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L’aide privée aux pays en voie de développement s’organise

jeudi 14 juillet 2011 , par kristoffer rezna - Contacter l'auteur - 3 coms

Effet positif inespéré de la mondialisation, les grandes entreprises sont de plus en plus présentes dans le domaine humanitaire et n’hésitent pas à mettre leur notoriété au service de grandes causes. Certes, ces sociétés responsables n’en restent pas moins des entreprises commerciales, mais il faut bien admettre que la capacité logistique de ces marques rend leurs interventions particulièrement efficaces. ONG et entreprises : enfin réconciliées pour la bonne cause ?

Du yaourt aux lunettes : Danone et Optic 2000, militants de l’entreprise humanitaire

Au Bangladesh, Danone, acteur international majeur de la production de produits laitiers frais, d’eau conditionnée et de produits de nutrition infantile, a participé en 2006 à la construction d’une usine de yaourts dans un village proche de Dakka, en s’associant avec la Grameen Bank de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, qui est notamment réputé pour avoir initié le micro-crédit.

La société créée à cette occasion, la Grameen Danone Foods, a pour ambition de proposer une alimentation saine aux populations défavorisées souffrant de carences nutritionnelles, en distribuant des produits laitiers à prix très accessible. Cette initiative a permis la création, dans la région, de plus de 1 000 emplois directs et indirects, tels que des postes de producteurs de laits, de petits grossistes ou encorede vendeuses en porte à porte. Depuis 2008, Danone s’engage aussi pour la planète après avoir créé le Fonds Danone pour la Nature et s’implique dans 2 nouveaux projets à vocation sociétale : "1001 Fontaines" au Cambodge et la "Laiterie du berger" au Sénégal.

Parmi les enseignes « socialement solidaires » on peut également citer le célèbre lunettier Optic 2000, enseigne leader sur son marché en France, qui a la particularité d’être organisée en une coopérative regroupant près de 2000 points de vente. En plus de mener des actions socialement solidaires en France, cette enseigne mène depuis 1986 des actions solidaires au Burkina Faso, en Tunisie et en Mauritanie. En 2009, le journal Sud Ouest rapporte une des nombreuses opérations "Des lunettes pour les enfants d’Afrique" :"6000 enfants de Yatenga au Burkina Faso ont reçu la visite d’ophtalmologues et d’opticiens envoyés par la Fondation Optic 2000 et plus d’une centaine a reçu un équipement en lunettes, « dont certains avec de très fortes corrections » précise le responsable de l’opération au quotidien bordelais".

Toujours en Afrique, Optic 2000 est à l’initiative de l’opération « Donnez une 2ème vie à vos lunettes », une collecte nationale organisée depuis de nombreuses années par le réseau des opticiens de la marque. Yves Guénin, secrétaire général d’Optic 2000, revendique clairement cette responsabilité humaine de l’entreprise dans le métier d’opticien : "L’opticien du 21ème siècle, c’est avant tout l’opticien conscient, qui regarde, comprend et analyse pour anticiper et s’adapter aux changements en cours, perceptibles ou susceptibles d’intervenir."

Cosmétiques : le bien-être individuel se conjugue avec l’intérêt collectif

Autre marque très engagée, The Body Shop, appartenant au groupe l’Oréal, au travers de sa "Fondation The Body Shop". Cette organisation caritative créée en 1990, soutient 3000 projets dans le monde, dans des domaines aussi divers que la préservation de l’eau, le commerce équitable ou la lutte contre le trafic des mineurs. Selon les préceptes de la fondatrice de la marque Anita Roddick, ces campagnes de sensibilisation favorisent les changements sociaux et environnementaux, mais elles touchent aussi en interne les collaborateurs de l’entreprise en "respectant les différences, en encourageant l’épanouissement personnel et la liberté de chacun d’être comme il le souhaite".

Dans le domaine des produits de beauté, on peut aussi citer les laboratoires de Biologie marine Daniel Jouvance du Groupe Yves Rocher, qui proposent des "produits-partage" dont une partie du profit est reversée à la Fondationque la marque a créée pour financer différentes actions en faveur de la préservation du monde marin, consacré comme "source de vie" dans le discours de l’entreprise.

Entreprises et ONG :les réseaux s’organisent

Notons enfin que les grandes entreprises ont désormais des interlocuteurs qualifiés pour les aider à mettre en œuvre une gouvernance équitable du commerce internationale. L’ONG Oxfam International par exemple se présente sur son site comme étant « une confédération internationale de 15 organisations travaillant ensemble dans 98 pays et en collaboration avec des partenaires et des alliés dans le monde entier pour trouver des solutions durables à la pauvreté et à l’injustice. » Elle travaille à faire le lien entre les communautés, les partenaires, et les responsables gouvernementaux, pour assurer aux populations l’accès aux meilleures conditions de travail, à la protection des ressources naturelles, et droits de base comme la santé et l’éducation.

La liste des marques et des entreprises qui s’investissent à travers des fondations humanitaires au-delà de leur secteur d’activité même s’ils en restent très proche, s’allonge chaque jour un peu plus, car elles ont compris que les actions bénéfiques pour les populations déshéritées le sont aussi pour nos sociétés occidentales :à travers l’investissement des salariés, on constate un renforcement de la cohésion et du bien être dans les entreprises autour de ces nobles ambitions partagées.

Mots clés : Commerce-Indus.-Bourse / Humanitaire /

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Messages

  • Sidéré du peu de mise en perspective de cette article, je me dois de lancer ce cri :

    C’est de la propagande : Green-red-washing, si je peux me permettre ce néologisme !

    Ce développement qui consiste à distribuer cent paires de lunettes ou à construire 1000 fontaines constitue plus une attitude clientéliste dans un contexte néo-colonial, qu’un souci véritable en matière sociale et écologique, concernant le développement des pays pauvres.

    Voyez plutôt : La casse sociale en occident fait baisser le dynamisme économique intérieur. La création de nouveaux consommateurs extérieurs -et leur séduction- est une question de survie pour ces multinationales de l’eau en bouteilles plastique et des "produits de beauté" superfétatoires, qu’y n’ont dans le viseur que la croissance de leur part de marché.

    Bonne réflexion !

  • Ancien membre d’une ONG de développement, j’alerte fermement sur ces partenariats (comme ceux appelés "Public-Privé" chers à nos zélites de droite) avec les multinationales qui ne s’en servent bien souvent comme porte d’entrée dans les pays "en voie de développement" pour aller vendre leur camelote.

    Danone, les yaourts et autres venant d’Europe alors qu’il y a des productions locales, ce qui tue celle-ci,
    Nestlé est responsable de la mort de milliers d’enfants par la diffusion de propagande pour son lait en poudre (c’est plus moderne et c’est ce que les "blancs" utilisent !)...

    Donc, refus de ce partenariat, si ce n’est pour le financement des actions des ONG sans que le nom n’apparaisse sur le terrain.

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