contre Norac. Pourtant, lorsque fut proclamée la sentence, quant à l’intimidation de la droite nationaliste que de grands désordres publics renverseraient le gouvernement, RIEN N’ARRIVA. Les manifestations furent beaucoup plus petites qu’attendues et la Croatie "se redécouvrit" en état de la loi. Il était particulièrement important que Norac n’ait pas été livré à La Haye, mais condamné en Croatie, en sorte de prouver d’elle-même qu’elle n’avait pas besoin de la tutelle internationale.

The dimension of the act proper consisted in the shift from the impossible to the possible: Before the sentence, the nationalist Right with its veteran organizations was perceived as a powerful force not to be provoked, and the direct harsh sentence was perceived by the liberal Left as something that "we all want, but, unfortunately, cannot afford in this difficult moment, since chaos would ensue." However, after the sentence was proclaimed and nothing happened, the impossible turned into the routine. If there is any dimension to be redeemed of the signifier "Europe," then this act was "European" in the most exemplary sense of the term.

La dimension de cet acte consista proprement dans le passage de l’impossible au possible : avant la sentence, la droite nationaliste avec ses organisations anciennes étaient perçues comme une force puissante à ne pas provoquer, et la dure possibilité d’une sentence directe était ressentie par la gauche libérale comme : "Nous le voulons tous, mais, malheureusement, nous ne pouvons pas nous le permettre en ce moment difficile, puisque le chaos s’ensuivrait." Cependant, après que l’on ait proclamé la sentence rien n’arriva et la routine de l’impossible fut métamorphosée. S’il existe quelque dimension pour racheter la signification de "l’Europe", alors cet acte fut "européen", dans le sens le plus exemplaire du terme.

And if there is an event that embodies the cowardice, it is the behavior of the Slovene government after the outbreak of the Iraq-U.S. war. Slovene politicians desperately tried to steer a middle course between U.S. pressure and the unpopularity of the war with the majority of the Slovene population. First, Slovenia signed the infamous Vilnius declaration for which it was praised by Rumsfeld and others as part of the "new Europe" of the "coalition of the willing" in the war against Iraq. However, after the foreign minister signed the document, there ensued a true comedy of denials: The minister claimed that, before signing the document, he consulted the president of the republic and other dignitaries, who promptly denied that they knew anything about it; then, all concerned claimed that the document in no way supported the unilateral US attack on Iraq, but called for the key role of the United Nations. The specification was that Slovenia supported the disarmament of Iraq, but not the war on Iraq.

Et s’il y a un événement qui incarne la lâcheté, c’est le comportement du gouvernement slovène après l’éruption Irak-US. Guerre. Les politiciens slovènes essayèrent désespérément d’orienter un moyen cours entre la pression américaine et l’impopularité de la guerre pour la majorité de la population slovène. D’abord, la Slovénie signa l’infâme déclaration de Vilnius que Rumsfeld et d’autres louèrent comme la participation "de la nouvelle Europe" à "la coalition de la volonté" dans la guerre contre l’Irak. Cependant, après que le ministre des Affaires Etrangères eut signé le document, suivit une vraie comédie de démentis : Le ministre prétendit qu’avant la signature du document il avait consulté le président de la république et d’autres dignitaires, qui promptement nièrent en avoir su quoi que ce soit ; alors, tous les concernés revendiquèrent que ce document en aucun cas ne soutenait l’attaque américaine unilatérale sur l’Irak, mais appelait au rôle clef des Nations unies. La spécification était que la Slovénie soutenait le désarmement de l’Irak, mais pas la guerre à l’Irak.

However, a couple of days later, there was a bad surprise from the United States: Slovenia was not only explicitly named among the countries participating in the "coalition of the willing," but was even designated as the recipient of financial aid from the United States to its war partners. What ensued was pure comedy: Slovenia proudly declared that it did not participate in the war against Iraq and demanded to be stricken from the list. After a couple of days, a new embarrassing document was received: The United States officially thanked Slovenia for it support and help. Slovenia again protested that it did not qualify for any thanks and refused to recognize itself as the proper addressee of the letter, in a kind of mocking version of "please, I do not really deserve your thanks!," as if sending its thanks was the worst thing the United States could do to us. Usually, states protest when they are unjustly criticized; Slovenia protests when it receives signs of gratitude. In short, Slovenia behaved as if it was not the proper recipient of the letters of praise that went on and on-and what we all knew was that, in this case also, the letter DID arrive at its proper destination.

