Accueil > Guerre de drapeaux à l’est de l’Ukraine
Le drapeau russe a été hissé samedi sur les bâtiments d’administration régionale et municipale dans plusieurs régions du sud et de l’est de l’Ukraine. Des manifestations contre les nouvelles autorités ont éclaté à Kharkov, Donetsk, Dniepropetrovsk et d’autres villes, écrit lundi le quotidien Kommersant.
Des affrontements violents sont survenus avec les activistes de l’Euromaïdan, entraînant plus de cent blessés rien qu’à Kharkov. Par ailleurs, au lendemain de la décision du Conseil de la Fédération de Russie de recourir à l’armée russe sur le territoire ukrainien, la supériorité numérique était du côté des manifestants antirusses, qui dénonçaient l’agression de Moscou en cours de préparation.
La situation était tendue samedi dans plusieurs régions ukrainiennes et une véritable bataille a éclaté à Kharkov. L’épicentre des affrontements se situait devant le bâtiment de l’administration régionale, contrôlé par les activistes pro-européens, notamment des membres du mouvement Secteur droit, depuis plus d’une semaine. Les partisans des nouvelles autorités n’empêchaient pas le fonctionnement des établissements mais comptaient y rester longtemps. Les participants à la manifestation pour la protection de Kharkov avaient d’autres projets : bien que les organisateurs aient appelé à ne pas provoquer les activistes pro-européens, l’assaut de l’administration n’a pas pu être empêché. Les manifestants ont fait usage de pierres, de matraques mais aussi de gaz lacrymogène. Selon le maire de Kharkov Guennadi Kernes, les radicaux ont également utilisé des armes à feu et des cocktails Molotov.
Plus de cent personnes ont été blessées au cours de la confrontation. Cependant, les manifestants ont atteint leur objectif : l’administration régionale a été libérée des partisans de l’Euromaïdan et le drapeau russe a été hissé au sommet du bâtiment.
Les manifestants prorusses ont tenté de réitérer ce succès samedi à Dniepropetrovsk. A l’issue de la partie officielle de la manifestation, plusieurs milliers de personnes se sont réunies sur la place des Héros du Maïdan au centre-ville. Les activistes ont mis le feu à une tente des partisans de l’Euromaïdan. Les drapeaux russe et de la République socialiste soviétique d’Ukraine ont été hissés devant le bâtiment du conseil municipal mais le drapeau de l’Ukraine n’a pas été descendu. Samedi les activistes prorusses ont fait de même sur le toit de la Maison des syndicats d’Odessa.
Une manifestation de masse s’est également tenue samedi dans la ville natale de Viktor Ianoukovitch, Enakievo (région de Donetsk). Les intervenants ont lu une résolution pour exprimer leur soutien au président Ianoukovitch. Les auteurs du document veulent que le bassin houiller de Donbass, partagé entre la Russie et l’Ukraine, soit doté du statut d’"autonomie pacifique", "cesse les versements dans le budget du pays et garde l’argent gagné dans les régions", et initie sa procédure d’adhésion à l’Union douanière.
Les manifestations d’hier dans les régions est et sud de l’Ukraine étaient très différentes de celles de samedi. La majorité des manifestants étaient ceux qui craignaient une "agression de la Russie". A Kharkov, Dniepropetrovsk, Zaporojie, Nikolaev et Odessa les protestataires, avec des drapeaux ukrainiens, écoutaient les intervenants expliquant les conséquences d’une éventuelle entrée de l’armée russe en Ukraine. Et même à Donetsk plusieurs dizaines de personnes s’étaient réunies devant le bâtiment de l’administration régionale en scandant "Laissez-nous vivre !" et "Non à l’occupation !".