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Antonio GRAMSCI : Lettres de la prison (1926-1937)
de : Roberto Ferrario
lundi 16 juillet 2007 - 22h25 - Signaler aux modérateurs
2 commentaires
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Arrêté le 8 novembre 1926 et assigné d’abord à cinq ans de relégation dans une île, Antonio Gramsci sera condamné par le Tribunal spécial à 20 ans, 4 mois et 5 jours de prison ; "Pour vingt ans nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner", déclarera le 4 juin 1928 le procureur fasciste. Pressentant que sa peine serait longue, le dirigeant communiste était pourtant déjà résolu à résister par l’étude.

"Je suis obsédé - écrit-il dès le décembre 1926 -par cette idée qu’il faudrait faire quelque chose... Je voudrais, suivant un plan préétabli, m’occuper intensément et systématiquement de quelque sujet qui m’absorberait et polariserait ma vie intérieure"

Voir la table des matières [1] du livre ; Note [2] de présentation de l’ouvrage
Préface de l’ouvrage par Palmiro Togliatti

Une édition électronique réalisée à partir du livre d’Antonio Gramsci, Lettres de prison. Traduit de l’Italien en français par Jean Noaro, 1953.

  • Le livre en format Word 2004 à télécharger (Un fichier de 277 pages et de 904 K)
  • Le livre en format Acrobat Reader à télécharger (Un fichier de 277 pages et de 804 K)
  • Le livre en format RTF (rich text format) à télécharger (Un fichier de 277 pages de 1 Mo.)

    http://classiques.uqac.ca/classique...


    Notes :

    [1] Note de l’éditeur

    Antonio Gramsci, chef de la classe ouvrière italienne, par Palmiro TOGLIATTI

    Le premier marxiste d’Italie
    Le mouvement des comités d’usines
    La création du Parti communiste
    Le premier bolchévik italien
     