Cependant, deux ou trois jours plus tard, il y a eu une mauvaise surprise de la part des Etats-Unis : non seulement la Slovénie était explicitement nommée parmi les pays participant à "la coalition de la volonté", mais elle avait même été désignée comme le destinataire d’aide financière des Etats-Unis à ses associés de guerre. Ce qui succéda releva de la pure comédie : la Slovénie déclara fièrement qu’elle n’avait pas participé à la guerre contre l’Irak et exigea d’être rayée de la liste. Après deux ou trois jours, un nouveau document embarrassant fut reçu : les Etats-Unis remerciaient officiellement la Slovénie, pour son aide et son appui. La Slovénie de nouveau protesta qu’elle n’était pas qualifiée de recevoir des remerciements quelconques et refusa de se reconnaître comme le destinataire approprié de la lettre, dans une sorte de version moqueuse du : "s’il vous plaît, je ne mérite pas vraiment vos remerciements !" comme si l’envoi de ces remerciements était la plus mauvaise chose que les Etats-Unis aient pu nous faire. D’habitude, les états protestaient quand ils étaient injustement critiqués; la Slovénie protestait alors qu’elle recevait des signes de gratitude. Bref, la Slovénie se comporta comme si elle n’était pas le destinataire approprié des lettres d’éloge qui se poursuivaient, et ce que nous savions tous là-dessus était que la lettre était VRAIMENT parvenue à sa destination appropriée.

The ambiguity of Eastern Europeans therefore merely mirrors the inconsistencies of Western Europe itself. Late in his life, Freud asked the famous question "Was will das Weib?" ("What does Woman want?"), admitting his perplexity when faced with the enigma of feminine sexuality. And a similar perplexity arises today, when post-Communist countries are entering the European Union: Which Europe will they be entering?

L’ambiguïté des Européens orientaux reflète donc simplement les inconséquences de l’Europe de l’ouest elle-même. Tard dans sa vie, Freud, admettant sa perplexité face à l’énigme de sexualité féminine, posa la question célèbre "Was will das Weib?" ("Que veut la Femme ?") Et une perplexité semblable surgit aujourd’hui, quand des pays postcommunistes sont en train d’intègrer l’Union européenne : dans quelle Europe entrent-ils ?

For long years, I have been pleading for a renewed "Leftist Eurocentrism." To put it bluntly, do we want to live in a world in which the only choice is between the American civilization and the emerging Chinese authoritarian-capitalist one? If the answer is no, then the only alternative is Europe. The Third World cannot generate a strong enough resistance to the ideology of the American Dream; in the present constellation, it is only Europe that can do it. The true opposition today is not the one between the First World and the Third World, but the one between the Whole of First and Third World (the American global Empire and its colonies) and the remaining Second World (Europe). Apropos Freud, Theodor Adorno claimed that what we are getting in our contemporary "administered world" and its "repressive desublimation" is no longer the old logic of repression of the Id and its drives, but a perverse direct pact between the punitive superego and the Id’ s illicit aggressive drives at the expense of the Ego’s rational agency. Is not something structurally similar going on today at the political level, the weird pact between the postmodern global capitalism and the premodern societies at the expense of modernity proper? It is easy for the American multiculturalist global Empire to integrate premodern local traditions-the foreign body that it effectively cannot assimilate is European modernity. Jihad and McWorld are two sides of the same coin. Jihad is already McJihad.

