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Ancien ministre ancien communiste l’Huma invite Anicet donner des leçons sur deux pages centrales

samedi 6 octobre 2007

Ancien ministre, ancien communiste, l’Huma invite Anicet à donner des leçons sur deux pages centrales, méprisant l’histoire, les marxistes et la lutte des classes et laissant entendre que le 21ème siècle est la fin des temps.

Voici l’interview.

Je laisse aux camarades, le soin de s’offusquer.

Salut fraternel.

Le Renard Rouge

Anicet Le Pors « Il manque à la gauche une pensée théorisée du monde »

Ancien ministre communiste, Anicet Le Pors n’est plus membre du PCF. Très impliqué et actif sur des questions centrales posées à la société - droit d’asile, services publics, laïcité, citoyenneté… -, il estime que les outils du passé ne permettent pas d’analyser les contradictions du présent.
Ministre communiste du gouvernement Mauroy de 1981 à 1984, vous avez conduit une importante réforme du statut de la fonction publique : élargissement aux fonctions publiques hospitalière et territoriale, création d’une nouvelle voie d’accès à l’ENA… Comment jugez-vous les orientations actuelles concernant la fonction publique ?

Anicet Le Pors. C’est un moment très important car les dernières décennies ont été, dans leur ensemble, marquées par l’affirmation d’une conception, historiquement très forte en France, de la fonction publique comme coeur de la notion de service public. Après le premier statut démocratique des fonctionnaires de 1946 - je passe sur les réformes de 1959 qui n’ont pas bouleversé le paysage -, notre souci en 1983-1984 a été d’élargir la fonction publique à d’autres secteurs que ceux de l’État et de la moderniser en profondeur. La régression que nous vivons aujourd’hui a été initiée notamment lors des périodes de la droite au pouvoir, sans que la gauche revienne sur ces atteintes lorsqu’elle y revenait. On se plaint qu’il n’y ait pas assez de mobilité entre fonction publique de l’État et fonction publique territoriale, mais c’est le résultat de la loi Galland de 1987 qui les a éloignées l’une de l’autre.

Il y a eu aussi la suppression de la troisième voie d’accès à l’ENA réservée aux syndicalistes, aux élus et aux dirigeants associatifs, une réforme emblématique qui avait provoqué beaucoup de réactions parce qu’elle s’attaquait à l’élitisme bourgeois. Aujourd’hui, il s’agit d’un véritable coup de force. Le pouvoir veut s’appuyer d’une part sur les progrès d’une mondialisation libérale qui ne peut manquer de déteindre sur notre vie intérieure et d’autre part sur le modèle dominant en Europe. Ainsi l’Allemagne a 700 000 fonctionnaires (contre 5,2 millions en France). Mais, dans les Länder, notamment, travaillent beaucoup d’employés sous contrat qui seraient chez nous des fonctionnaires. Le gouvernement français actuel veut nous aligner sur cette conception d’une fonction publique cantonnée aux fonctions régaliennes : administration centrale, justice, armée, affaires étrangères. À partir d’un rapport du Conseil d’État de 2003, le contrat tend à être promu « source autonome du droit » dans la fonction publique. En bref, le contrat contre le statut. Une idée reprise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il dit que le fonctionnaire devrait pouvoir choisir. Car personne n’est assez imprudent pour annoncer la suppression immédiate du statut. Simplement, il est mis progressivement en extinction. Comme à La Poste ou à France Télécom.

Dans une tribune récente, vous parlez de forfaiture…

Anicet Le Pors. Dans une autre tribune, pour l’Humanité, j’ai aussi parlé de dérive bonapartiste en montrant, avec une série d’exemples, que Nicolas Sarkozy s’affranchit de grands principes républicains pour définir de manière discrétionnaire le mandat qu’il prétend avoir reçu du peuple français. L’exemple souvent cité est celui de l’article 20 de la Constitution : le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il est clair qu’il n’est pas prévu que le président de la République joue aussi le rôle de premier ministre. Ce qu’il a pourtant décidé de faire. Et il s’arroge le droit de dire ce que doit être la « révolution culturelle » dans la fonction publique, dans les services publics. Pourquoi est-ce une forfaiture ? Parce que je conteste qu’il ait reçu mandat du peuple français pour s’attaquer à une pièce essentielle du pacte républicain. Il a décidé que le contrat prendrait la place du statut sans concertation, sans que la représentation nationale se soit jamais exprimée sur le sujet.