    LETTRES DE LA PRISON
     
    (Lettre 2.) À Tatiana Ustica, 9 décembre 1926.
    (Lettre 3.) À Tatiana Ustica, 19 décembre 1926.
    (Lettre 4.) À Julca Ustica, le 8 janvier 1927.
    (Lettre 5.) À Tania Ustica, 15 janvier 1927.
    (Lettre 6.) À Julie Ustica, 15 janvier 1927.
    (Lettre 7.) À Tania Prison de Milan, 19 février 1927.
    (Lettre 9.) À Tania Prison de Milan, 19 mars 1927.
    (Lettre 10.) À Tania Milan, 26 mars 1927.
    (Lettre 11.) À Tania Prison de Milan, 4 avril 927.
    (Lettre 12.) À Tania Prison de Milan, le 11 avril 1927.
    (Lettre 13.) À Tania Prison de Milan, le 25 avril 1927.
    (Lettre 15.) À Tania Prison de Milan, 23 mai 1927.
    (Lettre 16.) À Berti Prison de Milan, 4 juillet 1927.
    (Lettre 17.) À Tania Prison de Milan, 8 août 1927.
    (Lettre 18.) À Berti Prison de Milan, le 8 août 1927.
    (Lettre 19.) À Tania Prison de Milan, 10 octobre 1927.
    (Lettre 20.) À Tania Prison de Milan, 17 octobre 1927.
    (Lettre 21.) À Tania Prison de Milan, 14 novembre 1927.
    (Lettre 23.) À Julie Prison de Milan, le 21 novembre 1927.
    (Lettre 24.) À Tania Prison de Milan, le 26 décembre 1927.
    (Lettre 26.) À Tania Prison de Milan, 2 janvier 1928.
    (Lettre 27.) À Berti Prison de Milan, 30 janvier 1928.
    (Lettre 28.) À Thérèse 20 février 1928.
    (Lettre 29.) À Tania Prison de Milan, 27 février 1928.
    (Lettre 30.) À Julie Prison de Milan, 27 février 1928.
    (Lettre 31.) À Tania Prison de Milan, 5 mars 1928.
    (Lettre 32.) À Tatiana Prison de Milan, 9 avril 1928.
    (Lettre 33.) À maman 30 avril 1928.
    (Lettre 34.) À Tania Prison de Milan, 30 avril 1928.
    (Lettre 35.) À Tania Prison de Rome, 27 juin 1928.
    (Lettre 36.) À Tania Prison de Turi, 20 juillet 1928.
    (Lettre 38.) À Julie Prison de Turi, 19 novembre 1928.
    (Lettre 39.) À Julie Prison de Turi, 14 janvier 1929.
    (Lettre 40.) À Tatiana Prison de Turi, 24 février 1929.
    (Lettre 41.) À Tania Prison de Turi, 25 mars 1929.
    (Lettre 42.) À Tania Prison de Turi, 22 avril 1929.
    (Lettre 43.) À Julie Prison de Turi, 20 mai 1929.
    (Lettre 44.) À Delio Prison de Turi, 20 mai 1929.
    (Lettre 45.) À Tania Prison de Turi, 3 juin 1929.
    (Lettre 46.) À Tania Prison de Turi, 1er juillet 1929.
    (Lettre 47.) À Julie Prison de Turi, 1er juillet 1929.
    (Lettre 48.) À Julie Prison de Turi, 30 juillet 1929.
    (Lettre 49.) À Tatiana Prison de Turi, 26 août 1929.
    (Lettre 50.) À Julie Prison de Turi, 30 décembre 1929.
    (Lettre 51.) À Tania Prison de Turi, 13 janvier 1930.
    (Lettre 54.) À Tania Prison de Turi, 10 mars 1930.
    (Lettre 55.) À Tania Prison de Turi, 7 avril 1930.
    (Lettre 56.) À Tatiana Prison de Turi, 19 mars 1930.
    (Lettre 57.) À Tania Prison de Turi, 2 juin 1930.
    (Lettre 58.) À Tatiana Prison de Turi, 16 juin 1930.
    (Lettre 60.) À maman Prison de Turi, 28 août 1930.
    (Lettre 61.) À maman Prison de Turi, 22 septembre 1930.
    (Lettre 62.) À Tania Prison de Turi, 6 octobre 1930.
    (Lettre 63.) À Julie Prison de Turi, 6 octobre 1930.
    (Lettre 64.) À Tatiana Prison de Turi, 3 novembre 1930.
    (Lettre 65.) À Julie Prison de Turi, 4 novembre 1930.
    (Lettre 66.) À Tatiana Prison de Turi, 17 novembre 1930.
    (Lettre 67.) À Thérésine Prison de Turi, 17 novembre 1930.
    (Lettre 68.) À Tatiana Prison de Turi, 1er décembre 1930.
    (Lettre 69.) À maman Maison d’arrêt de Turi 15 décembre 1930.
    (Lettre 70.) À Gracieuse Prison de Turi, 29 décembre 1930.
    (Lettre 71.) À Tania Prison de Turi, 26 janvier 1931.
    (Lettre 72.) À Julie Maison d’arrêt de Turi, 9 février 1931.
    (Lettre 73.) À Tatiana Maison d’arrêt de Turi, 23 février 1931.
    (Lettre 74.) À Tatiana Prison de Turi, 9 mars 1931.
    (Lettre 75.) À Tatiana Prison de Turi, 23 mars 1931.
    (Lettre 76.) À Tatiana Prison de Turi, 7 avril 1931
    (Lettre 77.) À Tatiana Prison de Turi, 20 avril 1931.
    (Lettre 78.) À Thérèse Prison de Turi, 4 mai 1931.
    (Lettre 79.) À Tania Prison de Turi, 18 mai 1931
    (Lettre 80.) À Julie Prison de Turi, 1er juin 1931.
