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Comité de soutien à la liberté de représentation du spectacle de Romeo Castellucci
de : Paris
lundi 7 novembre 2011 - 09h26 - Signaler aux modérateurs
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Pour signer, envoyez un mail à l’adresse suivante :

comite-de-soutien-castellucci@theatredelaville.com

Indiquer dans le corps du mail vos nom, prénom, profession suivis de la mention "Je signe".

Depuis le 20 octobre, date de la première au Théâtre de la Ville, les représentations de Sur le concept du visage du fils de Dieu de Romeo Castellucci donnent lieu à des événements graves.
Un groupe organisé d’individus qualifiés d’intégristes chrétiens, a tenté a plusieurs reprises d’empêcher l’accès au Théâtre de la Ville en bloquant les portes, en agressant le public, en le menaçant, en l’aspergeant d’huile de vidange, de gaz lacrymogènes et en lui jetant œufs et boules puantes, tandis que leurs complices cherchaient régulièrement à interrompre les représentations au cri de « La christianophobie, ça suffit ».

L’AGRIF a demandé par voie de justice l’interdiction du spectacle et a été déboutée de sa demande à deux reprises, par le Tribunal de Grande Instance le 18 octobre 2011, puis par le tribunal de Paris le 28 octobre 2011.
La police a dû intervenir chaque jour à l’entrée du théâtre, et nous nous sommes vus dans l’obligation de l’appeler à l’intérieur de la salle à plusieurs reprises pour qu’elle évacue ceux qui occupaient la scène, ce qui s’est fait sans heurts, parce que nous avons veillé à éviter des affrontements entre ces envahisseurs et le public outré de tels agissements.

Le personnel du théâtre s’est montré résolu et efficace en ces pénibles circonstances, et, malgré les nombreux incidents et interruptions, toutes les représentations prévues au Théâtre de la Ville ont pu avoir lieu.

Que ces groupes d’individus violents et organisés, qui se réclament de la religion contre une soi-disant « christianophobie », obéissent à des mouvements religieux ou politiques, demande une enquête ; pour nous, en tout cas, ces comportements relèvent à l’évidence du fanatisme, cet ennemi des Lumières et de la liberté contre lequel, à de glorieuses époques, la France a su si bien lutter. Le théâtre a d’ailleurs très souvent été pour ces luttes, un lieu décisif. 

On ne peut en rester là. De tels agissements sont graves, ils prennent une tournure nouvelle, nettement fascisante. Ces groupes d’individus s’empressent en outre de décréter blasphématoires, de façon automatique, des spectacles qui ne sont dirigés ni contre les croyants, ni contre le christianisme. Comme en témoignent de la façon la plus claire les textes de Romeo Castellucci, publiés dans le programme distribué au public et l’interview intitulée « La Foi est à mille lieues de l’idéologie » parue dans le journal Le Monde du 27 octobre 2011.

Nous n’entendons pas céder à ces menaces odieuses.
Le spectacle, coproduit par le Théâtre de la Ville sera repris, dans le cadre de notre partenariat, au Centquatre du 2 au 6 novembre avant de poursuivre sa tournée.
Il est d’ailleurs à noter que ce spectacle a été présenté sans troubles en Allemagne, en Belgique, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Russie, aux Pays-Bas, en Grèce, en Suisse, en Pologne et en Italie, et que c’est en France qu’ont lieu ces manifestations d’intolérance.

Nous avons donc créé, dès le début, un comité de soutien s’adressant à toutes les personnes de bonne volonté, pour défendre au-delà même du spectacle de Romeo Castellucci, la liberté d’expression, la liberté des artistes et la liberté de pensée.

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur et l’équipe du Théâtre de la Ville.
 

Premiers signataires :