Le terrain n’a-t-il pas été préparé par des renoncements de la gauche ? La privatisation de France Télécom, le fameux « il faut dégraisser le mammouth »…

Anicet Le Pors. Je pense que nous sommes dans une situation de décomposition sociale. Je me rattache à une analyse de René Rémond disant que le XXe siècle a été un siècle communiste. Il entendait par là, que dans cette période allant de 1917 à 1991, une partie de l’humanité avait voulu maîtriser son destin et imprimer un puissant volontarisme dans la conduite des affaires du monde et la domination de la nature. Cela a échoué… Nous avons été marqués, singulièrement en France, par cette épopée prométhéenne. Le dernier exemple est le programme commun (1). Volontariste, structuré, cartésien, il correspondait à cette manière de voir et de penser. Il ne fait pas de doute que la domination du Parti communiste sur la gauche depuis la Libération a profondément déterminé la vie politique durant ces décennies. Aujourd’hui, nous vivons ce qu’on appelle une perte de repères, une phase de transition, qui peut être longue et où nous n’avons que les outils du passé pour analyser les contradictions du présent. Quels sont ces repères perdus ? L’État nation n’a plus la consistance, la fascination qu’il a eues dans la première moitié du XXe siècle. Mourir pour la patrie ne se proclame plus. Et si je reste attaché à l’État nation, il faut le saisir dans ses relations internationales.

Ensuite, c’est l’analyse en termes de classes. Non pas que les classes aient disparu, mais elles se sont technicisées, stratifiées. Mineurs, métallos, dockers ne constituent plus des blocs. Et on ne peut en faire une somme dotée de caractères clairs et identifiants, permettant de parler de classe ouvrière comme autrefois. La bourgeoisie s’est, elle aussi, technicisée avec des gens dont le rapport au capital est complexe et opaque. Or l’inscription dans le mouvement de la classe ouvrière était le moyen, pour les travailleurs, de se doter d’une citoyenneté de combat, d’exister socialement avec des valeurs propres. Un troisième facteur concerne les mutations spatiales : l’urbanisation, le développement des transports… On n’en est plus à l’affiche du village tranquille de François Mitterrand dans sa campagne présidentielle de 1981. Et il faut ajouter la prise de conscience de l’écologie, de la finitude de la planète. Pour la première fois dans l’histoire du genre humain existe ce sentiment de la saturation de l’espace et, partant de là, celui d’une unité de destin. Quatrième dimension, les moeurs : familles, couples, recompositions, tout cela bouge beaucoup. Enfin, et je reviens par là à la question des renoncements de la gauche, nous vivons un effondrement idéologique. C’est peut-être le plus important.

Effondrement idéologique, c’est plus que des renoncements…

Anicet Le Pors. Je reste très imprégné du marxisme mais on ne peut pas transposer aujourd’hui les catégories que Marx a créées au milieu du XIXe siècle, non seulement s’agissant de la notion de classe, mais à travers le mécanisme d’exploitation qui a changé dans sa dimension et ses mécanismes. C’est pourquoi je ne m’inscris pas dans les efforts du type d’Actuel Marx, Espaces Marx… Je pense quy a là un reste de fétichisme. L’effondrement idéologique touche aussi la social-démocratie. Dans tous les pays qui s’en réclament, l’État providence est à bout de souffle. Quant au libéralisme, il n’a pas de théorie. La théorie néoclassique qui, à la fin du XIXe siècle, a semblé susceptible d’expliquer le capitalisme et son évolution a perdu depuis longtemps toute pertinence.

Les économistes libéraux sont devenus pragmatiques, ils étudient le cours des Bourses, les statistiques et théorisent très peu. Mais les libéraux n’en ont pas besoin. Le choix de thèmes comme « travailler plus pour gagner plus », sur lesquels ils font de la com, leur suffit. Le marché fait le reste, c’est-à-dire l’essentiel. Il existe ainsi à cet égard une dissymétrie entre la droite et la gauche. La gauche ne peut prospérer que sur la base d’une compréhension théorisée du monde et de sa traduction dans un projet politique. Si elle est en faillite aujourd’hui, c’est parce qu’elle a perdu cette dialectique antérieure, cette aptitude à élaborer des constructions fondamentales, la dernière étant probablement le programme commun. Au-delà, elle nourrit même une certaine culpabilité. Un exemple caractéristique : la hantise d’être taxé d’étatisme. De crainte d’être assimilé au modèle soviétique, on ne fait plus de différence entre étatisme et État, et, partant, entre étatisme et services publics. On nous explique, par exemple, que la « désétatisation » d’Air France n’est pas une privatisation. Plus question de propriété, on parle de pôle. Mais qu’est-ce qu’un pôle public ? Quel champ couvre-t-il ? Quels sont les instruments appliqués ? Quelle en est la signification, l’orientation ? Ce laisser-aller sur des questions idéologiques fondamentales est une erreur grave.