    (Lettre 81.) À Tatiana Prison de Turi, 15 juin 1931.
    (Lettre 82.) À maman Prison de Turi, 15 juin 1931.
    (Lettre 83.) À maman Prison de Turi, 29 juin 1931.
    (Lettre 84.) À Thérésine Prison de Turi, 20 juillet 1931.
    (Lettre 85.) À Tatiana Prison de Turi, 3 août 1931.
    (Lettre 86.) À Tatiana Prison de Turi, 17 août 1931.
    (Lettre 87.) À maman Prison de Turi, 24 août 1931.
    (Lettre 88.) À Julie Prison de Turi, 31 août 1931.
    (Lettre 89.) À Tatiana Prison de Turi, 7 septembre 1931.
    (Lettre 90.) À Tatiana Prison de Turi, 13 septembre 1931.
    (Lettre 91.) À maman Prison de Turi, 13 septembre 1931.
    (Lettre 92.) À Tatiana Prison de Turi, 21 septembre 1931.
    (Lettre 94.) À Charles Prison de Turi, 28 septembre 1931.
    (Lettre 95.) À Tania Prison de Turi, 5 octobre 1931.
    (Lettre 96.) À Tania Prison de Turi, 12 octobre 1931.
    (Lettre 98.) À maman Prison de Turi, 19 octobre 1931.
    (Lettre 99.) À Tania Prison de Turi, 2 novembre 1931.
    (Lettre 100.) À Tania Prison de Turi, 9 novembre 1931.
    (Lettre 101.) À Thérésine Prison de Turi, 16 novembre 1931.
    (Lettre 103.) À Julca Prison de Turi, 14 décembre 1931.
    (Lettre 105.) À Tania Prison de Turi, 18 janvier 1932.
    (Lettre 108.) À maman Prison de Turi, 1er février 1932.
    (Lettre 110.) À Tania Prison de Turi, 15 février 1932.
    (Lettre 112.) À Delio Prison de Turi, 22 février 1932.
    (Lettre 113.) À maman Prison de Turi, 29 février 1932.
    (Lettre 115.) À Tania Prison de Turi, 14 mars 1932.
    (Lettre 117.) À Tania Prison de Turi, 21 mars 1932.
    (Lettre 121.) À Tania Prison de Turi, 4 avril 1932.
    (Lettre 124.) À Tania Prison de Turi, 18 avril 1932.
    (Lettre 125.) À Tania Prison de Turi, 25 avril 1932.
    (Lettre 126.) À maman Prison de Turi, 25 avril 1932.
    (Lettre 127.) À Tania Prison de Turi, 2 mai 1932.
    (Lettre 128.) À Tania Prison de Turi, 9 mai 1932.
    (Lettre 130.) À maman Prison de Turi, 23 mai 1932.
    (Lettre 132.) À Tania Prison de Turi, le 6 juin 1932.
    (Lettre 133.) À maman Prison de Turi, 19 juin 1932.
    (Lettre 134.) À Tania Prison de Turi, 27 juin 1932.
    (Lettre 135.) À Julca Prison de Turi, 27 juin 1932.
    (Lettre 138.) À Tania Prison de Turi, 1er août 1932.
    (Lettre 140.) À Tania Prison de Turi, 9 août 1932.
    (Lettre 143.) À Tania Prison de Turi, 29 août 1932.
    (Lettre 144.) À Julie Prison de Turi, 29 août 1932.
    (Lettre 147.) À Tania Prison de Turi, 12 septembre 1932.
    (Lettre 149.) À Tatiana Prison de Turi, 3 octobre 1932.
    (Lettre 151.) À Delio Prison de Turi, 10 octobre 1932.
    (Lettre 153.) À Julie Prison de Turi, 24 octobre 1932.
    (Lettre 155.) À Gracieuse Prison de Turi, 31 octobre 1932.
    (Lettre 156.) À Tania Prison de Turi, 31 octobre 1932.
    (Lettre 161.) À Tania Prison de Turi, 9 janvier 1933.
    (Lettre 164.) À Tania Prison de Turi, 30 janvier 1933.
    (Lettre 165.) À Julca Prison de Turi, 30 janvier 1933.
    (Lettre 166.) À Tania Prison de Turi, 14 mars 1933.
    (Lettre 167.) À Tania Prison de Turi, 3 avril 1933.
    (Lettre 169.) À Tania Prison de Turi, 10 avril 1933.
    (Lettre 173.) À Tania Prison de Turi, 24 juillet 1933.
    (Lettre 177.) À Delio 8 avril 1935.
    (Lettre 178.) À très chère 25 novembre 1935.
    (Lettre 179.) À Julca 25 janvier 1936.
    (Lettre 180.) À Julik 25 janvier 1936.
    (Lettre 181.) À Julca 6 mai 1936.
    (Lettre 186.) À Delio Novembre 1936.
    (Lettre 187.) À Julca 24 novembre 1936.
    (Lettre 188.) À Julik 24 novembre 1936.
    (Lettre 189.) À Julca Décembre 1936.
    (Lettre 190.) À Delio Décembre 1936.
    (Lettre 191.) À Julca 5 janvier 1937.
    (Lettre 196.) À Julik
    (Lettre 197) À Julik
    (Lettre 199.) À Julik
    (Lettre 200.) À Julik
    (Lettre 201.) À Julik
    (Lettre 202.) À Julik
    (Lettre 203.) À Julien
    (Lettre 205.) À Giuliano
    (Lettre 207.) À Julik
    (Lettre 208.) À Delio
    (Lettre 212.) À Delio
    (Lettre 213.) À Delio
    (Lettre 214.) À Delio
    (Lettre 218.) À Delio