Patrice Chéreau, metteur en scène
Stéphane Hessel
Bob Wilson, metteur en scène

Michel Piccoli, comédien
Sylvie Testud, comédienne
Jérôme Prigent, vicaire de St-Eustache
Sasha Waltz, chorégraphe, Berlin
Arnaud Desplechin, cinéaste
Luc Bondy, metteur en scène,
Jean-Michel Ribes, auteur, metteur en scène, directeur de théâtre
Bulle Ogier, comédienne
Barbet Schroeder, cinéaste
Juliette Binoche, comédienne
Elodie Bouchez, comédienne
Claude Régy, metteur en scène
Christophe Girard, président du Centquatre
Joseph Melillo, directeur de la Brooklyn Academy of Music, New York
Stéphane Lissner, directeur de la Scala, Milan
Dominique Mercy, directeur du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch
Brigitte Jaques Wajeman, metteur en scène
Jean-Claude Milner, philosophe
Pascal Bonitzer, cinéaste
Jacques-Alain Miller, psychanalyste
Judith Miller, philosophe
Marc Olivier Dupin, compositeur
Peter de Caluwe, directeur général de la Monnaie, Bruxelles
Christian Longchamp, adjoint artistique & directeur de la dramaturgie, la Monnaie, Bruxelles
Jean-Luc Choplin, directeur du Théâtre du Châtelet
Yorgos Loukos, directeur du Festival d’Athènes
Simon McBurney, metteur en scène, Grande-Bretagne
José Manuel Goncalves, directeur du Centquatre
François Le Pillouer, président du SYNDEAC
Lloyd Newson, chorégraphe, Grande-Bretagne
Anne Delbée, écrivain et metteur en scène
Jack Ralite, ancien ministre
Ushio Amagatsu, chorégraphe, Japon
Georges Banu, président d’honneur de l’association internationale des critiques de théâtre
Monique Veaute, présidente de la Fondation RomaEuropa
Fabrizio Grifasi, directeur de RomaEuropa
Claus Peymann, directeur du Berliner Ensemble

 

Communiqué de presse

Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville - Paris

20 au 30 octobre : 10 jours de résistance au fanatisme
(le directeur, l’équipe du théâtre et le public n’ont pas cédé aux intimidations)

Les représentations du spectacle de Romeo Castellucci, « Sur le concept du visage du fils de Dieu », au Théâtre de la Ville du 20 au 30 octobre 2011, ont systématiquement été perturbées par des groupes organisés, se réclamant en partie de l’Action française et du Renouveau français. L’Agrif (association contre le racisme anti-blancs et anti-chrétiens) avait demandé par voie de justice l’interdiction du spectacle et avait été déboutée de sa demande par le Tribunal de Grande Instance le 18 octobre 2011, puis par le Tribunal administratif de Paris le 28 octobre.

Nous avons considéré qu’il ne s’agissait pas de la simple perturbation d’un spectacle, mais d’actes violents visant à interdire l’accès du public au Théâtre de la Ville en s’en prenant aux personnes et aux biens.

Devant les nombreuses menaces collectives ou personnelles que nous avions reçues depuis plusieurs semaines, faisant suite à la campagne menée par Civitas, j’avais demandé à la Mairie de Paris de prendre des mesures susceptibles de garantir la sécurité du public, du personnel et des artistes tout en nous permettant d’assurer le maintien des représentations.

Procédures mises en place dès la première représentation :

La présence des forces de police devant le théâtre a permis d’empêcher des groupes de manifestants, dont certains particulièrement violents, d’accéder au théâtre, et de garantir l’accès du public.

Lorsque la scène fut envahie par des personnes munies de billets leur permettant d’entrer dans la salle, je leur ai demandé de la quitter. Déterminé à ce que chaque représentation puisse se dérouler jusqu’à son terme, en cas de refus et dans l’impossibilité d’obtenir ce départ dans le calme et sans violence, avec notre propre personnel et nos agents de sécurité, et afin de prévenir un affrontement entre les manifestants et le public, j’ai été amené à demander à 4 reprises, en ultime recours, l’intervention des forces de l’ordre.

Avant chaque représentation, j’ai informé le public que le Théâtre de la Ville porterait plainte de façon systématique lorsque les représentations seraient perturbées, au titre de l’article 431-1 du Code Pénal qui stipule :

Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.

Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l’exercice d’une des libertés visées à l’alinéa précédent est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.

* * *

Avant d’arriver en France, le spectacle a été présenté en Allemagne, en Belgique, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Russie, aux Pays-Bas, en Grèce, en Suisse, en Italie et en Pologne. Il n’a pas suscité la moindre réaction analogue à celles que nous déplorons aujourd’hui.

Le Théâtre contre le fanatisme

Ces agissements à caractère fascisant sont absolument inadmissibles.
Mes collaborateurs et moi-même, en plein accord avec Romeo Castellucci et son équipe, ainsi que l’ensemble du personnel du théâtre, n’avons cédé sous aucun prétexte à ces menaces et à cette intimidation. Nous entendons défendre au-delà même du spectacle de Romeo Castellucci, la liberté d’expression, la liberté des artistes, la liberté de pensée contre ce nouveau fanatisme. Nous entendons exercer pleinement nos droits et réclamer aux fauteurs de trouble réparation des dommages et préjudices importants qu’ils nous occasionnent.

