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Ils veulent liquider le programme du Conseil National de la Résistance

samedi 9 février 2008 - 5 coms

Je recopie cet article extraordinaire de Jean-Luc Porquet, paru dans le Canard Enchaîné, le 6 février 2008, page 5 :

« C’est le genre de choses qu’on laisse passer, à force. Il y en a tellement. Ils sont tellement « décomplexés ». La première fois, c’était en octobre 2007. Denis Kessler, ex-mao passé au capitalisme financier, ancienne éminence grise du baron Ernest-Antoine Seillière lorsque celui-ci pilotait le MEDEF, lâchait cette mâle déclaration de guerre :

« Il faut défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance. »

- http://www.challenges.fr/opinions/2...

Denis Kessler s’en réjouissait : au fond, les différentes réformes engagées par Sarkozy, disait-il, « peuvent donner une impression de patchwork, mais on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux » : défaire ce qu’ont fait les résistants, justement. Cette provoc’ avait fait quelques vagues, sans plus.

Et puis la semaine dernière, Charles Beigbeder a remis ça. Dans une tribune au Journal Du Dimanche (27 janvier 2008), Charles Beigbeder, le pédégé de Poweo, a affirmé, l’air de rien, que selon lui le rapport Attali permettrait enfin d’en finir avec cette France « qui continue à vivre sur un modèle fondé en 1946, à partir du programme du Conseil National de la Résistance. »

Tiens, tiens. Lui et Kessler, même combat. Charles Beigbeder, le prototype du jeune loup moderne. L’homme qui veut tailler des croupières à EDF en vendant de l’électricité privée aux Français.

Il avait un beau titre, le programme des résistants : « Les jours heureux ». On comprend qu’il faille en finir d’urgence. Il était le résultat d’un compromis né entre tous les mouvements de résistance luttant contre l’occupant, et les principaux partis politiques dont le Parti Communiste. On comprend que cela paraisse aujourd’hui insupportable. Il affichait de hautes ambitions. Entre autres, « la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ; un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ; une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

Insupportable, non ? On y trouvait d’autres projets complètement fous. Les résistants rêvaient que les enfants français puissent « bénéficier de l’instruction et accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents ». Affreusement égalitariste !

Les résistants voulaient aussi que soit assurée « la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent ». On comprend que ça énerve.

Les résistants voulaient aussi « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie. » Complètement ringard, non ?

On remercie messieurs Denis Kessler et Charles Beigbeder de nous avoir annoncé la fin des beaux jours, prévue pour l’après-municipales. »

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