    [2] Note

    Pour présenter au public français les Lettres de la prison et leur auteur, il nous a semblé utile de nous servir de l’étude que le compagnon d’armes d’Antoine Gramsci et son continuateur à la tête du Parti communiste italien, Palmiro Togliatti, écrivit à Paris en 1937, aussitôt après que le monde eût appris avec stupeur que celui que la protestation universelle croyait avoir arraché à ses bourreaux n’était pas parvenu au delà du seuil de la prison sur le chemin de la liberté recouvrée.

    Il est sûr qu’en 1937 l’œuvre que Gramsci avait écrite dans son cachot n’était connue encore ni dans son ampleur ni dans son détail. Le texte de Palmiro Togliatti n’en paraîtra que plus convaincant.

    Antoine Gramsci, secrétaire du parti communiste et député au Parlement, fut arrêté à Rome le soir du 8 novembre 1926, dans la maison Passarge, au numéro 25 de la rue G.B. Morgagni : il avait loué là une chambre meublée.

    Après seize jours de détention à la prison de Regina Coeli, la « Santé » italienne, il fut dirigé sur l’île d’Ustica, a quelque cent kilomètres au Nord de Palerme, où il avait à subir une condamnation de cinq années de relégation.

    Il arrivait à destination le 7 décembre. Il quittait l’île le 20 janvier 1927 et il était transféré à la prison Saint-Victor à Milan, inculpé de conspiration contre les Pouvoirs de l’État, de provocation à la guerre civile, d’excitation à la haine de classe, d’apologie d’actes criminels et de Propagande subversive.

    L’instruction terminée, en mai 1928, Gramsci était conduit à nouveau à Regina Coeli. Son Procès et celui de ses camarades communistes se déroulait du 28 mai au 4 juin 1928. Le Tribunal spécial présidé par le général Saporiti retenait les conclusions du procureur Isgrô et condamnait Antoine Gramsci à vingt ans, quatre mois et cinq jours de réclusion. En juillet 1928, Antoine Gramsci prenait possession, à la Prison de Turi, dans la province de Bari, de la cellule 7047 qu’il ne quitterait plus que Pour mourir.

    Gramsci était de santé faible. En prison, son organisme débilité offrait un terrain de moindre résistance. Lorsque les troubles stomacaux lui laissaient quelque repos, intervenaient les troubles intestinaux. Il crachait du sang. Il avait de persistantes migraines. Le sommeil le fuyait : en octobre 1930, il dormit en moyenne deux heures sur vingt-quatre. Lorsqu’il lui arrivait de trouver un peu de sommeil, son gardien, qui avait reçu des ordres en conséquence, ouvrait et fermait la porte du cachot avec bruit : Gramsci, réveillé, n’arrivait plus à se rendormir. Toute nourriture lui était contraire. Celle qu’il pouvait digérer ne figurait que rarement au « menu » de la prison. Gramsci ne croyait Pas aux médecins. Mais il se soignait ou du moins il essayait de se soigner : le devoir était de vivre.