- Après plusieurs jours de troubles, le Théâtre de la Ville a mis en place un comité de soutien, le Théâtre contre le fanatisme, mercredi 26 octobre. Le texte de ce comité, accompagné d’une première liste de signataires a été mis en ligne sur notre site Internet www.theatredelaville-paris.com.

Je tiens à saluer l’attitude du public lors des représentations. Face à l’agression verbale, puis physique dont il est l’objet, il a réagi avec calme et observé avec patience les mesures de contrôle que nous avons été contraints de mettre en place.

Le Théâtre de la Ville est producteur exécutif de ce spectacle à Paris, et le présentera jusqu’au 30 octobre ; puis il sera repris - dans le cadre de notre partenariat - au Centquatre, du 2 au 6 novembre.

Nous souhaitons que le public continue à venir découvrir, en toute liberté, au Centquatre et dans les tous les autres lieux en France et à l’étranger où il sera présenté, le travail d’un grand artiste que nous sommes fiers de soutenir et d’accompagner.

La ville de Paris a condamné « avec la plus grande fermeté ce type d’action, qui a pour but d’ entraver le principe de la liberté de création, et réaffirmé « son soutien à Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville, à Romeo Castellucci et aux artistes et au personnel du théâtre". Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a condamné l’acte de ces fondamentalistes chrétiens.

Monseigneur André Vingt-Trois, Cardinal Archevèque de Paris, dans une interview à Radio Notre-Dame le 29 octobre, a fermement condamné les actes de violence : «  ce qui est significatif, c’est précisément qu’un groupuscule qui se réclame de l’église catholique sans aucun mandat, qui est en fait un groupuscule rattaché au mouvement lefèvriste, fait de la foi un argument de violence. C’est exactement le contraire de ce que nous avons voulu montrer, de ce que nous avons voulu dire. L’authenticité de la foi, ce n’est pas de s’imposer par la violence, c’est de s’imposer par la conviction, par l’appel à la liberté »

Dix représentations auront été données au Théâtre de la Ville, rassemblant 6 482 spectateurs. Toutes les représentations ont pu être données dans leur intégralité, mais 4 d’entre elles ont été interrompues par des agresseurs. Le public a été victime de tentatives d’intimidation avant les représentations et a subi les insultes des manifestants à la sortie. Toute l’équipe du Théâtre de la Ville s’est mobilisée à mes côtés malgré une pression totalement inédite exercée quotidiennement. Qu’elle soit ici remerciée.

Emmanuel Demarcy-Mota
Directeur du Théâtre de la Ville


LES FAITS JOUR PAR JOUR

Jeudi 20 octobre 2011

Avant le spectacle :
tentative violente d’intrusion par des militants organisés, avec usage de gaz lacrymogènes ;
enchaînement des portes de la salle dans le but d’en empêcher l’accès ;
utilisation de boules puantes ;
distribution de tracts dénonçant le prétendu caractère « christianophobe » du spectacle, reposant sur des allégations entièrement mensongères ;

Pendant le spectacle :
envahissement de la scène du théâtre par 9 activistes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant la représentation.
devant l’impossibilité d’obtenir leur départ dans le calme et sans violence, et afin de prévenir tout affrontement avec les spectateurs, j’ai demandé, après 20 minutes d’interruptions, l’intervention des forces de police, afin d’évacuer les agresseurs ;
après leur évacuation, la représentation a repris et s’est poursuivie jusqu’à son terme.

Procédure judiciaire  : Dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour violences volontaires en réunion auprès du Commissariat de Police du 17ème arrondissement. 9 personnes en garde à vue.

Vendredi 21 octobre 2011

Avant le spectacle :
deux activistes se hissent sur la corniche située au dessus des entrées du hall, jettent des œufs sur le public et l’aspergent d’huile de vidange. Plusieurs spectateurs ont leurs vêtements et cheveux souillés, nous sommes en contact avec eux pour la suite à donner à ces agissements.
nous sommes contraints d’aménager l’entrée du public par une sortie de secours située sur le côté du bâtiment, ce qui occasionne de grandes perturbations dans le théâtre pour garantir la sécurité et l’accueil des spectateurs.

Pendant le spectacle :
la représentation démarre à 21h40 et se déroule normalement jusqu’à son terme.

Samedi 22 octobre 2011

Avant le spectacle :
dispositif policier renforcé à l’extérieur du théâtre
sécurisation du lieu par la mise en place de contrôles renforcés (portiques de sécurité) et présence accrue du personnel du théâtre ;

Pendant le spectacle :
deuxième envahissement de la scène du théâtre par un groupuscule de 8 personnes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant brutalement la représentation, menaçant le personnel et le public ;
à la demande du théâtre, intervention des forces de l’ordre, les agresseurs sont évacués dans le calme
la représentation reprend après une interruption de 10 minutes et se poursuit normalement jusqu’à son terme.

