Je vais rajouter ma contribution lue à l’assemblée générale de la section d’Annonay du PCF(Ardèche). Pour précision, la fédération PCF est une des fédérations COMMUNISTES courageuses à avoir voté à 62 % pour le retrait de MGB.
Le 17 décembre 2006
Je vais essayer de préciser ma position :
En tant que communiste, je pense que Marie George est de très loin la meilleure candidate, et en conséquence, si au niveau du parti, un candidat communiste est en définitive retenu, je ne suis pas partisan d’une autre candidature issue de nos rangs qui sera forcément moins bonne pour nous et vis-à-vis de l’opinion générale, à l’exception notable peut-être de Francis Wurtz.
Maintenant, si nous considérons, et c’est l’hypothèse qui est retenue par le collectif national dans ses documents, qu’il y aurait même une petite chance objective d’être présents au deuxième tour des Présidentielles, il est évident, et personne dans nos rangs ou ailleurs n’envisagerait ce cas de figure, qu’une candidate communiste n’a aucune chance de l’emporter au second tour.
C’est l’hypothèse que certains collectifs, malgré leur composition à prééminence communiste, essayent de faire comprendre, même si cela froisse certaines susceptibilités, et non des moindres. (Voir collectifs de Privas, de Vallon-Pont d’ Arc, du collectif de l’Ardèche Méridionale).
La réalité est la suivante : les camarades qui ne veulent pas renoncer à continuer à proposer Marie George comme candidate et c’est tout à fait légitime si on considère le résultat des votes dans les collectifs(plus de 60 %), vont –ils sciemment risquer de précipiter le rassemblement dans le mur, étant donné que les autres composantes considèrent qu’elle n’est pas suffisamment rassembleuse pour le citoyen lambda, non pas par anticommunisme primaire(auraient-ils fait ce long chemin avec nous depuis le 29 Mai 2005 si c’était le cas) mais pour les mêmes raisons que j’ai exposées , et qui sont quoi qu’on en dise largement partagées, y compris dans nos rangs.
La stratégie du parti adoptée depuis le référendum constitutionnel a été de rendre incontournable notre orientation de gauche en refusant le système d’alliances avec un PS social libéral, et en ce qui me concerne je suis en phase complète avec cette orientation .Le corollaire de cette orientation, c’est de faire en sorte qu’une majorité de gauche se dégage aux élections, qui refuse le social libéralisme. (Et bien sûr la droite et l’extrême droite).
En conséquence les reports de voix devront se faire en priorité avec nos partenaires du rassemblement : PRS, minoritaires de la LCR, alternatifs, Verts, mais rien n’empêchera d’autres citoyens de nous rejoindre, et les communistes « capitaliseront » (si je peux me permettre cette affirmation) le fait de se mettre en retrait apparent de la présidentielle, parce qu’ils auront montré que pour eux l’unité des anticapitalistes est plus importante que leur propre destin.(il y a des manières de renoncer qui sont gagnantes dans le collectif, et qui mettront dans une situation intenable Besancenot et même Laguiller, qui apparaîtront alors comme facteurs de division)
Si nous renonçons à porter un rassemblement antilibéral ayant vocation à être majoritaire, nous nous trouverons dans la situation paradoxale d’appeler au second tour, qu’on le veuille ou non, plus ou moins au vote utile, pour éviter l’élection de Sarkozy ou autre. Mais le véritable vote utile, c’est le nôtre.
Est-ce que c’est ce que veulent nos jusqu’au-boutistes partisans d’une candidature communiste pure et dure ? Je ne le pense pas.
Maintenant une simple remarque, que je qualifierai « d’alimentaire » : nos élus actuels (qu’ils soient députés ou conseillers régionaux, généraux ou municipaux,etc..) et le raisonnement est réversible pour les socialistes, sont élus par des communistes et des socialistes qui se retrouvent unis au second tour pour battre la droite. Marie George a pris un gros risque en s’incluant dans ce combat antilibéral, en sachant que les sociaux libéraux ne lui feront pas de cadeau d’autant plus si notre candidature unitaire ne marche pas, ce qui aboutira à un émiettement mortel pour l’avenir à long terme de nos idées.
La seule solution pour que nos élus soient bien élus, c’est que la candidature antilibérale soit mise sur les rails, même si l’apparence veut que notre parti soit mis sur la touche, mais uniquement sur le candidat aux présidentielles.
Autre cas de figure, que je qualifierai de plus probable : si nous ne sommes pas au deuxième tour, cela voudra dire que nous serons ou troisième ou quatrième rang, ce qui sera déjà très joli, (encore que rien n’est acquis vue la présence du borgne, qui rend bien service aux blocs).
