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Europe Ecologie : Billard démissionne des Verts et se rapproche de Mélenchon

mercredi 8 juillet 2009 - Contacter l'auteur - 3 coms

La campagne d’Europe Ecologie et les appels du pied au MoDem ont été la goutte d’eau de trop. La députée de Paris Martine Billard a décidé de quitter les Verts et de rejoindre le Parti de gauche. Elle devrait l’annoncer, mercredi 8 juillet, lors d’une conférence de presse au côté de Jean-Luc Mélenchon. Dans une tribune qu’elle signe avec Paul Ariès, économiste et théoricien de la décroissance économique, à paraître le 9 juillet dans Politis, elle explique être désormais convaincue que "le Parti de gauche peut être un vecteur de la convergence des exigences sociale et écologiste".

Voilà des mois que la députée, animatrice de la gauche des Verts, ne cachait plus sa lassitude. Elle avait tempêté contre le refus de la direction de son parti de signer les communiqués unitaires des partis de gauche de soutien aux manifestations syndicales du printemps. Puis raillé l’inquiétude soudaine de certains membres de l’exécutif sur l’"absence de la dimension sociale" dans la campagne européenne d’Europe Ecologie.

Les déclarations de Daniel Cohn-Bendit appelant les "écologistes du MoDem" à rejoindre son mouvement, samedi 4 juillet, l’ont définitivement persuadée que le projet politique proposé - " le rassemblement des écolos" - n’était plus le sien. Son courant a perdu du terrain depuis le dernier congrès en décembre 2008. Et elle en a marre de "servir d’alibi social". "Le social n’est qu’un discours, pas une conviction profonde chez les Verts", explique Mme Billard. A ses yeux, il y a désormais deux projets écolos : "Celui du clan Cohn-Bendit est d’occuper le centre à la place de Bayrou. Moi, je suis écolo et de gauche."

Contactée en février par M. Mélenchon pour prendre la tête de liste du Front de gauche dans le Sud-Est, elle avait décliné son offre, encore sceptique sur la conversion à l’écologie du président du Parti de gauche. Entretemps, M. Mélenchon a martelé sa volonté d’inclure l’écologie dans son programme en défendant une nouvelle "planification écologique". Désormais, elle le croit.

Persuadée que le résultat des listes Europe Ecologie va obliger l’ensemble des forces politiques à se remettre en question, Mme Billard participera donc au second congrès de fondation du Parti de gauche en décembre. Avec Paul Ariès, elle espère pouvoir faire changer le nom du parti de M. Mélenchon en "parti de gauche écologiste". "On veut que l’identité écolo s’affiche. C’est un pari dans un parti dont ce n’est pas la tradition. Mais c’est le moment car tout bouge à gauche", croient-ils.

C’est en tout cas une belle prise pour le sénateur de l’Essonne qui veut asseoir son parti à la gauche du PS. Il affirme que ces ralliements ne sont pas les premiers. Depuis quelques semaines, le PG a vu arriver des militants Verts, ou des "ex" qui avaient quitté leur parti lors de la présidentielle, ne se trouvant plus dans l’orientation "recentrée" de leur parti. Des partants seraient ainsi annoncés en Ile-de-France, Poitou-Charentes, Pays de la Loire et en Picardie. La direction des Verts assure n’être au courant d’aucun départ. "Nous souhaitons garder tout le monde", assure Jean-Vincent Placé, membre de l’exécutif. Il dit même "faire très attention" à l’aile altermondialiste de son organisation. Et tenir à trouver une place pour Mme Billard aux "journées d’été du rassemblement" en août.

Trop tard.

Silvia ZAPPI LE MONDE

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Mots clés : Partis politiques / Sylvia Zappi /

Messages

  • Pourquoi je démissionne des Verts

    J’ai décidé de démissionner aujourd’hui d’une organisation dont le projet n’a plus que de lointains rapports avec celui auquel j’avais adhéré il y a 16 ans. A cela, il y a 3 raisons majeures :

    1/ l’incompréhension des réalités du monde du travail

    Du fait de leur composition sociale (très peu de salariés du secteur privé en dehors des secteurs de la communication et de l’informatique) et de leur vision restreinte de l’écologie, les Verts se préoccupent peu des questions sociales et encore moins du travail, en dehors de déclarations généralistes. A l’exception du champ environnemental, ce sont toujours les mêmes militants, ceux qu’on appelle la « gauche des Verts », qui sont présents depuis des années sans réel soutien du parti Verts et souvent même en opposition avec d’autres militants pour qui il est incongru de perdre son temps avec le social lorsqu’on est écologiste. Les Verts apposent leur signature sur beaucoup d’appels à mobilisations ou de déclarations de soutien mais, concrètement, sont très peu impliqués dans les collectifs et réseaux associatifs non-environnementaux et encore moins syndicaux.