Vous préférez parler de nationalisation ?

Anicet Le Pors. On ne peut évidemment rester sur le terrain de la nationalisation au sens de 1946 ou 1972. Il convient en la matière d’aller vers quelque chose qui est inévitablement plus compliqué mais tout aussi nécessaire que par le passé. Du fait de la mondialisation, qui n’est pas seulement marchande mais aussi culturelle, de communication, d’échange, se posent des problèmes nouveaux. Ils pourraient, si on leur apportait des réponses adéquates, ouvrir un âge d’or des services publics dans le monde. La question de l’appropriation sociale au niveau international et mondial de l’eau, de ressources du sous-sol, de certaines activités productrices ou de services devrait être posée avec beaucoup de conviction. Kant dit que la terre étant une sphère, tous les hommes ont un droit égal à se trouver à tel ou tel endroit. Cela ne conduit pas à nier les contraintes étatiques et économiques, mais il faut se mettre dans l’optique que l’appropriation sociale a un grand avenir.

Quel regard portez-vous sur l’état de la gauche ?

Anicet Le Pors. La décomposition sociale, la perte des repères dont je parlais ne caractérise pas seulement la gauche mais l’ensemble de la société. La gauche est plus affectée en raison de l’impératif de construction qui généralement la caractérise, et comme le Parti communiste était le plus théoricien, le plus constructif, organisé, structuré, c’est lui qui subit avec le plus de violence ce retour de l’histoire. C’est pourquoi il ne sait plus où il est. C’est vrai aussi pour le Parti socialiste. L’un des intérêts de sa campagne a été de révéler son vide idéologique. Maintenant des socialistes disent qu’il faut revenir aux fondamentaux. Fort bien, mais lesquels ? Je ne crois pas à l’ouverture d’une perspective immédiate. Il faut se mettre dans le temps long de l’histoire. Nous sommes dans une crise de civilisation sans trop savoir quelle sera la nature de celle à venir. Que faut-il faire ? Dans la mesure où les repères fondamentaux n’existent plus, l’intérêt de la crise est de renvoyer chacun vers sa propre responsabilité. Et comme on n’a plus de systèmes globaux auxquels adhérer, qu’il s’agisse de l’État providence ou surtout du marxisme, c’est à chacun de reconstruire son être politique. Cela suppose un travail dans deux directions.

La première : essayer de comprendre les contradictions dans lesquelles nous vivons. Voir quelle est la nature de cette mondialisation sans l’analyser systématiquement comme un phénomène entièrement négatif, exclusivement dicté par le capital international. Elle est cela, mais elle est aussi complexe, multiple et porteuse du destin du genre humain. Nous qui étions les internationalistes les plus éminents, nous devrions trouver là l’espace de création d’une pensée. Deuxième voie de recherche : quel héritage conserver, comment lui donner sens en le mettant en forme et en essayant d’en faire un investissement pour les temps à venir. Par exemple la laïcité est à la fois un héritage et un investissement. Idem pour le service public, nos conceptions de l’asile, des institutions. Le concept de citoyenneté peut fédérer cette démarche.

Dire à chacun de construire son être politique ne permet pas de répondre aux urgences et renvoie à une démarche très individuelle…

Anicet Le Pors. Quand je dis qu’il faut que chacun se reconstruise, c’est sur le plan idéologique de la manière que je viens d’indiquer. Bien entendu il faut être inscrit dans le réel. Personnellement, je fais partie d’une quinzaine d’associations sur les questions de l’asile, de la fonction publique, du service public et autres. Ce sont quinze engagements personnels dans la société telle qu’elle est. C’est mon génome de citoyenneté. Mais comme les partis sont discrédités, on va où on peut.

Ce discrédit est-il durable ?

