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Sur Ahmadinejad : Comment la gauche radicale occidentale est en-dessous de tout.

21 avril 2009, 14:29

Difficile démarrage de Durban II
GENèVE . La conférence de l’ONU sur le racisme s’ouvre aujourd’hui dans un climat de grande incertitude.

de Ramine Abadie, Genève, correspondance particulière

Après l’expérience de la première conférence de Durban, on pouvait certes s’attendre à des discussions serrées. C’est plutôt un climat de rupture ouverte ! La réunion « de suivi » de la « conférence des Nations unies contre le racisme, la xénophobie et les discriminations » - qui tire son nom de la ville sud-africaine de Durban, où elle avait eu lieu en 2001, juste quelques jours avant les sanglants attentats de New York du 11-Septembre - a sans conteste réussi à provoquer de sérieuses tensions sur la scène diplomatique internationale.

Et pourtant, officiellement, la réunion doit simplement faire le point, huit années après la première édition, sur l’état du racisme et des discriminations dans le monde et sur le suivi des recommandations du plan d’action qui y avait été proposé. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que le monde a beaucoup changé depuis 2001 sur les sujets abordés par la déclaration de Durban. Les attentats de New York, la guerre en Irak et en Afghanistan, les tensions avec le monde musulman, la guerre à Gaza au début de l’année… L’impact de ces événements s’est traduit par une crispation croissante quant à la préparation de la conférence, qui s’ouvre aujourd’hui à Genève (appelée Durban II dans le langage onusien). Celle-ci semble ainsi cristalliser la situation actuelle des relations internationales.

Plusieurs points concrets et spécifiques constituaient des noeuds de désaccords. D’abord, comme lors des débats de Durban I, la question d’évoquer et de condamner nommément Israël divisait les participants. Ensuite, les pays arabo-musulmans exigeaient que la « diffamation de la religion » (et de l’islam en particulier) soit considérée comme acte raciste et discriminatoire et, partant, condamnée dans la déclaration de Durban II. Une proposition totalement inacceptable pour les pays occidentaux, qui jugent un tel ajout « contraire à la liberté fondamentale d’expression ». « Nous devons défendre les victimes du racisme et de la discrimination. Ce n’est nullement notre rôle ici de nous faire les défenseurs des religions », estimaient notamment les Européens suivis par de nombreuses ONG. Sans oublier non plus la « réparation » pour l’esclavage et le colonialisme demandée par des pays africains.

Avec autant de désaccords qui devenaient de fond, la conférence allait droit dans le mur : de nombreux pays, surtout occidentaux, menaçaient d’opter pour la politique de la chaise vide en boycottant la réunion. Ce qui aurait été un échec retentissant et aurait de toute manière vidé la conférence de son sens et de sa portée. Le destin de Durban II a été dans la balance pendant plusieurs mois. Illustration : le projet de déclaration finale destiné à délimiter et à fixer les travaux de la réunion n’a pu être ficelé que in extremis, vendredi dernier, en fin de journée ! C’est la médiation de l’ambassadeur de Russie, il y a trois semaines, pour mettre au point un texte plus consensuel qui a finalement payé : il a réussi à convaincre les différents protagonistes que le seul moyen de sauver la réunion était d’en écarter les trois points spécifiques précités, par trop litigieux - ce qui ne signifie pas qu’ils ne feront pas débat lors de la conférence.

Le climat de la conférence n’en reste pas moins explosif : Israël, le Canada, l’Australie et surtout les États-Unis (qui ont pourtant été associés lors de la médiation russe aux travaux préparatoires) ont finalement maintenu leur boycott de la réunion. Au grand dam de nombreuses ONG qui voyaient là une occasion pour les États-Unis de « renouer avec la politique multilatérale de l’ONU », comme le déclarait une responsable de Human Rights Watch. Pour corser le tout, le très controversé président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a, en revanche, décidé, lui, de faire une apparition à la conférence…