    2/ un parti de plus en plus institutionnel

    J’ai rejoint les Verts en 1993 pour l’écologie, le féminisme et la politique autrement. C’était un parti bouillonnant, parfois imprévisible mais toujours vivant. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où tout débat véritable est étouffé au profit d’un seul objectif, obtenir le plus d’élus possibles. Certains appellent cela du pragmatisme, malheureusement cela tourne souvent à l’opportunisme.

    La politique autrement a aussi été rejetée au rang des vieilleries à jeter au rebut : le cumul des mandats s’étend et se revendique (la moitié des parlementaires nationaux, bon nombre de conseillers régionaux). La course aux postes est constante et manifestement déjà relancée par le récent succès d’Europe Ecologie. La démocratie interne s’est réduite à une peau de chagrin et le fonctionnement clanique imprègne beaucoup de décisions : la transparence est en net recul et nombre de demandes d’éclaircissements y compris au sein des instances de délibération des Verts (Conseil national interrégional) restent lettre morte.

    3/ l’effacement du clivage droite/gauche

    J’ai toujours été une femme de gauche et je le reste. Je sais que certains considèrent cela comme dépassé, archaïque, ringard. C’est vrai que les partis de gauche sont souvent désespérants et incapables de comprendre les enjeux du 21ème siècle. Mais, à droite, Nicolas Sarkzy est porteur d’un projet libéral-autoritaire pleinement assumé et il faudrait avoir honte d’être de gauche ? Lorsque la gauche se délite, comme dernièrement en Italie, c’est la droite dure et populiste qui occupe l’espace politique, et non le centre ou l’écologie.

    J’ai été élue députée en 2002 sur la base d’une candidature écologiste soutenue par le Parti socialiste au premier tour et par l’ensemble des forces de gauche au second tour. J’ai été réélue en 2007 dans une configuration similaire (Verts-PS-PRG, au premier tour et toute la gauche au second).

    Je ne peux donc me réjouir de la crise de la gauche alors qu’aucune force de gauche n’est encore prête à prendre le relais pour proposer un nouveau projet politique de transformation sociale, écologique et démocratique à la hauteur des réponses à apporter à la crise globale du système à l’échelle de la planète.

    Mes convictions écologistes n’ont pas changé, elles se sont même renforcées. Mais justement, parce que l’urgence est de plus en plus grande, je ne peux me résoudre à une simple gestion environnementale du système, toute positive qu’elle soit, sans que cela ne s’articule à un projet global clair. Pour affronter la crise actuelle - économique, sociale, démocratique et écologique -, il faut apporter des réponses qui ne se contentent pas de changements à la marge. Les Verts n’ont plus cette audace : d’un parti pour la transformation de la société, ils sont devenus un parti d’accompagnement.

    Les résultats des européennes constituent certes une bonne nouvelle pour l’écologie mais je suis en désaccord avec le projet politique d’Europe-Ecologie, tel que confirmé ces derniers jours par ses animateurs. En effet, je ne peux me retrouver dans un rassemblement qui entretient la confusion quant au clivage droite/gauche, au point, pour certains, de prôner un élargissement du rassemblement jusqu’à des environnementalistes membres du gouvernement UMP ou participant à des exécutifs municipaux de droite.

    J’ai donc décidé de faire le pari de construire ailleurs la synthèse entre le social et l’écologie pour laquelle je me suis battue pendant 16 ans chez les Verts. C’est pourquoi, avec Paul Ariès, objecteur de croissance et directeur du journal Le Sarkophage, nous lançons un appel aux écologistes de gauche afin d’oeuvrer à l’évolution du Parti de Gauche en ce sens, en participant à la préparation de son congrès programmatique de fin d’année.

    Face à l’hégémonie de la droite en Europe, c’est une force de gauche et écologiste qui est nécessaire, et non une force centriste.

    Martine Billard.
    Paris, le 8 juillet 2009

    - Le Blog

    • mais je suis en désaccord avec le projet politique d’Europe-Ecologie, tel que confirmé ces derniers jours par ses animateurs. En effet, je ne peux me retrouver dans un rassemblement qui entretient la confusion quant au clivage droite/gauche, au point, pour certains, de prôner un élargissement du rassemblement jusqu’à des environnementalistes membres du gouvernement UMP ou participant à des exécutifs municipaux de droite.

      Confirmation du virage à droite de Dany le rouge ! Ah le Bové, dans quel bouze il s’est mis !

  • c’est parfait cela continue d’aller dans le bon sens.
    seuls des écolos qui posent le problème en terme de remise en cause du système capitalisme peuvent fuir en courant l’attelage tricéphale qui a habilement conduit les listes europe écologie vers un score électoral honorable.
    le petit goret cohn bendit que d’aucuns trouvent brillant a su faire miroiter lesréponses alimentaires à des situations humaines disons délicates (joseph B. du larzac par exemple) il faut aider à rallier les écolos progressistes aux partis du front de gauche avec si possible un accord électoral de premier tour avec le npa ! tout en faisant feu sur les vieilles ringardises productivistes et pronucléaires d’un fraction de ce courant (pc cgt edf , pour ne pas les citer !) jmb

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