Anicet Le Pors. Je pense que oui. Les partis ne pourront renaître que sous une forme à inventer, très différente. Mais, pour l’instant, souhaiter leur disparition serait irresponsable.

Et, selon vous, nous n’en sommes pas à l’invention ?

Anicet Le Pors. Le fait de renvoyer vers le citoyen sa responsabilité civique est très novateur. Dans l’ancienne manière de faire de la politique, un communiste était peu tenté de s’interroger sur sa responsabilité propre, de développer un esprit critique. Cela a conduit aux pires erreurs. Aujourd’hui la situation est inverse, on est renvoyé vers son moi. Et le problème est celui de la recherche d’une nouvelle centralité. Comment la recréer à partir de l’atomisation des citoyens ? Ce n’est pas simple à concevoir. Mais c’est très intéressant.

Dans ces conditions, comment voyez-vous les prochaines batailles, par exemple électorales ?

Anicet Le Pors. Il faut faire pour le mieux. Je le répète, ce qui manque aujourd’hui à la gauche, c’est une pensée. Je crois beaucoup aussi à l’événement. Il est peut-être plus proche qu’on ne peut l’imaginer. Un aventurier comme Sarkozy peut être celui qui risque de le créer.

Vous avez dit du communisme : le mot n’emporte pas la chose. Qu’entendez-vous par là ?

Anicet Le Pors. Dans l’absolu c’est un beau mot, il ne faut pas le sacrifier, mais il ne suffit pas de le prononcer pour exprimer une vérité ou une solution. Il y a des fondamentaux dans le communisme : le sens de la justice sociale, de la communauté de destin, de la fraternité… On peut à l’inverse y rattacher des idées d’une plate généralité. C’est un mot qu’il faut protéger. Je ne supporte plus les déclamations autour du mot lui-même, surtout lorsque cela recouvre des abandons de fond caractérisés. C’est un peu étrange que ce soit moi qui dise qu’il ne faut pas l’abandonner. Pour le sauvegarder, il faudrait avant tout avancer des raisons tangibles, pouvoir dire quelles en sont les fortes justifications, avoir suffisamment travaillé à cela. Si on est vide idéologiquement, dans les propositions, il ne reste que le mot. Et il en subit forcément le préjudice.

Vous caractérisez la période actuelle comme celle d’une décomposition et à la fois vous vous refusez « à nourrir le pessimisme ». Où puisez-vous ce relatif optimisme ?

Anicet Le Pors. Avant, le matérialisme historique disait l’avenir. Il y avait des séquences dans l’histoire : le féodalisme, le capitalisme avec trois ou quatre phases, le socialisme et le communisme. L’aventure humaine était réduite à une seule voie. Aujourd’hui, à travers la composition des génomes individuels et la recherche pour les faire converger dans des démarches collectives constructives, c’est beaucoup plus intéressant. Mille aventures sont possibles et nous avons la responsabilité de choisir. D’où la nécessité de regrouper les moyens du passé pour prendre en compte ce que les générations précédentes ont accumulé en conscience, en bonne volonté, en aspiration. Mais en avenir aléatoire les monstres ne sont pas non plus exclus. L’événement dont je parlais peut être catalyseur de révolution ou entraîner sur des chemins abominables. Il faut donc être prêt.

Et la gauche a l’obligation d’acquérir l’intelligence de la situation, la créativité nécessaire pour déboucher sur des propositions cohérentes. Mais c’est une course de vitesse…

Anicet Le Pors. C’est pourquoi un parti digne de ce nom ne doit pas se laisser dériver dans le courant. Il doit réagir, même s’il est très minoritaire. Ses positions de principe, si elles ne sont pas comprises maintenant, doivent pouvoir servir de référence pour l’avenir.

Entretien réalisé par Jacqueline Sellem

(1) Le programme commun a été signé le 26 juin 1972 par le PS, le PCF et le MRG. Il prévoyait de grandes réformes. Malgré l’échec des négociations d’actualisation en 1977, c’est sur sa lancée que François Mitterrand a été élu en 1981.

http://www.humanite.fr/2007-10-05_P...

Portfolio

Messages

  • moi, je suis plutot offusqué que l’on s’offusque...
    Anicet Le Pors n’est peut être plus membre du parti (mais il dit encore "nous") mais il livre là
    une reflexion lucide sans sombrer dans le reniement (tout le monde ne peut pas en dire autant).

