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Election d’Obama : une sévère défaite pour les prolétaires dans la lutte contre la bourgeoisie

5 novembre 2008, 17:04, par Roberto Ferrario

que des toubabs communistes

toubabs : Contraction du mot toubabou. Désigne un blanc qui est en afrique

Nous les "toubabs"

« Toubab », c’est le nom qu’on donne aux blAncs qui viennent en Afrique subsaharienne. Ce terme véhicule malheureusement un grand nombre de clichés auxquels je fais face depuis l’enfance. Alors comment est-ce qu’on nous perçoit, nous les « toubabs » ?

En 1970, les préjugés issus de la colonisation cloisonnaient encore les rapports entre Français et Ivoiriens : ils avaient peur les uns des autres et ne communiquaient pas. (voir le fi lm de Jean-Rouch « La pyramide humaine »). Mais dès 1980, quand j’étais une enfant « blanche » qui grandissait en Côte d’Ivoire, je me mélangeais aux Ivoiriens sans problème. À l’école, nous parlions tous le « nouchi », une sorte d’argot très imagé de la capitale abidjanaise. La vie en Afrique métissait mon coeur et ouvrait mon esprit. Mais le sentiment d’être en décalage me perturbait, on m’appelait déjà « toubab ». À 20 ans, j’étais confrontée à cette remarque : « Vous nous avez colonisés, vous nous avez tout pris ! ». Mais je n’y suis pour rien et vous non plus, nous subissons ensemble le passé ! Et puis j’ai grandi chez vous, je me suis intégrée, j’ai un coeur métis, il faut que vous fassiez la différence non ? Les toubabs ne sont pas tous les mêmes : il y a les touristes qui ne font que passer, ceux qui abusent de l’hospitalité, les voyageurs positifs qui ne portent pas un regard misérabiliste, et les résidents plus ou moins intégrés. Pour me faire respecter, j’apprends la langue locale et je suis solidaire du mode de vie en donnant de moi-même.

Mais quel que soit mon niveau d’intégration, je suis différente parce que je suis blanche ! Alors je lutte contre les idées reçues. Si on me dit : « Toubab, ça va ? », je réponds : « C’est pas toubab, c’est Madame ». Imaginez quand on me dit « Toubab cadeau » ! « Tout ce qui brille n’est pas de l’or ! » Tous les blancs ne sont pas riches. Ce préjugé perturbe les amitiés. Alors j’explique qu’en « toubabie », la vie n’est pas aussi belle qu’ils se l’imaginent : on n’a plus le temps de vivre, il faut payer pour exister, la surconsommation façonne l’individualisme, les maladies psychologiques augmentent, le froid peut tuer, la terre est chère, on ne cultive plus avec des graines saines, les plus vieux sont mis de côté… Bref, je leur explique qu’ils ont aussi des avantages sur cette planète injuste : ils vivent libres et heureux dans la nature puisqu’ils mangent encore ce qu’ils cultivent, ils ont le temps de vivre et ne doivent pas grand-chose à la société… alors faisons des efforts chacun de notre côté, non ?

http://www.espritmetis.com/spip.php?article202