Peut-on changer le monde sans prendre le pouvoir ?
9 février 2008, 13:36, par Copas
Hum,
Le développement harmonieux passerait d’abord par un respect accentué des coopératives qui existeront d’une façon plus généralisée.
C’est une question redoutable, l’enfer étant souvent pavé de bonnes intentions. Il y aura inévitablement conflits d’intérêts entre centralisations et entreprises auto-gérées. Une série de problèmes que rencontre la société capitaliste se retrouveront demain, quelque soit la société, sauf dans l’imaginaire de ceux qui se gavent à la liqueur de rose.
La planification impérative ne peut exister sans risques de brutalités, tôt ou tard, destructrices du pouvoir concret des travailleurs dans l’entreprise. Et de renforcement d’un centre avec ses risques d’autonomisation. Pourtant il faut bien qu’une volonté globale existe pour régler certains problèmes (mutations par exemple vers des modèles d’équilibre énergétique, batailles contre la pollution, contre les résurgences de l’exploitation et des oppressions, exemples à l’infini).
Et pourtant le développement même d’un processus révolutionnaire amènera centralisation pour se débarrasser du pouvoir capitaliste qui, lui, est centralisé (il a son parti politique "organique", l’état, qui est en même temps ses troupes de choc).
Croire qu’on puisse par un phénomène d’accumulation discret amener une situation où la bourgeoisie en prenant son café au lait le matin découvre par la fenêtre et sur les ondes qu’elle est définitivement battue c’est vraiment mépriser l’adversaire.
Très souvent les lois et les constitutions de par le monde conservent des dispositions qui permettent à la tête de l’état de gouverner par la terreur. Ce n’est pas un hasard. Et même en l’absence de ces lois, des milliers d’années de gouvernement violent de l’humanité ne cèderont pas comme ça la place .
Les expériences de violence inouïe, même dans de vieilles démocraties, pour reprendre par la force ce qui commençait à se perdre par le réformisme, obligent à s’interroger sur le fait qu’il faudra quand même à un moment donné avoir des initiatives qui désarment une classe violente. Et quelques part donc des centralisations puissantes ayant des pouvoirs réels pour pouvoir empêcher de façon efficace une rébellion victorieuse de la bourgeoisie s’appuyant sur ce qui lui reste de valide de son état.
Ces processus révolutionnaires laisseront de grosses traces sur la société qui suit. Il convient donc de ne pas zapper les conditions de changement de société imposées par la bourgeoisie et son état , car elles marqueront énormément la suite.
La révolution russe, sans la guerre civile qui a suivi , aurait marqué completement différemment, non seulement le système installé, mais probablement même le communisme dans le monde.
Et pourtant le processus révolutionnaire russe a triomphé par l’espérance de la paix , d’un processus débarrassé de la violence. Mais les révolutionnaires tout de suite n’ont pas eu maitrise des conditions de changement par la réaction immédiate de la réaction (putschistes, armée allemande,...)
Cuba, sans le blocus...... Attention, la différence ne serait pas tant économique qu’en termes de pouvoirs internes, de classes, de castes, de couches sociales.
Il y a donc lieu de prendre en compte ce qui s’est toujours passé jusqu’à maintenant :
Les conditions de changement n’ont jamais été paisibles, et quand le camp du changement a souhaité tellement qu’elles le soient qu’il n’a pas préparé le risque de choc, il a été massacré et détruit (Chili, etc).
Ces conditions imposées posent les questions de l’état , des interventions étrangères, des guerres de déstabilisation, des étranglements économiques, de faire face à des stratégies de la provocation, et non point par un prompt renfort nous arrivâmes 3000 au port.
Dans la phase d’accumulation (admettons les coopératives) il y aura des tentatives de changer les règles légales de l’activité économique afin que les coopératives soient liquidées. Si les règles ne suffisent pas, il y aura la pression économique (ou vice versa).
Dans les phases d’apprentissage de l’auto-organisation puis de l’auto-gestion au travers de batailles contestant le partage de la plus-value , de batailles contestant le pouvoir dans les entreprises, les choses auront leurs dynamiques et tout de suite, en face, la bourgeoisie percevra le danger et réagira comme elle sait le faire.
Rien n’est un long fleuve tranquille.
