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Une lettre de Cesare Battisti, en grève de la faim et des soins depuis le 2 juin
jeudi 10 juin
de Cesare Battisti
Je m’adresse à mes enfants bien-aimés, à ma compagne de voyages, aux frères et aux sœurs, aux neveux, aux amis et aux camarades, aux collègues de travail et à vous tous qui m’avez bien aimé et soutenu dans votre cœur. Les effets destructeurs de la grève Je vous demande à vous tous un dernier effort, celui de comprendre les raisons qui me poussent à lutter jusqu’à la conséquence ultime au nom du droit à la dignité pour chaque détenu, de tous. La dignité (...)
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Cyril Lignac et le capitalisme

de : Caleb Irri
jeudi 21 janvier 2010 - 14h38 - Signaler aux modérateurs
2 commentaires

J’ai déjà parlé de la possibilité d’un nouveau système http://calebirri.unblog.fr/un-nouve.... Persuadé qu’il est nécessaire de passer par l’éducation pour parvenir à un changement des mentalités, et conscient du fait que les institutions actuelles ne souhaitent ni ne permettent ce changement, je voudrais revenir sur une notion largement dévoyée de sons sens premier (pas tant dans son concept que dans son application) : la solidarité.

La solidarité provient du latin « solidus » qui signifie « entier », « consistant ». Ce terme exprime les liens qui unissent pour former une sorte de « tout ». Pour exprimer cette notion, on pourrait rapprocher ce terme “d’entraide” . La solidarité est en quelque sorte la faculté de créer des liens dans un but commun.

Par exemple, et pour coller à l’actualité, la « solidarité » avec Haïti n’en est pas une : cette généreuse action qui consiste à donner de l’argent pour aider à la reconstruction du pays s’appelle de la charité, car il n’y a pas de liens créés entre les deux parties. Pour qu’il y ait solidarité, il faut qu’il y ait une union, un lien qui ne peut être créé que par la participation des deux parties au même objectif.

Pour que ce lien se crée, il faut tout d’abord que les différentes parties se rencontrent pour apprendre à se connaître. Se connaître pour pour avoir envie de s’entre-aider, de participer de façon solidaire, en une union solide. Pour avoir une volonté en commun.

J’ai regardé l’autre jour une émission sujette à de nombreuses critiques s’intitulant « le chef contre-attaque ». ce n’est pas la première fois que je regarde cette émission, et je dois avouer que j’aime bien ce monsieur Lignac. Pas la cuisine, dont à vrai dire je me fiche pas mal, mais l’homme, l’être humain. Dans ce dernier épisode, ce monsieur se proposait de remettre une ville à la cuisine, afin non seulement de leur permettre de s’alimenter « sainement », mais surtout de pratiquer la solidarité.

Jouant sur sa notoriété pour intéresser le public à sa démarche, monsieur Lignac n’a pour seul pouvoir que de parler avec son coeur, et comme qualité principale celle de son instinct.

On peut facilement critiquer ce type d’émissions, mais force est de constater une chose : si une solidarité comme celle qu’il préconise dans cette émission était réellement mise en place, le capitalisme aurait du soucis à se faire.

En effet, une des voies explorées par le chef est celle de la préparation, en communauté, de repas en grandes quantités, pour peu de frais, et pour toute la semaine. Au delà du service rendu à ceux qui y participent, les relations entre voisins ont ainsi une chance de se nouer, des incompréhensions de s’expliquer, des sentiments se créer. C’est beaucoup plus que la cuisine qui est en jeu : c’est le début de la solidarité. Et le contraire de l’individualisme concurrentiel prôné par le capitalisme. Alors que la charité (qui est un « bienfait » autorisé par le système) crée un rapport sinon de dépendance, au moins d’acceptation de la faiblesse de celui qui reçoit, la solidarité va beaucoup plus loin. En imaginant ainsi la création de rapports humains entre ne serait-ce qu’un voisinage proche, il devient alors possible de connaître, et donc d’aimer. de la même manière qu’on aime son frère ou son conjoint parce qu’on le connaît, avec ses défauts et ses qualités, (et non juste parce qu’il est le frère ou le conjoint), les relations humaines sont de ce point de vue « anti-capitalistes » : car le contrôleur des impôts qui frappe à la porte de son voisin et constate des irrégularités sera humainement plus réticent à lui faire des remontrances s’il a cuisiné avec ce dernier la semaine passée, et partagé avec lui les repas concoctés ensemble.