    Jamais, ce grand caractère ne faiblit. Il lui fut proposé cent fois de demander sa grâce. Il ne consentit jamais à le faire. « Il y a là une forme de suicide et je n’ai nullement l’intention de me suicider », répondait-il.

    Chaque jour, il lutta contre ce qu’il appelait la routine pénitentiaire. Il s’était fait un plan de travail. Malgré les souffrances physiques et morales, la censure et le con-trôle de l’administration Pénitentiaire, l’impossibilité de se référer à une documentation indispensable et de recevoir en temps voulu le matériel bibliographique qui lui aurait fait besoin, il couvrit d’une écriture fine et serrée trente-deux cahiers, trois mille pages manuscrites correspondant à quatre mille pages dactylographiées. Gramsci traite des intellectuels italiens et de leur mission à travers l’histoire, de Machiavel, d’Ugo Foscolo, de Dante, de la Réforme, de la Renaissance, du roman feuilleton, du folklore, de la langue littéraire et des dialectes, du théâtre, de l’école laïque, de l’américanisme, du Risorgimento et de Benedetto Croce et de cent autres sujets. Ses connaissances sont universelles. Ses jugements fermes, de valeur définitive, étonnent cependant par les nuances qu’y introduit le plus grand humaniste de l’Italie d’aujourd’hui. Alors que dans les Lettres le drame vécu par Gramsci dans sa Prison est visible, avec ses misères, ses tortures, avec la bataille que l’esprit a décidé de mener -, dans les Cahiers, ainsi que le précise l’éditeur italien, il n’y a plus de trace de l’enfer cellulaire, seul demeure le fruit d’une pensée géniale, la marque d’une volonté de lutte indomptée et d’une admirable force de caractère.

    Le sort fait à Gramsci par le fascisme souleva la Protestation universelle. En France, parmi beaucoup d’autres, protestèrent Romain Rolland et Henri Barbusse, en Angleterre l’archevêque de Canterbury. Mussolini fut contraint de reculer, ou de faire semblant de reculer. Gramsci quitta le bagne de Turi pour une clinique de Formia, puis il fut conduit dans une clinique de Rome. Il était trop tard pour qu’il pût être sauvé. Le 27 avril 1937, sa peine, qui avait été hypocritement réduite de dix ans, étant venue à expiration depuis trois jours, Antoine Gramsci rendait le dernier soupir.

    Qu’il soit dit Pour compléter le schéma à Peine esquissé de cette grande existence et pour faciliter la lecture des Lettres que la plus grande Partie de celles-ci sont adressées aux membres de la famille de Gramsci : à sa femme, à ses enfants, à sa mère, à ses sœurs, à sa belle-sœur. La maman et les sœurs, Thérésine et Gracieuse, vivaient en Sardaigne. Le frère Charles était employé à Milan. Le frère Gennaro avait émigré en France.

    Gramsci avait connu sa femme, Julie (Julca) Schucht dans une maison de repos de Moscou au début de 1923. Un premier enfant, Délio, était né à Moscou en août 1924 alors que Gramsci était retourné en Italie. La maman et Délio rejoignirent le père à Rome fin 1925. Ils le quittèrent au printemps suivant pour rentrer à Moscou, où, en août 1926, julien vint au monde. Tout cela veut dire que Gramsci a connu son premier enfant quelques mois seulement et qu’il n’a jamais connu son second fils. Il faut beaucoup penser à cela en lisant certaines « lettres de la prison ».

    Il faut aussi penser que Julie, durement touchée par l’arrestation de son mari, eut à souffrir d’une maladie nerveuse que l’on s’efforça de cacher au prisonnier, mais assez vainement. Gramsci se douta vite qu’on ne lui disait pas la vérité et cela fut à l’origine d’âpres discussions, d’accès de mauvaise humeur, de colères même. Et Julie ne put jamais, et pour cause, venir en Italie ainsi que Gramsci l’aurait tant désiré.