Malheureusement les conditions imposées dessinent en partie le passage et le but.
Hum,
Le développement harmonieux passerait d’abord par un respect accentué des coopératives qui existeront d’une façon plus généralisée.
C’est une question redoutable, l’enfer étant souvent pavé de bonnes intentions. Il y aura inévitablement conflits d’intérêts entre centralisations et entreprises auto-gérées. Une série de problèmes que rencontre la société capitaliste se retrouveront demain, quelque soit la société, sauf dans l’imaginaire de ceux qui se gavent à la liqueur de rose.
La planification impérative ne peut exister sans risques de brutalités, tôt ou tard, destructrices du pouvoir concret des travailleurs dans l’entreprise. Et de renforcement d’un centre avec ses risques d’autonomisation. Pourtant il faut bien qu’une volonté globale existe pour régler certains problèmes (mutations par exemple vers des modèles d’équilibre énergétique, batailles contre la pollution, contre les résurgences de l’exploitation et des oppressions, exemples à l’infini).
Et pourtant le développement même d’un processus révolutionnaire amènera centralisation pour se débarrasser du pouvoir capitaliste qui, lui, est centralisé (il a son parti politique "organique", l’état, qui est en même temps ses troupes de choc).
Croire qu’on puisse par un phénomène d’accumulation discret amener une situation où la bourgeoisie en prenant son café au lait le matin découvre par la fenêtre et sur les ondes qu’elle est définitivement battue c’est vraiment mépriser l’adversaire.
Très souvent les lois et les constitutions de par le monde conservent des dispositions qui permettent à la tête de l’état de gouverner par la terreur. Ce n’est pas un hasard. Et même en l’absence de ces lois, des milliers d’années de gouvernement violent de l’humanité ne cèderont pas comme ça la place .
Les expériences de violence inouïe, même dans de vieilles démocraties, pour reprendre par la force ce qui commençait à se perdre par le réformisme, obligent à s’interroger sur le fait qu’il faudra quand même à un moment donné avoir des initiatives qui désarment une classe violente. Et quelques part donc des centralisations puissantes ayant des pouvoirs réels pour pouvoir empêcher de façon efficace une rébellion victorieuse de la bourgeoisie s’appuyant sur ce qui lui reste de valide de son état.
Ces processus révolutionnaires laisseront de grosses traces sur la société qui suit. Il convient donc de ne pas zapper les conditions de changement de société imposées par la bourgeoisie et son état , car elles marqueront énormément la suite.
La révolution russe, sans la guerre civile qui a suivi , aurait marqué completement différemment, non seulement le système installé, mais probablement même le communisme dans le monde.
Et pourtant le processus révolutionnaire russe a triomphé par l’espérance de la paix , d’un processus débarrassé de la violence. Mais les révolutionnaires tout de suite n’ont pas eu maitrise des conditions de changement par la réaction immédiate de la réaction (putschistes, armée allemande,...)
Cuba, sans le blocus...... Attention, la différence ne serait pas tant économique qu’en termes de pouvoirs internes, de classes, de castes, de couches sociales.
Il y a donc lieu de prendre en compte ce qui s’est toujours passé jusqu’à maintenant :
Les conditions de changement n’ont jamais été paisibles, et quand le camp du changement a souhaité tellement qu’elles le soient qu’il n’a pas préparé le risque de choc, il a été massacré et détruit (Chili, etc).
Ces conditions imposées posent les questions de l’état , des interventions étrangères, des guerres de déstabilisation, des étranglements économiques, de faire face à des stratégies de la provocation, et non point par un prompt renfort nous arrivâmes 3000 au port.
Dans la phase d’accumulation (admettons les coopératives) il y aura des tentatives de changer les règles légales de l’activité économique afin que les coopératives soient liquidées. Si les règles ne suffisent pas, il y aura la pression économique (ou vice versa).
Dans les phases d’apprentissage de l’auto-organisation puis de l’auto-gestion au travers de batailles contestant le partage de la plus-value , de batailles contestant le pouvoir dans les entreprises, les choses auront leurs dynamiques et tout de suite, en face, la bourgeoisie percevra le danger et réagira comme elle sait le faire.
Rien n’est un long fleuve tranquille.
Malheureusement les conditions imposées dessinent en partie le passage et le but.