    Il ne suffit plus de dire que le monde doit changer (il le doit) mais il est imperatif de dire
    comment (cela a été tout l’effort de Marx à son époque).
    Et c’est vrai que là, on a pris énormément de retard et qu’il y a du boulot devant nous.

    reneben

    • A la question : Le terrain n’a-t-il pas été préparé par des renoncements de la gauche ? La privatisation de France Télécom, le fameux « il faut dégraisser le mammouth »…

      Il ne répond pas, sauf par un discours contournant la question directe…

      Penserait-on le peuple stupide et notre tâche accomplie avec la privatisation de France –télécom, modèle du genre ?

      A la question : nationalisation ?

      Il répond : On ne peut évidemment rester sur le terrain de la nationalisation au sens de 1946 ou 1972. Il convient en la matière d’aller vers quelque chose qui est inévitablement plus compliqué mais tout aussi nécessaire que par le passé. Du fait de la mondialisation, qui n’est pas seulement marchande mais aussi culturelle, de communication, d’échange, se posent des problèmes nouveaux. Ils pourraient, si on leur apportait des réponses adéquates, ouvrir un âge d’or des services publics dans le monde. La question de l’appropriation sociale au niveau international et mondial de l’eau, de ressources du sous-sol, de certaines activités productrices ou de services devrait être posée avec beaucoup de conviction. Kant dit que la terre étant une sphère, tous les hommes ont un droit égal à se trouver à tel ou tel endroit. Cela ne conduit pas à nier les contraintes étatiques et économiques, mais il faut se mettre dans l’optique que l’appropriation sociale a un grand avenir.

      Finalement nationalisation non !

      Et vous voudriez que je me satisfasse de garder le nom sans en garder le contenu…

      Mondialisation serait synonyme de pensée à trouver, Marx uniquement source d’inspiration un peu comme au Médef on l’utilise comme analyse mais pas comme outil de perspectives, à ce jeu comme pour le Prince de Machiavel, marxiste comme machiavélique signiefiera qui désire l’exploitation…

      Désolé, pas pour moi, quant au goulag, je l’ai déjà expliqué, ceux qui accusent systématiquement de stalinisme d’autres, usent d’un stratagème bien connu de l’ex-Union soviétique : l’invective plutôt que l’argumentation, la caricature plutôt que le respect de la pensée d’autrui, personnellement, je m’interdis de traiter quelqu’un de stalinien sauf s’il a lui même utilisé ce faux argument.

      Anicet peut tout à fait s’exprimer, je regrette seulement qu’au moment où va s’ouvrir le congrès la pensée soit systématiquement orientée vers le renoncement.

      Salut fraternel.

      Le Renard Rouge

  • On peut toujours s’offusquer mais on ne peut empecher quelqu’un de penser....et je trouve qu’il ne pense pas si mal....je dois aller au goulag ?

    • je propose de signer une pétition contre le principe d’offuscation et pour le principe de penser

      Al1d’nantes

    • six interventions pour ne rien dire !!!!
      moi aussi peut-être (la7°) dirons certains mais je n’ai aucune pretention à l’inverse des precedents
      diogéna

    • La contribution de Anicet est intéressante.

      Nous condamnons ceux qui ont sali ce beau mot Communisme. Celui ci n’a été jusqu’à présent mis en oeuvre nulle part dans le monde.

      il souhaite conserver notre identité, c’est un point commun très important et réconfortant.

      Je n’avais pas fait attention qu’il utilisait <>, il est donc représentatif de milliers de communistes qui n’ont plus leur carte.

      C’est une bonne nouvelle également que l’Huma publie son texte sur deux pages, après le beau sujet sur Guévara.

      Renard Rouge mon camarade tu te plantes un peu, attention de la rigueur et du discernement car nous risquons de perdre de la crédibilité.

      Si nous voulons rassembler et gagner face aux fossoyeurs( je conserve le terme) il faut rassembler tous les communistes sincères.

      Nous avons tous un travail d’élaboration politique à faire, considérable.

      Voilà quelques mots camarade, j’espère que tu ne te vexeras pas.

      Salut et fraternité. Francis

    • ca tombe bien j’y habite cela pourrait être pire...................je pourrais être un brin provincial

    • C’est qui un communiste sincère ?
      Ca se reconnaît à quoi ?
      Seul le débat et la construction de l’alternative au capitalisme financier sur des bases multiples et rassembleuses comptent, nous n’aurons des avancées dans ce sens que dans l’écoute, la réflexion et l’action sur les valeurs qui se rattachent à la visée communiste.