Pendant de longues années, j’ai plaidé pour un renouvellement de l’"eurocentrisme Gauchiste". Pour le dire brutalement, voulons-nous vivre dans un monde dans lequel le seul choix soit entre la civilisation américaine et un capitalisme autoritaire chinois émergent ? Si la réponse est non, alors la seule alternative c’est l’Europe. Le Tiers-Monde ne peut pas produire une résistance assez forte à l’idéologie du Rêve américain; dans la constellation présente, c’est seulement l’Europe qui peut le faire. La vraie opposition aujourd’hui n’est pas celle entre le Premier Monde et le Tiers-Monde, mais celle entre le Premier et le Tiers-Monde (l’Empire mondial américain et ses colonies), avec le deuxième monde restant (l’Europe). À propos de Freud, Theodor Adorno a déclaré que ce qui nous arrivait dans le "monde administré" contemporain et sa "désublimation répressive" n’était plus la vieille logique de la répression de l’identification et de ses commandes, mais un pacte pervers direct entre le surmoi punitif et les commandes d’identification agressives illicites, aux dépens de l’agencement raisonnable du moi. N’y a-t-il pas quelque chose de structurellement semblable dans ce qui se passe au niveau politique aujourd’hui, aux dépens de la modernité appropriée, avec le pacte mystérieux entre le capitalisme mondial post-moderne et les sociétés prémodernes ? Pour l’empire multiculturaliste américain global, il est facile d’intégrer des traditions locales prémodernes - le corps étranger qu’il ne peut pas assimiler effectivement est la modernité européenne. Jihad et McWorld sont les deux faces de la même pièce de monnaie. Le Jihad est déjà McJihad.

Although the ongoing "war on terror" presents itself as the defense of the democratic legacy, it courts the danger clearly perceived a century ago by G.K. Chesterton who, in his Orthodoxy, deployed the fundamental deadlock of the critics ofreligion: "Men who begin to fight the Church for the sake of freedom and humanity end by flinging away freedom and humanity if only they may fight the Church.The secularists have not wrecked divine things; but the secularists have wrecked secular things, if that is any comfort to them."

Bien que la "guerre à la terreur" permanente se manifeste elle-même comme la défense du leg démocratique, cela court le danger clairement perçu il y a un siècle par G.K. Chesterton qui, dans Orthodoxie, déploie l’impasse fondamentale des critiques de la religion : "Les hommes qui commencent à combattre l’église pour la liberté et l’humanité finissent par être parties délaissantes de la liberté et de l’humanité pourvu qu’ils puissent combattre l’église... les laïques sécularistes n’ont pas détruit les choses divines ; mais les laïques sécularistes ont détruit des choses séculaires, du moment que cela les confortait en quelque façon."

Does the same not hold today for the advocates of religion themselves? How many fanatical defenders of religion started by ferociously attacking the contemporary secular culture and ended up forsaking any meaningful religious experience? In a similar way, many liberal warriors are so eager to fight anti-democratic fundamentalism that they will end by flinging away freedom and democracy themselves if only they may fight terror. They have such a passion for proving that non-Christian fundamentalism is the main threat to freedom that they are ready to fall back on the position that we have to limit our own freedom here and now, in our allegedly Christian societies. If the "terrorists" are ready to wreck this world for love of another world, our warriors on terror are ready to wreck their own democratic world out of hatred for the Muslim other. Some of them love human dignity so much that they are ready to legalize torture-the ultimate degradation of human dignity-to defend it. And, along the same lines, we may lose "Europe" through its very defense.

La même situation aujourd’hui ne saisit-elle pas les avocats de la religion eux-mêmes ? Combien de défenseurs fanatiques de la religion commencèrent par attaquer férocement la culture laïque contemporaine pour terminer par l’abandon de l’expérience religieuse significative ? D’une façon semblable, beaucoup de guerriers libéraux sont si désireux de se battre avec le fondamentalisme antidémocratique qu’ils finiront par jeter la liberté et la démocratie elles-mêmes pourvu qu’ils puissent combattre la terreur. Ils ont une telle passion pour prouver que le fondamentalisme non-chrétien est la menace principale de la liberté qu’ils sont prêts à avoir recours à la position que nous devions limiter notre propre liberté ici et maintenant, dans nos sociétés prétendument Chrétiennes. Si "les terroristes" sont prêts à détruire ce monde pour l’amour d’un autre monde, nos guerriers contre la terreur sont prêts à détruire leur propre monde démocratique avec la haine de l’autre pour le Musulman. Certains d’entre eux aiment tellement la dignité humaine que pour la défendre ils sont prêts à légaliser la torture - la dégradation suprême de dignité humaine -. Et, selon les mêmes directions, nous pouvons à travers la défense absolue de l’Europe, la perdre.

