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Du fascisme a Guerlesquin et ailleurs

31 mai 2009, 16:11, par Julien T.

Extrait de l’indispensable livre "Le Choix de la Défaite" (Ed. Armand Colin) de l’excellente historienne Annie Lacroix-Riz sur la montée du fascisme organisé par la très grande majorité des "élites" françaises dans les années 30 (les passages entre guillemets sonts des extraits des fonds des renseignements intérieurs). Ce livre, comme de nombreux autres ouvrages de cette historienne est essentiel pour tous les militants progressistes ou révolutionnaires. Trois de ses conférences sont également disponibles sur Dailymotion sur le compte de worldhistoria :

Première Partie : Vers le choix de la défaite : des débuts de la crise aux élections de 1936

Chapitre 4 : L’Allemagne en France : les débuts glorieux de la Cinquième Colonne 1933-1936

Du reste de la France aux colonies

L’autonomisme, soutenu depuis la fin de la guerre entre autres par Robert Ernst, prospéra à partir de février 1933. "En relations avec le mouvement autonomiste de l’Alsace-Lorraine, le Partitu Corsu Autonomiste (Parti autonomiste de Corse) [et] le mouvement autonomiste breton" dépendaient d’un "comité central des minorités nationale en France (CCMNF) [...] créé sous l’influence du parti national-socialiste." "Le Parti national Breton" (PNB) figurait au second rang des visées avec un "centre pour la propagande national-socialiste en Bretagne [...] à Rennes [...] baptisé Roazon". Siège de l’imprimerie de Breiz Atao (Bretons Toujours), "organe officiel de la "Nation Bretonne" ", le groupe était dirigé pa le nazi Ernst Fritsch auquel succédèrent après la Nuit des Longs Couteaux (30 juin 1934), "une kyrielle d’Allemands [...] amis de Göbbels et de Goering". L’un d’eux, Fritz Schmitz, adressait ses directives à Rennes de Munich, siège de "L’Eveil des Celtes (Erwaschenden Kelten)". Rudolf Schleier consacrait au PNB une part notable de "ses fréquents voyages dans notre pays" et se "rend[it] à plusieurs reprises à Rennes et à Brest" pendant son séjour en France de mars-avril 1935.
"La carte de membre du parti autonomiste breton port[ait] deux croix gammées sur fond rouge" et ses "buts" furent définis par Breiz Ata le 17 juin 1934 : "Combattons pour que lors de la prochaine guerre la Bretagne devienne libre et indépendante. La France cherche la guerre, attention Bretons... Rompons les chaînes qui nous lient à la France." Le PNB était doté d’une "organisation terroriste, [...] "Gwenn ha Du" ", dont un tract relat[ait] tout au long les sabotages [qu’elle avait...] commis". "L’étroite liaison [...] entre les séparatistes bretons et l’Allemagne" se lisait sur la "carte géographique de la "nation bretonne" circul[ant] dans toute l’Allemagne comme carte postale aini que [dans les] brochures relatant la lutte pour la liberté nationale des Bretons sur un ton dépassant en animosité celui de l’Elssass-Löthringer Zeitung ou de l’Angriff et que le Dr Göbbels ne se permettrait nulle part ailleurs." "La propagande escomptée par les attentats de Rennes et d’Ingrandes n’a pas donné de résultats tangibles et durables", écrivit le préfet d’Ille-et-Vilaine en février 1933, pendant le congrès de Rennes du PNB qui révéla le "peu d’empressement [des...] sympatisants"79

79 : E.L./3, Paris, 8 février 1933, F7 12962, AN. Fritsch simple homonyme du grand peintre impressionniste.

En cette période crise majeure, systémique du capitalisme, il y a fort à parier que la classe dominante va nous resservir en partie les bonne vieilles recettes pour diviser la classe dominée afin d’anéantir sans trop de résistance les meilleurs lutteurs et ceux qui défendent avec le plus d’acharnement les intérêts de ceux d’en bas. Je ne veux donner de leçon à personne, mais il y a extrême urgence à reconstruire tous les outils de classe et de masse dans un but d’efficacité maximum et donc sans compromission avec le Capital. Il est absolument nécessaire de le faire avant qu’il ne déclenche une nouvelle guerre mondiale, car il n’a plus d’autre solution pour résorber le gouffre abyssal de ses pertes. Qu’il y ait consensus sur ce constat au sein de toutes les organisations de gauche serait une bonne base de départ.