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PAUVRE PARTI... (Retour sur le CN du 8 février 2008)

11 février 2008, 16:10, par Jean-Marie Berniolles

C’est un peu lamentable de te reprocher ton passé PS et de faire de toi une adhérente dévaluée. Mais il ne faut pas être naïf, le PC, comme le PS, la LCR ... n’est pas un parti démocratique. Il a toujours été dirigé par une "avant garde" qui devient une simple clique lorsqu’elle est médiocre. Vu de l’extérieur c’est le cas aujourd’hui.

En particulier la clique Marchais, avec l’horrible stalinien G Plissonnier, a liquidé cette génération de vrais intellectuels qui réfléchissaient et travaillaient au parti pour lui donner une vraie connaissance des réalités capitalistes de l’époque, - le capitalisme monopoliste d’état de P Boccara and al. -, et la capacité d’avoir une vraie statégie anti capitaliste. Les figures de proue de cette orientation, - je veux dire l’intégration des intellectuels en tant que tels et non pas comme de simples colleurs d’affiche (je n’ai rien contre le collage d’affiche, j’ai pratiqué aussi) -, étaient R Leroy et G Séguy (tous les deux cheminots et résistants à l’âge de 17 ans).

La liquidation subreptice de cette organisation pleine de richesse a amené le parti à sa situation actuelle, pas seulement l’implosion du système soviétique.

Notamment, le parti a été incapable de comprendre le tournant du capitalisme, à la fin des annés 70, ce que l’on nomme la "mondialisation" pour cacher la réalité plus crue d’un capitalisme qui étend sa puissance à la planète entière, en exploitant de manière forcenée et dangereuse à la fois, les richesses et les ressources humaines.

Marx a analysé le capitalisme de son époque, très différent de celui d’aujourd’hui, et donné quelques clés pour son évolution. Notamment la baisse tendancielle du taux de profit qui est un élément moteur de sa transformation vers sa forme actuelle.

Par exemple, si l’on prend l’exemple des profits de TOTAL, on voit qu’une partie provient de l’exploitation de la force de travail, mais qu’une autre partie, importante, résulte de la spéculation sur les produits pétroliers. Ainsi TOTAL privilégie l’exploitation forcenée de ceux-ci au dépend de la pétro-chimie (liquidation de l’usine Arkéma de Saint Auban 04 par exemple).

Une bonne partie de l’action capitaliste consiste à spéculer sur les places financières, sur les matières premières et même sur les entreprises (voir le parcours des Chantiers de l’Atlantique, ex Alsthom que Sarkozy n’a pas réussi à sauver !). Le montant de la spéculation sur les places financière peut s’évaluer avec ce chiffre, donné par le journal du dimanche, de la perte enregistrée sur tous les marchés du monde en janvier 2008, soient 3.500 milliards d’euros, plus de deux fois le PIB de la France et même de l’Allemagne.

A tel point qu’aujourd’hui les choses ne se vendent plus à leur valeur comme disait Marx, mais ont une grande part spéculative dans leur valeur d’échange, - voir l’immobilier -.

En Europe, ce capitalisme moderne s’appelle ultralibéralisme. Le traité européen est un sommet de l’ultralibralisme. Je ne sais pas pourquoi tu n’arrives pas à comprendre cela ?

En tous les cas bon courage.

JM Berniolles