A year ago, an ominous decision of the European Union passed almost unnoticed: The plan to establish an all-European border police force to secure the isolation of the Union territory and thus to prevent the influx of immigrants. THIS is the truth of globalization: the construction of NEW walls safeguarding the prosperous Europe from the immigrant flood. One is tempted to resuscitate here the old Marxist "humanist" opposition of "relations between things" and "relations between persons": In the much celebrated free circulation opened up by global capitalism, it is "things" (commodities) which freely circulate, while the circulation of "persons" is more and more controlled. This new racism of the developed is in a way much more brutal than the racism of the past: Its implicit legitimization is neither naturalist (the "natural" superiority of the developed West) nor any longer culturalist (we in the West also want to preserve our cultural identity), but unabashed economic egotism-the fundamental divide is between those included in the sphere of (relative) economic prosperity and those excluded from it.

Il n’y a eu, une décision lourde de sens de l’Union européenne passa pratiquement inaperçue: le projet de mettre en place une force de police des frontières européenne destinée à sécuriser l’isolement du territoire de l’Union et à prévenir de cette façon l’afflux d’immigrés. VOILÀ la vérité de la globalisation : la constuction de NOUVEAUX murs sauvegardent la prospère Europe du flux des immigrés. Il est ici tentant de ressuciter la vieille opposition "humaniste" classsique entre les relations entre les choses et les relations entre les êtres: dans la si célébrée libre circulation ouverte par le capitalisme global, ce sont les choses (les marchandises) qui circulent librement, tandis que la circulation des personnes est de plus en plus soumise à contrôle. Ce nouveau racisme de la modernité est d’une certaine manière bien plus brutal que le racisme d’antan: sa légitimation implicite n’est ni naturaliste (la supériorité "naturelle" de l’Ouest développé) ni - et encore moins - culturaliste (nous voulons à l’Ouest aussi préserver notre identité culturelle) mais bien liée à un égotisme particulièrement décomplexé - la séparation fondamentale est entre ceux qui sont intégrés à la sphère de la (relative) prospérité économique et ceux qui en sont exclus.

What we find reprehensible and dangerous in U.S. politics and civilization is thus A PART OF EUROPE ITSELF, one of the possible outcomes of the European project. There is no place for self-satisfied arrogance: The United States is a distorted mirror of Europe itself. Back in the 1930s, Max Horkheimer wrote that those who do not want to speak (critically) about liberalism should also keep silent about fascism. Mutatis mutandis, one should say to those who decry the new U.S. imperialism: Those who do not want to engage critically with Europe itself should also keep silent about the United States.

Ce que nous trouvons répréhensible et dangereux dans la politique et la civilisations américaines, c’est en conséquence UNE PARTIE DE L’EUROPE ELLE-MEME, l’une des issues possibles du projet européen. Il n’y a pas de place pour une arrogance auto-satisfaite: les Etats-Unis constituent un reflet distordu de l’Europe elle-même. Max Horkheimer, pour revenir vers les années trente, écrivait que ceux qui ne souhaitaient pas parler (de manière critique) du libéralisme devaient alors rester silencieux sur le fascisme. Mutatis Mutandis, il faudrait dire à ceux qui décrient le nouvel impérialisme américain que ceux qui refusent d’engager un dialogue critique avec l’Europe elle-même devraient alors rester silencieux au sujet des Etats-Unis.

This, then, is the only true question beneath the self-congratulatory celebrations that accompany the extension of the European Union: WHAT Europe are we joining? And when confronted with this question, all of us, "New" and "Old" Europe, are in the same boat.

La seule véritable question à poser en-deça des célébrations auto-congratulatoires qui accompagnèrent l’extension de l’Union européenne est celle-ci : QUELLE Europe rejoignons-nous? Confrontés à cette question, nous tous habitants de la "nouvelle" et de la "vieille" Europe, somme dans le même bateau.


Slavoj Zizek, a philosopher and psychoanalyst, is a senior researcher at the Institute for Advanced Study in the Humanities, in Essen, Germany. Among other books, he is the author of The Fragile Absolute and Did Somebody Say Totalitarianism ?

(Fast French translation of the article by Louise Desrenards)

Le livre en ligne chez Decitre / To get the French book online http://www.decitre.fr/service/searc...