      C’est l’héritage de tout le mouvement révolutionnaire française, les développements de la démocratie politique anglaise, les luttes convergeantes de toute la classe ouvrière de chaque pays.

      Nous sommes au bout des développements institutionnels et des développements du " contrat social", du "pacte républicain" qui se sont développés durant les deux derniers siècles,il nous faut passer au niveau supérieur.

      Et cela ne sortira pas collectivement de la tête de nos élites et des encadrements relais à leur service qui sont de plus en plus rejetées.

      Dernier exemple en date, le résultat au référendum sur le TCE qui a eu cette dimension forte de rejet par l’intrusion du "peuple" dans une structuration où la démocratie n’existe pas, les réalités des pouvoirs non démocratiques de la commission européenne, de la BCE etc...

      Celles-ci sont dans des "gouvernances", qui est l’invention de la gestion et l’évolution de toutes les institutions sans la démocratie, sans la prise en compte du peuple, des besoins et de leurs expressions, c’est le résultat des développements induits par la démocratie représentative et des évolutions des systèmes informationnels et d’expertises en tous genres.

      Etre communiste aujourd’hui, c’est prendre en compte toutes ces réalités contradictoires et construire des alternatives collectives à tous les niveaux, en lien direct avec nos concitoyens dans leurs expressions et leurs volontés de faire, leurs luttes quotidiennes, à partir des valeurs humanistes de solidarités, d’universalité, entre autres.

      J.N

  • Si j’apprécie souvent les contributions de Renard Rouge dénonçant les opérations de liquidation du Parti communiste, je crois que là il se trompe dans sa présentation de l’interview d’Anicet Le Pors. A lire cette interview, on mesure toute la distance qu’il y a entre un Le Pors d’une part, et d’autre part un Martelli dans les pires, ou un Jean-Claude Lefort dans les un peu moins pires, sans parler des Dartignolle, Cohen-Seat ou Marie-George Buffet pour le magma idéologique. Je ne vois dans ce texte aucun calcul mauvais, mais au contraire la même conviction, la même intelligence, le même courage qui étaient ceux du Le Pors que j’ai connu il y a une quarantaine d’années, esquivant par un autre nom la répression dans les services de l’Etat qu’il savait si parfaitement analyser. La même lucidité que celle avec laquelle il rappelait dans un autre texte récent, "Là où est la propriété, là est le pouvoir". Personnellement communiste sans carte comme l’est indiscutablement Le Pors, je ne m’offusque pas à le lire, je réfléchis un peu plus.

    Roquet

    • Personnellement communiste sans carte durant 15 longues années, je me suis senti engagé par le parti et sa visée et co-responsable en terme d’égalité, j’y suis revenu, il y a 4 ans, lorsque j’ai constaté que l’ouverture de parole s’était réalisée en direction de la population, ce que j’ai mis plus longtemps à comprendre et à constater c’est que devenaient ou restaient interdits de parole (d’écriture) ceux qui contestataire parce que marxistes demandaient un retour à des valeurs et des engagements plus clairs, moins flous, ce qui contestaient la pensée à la mode de chez mou, que la pensée unique restait propriété finalement des permanents, des élus permanents au même titre, et de la horde de leurs valets employé territoriaux allant là où la soupe est bonne.

      Bien que je connaisse, comme toi certainement, des employés municipaux non serviles, des élus et même quelques permanents dont j’admire le courage et l’abnégation.

      Au plaisir de te lire sympathique Roquet, salut fraternel.

      Le Renard Rouge

    • En ce qui concerne notre participation au gouvernement, il a été dit que nous communistes nous avons choisi de mettre les mains dans le cambouis, cette expression et cette participation effective
      est d’une gravité extrême.

      Avec la solidarité gouvernementale nous sommes co responsables de tout ce qui a été fait, à savoir appliquer une politique adoucie et plus présentable du capitalisme.

      Jean Claude Gaissot( qui essaie de démolir le parti à Béziers) peut tu répondre à la question suivante :

      << le gouvernement Français auquel tu as participé as t il versé des fonds à Air bus en sachant que l’état ne pouvait pas intervenir dans les choix de la gouvernance et de ses dirigeants peu recommandables>>

      Voilà donc du grain à moudre notamment pour ceux qui ont une conception suicidaire de l’union.

