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Lapins élevés pour la viande : record de consommation d’antibiotiques !

jeudi 2 avril 2009 - 6 coms

L’AFSSA vient de rendre public son rapport sur la consommation des médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2007 (1). Le tonnage d’antibiotiques a augmenté de près de 7% par rapport à l’année précédente, ce qui représente 1348 tonnes d’antibiotiques. Plus de 93% de ces antibiotiques sont utilisés pour les animaux d’élevage.

En proportion, les plus gros consommateurs d’antibiotiques sont les lapins de chair. Pour une production de viande équivalente, il faut 7 fois plus d’antibiotiques pour l’élevage cunicole que pour l’élevage porcin et 32 fois plus que pour l’élevage de volailles ! (2)

Antibiorésistance

Le 4 janvier dernier, une alerte a été donnée au CHU de Caen après la découverte d’une bactérie résistante à la plupart des antibiotiques. Deux services ont été fermés pendant un mois pour éviter la propagation de la bactérie. Ces dernières années, les alertes se sont multipliées : Clermont Ferrand, Paris, Lille, Strasbourg, Nancy. (3)

La France détient le record du taux d’antibiorésistance (4). La lutte contre les problèmes de résistance des bactéries aux antibiotiques est une priorité concernant la santé animale et la santé humaine.

Elevage intensif en général et élevage cunicole en particulier

La viande de lapin représente entre 1 et 2% de la consommation totale de viande en France, contre 27% et 50% respectivement pour la viande de volaille et la viande de porc. L’élevage cunicole consomme 10,35% des antibiotiques vendus en France pour des usages vétérinaires contre 11,12% et 51,86% respectivement pour l’élevage de volailles et l’élevage porcin. L’élevage intensif est le principal consommateur de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques. L’élevage en claustration totale où les animaux vivent dans une très grande promiscuité nécessite l’apport quasi systématique de médicaments. L’élevage professionnel de lapins est un exemple symptomatique de ce que la France peut faire de pire en matière de modes d’élevage. (5)

La responsabilité du gouvernement

Malgré tout, le gouvernement français, par l’intermédiaire de son ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a décidé de venir en aide aux producteurs de lapins. En 2007, ceux-ci ont reçu 1 million d’euros, attribués pour moitié à l’élevage et pour moitié aux abattoirs. (6) Dernièrement, une enveloppe de 395.000 euros a été octroyée, ceci sans compter les aides émanant des collectivités locales. (7)

L214 s’insurge contre ces mesures qui ne font que pérenniser et encourager un élevage non éthique à tous points de vue. Les élevages intensifs hors sol en vigueur dans la quasi-totalité de la filière cunicole française, outre l’utilisation d’antibiotiques, engendrent des souffrances incessantes pour les animaux, de leur naissance jusqu’à l’abattoir.

Contact presse


Sources :

(1) A. Chevance et G. Moulin, « Suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2007 », AFSSA-ANMV, février 2009, rendu public le 26 mars 2009.

(2) L’élevage cunicole consomme 10,35% des antibiotiques pour une production de 53 900 tec (tonnes équivalent carcasse), l’élevage porcin consomme 51,86% des antibiotiques pour 2 085 400 tec et l’élevage de volailles consomme 11,12% des antibiotiques pour 1 250 000 tec.
Source : rapport de l’AFSSA précité et Office de l’élevage.

(3) Christophe Labbé et Olivia Recasens, « Chu de caen - Les bactéries jouent les rebelles », Le Point, 15 janvier 2009.

(4) Les antibiotiques font de la résistance (JT 12/13 le 03/02/2009)

(5) Dossier sur l’élevage cunicole
Sur les maladies et la mortalité dans les élevages cunicoles
Sur l’élevage cunicole et l’environnement

(6)« Lapins / Hausse des coûts, baisse des prix de vente - La filière cunicole en grande difficulté », Paysan Breton, 22 février 2008.

(7) « En visite en Vendée, le ministre de l’Agriculture promet de nouvelles aides aux éleveurs de lapins », Sud Ouest, au fil de l’info, 13 février 2009

Messages

  • Ce qui m’ennuie c’est que les "non- Français" d’Amérique(s) ou d’ailleurs doivent se demander qui sont les crétins qui ont pu élire un tel mariole.
    Ils doivent avoir une idée du Français ....!!!

    Car on identifie toujours plus ou moins un peuple avec ceux qu’il élit .
    Et là.....????? Moi qui suis Français, je me dis qu’il y a problème .

  • C’est pour ça qu’on a autant de problèmes de santé !

    Ca donne vraiment envie de franchir la barrière et de devenir végétarien !

  • De toute façon depuis l’arrivée de mixomatose, puis de la colique, les lapins ayant reçu trop d’antibiotiques n’y sont plus receptifs, alors on change d’antibio pendant un temps et ainsi de suite. Le lapin de clapier en est au même stade. Et l’on ne parle pas ici des élevage de porcs industriels où les pratiques sont les mêmes. J’ai pu constater le même abus d’antibio lors de forte poussée de la peste porcine, par exemple.

  • Le lapin est un animal très prolifique et sympathique au demeurant ( bien cuit dirons certains).

    Mais comme il est prolifique dans la nature il est très sensible aux pathologies afin de restreindre sa prolifération ce sont des mécanismes naturels de régulation de l’espèce.

    Seulement voilà dans une agriculture d’élevage intensif on entasse des milliers d’individus dans quelques mètres carrés ce qui réveille les mécanismes naturels de régulation et afin de compenser les pertes les éleveurs et leur vetos doivent les bourrer d’antibio pour maintenir le cheptel ce qui coûte chers aux producteurs et rend à terme les bêtes impropre à la consommation !

    Donc le lapin par sa nature est un animal pas du tout adapté à l’ élevage en batterie car c’est dangereux pour sa santé, pour la rentabilité du modèle économique et en bout de chaîne pour la santé du consommateur !

    Cela fait des année que perso j’ai renoncé à en consommer n’ayant aucun désir de bousiller mon système immunitaire voir de me choper une leucémie !

    et le petit l’a peint : exemple de modèle economique d’élévage non viable.

  • Nous sommes producteurs de lapins bio élevés en plein air, en cages mobiles sur herbe. Les consom’acteurs apprécient le fait que nous ne mettons pas d’antibiotique. Les durées de croissance sont plus longues, le nombre de lapins produits par mère et par an est nettement inférieur au "rendement industriel", ... C’est possible de se passer d’antibiotiques !
    A chacun de choisir son alimentation.

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