S’il n’y a pas de candidature antilibérale, il y aura un émiettement, et les sociaux libéraux auront les coudées franches pour faire ce qu’ils veulent, et dans ce cas, bonjour aux responsabilités qui nous seront collées dessus, ainsi qu’aux Besancenot, Laguiller et consorts. Est-ce que Chirac a tenu compte des votes de gauche pour barrer la route à Le Pen ?. Est-ce que la gauche a tenu compte de Besancenot et de Laguiller ? Par contre, elle a su donner sa signature d’élus pour Besancenot (ex : Duchamp de Félines) pour diminuer notre parti.
S’il y a une candidature antilibérale, nous pèseront beaucoup plus et les législatives peuvent se présenter pour nous très favorablement. Croyez-vous que Ségolène se permettra de critiquer une partie notable de la gauche, si elle a besoin de nos voix, même si nous ne nous faisons aucune illusion sur elle ?
Pour toutes ces raisons, je ne voterai pas pour que Marie George soit confirmée comme candidate, car alors le danger est grand que notre rassemblement échoue, ce qui mettra à bas tout le travail important du parti depuis 2002. N’importe quel autre candidat m’agréera :
Francis Wurtz, si une candidature communiste est retenue,
Clémentine Autain, pour sa jeunesse et son efficacité dans les débats.
Yves Salesse, pour son poids dans les débats économiques ou de société.
Il est évident que si le Parti désigne Marie George dans ce dernier vote, je tiendrai honnêtement mon rôle de militant du parti dans les collectifs, jetant toutes mes forces dans la bataille. Je n’attends pas moins des camarades, si le parti adopte un autre choix. (Ceci à condition qu’il s’agisse bien d’une candidature partagée par le collectif et non, comme cela semble être le cas, un passage en force)*1
Par contre, je suis d’accord sur le caractère urgentissime de désigner un candidat antilibéral, pour l’installer dans l’opinion, mais sans perdre de temps sur des querelles byzantines entre membres du parti et membres des collectifs, tous sincèrement parties prenantes du rassemblement.
Dernière remarque : si nous avions voulu faire une campagne du parti, avec Marie George Buffet comme candidate du Parti, il fallait faire d’autres choix, mais alors le Congrès aurait été dans un tout autre sens.
En tout état de cause, je ne quitterai pas le parti, sauf si manifestement, vous ne voulez plus de moi et de ce que je représente, bien modestement.
Pierre Naudin
*1(rajouté ce soir après l’assemblée de section du 18/12/06)
Je suis content que beaucoup de communistes se retrouvent et celà me rend optimiste pour l’avenir.(J’ai 64 ans, retraité de la fonction publique, et suis adhérent du PCF depuis 1995).
Je vais rajouter ma contribution lue à l’assemblée générale de la section d’Annonay du PCF(Ardèche). Pour précision, la fédération PCF est une des fédérations COMMUNISTES courageuses à avoir voté à 62 % pour le retrait de MGB.
Le 17 décembre 2006
Je vais essayer de préciser ma position :
En tant que communiste, je pense que Marie George est de très loin la meilleure candidate, et en conséquence, si au niveau du parti, un candidat communiste est en définitive retenu, je ne suis pas partisan d’une autre candidature issue de nos rangs qui sera forcément moins bonne pour nous et vis-à-vis de l’opinion générale, à l’exception notable peut-être de Francis Wurtz.
Maintenant, si nous considérons, et c’est l’hypothèse qui est retenue par le collectif national dans ses documents, qu’il y aurait même une petite chance objective d’être présents au deuxième tour des Présidentielles, il est évident, et personne dans nos rangs ou ailleurs n’envisagerait ce cas de figure, qu’une candidate communiste n’a aucune chance de l’emporter au second tour.
C’est l’hypothèse que certains collectifs, malgré leur composition à prééminence communiste, essayent de faire comprendre, même si cela froisse certaines susceptibilités, et non des moindres. (Voir collectifs de Privas, de Vallon-Pont d’ Arc, du collectif de l’Ardèche Méridionale).
La réalité est la suivante : les camarades qui ne veulent pas renoncer à continuer à proposer Marie George comme candidate et c’est tout à fait légitime si on considère le résultat des votes dans les collectifs(plus de 60 %), vont –ils sciemment risquer de précipiter le rassemblement dans le mur, étant donné que les autres composantes considèrent qu’elle n’est pas suffisamment rassembleuse pour le citoyen lambda, non pas par anticommunisme primaire(auraient-ils fait ce long chemin avec nous depuis le 29 Mai 2005 si c’était le cas) mais pour les mêmes raisons que j’ai exposées , et qui sont quoi qu’on en dise largement partagées, y compris dans nos rangs.
La stratégie du parti adoptée depuis le référendum constitutionnel a été de rendre incontournable notre orientation de gauche en refusant le système d’alliances avec un PS social libéral, et en ce qui me concerne je suis en phase complète avec cette orientation .Le corollaire de cette orientation, c’est de faire en sorte qu’une majorité de gauche se dégage aux élections, qui refuse le social libéralisme. (Et bien sûr la droite et l’extrême droite).