Procédure judiciaire : Dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 4ème arrondissement. 8 personnes en garde à vue.

Dimanche 23 octobre 2011

Avant le spectacle :
procédure de sécurisation renforcée avec contrôles accrus

Pendant le spectacle :
troisième envahissement de la scène du théâtre par un groupuscule de 7 personnes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant la représentation.
les agresseurs sont calmement remis par les agents de sécurité aux forces de l’ordre.
reprise du spectacle après une interruption de 7 minutes et poursuite jusqu’à son terme.

Procédures judiciaires :
dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 9ème arrondissement. 7 personnes en garde à vue.
dépôt de plainte par Christophe Girard pour la Mairie de Paris.

Lundi 24 octobre 2011

Location des places Romeo Castellucci :
Tentative de blocage de la vente en ligne sur le site Internet du Théâtre de la Ville par réservation massive de toutes les places disponibles.

20h30, déroulement du concert d’Anouar Brahem, musicien tunisien, prévu dans la programmation.

Mardi 25 octobre 2011

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville et son équipe mettent en place un comité de soutien « Le théâtre contre le fanatisme », texte sur le site du théâtre www.theatredelaville-paris.com.

Avant le spectacle :
heurts violents aux abords du théâtre. 138 interpellations.

Pendant le spectacle :
pas d’interruption de la représentation.

Mercredi 26 octobre 2011

Avant le spectacle :
300 manifestants au centre de la place du Châtelet.
premières interpellations devant les portes du théâtre avant le spectacle.

Pendant le spectacle :
première intervention par un groupuscule qui crie et vocifère dans la salle. Evacuation rapide par le personnel du théâtre, le spectacle n’a pas été interrompu.
deuxième intervention par un groupuscule restant dans la salle et utilisant des sifflets. Jet de boules puantes sur le public. Evacuation rapide par le personnel du théâtre. Le spectacle n’a pas été interrompu.
troisième intervention avant la fin de la représentation, cris et vociférations.
malgré ces trois agressions, le spectacle n’a jamais été interrompu, les acteurs ayant suivi les consignes données de continuer à jouer quand cela était possible.
Pendant ces trois interruptions, je suis intervenu pour demander au public de ne pas proférer d’insultes, de ne pas commettre de violence, pour permettre à l’équipe du Théâtre de la Ville de maintenir la représentation, tout en procédant à l’évacuation des agresseurs.

Procédures judiciaires :
dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 18ème arrondissement. 19 personnes en garde à vue.
dépôt de plainte par Christophe Girard pour la Mairie de Paris.

Jeudi 27 Octobre 2011

Avant le spectacle :
300 manifestants au centre de la place du Châtelet, scandant « Castellucci, retourne dans ton pays ».

Pendant le spectacle :
pas d’interruption de la représentation

Vendredi 28 Octobre 2011

l’Agrif est une nouvelle fois déboutée
par le Tribunal administratif de Paris de sa demande d’interdiction des représentations au CENTQUATRE

Avant le spectacle :
300 manifestants au centre de la place du Châtelet
 
Pendant le spectacle :
Quelques interventions dans la salle. (nouveau mode opératoire des perturbateurs pour déstabiliser les acteurs et le public)
Insultes envers les spectateurs à la fin de la représentation
Pas d’interruption de la représentation.

Samedi 29 Octobre 2011

Avant le spectacle :
400 manifestants – issus de la manifestation appelée par Civitas - au centre de la place du Châtelet, entourée de tous côtés par les forces de l’ordre. Parmi eux des extrémistes musulmans. Face à face tendu. Un de leurs slogans : « France, jeunesse, chrétienté » Le groupe de manifestants, après avoir tenté une percée, repoussée par un tir de grenades lacrymogènes, a été canalisé. Et deux heures durant, a attendu la sortie des spectateurs, entre prières, chants religieux et slogans. Dispersion vers 23h dans le calme.

Sept personnes ont été interpellées à l’entrée du théâtre pour port d’armes illicite. Pendant le contrôle aux deux portiques de sécurité dans le hall, 4 couteaux et une bombe lacrymogène ont été saisis. De source officielle, c’est la première fois que des couteaux sont saisis en dix jours de protestation. Ce qui est interprété comme la volonté, dans certaines franges de cette mouvance, d’avoir voulu " marquer le coup" samedi soir en passant éventuellement à des actions plus violentes

Pendant le spectacle :
Pas d’interruption de la représentation.

