En 1992, lors du référendum sur le traité de Maastricht, les tenants du non avaient servi de faire-valoir aux oui-ouistes qui se contentaient ensuite de les ignorer. Ajourd’hui ils ont eu le tort, aux yeux de l’intelligentsia de gagner à leur cause une majorité de français. Depuis tout est bon pour les discréditer...
Deux semaines plus tôt, Marie-George Buffet avait été confrontée, sur le plateau de Serge Moati, à la fine fleur médiatico-politique (Pierre Moscovici, Marielle de Sarnez, Claude Askolovitch, Jean-Miche Aphatie...). Aphatie avait à cette occasion déjà rempli sa tâche d’aboyeur. Et face à Marie-George Buffet évoquant la manifestation du 16 juin, Askolovitch avait conclu l’émission en lui répondant (je cite de mémoire) : « de toutes façons, vous avez la culture de la manifestation... », c’est à dire « vous êtes guidés par un instinct grégaire qui vous pousse à vous grouper pour manifester sans même savoir pourquoi ».
Donc, la cause est entendue, en prévision d’un nouveau vote, il faut convaincre les français que les nonistes sont : des ignares, des timorés, des crétins, des xénophobes, des poujadistes, des illettrés, des fascistes, des irresponsables, des conservateurs obscurantistes arc-boutés sur un modèles social obsolète. Alors que le oui-ouiste est résolument européen, moderne, éclairé, intelligent, en phase avec la marche de l’histoire (je croyais que cette obsession hégellienne du cours de l’histoire n’était que l’apanage des marxistes forcenés), responsable (ne sait-il pas que cette constitution est le meilleur des traités possibles ?), cultivé, confiant en l’avenir...
De même n’épargnera aucun effort pour punir ceux qui ont l’outrecuidance de voter « non ». Vous avez émis un vote anti-libéral ? Vous aurez encore plus de libéralisme avec de Villepin s’apprètant à liquider, sur ordonnance, le code du travail et Thierry Breton qui, au Grand Jury RTL-le Monde, développe un discours entreprenarial que l’on croirait sortir de la bouche d’un expert du FMI (Ne pas savoir faire la différence entre l’État et une entreprise quand on fait de la politique, c’est inquiètant). Tout comme la supression du lundi de Pentecôte était une réplique aux salariés descendus dans la rue au printemps 2003.
S’il persiste, un tel aveuglement de la part de nos élites politiques et médiatiques nous prépare une crise grave.
En 1992, lors du référendum sur le traité de Maastricht, les tenants du non avaient servi de faire-valoir aux oui-ouistes qui se contentaient ensuite de les ignorer. Ajourd’hui ils ont eu le tort, aux yeux de l’intelligentsia de gagner à leur cause une majorité de français. Depuis tout est bon pour les discréditer...
Deux semaines plus tôt, Marie-George Buffet avait été confrontée, sur le plateau de Serge Moati, à la fine fleur médiatico-politique (Pierre Moscovici, Marielle de Sarnez, Claude Askolovitch, Jean-Miche Aphatie...). Aphatie avait à cette occasion déjà rempli sa tâche d’aboyeur. Et face à Marie-George Buffet évoquant la manifestation du 16 juin, Askolovitch avait conclu l’émission en lui répondant (je cite de mémoire) : « de toutes façons, vous avez la culture de la manifestation... », c’est à dire « vous êtes guidés par un instinct grégaire qui vous pousse à vous grouper pour manifester sans même savoir pourquoi ».
Donc, la cause est entendue, en prévision d’un nouveau vote, il faut convaincre les français que les nonistes sont : des ignares, des timorés, des crétins, des xénophobes, des poujadistes, des illettrés, des fascistes, des irresponsables, des conservateurs obscurantistes arc-boutés sur un modèles social obsolète. Alors que le oui-ouiste est résolument européen, moderne, éclairé, intelligent, en phase avec la marche de l’histoire (je croyais que cette obsession hégellienne du cours de l’histoire n’était que l’apanage des marxistes forcenés), responsable (ne sait-il pas que cette constitution est le meilleur des traités possibles ?), cultivé, confiant en l’avenir...
De même n’épargnera aucun effort pour punir ceux qui ont l’outrecuidance de voter « non ». Vous avez émis un vote anti-libéral ? Vous aurez encore plus de libéralisme avec de Villepin s’apprètant à liquider, sur ordonnance, le code du travail et Thierry Breton qui, au Grand Jury RTL-le Monde, développe un discours entreprenarial que l’on croirait sortir de la bouche d’un expert du FMI (Ne pas savoir faire la différence entre l’État et une entreprise quand on fait de la politique, c’est inquiètant). Tout comme la supression du lundi de Pentecôte était une réplique aux salariés descendus dans la rue au printemps 2003.
S’il persiste, un tel aveuglement de la part de nos élites politiques et médiatiques nous prépare une crise grave.