En conséquence les reports de voix devront se faire en priorité avec nos partenaires du rassemblement : PRS, minoritaires de la LCR, alternatifs, Verts, mais rien n’empêchera d’autres citoyens de nous rejoindre, et les communistes « capitaliseront » (si je peux me permettre cette affirmation) le fait de se mettre en retrait apparent de la présidentielle, parce qu’ils auront montré que pour eux l’unité des anticapitalistes est plus importante que leur propre destin.(il y a des manières de renoncer qui sont gagnantes dans le collectif, et qui mettront dans une situation intenable Besancenot et même Laguiller, qui apparaîtront alors comme facteurs de division)
Si nous renonçons à porter un rassemblement antilibéral ayant vocation à être majoritaire, nous nous trouverons dans la situation paradoxale d’appeler au second tour, qu’on le veuille ou non, plus ou moins au vote utile, pour éviter l’élection de Sarkozy ou autre. Mais le véritable vote utile, c’est le nôtre.
Est-ce que c’est ce que veulent nos jusqu’au-boutistes partisans d’une candidature communiste pure et dure ? Je ne le pense pas.
Maintenant une simple remarque, que je qualifierai « d’alimentaire » : nos élus actuels (qu’ils soient députés ou conseillers régionaux, généraux ou municipaux,etc..) et le raisonnement est réversible pour les socialistes, sont élus par des communistes et des socialistes qui se retrouvent unis au second tour pour battre la droite. Marie George a pris un gros risque en s’incluant dans ce combat antilibéral, en sachant que les sociaux libéraux ne lui feront pas de cadeau d’autant plus si notre candidature unitaire ne marche pas, ce qui aboutira à un émiettement mortel pour l’avenir à long terme de nos idées.
La seule solution pour que nos élus soient bien élus, c’est que la candidature antilibérale soit mise sur les rails, même si l’apparence veut que notre parti soit mis sur la touche, mais uniquement sur le candidat aux présidentielles.
Autre cas de figure, que je qualifierai de plus probable : si nous ne sommes pas au deuxième tour, cela voudra dire que nous serons ou troisième ou quatrième rang, ce qui sera déjà très joli, (encore que rien n’est acquis vue la présence du borgne, qui rend bien service aux blocs).
S’il n’y a pas de candidature antilibérale, il y aura un émiettement, et les sociaux libéraux auront les coudées franches pour faire ce qu’ils veulent, et dans ce cas, bonjour aux responsabilités qui nous seront collées dessus, ainsi qu’aux Besancenot, Laguiller et consorts. Est-ce que Chirac a tenu compte des votes de gauche pour barrer la route à Le Pen ?. Est-ce que la gauche a tenu compte de Besancenot et de Laguiller ? Par contre, elle a su donner sa signature d’élus pour Besancenot (ex : Duchamp de Félines) pour diminuer notre parti.
S’il y a une candidature antilibérale, nous pèseront beaucoup plus et les législatives peuvent se présenter pour nous très favorablement. Croyez-vous que Ségolène se permettra de critiquer une partie notable de la gauche, si elle a besoin de nos voix, même si nous ne nous faisons aucune illusion sur elle ?
Pour toutes ces raisons, je ne voterai pas pour que Marie George soit confirmée comme candidate, car alors le danger est grand que notre rassemblement échoue, ce qui mettra à bas tout le travail important du parti depuis 2002. N’importe quel autre candidat m’agréera :
Francis Wurtz, si une candidature communiste est retenue,
Clémentine Autain, pour sa jeunesse et son efficacité dans les débats.
Yves Salesse, pour son poids dans les débats économiques ou de société.
Il est évident que si le Parti désigne Marie George dans ce dernier vote, je tiendrai honnêtement mon rôle de militant du parti dans les collectifs, jetant toutes mes forces dans la bataille. Je n’attends pas moins des camarades, si le parti adopte un autre choix. (Ceci à condition qu’il s’agisse bien d’une candidature partagée par le collectif et non, comme cela semble être le cas, un passage en force)*1
Par contre, je suis d’accord sur le caractère urgentissime de désigner un candidat antilibéral, pour l’installer dans l’opinion, mais sans perdre de temps sur des querelles byzantines entre membres du parti et membres des collectifs, tous sincèrement parties prenantes du rassemblement.
Dernière remarque : si nous avions voulu faire une campagne du parti, avec Marie George Buffet comme candidate du Parti, il fallait faire d’autres choix, mais alors le Congrès aurait été dans un tout autre sens.
En tout état de cause, je ne quitterai pas le parti, sauf si manifestement, vous ne voulez plus de moi et de ce que je représente, bien modestement.
Pierre Naudin
*1(rajouté ce soir après l’assemblée de section du 18/12/06)
Je suis content que beaucoup de communistes se retrouvent et celà me rend optimiste pour l’avenir.(J’ai 64 ans, retraité de la fonction publique, et suis adhérent du PCF depuis 1995).
pierrenaudin@yahoo.fr