      Salut et fraternité. Francis

    • Soyons sérieux, on ne peux accuser Gayssot, ou MGB, de tous les avatars du gouvernement Jospin. Le ministre des transports ne contrôle pas les fonds du ministère des finances ou de l’industrie, c’est plutôt l’inverse.

      Par contre il contrôle la SNCF. je viens de terminer "La fracture Ferrovaire" de Vincent Doumayrou acheté à la fête de l’Huma, j’attend, avec intérêt, la réaction de l’ex ministre, notamment sur le projet TGV Lyon-Turin.

      Enfin, lui comme MGB, ou Hue qui pilotait cette aventure, devraient nous expliquer pourquoi la solidarité gouvernementale ne s’appliquait qu’aux communistes et à sens unique. Les socialistes ont fait passer, avec la droite, la privatisation de France Télécom, l’inversion du calendrier, l’AGCS à Barcelonne, sans que le PCF, au nom de la solidarité gouvernementale, réagisse !

      CN46400

    • Ok CN 46 mon camarade, loin de moi d’accuser MB.

      Mais quand on est dans un gouvernement on est solidaire de toutes les décisions prises, c’est un principe de base.

      Donner des fonds public à des entreprises privées et ne pas avoir le droit de l’ouvrir, chez moi ça ne passe pas.

      Quand on est ministre on assume, on la ferme ou on se casse. Salut à toi. Francis
      .

    • Merci pour cette réponse amicale. Naturellement j’en connais, des communistes fidèles à leurs idées et à leurs engagements, et restés membres du PCF. Ne serait-ce que nombre de mes anciens camarades de cellule et de section avec qui je suis toujours en relation, ou ma propre fille, qui est conseiller municipal avec son même esprit militant. J’en connais aussi par cette voie d’Internet, toi par exemple, et aussi Ivan Lavallée qui s’emploie, tant qu’il le peut, à faire connaître et comprendre les fondamentaux du marxisme, et qui a même réussi à remonter une école élémentaire dans sa section !
      Son site Internet : ivan.lavallee-cyber-index. Je crois qu’il mérite la visite.
      Fraternellement,
      Roquet

  • "Non pas que les classes aient disparu, mais elles se sont technicisées, stratifiées. Mineurs, métallos, dockers ne constituent plus des blocs. Et on ne peut en faire une somme dotée de caractères clairs et identifiants, permettant de parler de classe ouvrière comme autrefois. La bourgeoisie s’est, elle aussi, technicisée avec des gens dont le rapport au capital est complexe et opaque."

    Loin de moi l’idée de contester la sincérité de Le Pors, ni son droit de se distancier du marxisme mais je conteste son point de vue. La classe ouvrière n’est pas moins visible qu’en 1850, ou 1950, elle a évolué, tout comme les conditions de travail, et les méthode d’organisation et de lutte doivent aussi évoluer en conséquence. La bourgeoisie (ceux qui vivent du travail d’autrui) n’est pas plus opaque en 2007 (Forgeard) qu’en 1850 (Rotschild, Betancourt). Pour l’observer, descendre "Pont de Neuilly", et pour observer la classe ouvrière, et les prolètaires de 2007 ("L’immense majorité" disait, déjà, Marx), toutes les stations feront l’affaire.

    Le Pors voit la solution dans la "citoyenneté". Je doute que les bourgeois même "citoyens", soient disposés, sans la contrainte des luttes prolètaires, politiques et autres, à payer mieux la force de travail des citoyens-prolétaires.

    Jean Yanne disait : "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil"...moi je préfère Coluche :" on est tous égaux, mais il y en a qui sont plus égaux que les autres"..

    CN46400

  • je trouve cet article d’anicet le pors intéréssant ; ça sort un peu du sentier des idées tracé d’avance par la direction du parti . il soulève des points éssentiels et qui méritent d’etre approfondis . que ce soit sur l’état nation ;qui a mon avis est une question centrale ; les nationalisations ;l’éffondrement idéologique ; sur le communisme . toutes ces questions font débat y compris au sein du mouvement communiste international . sur le mot communiste et au delà du mot je partage son appréciation . appréciation .ainsi d’ailleurs que sa conclusion que je fais mienne . sam 82