Dimanche 30 octobre 2011

Avant le spectacle :
400 manifestants au centre de la place du Châtelet, entourée de tous côtés par les forces de l’ordre.

Pendant le spectacle :
Pas d’interruption de la représentation.

Démenti envoyé par le Théâtre de la Ville à la presse concernant une information fausse émise par les opposants aux représentations du spectacle, puis relayée par certains média, selon laquelle, pendant le spectacle, des excréments seraient jetés sur le visage du Christ ou bien son visage serait souillé par des excréments.

Lundi 31 octobre 2011

Quelques témoignages sur Internet de catholiques qui récusent le caractère soi-disant blasphématoire du spectacle et parfois dénoncent la manipulation dont ils ont fait l’objet :

Je n’y ai pas vu d’intention blasphématoire. J’en suis même sorti bousculé, marqué. Elle appelle à une vraie réflexion sur la souffrance, sur la compassion de ce fils pour ce vieux père. Compassion du Fils pour notre vieille humanité souillée. Encore une fois, on peut la discuter. Ne pas aimer du tout. Mais je demande à ceux qui hurlent au blasphème : l’avez vous vu jouée ?jusqu’au bout ? Jusqu’à ces derniers mots sur lesquels on termine : « tu es mon berger » Mot lumineux, qui prennent le dessus sur le « not »qui s’insère comme le doute peut parfois attaquer notre confiance… J’en veux à tous ceux qui nous ont instrumentalisés. J’en veux à ceux qui ont envoyé des jeunes au casse-pipe. J’en veux à tous ceux qui se servent de tout cela pour se faire de la pub… Dans la saklle, ce soir-là, 3 jeunes tradis étaient là, venus pour foutre le bazar. Jj’en connaissais un que j’avais donc repéré dans la file d’attente. Par sms, je lui ai dit : « attends, regarde, écoute… puis juge en conscience ». Ils ont rien fait finalement. A la sortie, ils m’ont dit : « on se sent trahi, on nous a menti en criant au blasphème, on a été manipulé. L’abbé X… et l’abbé Y….. nous ont poussés à y aller pour interrompre le spectacle, en nous disant que nos frais de justice seraient payés… On a été manipulés… Abbé Pierre-Hervé Grosjean

Quant à moi, oui, je l’affirme, cette pièce m’a conduite encore plus au Christ… La froideur terrible de cette scène de théâtre où le mobilier suinte la solitude et la mort, cette froideur bousculée par l’incontinence du père et par l’amour de son fils qui se démène pour le soigner et réconforter, cette froideur dominée par la lumière et la puissance qui se dégage du Christ de Messine m’aura renvoyée à deux choses : l’apparente vacuité de notre vie terrestre – tout particulièrement à notre époque – et le seul sens, la seule question qui peuvent y être opposés : le Christ. Le Berger. My shepherd. Myriam Picard – Nouvelles de France

L’équipe du Théâtre de la Ville reste mobilisée pour recueillir les très nombreuses signatures (artistes, intellectuels, scientifiques, politiques, public…) qui arrivent quotidiennement en soutien au manifeste « Le théâtre contre le fanatisme, Comité de soutien à la liberté de représentation du spectacle de Romeo Castellucci » à l’adresse :
comite-de-soutien-castellucci@theatredelaville.com

Indiquer dans le corps du mail vos nom, prénom, profession suivis de la mention "Je signe".

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Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
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Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
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Disparition de Marceline Lartigue, Communiqué de presse
dimanche 6 mai
de Micheline Lelièvre
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Marceline Lartigue. Elle s’était faite discrète les temps derniers, mais je voudrais saluer la mémoire de celle que je connaissais depuis le début de sa carrière. Elle avait 16 ans, je crois, et dansait avec Fabrice Dugied la première fois que je l’ai vue. Puis nous nous sommes liées d’amitié. Marceline avait un caractère bien trempée, une intelligence très fine et un grand talent de chorégraphe. (...)
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Marceline Lartigue est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en pleine distribution de tracts
samedi 5 mai
de Jean-Marc Adolphe
Aujourd’hui, 1er mai 2018, Marceline Lartigue ne participe pas aux manifestations du 1er mai 2018. Cela ne lui ressemble pas. Mais elle, tellement vivante, ça ne lui ressemble pas non plus de mourir. Et pourtant, Marceline est partie en voyage, rejoindre Antonio Gramsci et quelques autres camarades de lutte (l’un de ses tout derniers billets sur Facebook rendait hommage à Gramsci, mort le 27 avril 1937). Marceline est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en (...)
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