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Grèce : nouveaux heurts entre police et manifestants

lundi 8 décembre 2008 - Contacter l'auteur

Troisième jour de violences en Grèce

La mise en examen dimanche de deux policiers, l’un pour meurtre prémédité et l’autre pour complicité, n’a pas apaisé le mouvement dénonçant la mort d’un adolescent de 15 ans sous les balles d’un policier, samedi à Athènes. Après une matinée relativement calme, de nouveaux heurts ont eu lieu, lundi 8 décembre en Grèce, au troisième jour des manifestations.

A Thessalonique, la deuxième ville de Grèce, environ 300 étudiants et lycéens ont détruit dans la matinée des voitures et des vitrines de magasins. En début de soirée, une vingtaine de jeunes ont lancé des coktails Molotov contre un poste de police, blessant légèrement un membre des forces de l’ordre. Dans la soirée, une source policière a fait état de jeunes pillant des dizaines de commerces dans le centre-ville, sans que la police n’intervienne.

A Athènes, un demi-millier de lycéens ont manifesté dans l’après-midi aux cris d’"assassins, assassins", "à bas le gouvernement des assassins !". Plus tard, les forces anti-émeutes ont tiré des gaz lacrymogènes sur quelques 300 personnes réunies sur la place centrale. Plus tôt, une dizaine de jeunes ont incendié trois voitures de luxe selon des témoins, avant d’attaquer un proche bureau abritant l’académie diplomatique du ministère des affaires étrangères. Des vitres ont été brisées et un incendie déclenché, mais il a été rapidement maîtrisé par les pompiers.

A Trikala, dans le centre du pays, en marge d’une manifestation d’un millier de lycéens, un groupe d’une cinquantaine de jeunes a caillassé le commissariat central. Trois policiers ont été légèrement blessés, et plusieurs voitures de patrouille abîmées. Le gros de la manifestation s’est dispersé dans le calme, dans l’attente d’un nouveau rassemblement prévu en début de soirée.

A Rhodes, capitale de l’île du même nom, des incidents ont opposé forces de l’ordre et lycéens. Selon l’agence de presse grecque semi-officielle ANA, d’autres mobilisations étaient en cours en fin d’après-midi dans la plupart des grandes villes du pays, à La Canée (Crète), Lesvos (est), en Macédoine (nord), en Thrace (nord-est), en Thessalie (centre) et sur les grandes îles de la mer Egée.

LES PROTESTATIONS PASSENT LA FRONTIÈRE

Dans un message radiotélévisé à la nation, le premier ministre grec Costas Caramanlis s’est engagé à ce que l’État mette fin aux violences urbaines. "Ces événements inacceptables et dangereux ne peuvent pas et ne seront pas tolérés", a-t-il déclaré dans sa première apparition depuis le début de la crise. Il a réaffirmé, comme il l’avait fait dans une lettre de condoléances adressée dimanche à la famille de l’adolescent tué, que les responsables du drame "auront la punition qu’ils méritent".
Des manifestations parfois émaillées d’incidents ont également eu lieu en dehors du pays. A Londres, trois manifestants ont été arrêtés dans la matinée pour "trouble à l’ordre public" lors d’une manifestation d’une quarantaine de personnes devant l’ambassade de Grèce. Vêtus de noir, portant cagoules ou capuches, des manifestants ont hissé un drapeau anarchiste à la place du drapeau grec, qu’ils ont brûlé, avant de se disperser dans l’après-midi.

Même ambiance à Berlin, où une quinzaine de jeunes Grecs ont investi le consulat général et déployé à une fenêtre une banderole proclamant, en allemand et en grec, "Etat assassin". "Ils ont déposé une lettre qui sera transmise à Athènes, dans laquelle ils protestent contre la mort de l’adolescent", a indiqué un porte-parole, précisant que la police n’avait pas prévu d’intervenir, aucune violence n’étant à déplorer. A Paris, une vingtaine de personnes ont déployé en fin d’après-midi une banderole devant le consulat général de Grèce, dans le 16e arrondissement de Paris, sur laquelle on pouvait lire "Police grecque = assassins". Elles se sont dispersées une heure après dans le calme, selon la préfecture de police, citée par le site Internet de 20 Minutes. Une petite manifestation devant le consulat d’Edimbourg, en Ecosse, a également pris fin sans incident, selon la police. Un policier a été blessé lundi en début de soirée à Salonique, dans le nord de la Grèce, l, a annoncé une source policière locale.

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