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Le 18 et le 20 mars dans la rue : les partis...

vendredi 19 mars 2004 - Contacter l'auteur

Le 18 et le 20 mars dans la rue les partis de la CdL(1), des Ds(2), de la Margherita(3) et e des Sdi(4)

Le centre-gauche divisé, des distinguos aussi dans les partis du centre-droit
Sur les cortèges du 18 et du 20 mars, les partis sont divisés : voilà qui participera :
L’Olivier et Refondation communiste dans la rue le 20 mars, mais c’est la polémique sur les mots d’ordre


de MARCO BRACCONI

ROME - Jeudi 18, la manifestation contre le terrorisme. Samedi, celle contre
la guerre en Iraq. Les deux manifestations au programme à Rome divisent le monde politique. L’esprit de la première, selon les intentions du maire de Florence Leonardo Domenici qui l’a promue, est bipartisan, mais une partie de la gauche n’y sera pas, et Berlusconi et Fini n’y seront pas non plus. Même si de la Casa delle libertà est arrivée - avec beaucoup de distinguos - l’adhésion des partis qui s’y rassemblent. La deuxième, convoquée par les pacifistes, met sous tension le centre-gauche, qui sera dans la rue, mais qui se confronte et s’affronte depuis des semaines sur les mots d’ordre. Voici dans le détail ceux qui y seront, ceux qui resteront chez eux et pourquoi.

Forza Italia. Le parti de Berlusconi sera représenté le 18 mars, mais le premier ministre n’ira pas au cortège bipartisan. Il y aura le coordinateur Sandro Bondi, son adjoint Fabrizio Cicchitto et les chefs des groupes de la Chambre des Députés et du Sénat. Très critique, au contraire, la position de Forza Italia sur la manifestation du 20 : ce cortège est considéré anti-Bush et en faveur de la guérilla irakienne.

Alleanza Nazionale. Le parti adhère à la manifestation du 18, comme le démontre la présence de son coordinateur, Ignazio La Russa. Mais Fini n’y sera pas. Et il y en a pas mal qui sont déconcertés, comme Publio Fiori, qui a décidé de ne pas y aller en qualifiant l’initiative de "grande hypocrisie".
Un non décidé, en grande partie avec les mêmes motivations de Forza Italia, à la manifestation pacifiste du 20.

Ligue. Demain le Carroccio(5) se limitera à une "représentation".
Le ministre de la Justice Castelli dit : "Nous ne pouvons pas défiler en masse, parce qu’on ne dit pas clairement que le vrai problème est le terrorisme islamiste". Les adhérents à la Ligue sont absolument contraires, eux aussi, à la manifestation
de samedi 20.

Udc. Adhésion convaincue à la manifestation bipartisan. Ce n’est
pas un hasard si l’unique leader du centre-droit demain dans la rue sera Marco
Follini, secrétaire
de l’Udc. Et, pour souligner le caractère institutionnel de l’initiative lancée
par le président de l’Anci(6), il y aura même le Président de
la Chambre des
Députés
Pier Ferdinando Casini.

Ds. Le parti est pour le oui aux deux manifestations. Et Fassino
sera présent tant jeudi que samedi. Mais le Correntone (la minorité de gauche)
de la Quercia (Chaîne, symbole du parti) ne participera pas au cortège de jeudi
18, tandis que le leader du parti insiste en disant que le rendez-vous pacifiste
du 20 doit être contre la guerre mais aussi contre le terrorisme et la violence.

Margherita. Attitude semblable à celle des Ds. Le parti sera
présent dans les deux cortèges avec son état major. Mais le 18 la présence de
Francesco Rutelli (secrétaire du parti et leader de l’Olivier) n’est pas certaine.

Sdi. Les socialistes seront dans la rue jeudi mais n’y seront
pas samedi, parce que le parti ne partage pas la plateforme de la manifestation.

Liste Occhetto-Di Pietro. La liste qui porte les noms de l’ex
magistrat et du fondateur des Ds adhère avec conviction à la manifestation du
20. "Nous serons dans la rue avec nos drapeaux et nos banderoles pour témoigner
de notre oui à la paix contre la guerre et le terrorisme", dit Di Pietro. Non,
au contraire, au rendez vous de jeudi, dont pour Antonello Falomi "le caractère
institutionnel a été bouleversé par la tentative explicite de l’opposer à celui
pour la paix".

Verts, Pdci(7), Rifondazione(8).
Ils n’y seront pas jeudi 18, parce qu’ils ne
veulent pas défiler avec ceux qui ont soutenu la guerre en Iraq. Oliviero Diliberto,
secrétaire du Pdci dit : "On ne marche pas avec ceux qui se sont mis aux ordres
des Etats-Unis". Les leaders et les dirigeants de ces partis seront tous présents,
au contraire, à la manifestation de samedi 20, promue par la "Table de la Paix".

Notes :
1) CdL (Casa delle Libertà) est le rassemblement des partis
qui forment la coalition de centre droit : Forza Italia ( anciens démocrates chrétiens,
anciens socialistes et autres suiveurs de Berlusconi, premier ministre), Alleanza
Nazionale (post-fascistes, dont le secrétaire est Fini, qui est aussi vice-premier
ministre), Ligue Lombarde (secrétaire Bossi, qui est aussi ministre pour les
réformes institutionnelles), Udc (démocrates chrétiens qui ont adhéré au cartel
de centre droit, secrétaire Follini)
2) Ds (Démocrates de gauche) est le parti "social démocrate" issu
du vieux PCI, dissout en 1990, dont le secrétaire est Fassino, majoritaire dans
le cartel de centre gauche : l’Olivier)
3) Margherita (Marguerite) : les démocrates chrétiens qui ont
adhéré à l’Olivier.
4) Sdi (sociaux démocrates italiens) : issus de l’ex PSI, qui
adhèrent à l’Olivier.
5) Char à bœufs symbole de la Ligue des Communes lombardes qui
emportèrent en 1176 la bataille de Legnano contre Frédéric Barberousse.
6) Association nationale des communes italiennes
7) Parti des communistes italiens : le parti s’est séparé du
Parti de la refondation communiste quand ce dernier est sorti du gouvernement
de centre gauche dirigé par Romano Prodi
8) Parti de la refondation communiste, issu du vieux PCI, comme
les DS.

"La Repubblica" du 17 mars 2004
Traduit de l’italien par karl et rosa

19.03.2004
Collectif Bellaciao

Mots clés : Attentats-Terrorisme / Dazibao / Italie / Manifs-actions /
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