Accueil > Journée internationale des migrants du 18 décembre 2012
Journée internationale des migrants du 18 décembre 2012
Publie le jeudi 29 novembre 2012 par Open-PublishingManifestons contre une politique européenne homicide
et en faveur de profondes réformes en France
Un peu plus de six mois après l’élection d’une majorité parlementaire et
d’un président de la République a priori supposés moins conservateurs
que leurs prédécesseurs, que reste-t-il des espoirs de changements
progressistes en matière de politique à l’égard des étrangers ? A dire
vrai, le bilan est consternant. Et, sans fortes pressions populaires, il
y a fort a parier que, pour l’essentiel, le gouvernement ne modifiera
rien ou presque de la réglementation nationale xénophobe peaufinée par
la droite au cours des dix dernières années et que, à l’échelle de
l’Union européenne, il s’accommode sans sourciller d’une stratégie
homicide de fermeture des frontières qui a déjà tué de l’ordre de 13 000
personnes entre 1988 et 2012 dans la seule Méditerranée. De même que
l’obsession de « scores » présentés comme flatteurs dans le domaine des
expulsions et des enfermements, ces milliers de vies perdues donnent la
mesure du cynisme des États de l’Europe qui, pour éviter tout partage de
leur richesse et de droits fondamentaux en principe moins bafoués
qu’ailleurs, mènent désormais une véritable guerre aux migrants, avec
les conséquences liées à toute guerre : des milliers de morts et de blessés.
Dans un pareil contexte, la Journée internationale des migrants, ce 18
décembre 2012, peut être l’occasion de secouer l’immobilisme et, à
travers l’expression massive d’une indignation contre cette tuerie,
exiger des changements enfin fondamentaux des politiques migratoires, à
commencer par celle de la France. ?
Défendre le respect de la vie des migrantes et des migrants entraîne, en
effet, quantité d’exigences supplémentaires qui, elles, touchent aux
conditions d’existence et aux droits de celles et de ceux qui vivent
parmi nous :
– les sans-papiers en attente de régularisations à ce points aléatoires
qu’elles relèvent de la loterie ;
– les gagnant·e·s à cette loterie après paiement d’une taxe démesurée de
près de 700 € héritée de la droite ;
– les familles condamnées à d’interminables séparations ou à des vies
d’angoisses et de misère ;
– les femmes, les hommes et les enfants, en instance d’expulsion, qui
subissent toujours un régime d’exception sans garantie d’accès à un juge
avant leur éloignement ;
– les mineurs isolés étrangers souvent abandonnés à la rue alors que
l’aide sociale à l’enfance a l’obligation de les protéger, ainsi que
quantité de jeunes majeurs voués, par la même négligence, à rejoindre
les rangs des sans-papiers ;
– les malades, auxquels des titres de séjour sont refusés sans
considération des conditions de soin dans leur pays d’origine ;
– les demandeurs d’asile éjectés par la « mécanique du soupçon » ;
– toutes celles et tous ceux pour lesquels la non-signature de la
Convention pour la protection des droits de tous les travailleurs
migrants et de leur famille facilite le déni de certains de leurs droits
fondamentaux ;
– les étrangers en situation régulière qui, en dépit d’une promesse de
plus de trente ans, demeurent loin d’obtenir le droit de voter là où ils
résident ;
– les personnes naturalisées et leurs enfants qui, en dépit de leur
qualité de Français, subissent quantité de discriminations légitimées
par le soupçon qui caractérise l’ensemble de la politique migratoire ;
– les milliers de Françaises, de Français, d’étrangères et d’étrangers
parfaitement réguliers que la couleur de leur peau ou leur « faciès »
expose à des violences et à des contrôles discriminatoires incessants
auxquels le ministre de l’intérieur n’entend pas mettre fin ;
– celles et ceux que leur religion désigne, plus que jamais, à la
vindicte publique, quelle que soit leur nationalité ;
– les Roms, les Tsiganes, et toutes celles et ceux que la France, comme
d’autres pays, continue de chasser de leurs campements, d’exclure de
tous les droits fondamentaux et de stigmatiser comme indésirables ;
– et puis tous ces migrants et migrantes sur la route de l’exil, que des
contrôles policiers aux frontières de Europe et toujours plus loin de
son territoire, par le biais d’accords de sous-traitance avec des Etats
tiers, condamnent à risquer jusqu’à leur vie.
Ces discriminations et ces violences forment un tout, que la Journée
internationale des migrants doit contribuer à combattre. Elle peut être
l’occasion d’un appel déterminé et massif à des réformes en profondeur
soucieuses d’une égalité des droits effective et fondée sur le respect
d’une liberté de circulation sans laquelle elle sera illusoire.
Pour ce changement de regard sur l’immigration et pour ces réformes
urgentes...
Pour Paris : la suite - à savoir le rendez-vous (heure, lieu, etc.) -
sera fixée et annoncée plus tard après concertation avec l’ensemble des
acteurs
Ailleurs en France : le texte ci-dessus peut être repris pour servir de
base d’appel
Signataires :AssociationsAcort (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie)ADTF(Association démocratique des Tunisiens en France)ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France)Attac France (Association pour la taxation des transactions financièreset pour l’action citoyenne)Collectif de vigilance Paris 12 pour les droits des étrangersDroits Devant !!Les efFRONTé-e-sFasti (Fédération des associations de solidarité avec lestravailleur.euse.s immigré.e.sFemmes EgalitéGisti (Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s)Mouvement du Christianisme SocialMrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)RESF (Réseau Education sans frontières)Organisation syndicaleUnion syndicale SolidairesFormations politiquesLes AlternatifsConvergences et AlternativesFASE (Fédération pour une Alternative sociale et écologique)Front de GaucheGauche anticapitalisteGauche unitaireNPA (Nouveau parti anticapitaliste)PCF (Parti communiste français)PCOF (Parti communiste des ouvriers de France)Parti de GaucheRépublique et Socialisme