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Thursday 11 - 06:42
by David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
Friday 5 - 00:47
by David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
Friday 29 - 18:13
A message of your fellow striking workers from France
Tuesday 12 - 20:49
by Info’Com-CGT
The Right to Vote, Effectively
Friday 8 - 22:20
by William John Cox
Fourth of July Lies
Sunday 3 - 19:41
by June C. Terpstra
Who Should Make Political Policy, the People or the Politicians?
Friday 24 - 15:14
by William John Cox
Hollow Women of the Hegemon Part II: Atrocity Enabling Harpies
Tuesday 21 - 18:49
by Dr. June Terpstra
The American Republic Manifestum book is being made into a Movie
Saturday 11 - 15:54
by William Morgan
Write-in Voting and Political Protest
Wednesday 1 - 15:05
by William John Cox
Yves Bouvier art battle plays out in online and social media arena
Tuesday 31 - 21:12
by Dean Bagley
Damaged Candidate Clinton Can’t Call Out Trump
Friday 27 - 13:53
by Daniel Patrick Welch
Tuesday 24 - 21:53
by David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
Thursday 19 - 00:53
by David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
Monday 16 - 15:35
Monday 16 - 15:26
Oligarchs Won’t Let You Vote Their Wars Away
Wednesday 11 - 20:24
by Daniel Patrick Welch
Monday 9 - 20:40
Donald Trump and Hillary Clinton support the American Republic Manifestum
Monday 9 - 16:37
by William Morgan
Transformation: A Student-Led Mass Political Movement
Monday 25 - 19:28
by William John Cox
Algerian Feminists react to ’Hijab Day’ in Paris 2016
Monday 25 - 01:13
Friday 22 - 18:45
US is real superpredator pretending to be victim
Monday 18 - 22:23
by Daniel Patrick Welch
Gaiacomm International has accidently created a fusion reaction/ignition.
Sunday 17 - 17:01
by William Morgan
Clinton’s Campaign Continues to Highlight Horrible Hillary
Saturday 9 - 00:57
by Daniel Patrick Welch
Armoiries racistes à Harvard : Plaidoyer pour la réflexion socio-historique
Thursday 7 - 18:56
by Samuel Beaudoin Guzzo
Wednesday 6 - 02:02
by David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
The PKK in Iraq: “We are ready to fight ISIS everywhere in the world”
Monday 4 - 14:33
by InfoAut
Clinton Crashes and Burns, Sanders Will Win (But hold off on the applause)
Friday 1 - 22:33
by Daniel Patrick Welch
Confirming Supreme Court Justices and Electing Presidents
Friday 1 - 20:59
by William John Cox

