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7 kilomètres de démocratie directe, participée, non virtuelle

samedi 27 mars 2004 - Contacter l'auteur

de Lidia Menapace

Etait-elle grande ? Elle était longue de sept kilomètres, le long des larges rues de la Rome monumentale, toutes remplies de personnes groupes bannières classes scolaires drapeaux banderoles trompettes chapeaux toutes les couleurs de peau, de filles et de garçons (une énormité) qui dansaient chantaient lançaient des slogans ironiques et allègres et en somme d’une grande passion politique et d’une écoute très attentive des messages politiques. Si l’hélicoptère de la police qui nous a toujours survolé a dit à la préfecture de police de Rome que nous étions 250 mille, il devait avoir à bord des appareil de mesure du genre de ceux qui ont amené quatre pilotes d’hélicoptère à se refuser de les piloter dans les cieux
d’Irak.

Deux jugements politiques : la manifestation a dit clairement que qui n’est pas contre la guerre ne peut pas non plus être contre le terrorisme et cela parce que la guerre et le terrorisme sont au même titre des crimes contre l’humanité, qui s’encouragent et se soutiennent réciproquement : proposer de lutter contre le terrorisme par la guerre ou contre la guerre par le terrorisme c’est comme vouloir éteindre un incendie avec de l’essence. Et il ne faut pas argumenter davantage parce que nous en avons déjà eu la preuve : au Capitole (manifestation du gouvernement et de la gauche modérée du 18 : NdT) et au Circus Maximus.

Le deuxième jugement : ces manifestations si déterminées et allègres calmes courageuses et civiles sont une forme de démocratie directe, participée, réelle, non virtuelle, à ses débuts. C’est pourquoi on les craint tellement, elles écrivent la nouvelle politique.
La très coloriée et pacifique coulée de personnes procédait en se chevauchant et en se désarçonnant, en se divisant en petits ruisseaux et en suivant des parcours parallèles, à tel point que (je n’ai jamais vu une manifestation si intrinsèquement non militaire) la banderole d’ouverture s’est trouvée à la queue du cortège et ce n’est que grâce à une habile déviation par des rues transversales qu’elle a pu rejoindre l’estrade pour s’y trouver à attendre l’arrivée des multitudes.

Très importantes les contributions.

Les vicissitudes qui avaient activé le rendez-vous se sont succédées : deux femmes états-uniennes, une kurde, une israélienne à laquelle Lisa Clark a offert son travail doux et compétent d’interprète, ainsi qu’au palestinien ;
la madrilène a fait un discours très beau qui recueillit de véritables émotions et les a transformées en politique, et notre toujours entraînante Raffaella Bolini a lu le document du comité : avec l’aide de l’internationalisme, les femmes ont la parole même dans le mouvement italien. Maintenant, aussi pour embêter Berlusconi, il faudrait rechercher un peu d’égalité dans les temps de parole à la télévision : il y a d’excellentes bonnes sœurs comboniennes et Emergency a une présidente, par exemple.

Jusque là, nous avons le gros et le grand de la journée qui a souligné et souscrit et fait sienne la demande de retrait immédiat des troupes italiennes qui occupent l’Irak et qui a mis en évidence les nouvelles relations qui peuvent être établies entre les peuples et les mouvements. De nouvelles formes de la politique s’esquissent.
Hors de cet évènement passionnant, quelques matériels de guerre inutilisés se
sont vus aux marges de la manifestation, entre les secrétaires des deux seules
forces politiques qui se sont présentées avec leurs chefs escortés par des services
d’ordre musclés, dans la stupeur générale, et quelques provocateurs étourdis.
Une chose politiquement archéologique et pourtant soutenue par une fine modernité médiatique :
le système de communication italien est vraiment provincial et hors du monde.
Résultat : la tentative de détruire la grande positivité du 20 mars.

La prochaine fois il sera bon de rappeler que qui entre dans un évènement ayant
une plateforme, la souscrit et la respecte : autrement il va participer à un autre évènement
et ne parasite pas le mouvement.

traduit de l’italien par karl et rosa

27.03.2004
Collectif Bellaciao

Mots clés : Dazibao / Guerres-Conflits / Italie / Manifs-actions /
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