C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines grandes firmes sont réticentes à la création de liens affectifs au sein de l’entreprise : un DRH qui “fricotte” avec les employés aura plus de mal à les licencier que lorsque ce dernier est simplement considéré comme un « numéro ».

Dans une deuxième partie de l’émission, Cyril Lignac souhaite mettre en place une sorte de restaurant « municipal », où les participants préparent pour quelques dizaines de personnes des repas équilibrés, bons et à faible coût. On constate évidemment que la participation des autorités locales est absolument nécéssaire en terme d’infrastructure (avec la caméra les réponses favorables sont plus sûres…), mais également que le choix des organisateurs de ce genre d’initiatives se doit d’être bon : le choix des “chefs” étant primordial à la réussite de tels projets. Je ne sais pas comment est réalisée cette émission, mais force ést de constater que monsieur Lignac ne s’était pas trompé dans son choix.

Son choix qui se trouve aussi être le bon dans le cadre de la troisième partie de l’émission : après avoir pris exemple sur des « jardins solidaires » aux Etats-Unis, il est proposé d’en créer un dans la ville où se déroule l’émission. il ne doit pas être trop difficile de trouver un terrain et quelques graines (sponsoring ?) dans quasiment chaque commune de France, et avec un peu de bonne volonté, il doit être possible de faire pousser rapidement quelques denrées disponibles pour tous. D’ailleurs, si l’on en croit les témoignages, il est rare de voir ce genre de parcelles saccagées, et les profiteurs s’accaparer le fruit du travail des autres sans aucune contrepartie.

Si on considère tous les bienfaits potentiels d’une telle action, on s’aperçoit qu’il est possible d’apprendre aux enfants, de manière pédagogique, comment la nature fonctionne. Et également le goût des aliments, la manière de les préparer ou le bon moment passé à l’air libre. Mais c’est aussi une source de travail physique récompensée à force de patience, un moment partagé à plusieurs, le plaisir de voir la nature se développer, la possibilité d’offrir de son temps, de sa force, de son savoir, de son esprit de solidarité.

En imaginant la diffusion de telles pratiques, il est possible de croire que le chapardage devienne inutile (pourquoi prendre des produits qui se périment rapidement, et qu’il est possible de trouver dans chaque quartier ?). mais pas seulement : à grande échelle, une telle action permettrait de réduire sensiblement les marges pratiquées par la grande distribution, et peut-être de remplir le ventre de quelques affamés.

On va sans doute me parler après cela des producteurs de légumes, du transport, de la mondialisation et des salaires, de rentabilité… Mais pourquoi parler de rentabilité ? car si la solidarité entrait réellement dans la manière de vivre des gens, on s’apercevrait rapidement qu’avec peu de travail, s’il est divisé en grand nombre et considéré solidairement (le bien que j’apporte aux autres est en même temps le bien que je m’apporte à moi-même par l’action que je mène), on pourrait aisément satisfaire les besoins les plus essentiels des hommes : manger à sa faim, et avoir un toit pour dormir.

Car pourquoi ne pas étendre la réflexion au bâtiment ? chaque individu est plus ou moins capable de réaliser une tâche propre à l’habitation, et ceux qui n’aiment pas travailler la terre pourraient construire ou rénover. Ceux qui aiment la terre continueront à la travailler, et ceux qui aiment faire de la route, ils transporteront autre chose. Une fois les besoins essentiels de tous satisfaits, il ne fait pas de doute que le reste suive. La mondialisation ne serait plus alors celle de l’exploitation des uns pour satisfaire aux autres, mais la solidarité des uns avec les autres.

http://calebirri.unblog.fr


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Commentaires de l'article
Cyril Lignac et le capitalisme
21 janvier 2010 - 16h25

Intéressant.

tu as tort de ne pas t’intéresser à la cuisine ou de t’en foutre.