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It is the responsibility of the intellectual to speak the truth and to expose lies. Noam Chomsky
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I, European citizen, won’t let refugees be rejected in my name
Thursday 10 March
©Olivier Jobard/Myop I, European citizen, won’t let refugees be rejected in my name THE RIGHT TO ASYLUM IS A RIGHT In the phrase « right to asylum », every word matters. Under the law, every person who is persecuted because of his or her political opinions or because of his or her identity, every person that is endangered by violence, war or misery has a RIGHT to seek asylum in another country The aim of this petition is to collect (...)
Neo-Nazis and far-right protesters in Ukraine 3 live-stream
Friday 24 January
The far-right in Ukraine are acting as the vanguard of a protest movement that is being reported as pro-democracy. The situation on the ground is not as simple as pro-EU and trade versus pro-Putin and Russian hegemony in the region. When US Senator John McCain dined with Ukraine’s opposition leaders in December, he shared a table and later a stage with the leader of the extreme far-right Svoboda party Oleh Tyahnybok. This is Oleh Tyahnybok, he has claimed a "Moscow-Jewish mafia" (...)
Hugo Chavez is dead (video live)
Wednesday 6 March
by : Collective BELLACIAO
1 comment
President Hugo Chavez companeros venezueliano died after a long battle with cancer.
International initiative to stop the war in Syria Yes to democracy, no to foreign intervention!
Thursday 13 December
Your support here: http://www.peaceinsyria.org/support.php We, the undersigned, who are part of an international civil society increasingly worried about the awful bloodshed of the Syrian people, are supporting a political initiative based on the results of a fact-finding mission which some of our colleagues undertook to Beirut and Damascus in September 2012. This initiative consists in calling for a delegation of highranking personalities and public figures to go to Syria in order to (...)
Monday 12 November
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
At first glance, the results of America’s 2012 election appear to be a triumph for social, racial, and economic justice and progress in the United States: California voters passed a proposition requiring the rich to shoulder their fair share of the tax burden; Two states, Colorado and Washington, legalized the recreational use of marijuana, while Massachusetts approved the use of marijuana for medical purposes; Washington and two other states, Maine and Maryland, legalized same-sex (...)
Sunday 28 October
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
In a 2004 episode of Comedy Central’s animated series South Park, an election was held to determine whether the new mascot for the town’s elementary school would be a “giant douche” or a “turd sandwich.” Confronted with these two equally unpalatable choices, one child, Stan Marsh, refused to vote at all, which resulted in his ostracization and subsequent banishment from the town. Although this satirical vulgarity was intended as a commentary on the two (...)
Friday 28 September
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
PART I PART II PART III If there is one major inconsistency in life, it is that young people who know little more than family, friends and school are suddenly, at the age of eighteen, supposed to decide what they want to do for the rest of their lives. Unfortunately, because of their limited life experiences, the illusions they have about certain occupations do not always comport to the realities. I discovered this the first time I went to college. About a year into my studies, I (...)
Friday 28 September
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
PART I PART II PART IV Disillusioned with the machinations of so-called “traditional” colleges, I became an adjunct instructor at several “for-profit” colleges. Thanks largely to the power and pervasiveness of the Internet, “for-profit” colleges (hereinafter for-profits) have become a growing phenomenon in America. They have also been the subject of much political debate and the focus of a Frontline special entitled College Inc. Unlike traditional (...)
Friday 28 September
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
PART I PART III PART IV Several years ago, a young lady came into the college where I was teaching to inquire about a full-time instructor’s position in the sociology department. She was advised that only adjunct positions were available. Her response was, “No thanks. Once an adjunct, always an adjunct.” Her words still echo in my mind. Even as colleges and universities raise their tuition costs, they are relying more and more on adjunct instructors. Adjuncts are (...)
Friday 28 September
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
PART II PART III PART IV When The Bill of Rights was added to the United States Constitution over two hundred years ago, Americans were blessed with many rights considered to be “fundamental.” One conspicuously missing, however, was the right to an education. This was not surprising given the tenor of the times. America was primarily an agrarian culture, and education, especially higher education, was viewed as a privilege reserved for the children of the rich and (...)
Monday 30 July
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
If there is one universal question that haunts all human beings at some point in their lives, it is, “Why do we die?” Death, after all, is the great illogic. It ultimately claims all, the rich and the poor, the mighty and the small, the good and the evil. Death also has the capability to make most human pursuits—such as the quest for wealth, fame and power—vacuous and fleeting. Given this reality, I have often wondered why so many people are still willing to (...)
Thursday 28 June
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
How much corruption can a “democracy” endure before it ceases to be a democracy? If five venal, mendacious, duplicitous, amoral, biased and (dare I say it) satanic Supreme Court “justices”—John Roberts, Samuel Alito, Antonin Scalia, Clarence Thomas and Anthony Kennedy—have their way, America will soon find out. In several previous articles for Pravda.Ru, I have consistently warned how the Supreme Court’s 2010 Citizens United decision is one of the (...)
Tuesday 12 June
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
1 comment
Imagine, if you will, that the United States government passes a law banning advertisers from sponsoring commercials on Rush Limbaugh’s radio show or Rupert Murdoch’s Fox (Faux) “News” Network. On one hand, there would be two decided advantages to this ban: The National IQ would undoubtedly increase several percentage points, and manipulative pseudo-journalists would no longer be able to appeal to the basest instincts in human nature for ratings and profit while (...)
Thursday 7 June
by : David R. Hoffman, Pravda.Ru Legal Editor
LIVE, from the State that brought you Senator Joseph McCarthy, Wisconsin voters now proudly present, fresh from his recall election victory, Governor Scott Walker! At first glance, it is almost unfathomable that anyone with a modicum of intelligence would have voted to retain Scott Walker as Wisconsin’s governor. This, after all, is a man who openly declared he is trying to destroy the rights of workers through a “divide and conquer” strategy; who received 61% of the (...)
Tuesday 13 March
by : David R. Hoffman, Legal Editor of Pravda.Ru
A question I’ve frequently been asked since I began writing for Pravda.Ru in 2003 is, “Why did you become disillusioned with the practice of law?” This question is understandable, particularly since, in most people’s minds, being an attorney is synonymous with wealth and political power. I’ve always been reluctant to answer this question for fear it will discourage conscientious and ethical people from pursuing careers in the legal profession—a (...)