    Un personnage important dans ce drame de l’enfermé est la belle-sœur de celui-ci, la sœur de Julie, Tatiana (Tania). Son affection pour Gramsci était fraternelle, et illimitée l’admiration qu’elle avait pour lui. Onze années durant, Tatiana ne vécut que pour soulager les souffrances de Gramsci, pour lui rendre moins dure la vie de la prison. De faible constitution elle-même, elle surmonta toutes les fatigues pour bien accomplir le grand devoir qu’elle s’était imposé. C’est elle qui recueillit le dernier soupir de Gramsci, qui prit soin de sa tombe et qui sauva les précieux cahiers écrits dans la prison. Tatiana Schucht est morte en 1943 en Union soviétique.

    Les Lettres de la prison ont été publiées pour la première fois en Italie en 1947. Elles recueillirent aussitôt un immense succès auprès de l’ensemble des critiques et de l’immense majorité du public italien. Elles arrachèrent des cris d’admiration à Benedetto Croce. Elles obtinrent le Prix Viareggio.

    La publication des Lettres fut suivie, entre 1948 et 1951, par celle des 32 « cahiers de la prison » réunis en six volumes (Le Matérialisme historique et la philosophie de Benedetto Croce, Les Intellectuels et l’organisation de la culture, Le Risorgimento, Notes sur Machiavel, sur la politique et sur l’État moderne, Littérature et vie nationale, Le Passé et le présent). Nul homme de savoir ne peut décemment ignorer cette œuvre. Il n’est pas possible de s’occuper des choses de la culture italienne sans s’y reporter.

    Le volume que nous présentons au public français ne contient ni toutes les lettres écrites par Gramsci dans les dix années de son emprisonnement ni toutes celles publiées dans l’édition italienne. Il s’agît d’un choix que nous regrettons de n’avoir pu faire plus complet, mais d’un choix très large et qui suffira amplement à donner un cadre à une existence exemplaire, à dire quelles furent les vertus, les hautes préoccupations intellectuelles et morales, la vaste et Profonde humanité de l’homme, de l’humaniste, du militant révolutionnaire que fut Antoine Gramsci



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  • Commentaires de l'article
    Antonio GRAMSCI : Lettres de la prison (1926-1937)
    16 juillet 2007 - 23h33

    Informations très appréciées, merci.



    Antonio GRAMSCI : Lettres de la prison (1926-1937)
    17 juillet 2007 - 20h28 - Posté par

    Merci Roberto pour ces formidables informations,c’est vraiment extra.

    François Pellarin.





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    lundi 25 - 11h11
    de : Jean-Luc Mélenchon
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    La Résistance dans la rue face à la collaboration par Léon Landini résistant FTP MOI
    lundi 25 - 11h09
    de : Léon Landini
    EN DIRECT- Loi travail : les chauffeurs routiers bloquent plusieurs sites
    lundi 25 - 10h00
    de : Luc Lenoir
    Insoumission au Parlement et dans la rue, partout !
    lundi 25 - 00h48
    de : Christian DELARUE
    Bastille !
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    de : Gilles
    manif rassemblement mardi 26 septembre devant sous préf Montargis 17h30 pour les contrats aidés EVS des écoles
    dimanche 24 - 18h12
    de : le Rouge-gorge
    Sénatoriale , Macron et du Cynisme !
    dimanche 24 - 14h05
    1 commentaire
    Marche du 23 septembre contre le coup d’État social (vidéo)
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    de : Jean-Luc Mélenchon
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    dimanche 24 - 10h43
    de : LE BRIS RENE
    Alors, Laurent Joffrin : Le Pen ou Le Che ?
    vendredi 22 - 21h49
    1 commentaire
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    vendredi 22 - 17h39
    Contre le coup d’état social
    vendredi 22 - 15h40
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