Moi je pense sans rire que ça devrait limite faire partie des formations militantes...(comme la sexualité qui était d’ailleurs enseignée en RDA à ses glorieux débuts avant que ça parte pas mal en vrille)

(Eh oui.. Quand j’aurais le temps j’expliquerais pourquoi...enfin, pourquoi ce sont justement des lieux et des objets de lutte)



Cyril Lignac et le capitalisme
22 janvier 2010 - 16h50 - Posté par ulysse

Je viens d’abandonner mes études à l’école d’architecture de Saint-Etienne, mais certains points évoqués ici me font penser à un projet développé par des étudiants de 5eme année (aujourd’hui architectes, le projet ayant déjà un ou deux ans, mais toujours en cours).
Ce projet s’intitule "Soupes de ville". L’enjeu est double : premièrement, repérer et identifier des vides urbains dans l’enceinte de la ville, et les requalifier ; deuxièmement, créer du lien social, là aussi par le biais d’un repas partagé.

Toute l’opération est menée par mes anciens camarades, mais ensuite, avec l’émulation, l’association peut convaincre n’importe quel stéphanois de participer au projet.
L’étape 1 consiste donc en une ballade dans la ville, un repérage de terrains vagues, de friches, inutilisés, abandonnés, vacants.
Ensuite, ces terrains sont acquis, avec l’aide de la mairie, et des propriétaire (souvent, ces terrains appartiennent déjà à la mairie, qui attend de leur trouver une utilité, ou de les bâtir, notamment avec du logement social. L’occupation par Soupe de Ville n’est donc jamais destinée à être pérenne sur un site, mais de qualifier ceux-ci en attente de leur destin final).

Ils sont désherbés, remis en état. Suivant leur nature et leur situation (ensoleillés ou ombragés, plats, en pentes, vastes ou étroits...), ils vont être utilisés différemment : certains (vastes, ensoleillés, plats) sont mis en culture, un potager y est créé ; les autres sont destinés à recevoir d’autres occupations, comme le stockage, et surtout, devenir des lieux de distribution de la soupe fabriquée avec les légumes des potagers, des lieux de rencontre, de partage, sortes de "bars à soupe". Au début, il n’y avait que quelques potagers et quelques distributions à l’école d’archi, mais aujourd’hui, de plus en plus terrains vacants ont des permis de construire soupe de ville, et l’asso espère ouvrir d’autres lieux de distribution dans la ville, de manière à intensifier son action, et à la pérenniser.

Ceci permet en outre plein de variantes, d’activités connexes, comme la création de potagers dans les cours d’écoles maternelles, afin d’initier les petits au jardinage, dans un environnement urbain ou ce monde est trop souvent absent, ou encore inviter un chef d’un restaurant stéphanois à composer ses soupes pour des soirées spéciales...

J’oubliais de dire que la distribution de soupe est évidemment GRATUITE ! Sinon, ça n’aurait plus aucun sens.

Je pense que ce projet, encore à ses débuts mais très concret, qui a fait ses preuves à une petite échelle et ne demande qu’à passer à une plus grande, est une très bonne initiative pour aller dans le sens de la solidarité ou l’entend caleb iri ici.
Si les gens voient la création d’un potager dans le terrain vague en face de chez eux, ils auront sûrement envie de s’en occuper tous ensemble, les enfants seront curieux. Les distributions permettent elles aussi des rencontres, et d’abolir toute barrière sociale. Enfin, les terrains vacants sont réellement qualifiés, n’étant ni abandonnés, ni recouvert d’une pelouse vert électrique pour faire "espace vert".







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